samedi 23 août 2014

Immigration : Renaud Camus, Edwy Plenel, ils ont tous tort !

Bonjour à tous !

Pratiquement pas une semaine ne se passe sans qu'une énième polémique ne vienne alimenter l'actualité concernant l'immigration. Entre les partisans d'une immigration de masse "humaniste" et ceux qui tremblent en craignant "le grand remplacement", il est peut-être bon de faire quelques mises au point.

Non, la France n'est pas un pays d'immigration

Certains vont tomber de leur chaise en lisant ça (je leur conseille une application de Voltarène, ça rendra le bleu moins douloureux), mais la France n'est pas un pays d'immigration, un pays généreusement ouvert ou je ne sais quelle autre bêtise.
La France est un pays divers dans sa composition intrinsèque, entre Français du Nord héritiers d'un droit germanique, et Français du Sud héritiers d'un droit romain. Ici, on se sert la main, ailleurs on signe un contrat écrit pour marquer un accord réciproque. Il y a des Corses, des Bretons, des Alsaciens, et bien d'autres fruits d'un agrandissement régulier du pays : nombre des "populations diverses" de la France n'y ont donc pas immigré, ils y ont été politiquement intégré. La différence est de taille.
Par ailleurs, si les Romains, les Celtes, les Grecs, les Germains, les Vikings et pour finir les Normands ont tour à tour choisi de venir s'installer dans nos vertes contrées, c'était par petites touches successives, pas plus de quelques milliers. Et la dernière immigration "massive", qui était d'ailleurs une implantation militaire, une prise de guerre, date de l'arrivée des Normands scellée par le Traité de Saint-Clair-sur-Epte, en 911. Il y a 11 siècles de cela...
Vous remarquerez que, volontairement, je ne mentionne pas l'arrivée de la diaspora juive, celle-ci ayant été plus ou moins bien acceptée selon les époques, quand elle n'a pas été carrément chassée du Royaume (St Louis) ou persécutée dans un but génocidaire (Régime de Vichy qui, je le rappelle en passant, ne représentait pas la France).
Les vagues d'immigration, toujours dans des proportions mesurées, ont repris au XIXe siècle avec l'avènement de la Révolution Industrielle (Polonais, Belges) et les persécutions liées tant au fascisme (Italiens) qu'au franquisme (Espagne). 9 siècles plus tard, c'est donc d'abord une immigration de travail, puis une immigration politique, qui a poussé nos voisins européens à venir chercher asile en France.

Une proximité culturelle aide à une meilleure assimilation

Depuis la Loi de Séparation de l'Eglise et de l'Etat en 1905, la France a enfin apaisé ses tensions internes dues à de nombreuses guerres de religion. On pense évidemment aux persécutions envers les Protestants, particulièrement au XVIe siècle, mais également à celles envers les Juifs, évoquées ci-dessus. Napoléon avait déjà pris les devant en 1807 en convoquant le Grand Sanhédrin, sorte d'assemblée oecuménique des Juifs de France, pour les inviter à pratiquer un judaïsme qui soit compatible avec les lois de notre pays. Notons au passage que la Loi de 1905 est finalement la longue conséquence d'un gallicanisme acté dès 1516 par le Concordat de Bologne, voulu et obtenu par François 1er auprès du Pape Léon X. La France gérait donc à sa manière la doctrine catholique jusqu'à la confiner strictement au privé et aux lieux de culte, but recherché de cette fameuse Loi appliquant la laïcité républicaine.
Ce petit rappel - fastidieux j'en conviens - est nécessaire pour comprendre la problématique de l'immigration en France. Les Belges, les Polonais, les Italiens ou les Espagnols étaient tous des immigrés européens d'obédience, sinon catholique, du moins chrétienne. Ils n'ont donc eu aucune difficulté à s'intégrer en France, cherchant avant tout un pays calme, qui pourrait leur fournir du travail et un asile. Evidemment, la donne a changé avec l'immigration africaine...

Les erreurs de Plenel et Camus

Présentons rapidement ces messieurs : Edwy Plenel est un ancien rédacteur en chef du Monde, notoirement impliqué dans un scandale dans les années 90 lorsqu'il avait avancé, à tort et sans preuves, que le PS avait été en partie financé par le Général Noriega, alors dictateur attitré du Panama et dont les fonds provenaient notamment du trafic de drogue. Ce Monsieur se présente aujourd'hui bien propre sur lui comme justicier non masqué avide de scoops judiciaires pour nourrir sa nouvelle feuille de chou, Mediapart, dont la quasi-totalité des articles est payant (c'est un journal exclusivement en ligne) : ballot quand on se pose en défenseur des "petites gens". Ils ne peuvent même pas lire les articles où on ne dit que du bien qu'eux... Evidemment M. Plenel se présente en grand humaniste (comprendre : ces adversaires ne le sont pas, ce sont des ogres bouilleurs d'enfants) et, comme pour le reste, fait la morale en expliquant à qui veut bien l'entendre qu'il faut accueillir tous ces pauvres gens, nouveaux damnés de la Terre : Maghrébins, Syriens, Erythréens, Bengalis et j'en passe. Comme on peut s'y attendre, M. Plenel bafouille quand il s'agit de lui demander comment notre pays peut accueillir tous ces gens qui n'ont pas besoin de passer de Charybde en Scylla, d'une misère à une autre, dans un pays économiquement exsangue, et qui accueille 200.000 immigrés légaux par an (soit 1 million sur 5 ans, sans compter les illégaux. Ces immigrés, qui plus est, n'ont aucune proximité linguistique avec notre pays et sont en tout point culturellement éloignés de nous. Et puis, reconnaissons-le honnêtement, ces nouveaux arrivants ont tôt fait de se réfugier dans des ghettos communautaires sitôt leur arrivée sur notre sol acquise. Enfin, on n'a pas entendu du tout M. Plenel prendre la parole quand il s'est agi, pour le coup, de soutenir l'accueil provisoire des Chrétiens persécutés au Levant.
Renaud Camus, quant à lui, est un essayiste d'extrême-droite qui est, il faut bien le reconnaître, passablement perturbé, se signalant par une paranoïa notoire. Il a théorisé le "grand remplacement" c'est-à-dire qu'à terme la population française sera intégralement remplacée par une population hétéroclite issue de l'immigration de masse et qui, évidemment, chamboulera complètement notre pays. Un peu comme les Hispaniques sont en train de le faire aux USA. Sauf que notre pays n'est pas un pays artificiel bâti sur un génocide comme le sont les USA. Notre pays a une histoire et des valeurs profondément ancrées qui l'empêcheront de connaître cette bascule. Ses deux penseurs de notre temps ont donc tort, l'un comme l'autre, et empêchent de mener une réflexion pertinente sur le sujet de l'immigration.

En finir avec la culpabilité de la colonisation

La vérité, c'est qu'en France nos belles âmes qui défendent l'immigration sous toutes ses formes continuent de penser que notre pays est responsable de ce qui lui arrive, du fait de l'épisode colonial. Or cet épisode est clos depuis 52 ans (signature des accords d'Evian en 1962). Cette culpabilité n'a plus lieu d'être, si tant est qu'elle n'ait jamais eu raison d'exister par ailleurs. Au moins, nous, on n'a pas éradiqué les autochtones chaque fois que nous débarquions dans un pays, et nous en partions en laissant des routes, des écoles, des hôpitaux... Tout ce qu'il faut pour qu'un jeune pays (l'Algérie, par exemple, n'existait pas à l'arrivée des Français en 1830) puisse se développer dans de bonnes conditions. Hélas, aujourd'hui il apparaît comme un devoir d'accueillir tous ces "pauvres gens" qui ne seraient pas là où ils en sont si nous n'avions pas commis l'impudence de les coloniser. Ben voyons !
Renversons le problème : l'Algérie passe son temps à élire Bouteflika en dépit du bon sens. La Tunisie a renversé Ben Ali qui était certes un dictateur, mais qui avait permis l'essor de son pays par le tourisme. Les pays d'Afrique Noire colonisés par la France se tapent dessus entre ethnies plutôt que de chercher à construire de vrais états capables d'exploiter leurs extraordinaires ressources en sous-sol. Quand ils ne se font pas la guerre, ils mettent à leur tête des dirigeants tellement corrompus qu'ils font passer Berlusconi pour un enfant de choeur. Dans la vie, on a que ce que l'on mérite. Les Africains comme les autres. Pourquoi eux échapperaient-ils au fait de prendre leurs responsabilités ? N'est-ce pas les infantiliser, voire faire preuve de néo-colonialisme, quand on pleure sur leurs misères ? Si on veut montrer qu'on respecte ces personnes, il faut les considérer en tant qu'adultes responsables. Comme les autres.
Enfin, je conclurai en disant que le plus gros problème pour l'immigration ne se situe pas dans les pays d'arrivée des migrants mais dans leurs pays de départ : en effet, ce sont autant d'esprits contestataires, d'ouvriers qualifiés aux mains en or, et de cerveaux en ébullition qui quittent leurs contrées qu'ils jugent inhospitalières estimant avoir de meilleures ressources sous nos latitudes. Comment les pays d'émigration, que l'on présente toujours comme les perdants du capitalisme, les pays du "quart-Monde", "en Développement", peuvent-ils espérer se développer si leurs meilleurs citoyens sont des candidats permanents à l'exil ? Là encore, ce brain drain malsain est un énième tour de passe-passe des élites mondialisées : non seulement elles exploitent la main d'oeuvre des pays industrialisés mais en plus elles font venir, sous des prétextes fallacieux dignes de mauvais romans à l'eau de rose, des petites mains en provenance de pays "émergents", pillant ainsi sans vergogne des ressources pourtant vitales. En plus, ils peuvent exercer un odieux chantage sur les dirigeants des pays dits "du Nord" sur les salaires et les conditions de travail.
Il est donc plus que temps de mettre un terme définitif à cette politique migratoire absurde et dangereuse pour tout le monde. Quoi qu'on en dise. Il en va de l'équilibre de la planète. Et de chacun des pays qui sont partie prenante de ce circuit perdant-perdant.

samedi 16 août 2014

Libéralisme ou Etatisme, l'heure du choix !

Bonjour à tous !

L'idée de cette chronique m'est venue en lisant un éditorial de Gaspard Koenig sur le site du Point ( http://www.lepoint.fr/invites-du-point/gaspard-koenig/ ). Pour ceux qui ne connaîtraient pas ce Monsieur, il s'agit d'un essayiste français d'obédience ultra-libérale de 32 ans. Il a écrit les discours de Christine Lagarde lorsqu'elle fut ministre de l'économie et des finances et collabore dans de nombreux périodiques, de Gauche comme de Droite (de Libé à Atlantico), ce qui prouve au moins une chose, c'est qu'il n'a pas peur de manger à tous les râteliers.

Libéralisme et libertarisme : 2 faces d'une même pièce

L'idée de cet article est ici d'établir deux vérités : primo, c'est que le libéralisme est le responsable de la crise majeure qui s'est déclenchée en 2007-08, et plus encore, de la Crise telle qu'on la connaît depuis 1973 et le premier choc pétrolier ; secundo, c'est que le libertarisme demandé, exigé même par la Gauche moderne (depuis qu'elle a laissé tomber le marxisme il y a de cela au moins 20 ans), est le corollaire direct du libéralisme, qu'elle ne se gêne pourtant pas pour critiquer tant et plus. Il s'agit donc de rétablir une cohérence.
En 1974, en France, Valéry Giscard d'Estaing, 48 ans, accède à la Présidence de la République. S'inscrivant en rupture de l'époque gaullo-pompidolienne, il décide de s'orienter résolument dans une posture pro-européenne. Que ce soit un hasard ou non, c'est aussi à ce moment-là que la France va commencer à présenter des budgets en déficit. Depuis lors, la dette de la France n'a cessé de croître, plus aucun budget n'a été présenté à l'équilibre. Nos présidents successifs ont continué dans cette voie, l'aggravant même avec l'Acte Unique (1986), Maastricht (1993), Nice ou encore Lisbonne dernièrement, sous Sarkozy, qui a taillé des croupières à un référendum, donc à une expression directe du peuple, qui avait pourtant clairement exprimé son refus de poursuivre plus avant l'intégration européenne. Devenue cheval fou incontrôlable, elle était alors génératrice de dérives, de réglementations iniques, d'usines à gaz (la PAC). Cherry on the cake, l'Euro, monnaie clairement surévaluée pour notre économie basée sur l'industrie moyenne et innovatrice dans des secteurs de niche (fibre optique, aérospatiale, luxe, artisanat ancestral...) a rempli les caisses du rival allemand (on ne peut considérer ce pays comme un partenaire économique compte tenu de son arrogance et de notre histoire commune). Elle a, dans le même temps, appauvri notre pays en déclenchant un processus, jusque là inédit dans nos vertes contrées, de déficit commercial : le début d'une croissance molle qui, avec les frontières ouvertes depuis l'entrée en vigueur de Schengen, nous a exposés au premier plan de la crise de 2007-08.
Cet effondrement économique a cristallisé l'échec d'un système, le libéralisme anglo-saxon : celui-ci s'est cru tout-puissant après l'effondrement du Mur de Berlin. Il a alors vu tous les nouveaux pays nés de l'explosion du Bloc de l'Est comme de potentiels nouveaux marchés sans prendre en compte les aspirations spécifiques de ces derniers. Les USA ont clairement sous-estimé également la fierté russe : humiliée par Eltsine, cette outre à vodka ivre du matin au soir avait en effet, pendant 8 ans et 2 mandats successifs, soldé son pays aux Américains. Rabaissés et revanchards, les Russes ont alors appelé un homme à poigne au Kremlin, Vladimir Poutine. Celui-ci, avec tous les défauts qu'il possède et qu'on ne niera pas ici, a alors posé sa patte ferme sur l'Ours, redressant spectaculairement l'économie du pays et en revenant à toute vapeur sur le concert diplomatique international. Avec l'émergence brutale de la Chine et de l'Inde et l'éveil de l'Amérique du Sud, les USA se sont retrouvés, si l'on osait un grossier parallèle, comme TF1 après le lancement de la TNT : inadaptés, patauds, et surtout, surtout, trop sûrs de leur force. Trop fiers pour se ré-adapter, ils ont alors laissé s'enflammer un système dont la bulle inflationniste était déjà au bord de l'explosion, à savoir le système immobilier et son pendant, le système bancaire.
Dans un monde ouvert comme le nôtre, cela n'a pas tardé à faire tâche d'huile, tous les pays étant touchés les uns après les autres et on est arrivé au bout du compte à la finalité cynique de ce drame : les états ont été sommés de renflouer des banques privées qui, par la suite, n'ont pas remboursé un centime et dont les dirigeants demandent aujourd'hui que les chefs de ces mêmes états fassent des efforts drastiques de gestion budgétaire. Un comble !
Alors, pour faire passer la pilule, on s'est tourné vers les idiots utiles : ceux que j'appelle d'une manière volontairement méprisante les Gauchistes. Ils n'ont plus du tout les valeurs de Gauche, ancrées autour de la solidarité, de l'Etat protecteur et de la défense de l'authentique prolo ouvrier d'usine. Aujourd'hui, ils sont individualistes (ils demandent constamment le respect de la liberté individuelle) et, avec les fermetures d'usines, de mines et la mort programmée de l'agriculture paysanne, ils se trouvent de nouveaux damnés à défendre : les homosexuels, les immigrés, l'islam, Gaza, demandent la libéralisation du cannabis, des villes vertes (eh oui, ils ne comprennent pas vraiment le principe d'une ville), n'hésitant pas à bétonner à tout-va (autre paradoxe que l'on doit à Mme Duflot notamment) pour loger leurs malheureux, comprenez leurs électeurs. On notera que parmi ces clients (on se croirait revenu à l'époque de la République romaine corrompue), les Musulmans sont régulièrement soutenus par le NPA ou les Ecolos, ce qui ne manque pas de sel : ces derniers auraient-ils oublié que Marx voyait en la religion l'opium du peuple ? 
Ces gens qui donnent des leçons à longueur de journée (voir la dernière polémique en date autour de Marcel Gauchet) défendent ici clairement un communautarisme échevelé : les immigrés (qui font pression à la baisse sur les salaires pour le plus grand bonheur du patronat), les femmes (qui doivent travailler, ça fait de la main d'oeuvre supplémentaire à exploiter, toujours pour le plus grand bonheur du patronat), les homos (les wedding-planners, agences d'adoption, cliniques privées se remplissent les poches), les fumeurs de joint (le cannabis ne rapportera bientôt plus assez, donc on demandera la légalisation de la cocaïne, en attendant celle des armes à feu) sont autant de nouveaux marchés à conquérir pour les libéraux. Le pire, c'est qu'ils vont y arriver. Pourquoi ? Parce que critiquer ces nouvelles mesures, ces nouvelles "évolutions de la société" c'est être réactionnaire, conservateur, sentir le souffre et rappeler les heures sombres de notre Histoire. Couplet bien rôdé qui disqualifie automatiquement l'interlocuteur. Circulez, y a rien à voir et vive le Progrès. Le piège s'est refermé.

Les vertus de l'Etatisme

Evidemment, les libéraux voient en l'Etat un ennemi à abattre. Surtout l'Etat français qu'ils estiment trop lourds, trop à cheval sur des principes périmés (dont le Code du Travail, mais oui !), trop interventionniste, bref... Tout aussi naturellement, lorsqu'un chantre du libéralisme-libertarien publie une chronique, aussitôt tout le monde lui baise les pieds sur Facebook ou Twitter "Bouh l'Etat, bouh le pays archaïque, inhumain que voilà, bouh laissez-nous vivre". Le lendemain, on se mobilise dans la presse pour Gaza : "Mais que fait la France, pourquoi la France n'intervient-elle pas, etc etc ?" L'Etat que l'on déteste un jour est aussitôt appelé à la rescousse le jour suivant.
Voilà où en est réduit aujourd'hui la vision de l'Etat qui a pourtant permis l'essor et la grandeur de notre pays. Je répète une énième fois ici que la France est un pays étatique, jacobin, au moins depuis la Grande Charte de St Louis en 1254, sinon depuis le baptême de Clovis à la Noël 499 (année soumise à débat). La France s'est construite dans l'unité grâce à l'omniprésence d'un Etat tout-puissant jusqu'à l'apogée du Premier Empire. Suivirent 150 ans d'incertitude, marquée par plusieurs Restaurations désastreuses, la Seconde Guerre Mondiale et le retour d'un Etatisme glorieux grâce au Général de Gaulle, en 1958. Cette période va lancer les Trente Glorieuses en France, une diplomatie originale et unique, qui n'est alignée ni sur les USA ni sur l'URSS, la sortie de l'OTAN, une industrialisation grandiose, l'indépendance énergétique du pays avec le nucléaire, etc. Voilà ce que l'Etatisme a fait à notre pays. Il lui a fait le plus grand bien et a toujours permis, surtout, de garder uni un pays en proie à des déchirements qui, potentiellement, ont pu menacer son existence. Un déchirement culturel, d'abord, entre un Nord d'inspiration germanique et un Sud d'inspiration romaine. Un déchirement territorial, ensuite, avec une très longue présence anglaise et de ses alliés sur nos terres : l'Aquitaine, le Maine, la Bourgogne notamment. Un déchirement religieux, enfin, avec des guerres de religion dévastatrices, notamment au XVIe siècle entre Catholiques et Protestants. 
Non, mesdames et messieurs les libéraux, la France n'a jamais eu de comportement dirigiste comme ce fut le cas à l'Est du Mur de Berlin. Oui, conserver des services publics de grande qualité est la gloire de notre pays car cela permet de protéger tous les citoyens, quelle que soit leur condition, leurs difficultés du moment, sans compter que cela permet de garder en vie des milliers de communes rurales qui mourraient sans cela. La France, son génie, ses paradoxes et ses difficultés ont toujours trouvé en l'Etat de quoi la conforter, la réconforter même. L'Hexagone n'a pas à prendre modèle sur la Suède (dont le taux de suicide est le plus élevé d'Europe), la Suisse (au coût de la vie bien plus élevé qu'en France et donc la protection sociale est absente) ou les USA (classés loin derrière nous à l'Indice de Développement Humain et qui doit sa réussite au Génocide de la population amérindienne - Génocide dont on ne parle curieusement jamais d'ailleurs...) Il n'y a pas de modèle parfait, il y a sa propre voie, à suivre ou à créer, mais pour cela il faut un Etat fort et bienveillant dirigé par une personne clairvoyante, avisée et qui ait une parfaite connaissance de notre pays et de son Histoire.
L'heure du choix entre libéralisme et étatisme a sonné, pour ma part c'est déjà fait. Amis lecteurs, à vous de choisir !

samedi 9 août 2014

Relire Durkheim et Weber pour comprendre le monde d'aujourd'hui

Bonjour à tous !

Si la sociologie est une jeune science - qui date du XIXe siècle, elle occupe aujourd'hui le devant de la scène. Il ne se passe pas une semaine sans qu'un sociologue intervienne sur un médium ou un autre pour décrypter telle pensée politique, tel phénomène social. Je cherche donc aujourd'hui à remettre sur le devant de la scène les deux fondateurs de cette discipline qui, finalement, sont devenus des modèles indépassables tant leur analyse sur le monde est toujours aussi juste. Tentative de démonstration :

Emile Durkheim : division sociale du travail, anomie et suicide

En ce qui me concerne j'ai découvert Durkheim un peu brutalement au lycée, en classe de sciences économiques et sociales où notre professeur, tout guilleret, nous annonça tout de go que cet universitaire austère avait accompli un travail majeur sur le suicide. Et ce n'est qu'avec le temps que j'ai compris que ce travail s'inscrivait dans un ensemble plus vaste, d'une remarquable cohérence. 
Commençons par le commencement : Durkheim naît en 1858 et meurt en 1917. Il est, avec Auguste Comte, le père de la sociologie française qui forme, avec les sociologies américaines et allemandes, les trois piliers de cette discipline. Dreyfusard de la première heure, ami de Jaurès (décidément, il est dans toutes les discussions du moment le pauvre), il se fait connaître avec deux oeuvres majeures : De la division du travail social en 1893 et, donc, le fameux Le Suicide en 1897, deux ouvrages à la méthodologie radicalement différente.
Durkheim, et la sociologie en général, cherche à comprendre les mutations d'un monde soumis à la révolution industrielle. Alors que les économistes ont ouvert la voie au siècle précédent avec Adam Smith ou David Riccardo, la sociologie analyse, ou tente d'analyser, comment les mutations techniques influent sur le quotidien des gens. Dans son premier ouvrage, Durkheim explique remarquablement cette évolution, parlant d'un passage d'une solidarité mécanique à une solidarité organique. D'une solidarité organisée autour d'une petite communauté hiérarchisée où jamais personne n'était laissé à l'abandon, où chacun se serrait les coudes à condition de respecter les règles, à une solidarité différente, plus diffuse et plus fragile, où les individus sont interdépendants les uns des autres, sans rattachement à un groupe d'origine. Ainsi l'individu est séparé de sa famille, de ses amis, de sa région natale (fait particulièrement avéré avec l'exode rural) et, pour vivre, pour survivre même, devient entièrement dépendant du hasard qui se présentera sous l'aune du bon vouloir d'autres individus inconnus : un patron qui voudra bien lui trouver du travail, un propriétaire qui voudra bien lui fournir un toit. 
Dans son essai sur le suicide, quatre ans plus tard, Durkheim compile cette fois-ci des données statistiques à foison pour dresser le portrait-type du candidat au suicide qui s'avère, à l'époque, être un homme vivant seul entre trente et quarante ans avec un travail peu motivant ou au chômage. En un mot, les laissés pour compte de la solidarité organique, car ils n'ont pas eu la bonne fortune de trouver d'autres individus lambdas avec lesquels lier solidarité. Ou bien ce sont des individus qui, passés sous la coupe de patrons peu scrupuleux, travaillent plus que de raison pour un salaire toujours plus bas, en font toujours plus pour toujours moins, de peur de perdre leur job. Ces gens perdent peu à peu leurs repères à la vie, ils versent dans ce que Durkheim appelle l'anomie. Et survient le drame.
Comment ne pas retrouver aujourd'hui un tel écho dans les propos du Vosgien ? Comment ne pas être aujourd'hui frappé en pleine face par la justesse de son analyse ? La société post-moderne dans laquelle nous vivons avec toujours plus d'allégresse délie encore plus les liens de solidarité mécanique, qui sont les plus solides parce que ce sont les liens du sang, les liens de l'ancienneté, de la tradition, des racines. Aujourd'hui, non content d'avoir exploité les hommes pendant des décennies, de les avoir arrachés à leurs champs, à leurs villages, le capitalisme fait travailler les femmes en les exploitant tout aussi impunément. Et pour que chacun trouve cela formidable, on nous le sert sous couvert de l'égalité homme-femme. Et tant pis si les enfants sont laissés au soin de tiers, qu'ils soient nounous, instituteurs devenus éducateurs, aide-soignants dans les crèches et compagnie. Et après on s'étonne d'avoir à faire à des enfants insolents et mal élevés. Aujourd'hui, le lien entre générations n'existe plus. Le grand-père se déplace difficilement ou il ne reconnaît plus très bien ses petits-enfants ? Au mouroir ! Pardon : à la maison de retraite. Les scandales de maltraitance envers les personnes âgées fleurissent ? Aucune importance, on invente le droit à mourir dans la dignité (sous-entendant qu'il y aurait donc des morts indignes, allez savoir lesquelles...) et on appellera ça euthanasie et on dira que c'est faire preuve d'humanité. Papy piqué comme Felix, le pauvre vieux chat aveugle et incontinent. C'est l'aïeul qui va être content... Et au passage, on affirme quand même bien fort être contre la peine de mort pour se donner bonne conscience. Ouvrons les yeux : on pousse les gens à se défier les uns des autres, on rompt avec nos traditions, notre force étatique, qui ne peut plus donner l'impulsion dont nous avons besoin, nous ne sommes plus que des consommateurs atomistiques nés et élevés pour vénérer Apple, Nike, Coca et McDo pour leur faire faire toujours plus de fric. Ca valait bien le coup de se détourner de Dieu, tiens... Nous avons juste opté pour une divinité plus cynique et malfaisante.

Max Weber : lien entre protestantisme et capitalisme

L'autre petit génie qui a tout compris à son temps et qui, encore aujourd'hui, fait figure de prophète politique, c'est Max Weber, né à Erfurt en 1864 et mort à Münich en 1920. Outre le fait qu'il a donné une cohérence académique à la sociologie en la classant dans les sciences dites de la culture, il a travaillé sur l'influence du protestantisme dans la culture capitaliste. L'Ethique protestante et l'esprit du capitalisme (je suis de bonne humeur, je vous épargne le titre en version originale) est sorti en deux parties en 1904 et 1905. Il y explique que la finalité de l'existence d'un individu est le travail dans le cadre d'une profession. Autrement dit le travail, et son pendant, le revenu qu'il procure, devient une fin en soi, un aboutissement personnel. Il puise sa réflexion dans le dogme protestant, notamment calviniste, où le travail est la meilleure chose que l'Homme puisse accomplir ad majorem Dei gloriam, c'est-à-dire pour la plus grande gloire de Dieu. Un homme qui réussit professionnellement se voit ainsi confirmé, dans son esprit, comme élu de Dieu. 
Pour comprendre comment il en arrive à ce point, un peu de théologie catholique s'impose : rappelons que dans le cas du dogme apostolique romain, l'Homme travaille uniquement pour se nourrir et nourrir les siens (on en revient ainsi au principe de la solidarité mécanique). Selon ce principe, donc, l'Homme ne peut s'enrichir, en tout cas pas de manière ostentatoire, et le commerce de l'argent est interdit. C'est dans ce contexte que les Juifs furent aussi longtemps tolérés dans une Europe pourtant hostile à leur sort, afin de devenir les usuriers des différents princes. Cela leur valut aussi de notoires désagréments, les Catholiques n'étant pas de très bons payeurs. Ainsi, le protestantisme, en se libérant de l'axiome "je travaille pour vivre et faire vivre les miens" se plongea dans un autre axiome "je travaille pour la gloire de Dieu et si je réussis, si je m'enrichis, c'est que le Seigneur m'accorde ses bonnes grâces". 
Et c'est là, que si vous êtes un lecteur malin (ce dont je ne doute pas le moindre instant) vous comprenez où je veux en venir : tout est rapidement devenu bon pour faire du pognon, peu importe comment, puisque si on remplit nos poches, c'est parce que nous sommes les élus de Dieu. Evidemment, les Américains sont les très grands promoteurs de ce système, qu'ils ont poussé tant et plus en recourant à des travers que l'Histoire a réprouvés, notamment l'esclavage. Ils ont inventé le taylorisme, le fordisme, on leur doit la vénération du libre-échange et de la mondialisation, puisque c'est comme ça qu'on conquiert de nouveaux marchés, de nouveaux clients et donc, in fine que l'on gagne encore plus d'argent. En Europe, même si la réussite allemande fut davantage basée sur une dimension sociale, l'Allemagne et l'Angleterre sont également les vainqueurs capitalistes de la fin du XXe et du début du XXIe siècle. La City de Londres est la première place financière au monde, et l'industrie allemande exporte à tout-va, remplit ses comptes en banque et appauvrit considérablement l'Europe du Sud (France, Italie, Espagne) étonnamment...catholique ! Ca alors, quelle surprise ! Et naturellement, dans cet esprit libéral-libertaire cher aux Anglo-Saxons, on consacre toujours plus la liberté individuelle et l'ouverture au monde car l'autre est un humain comme toi. Il ne mange pas comme toi, ne s'habille pas comme toi, n'a pas la même histoire que toi, les mêmes coutumes que toi, les mêmes croyances que toi, mais ce n'est pas grave : Dieu Dollar vous réunit sous sa même bannière. Vous ne pouvez pas vous entendre avec toutes ces différences culturelles, ethniques et religieuses ? Alors c'est que vous êtes racistes, et c'est mal ! Le progrès n'aime pas le racisme, il n'aime pas qu'on empêche des homosexuels ultra-minoritaires incapables de fonder une famille sans recourir à la science (et donc de jouer à l'apprenti-sorcier, cf PMA et GPA) de se marier, il n'aime pas qu'on l'empêche de vendre de la drogue (le cannabis soigne plus qu'il ne fait de mal, c'est connu voyons, faites preuve d'ouverture d'esprit)... Bref, le capitalisme protestant devenu ultra-libéral n'aime pas. La seule chose qu'il aime c'est l'argent que vous lui donnez en vous faisant croire que vous êtes totalement libres de le faire. Elle est pas belle la vie ?

En conclusion : se méfier des apparences et rester fidèles à ses racines et à ses valeurs

C'est une belle leçon que nous ont donné Durkheim et Weber il y a un peu plus d'un siècle. Ils nous ont donné les clés pour comprendre les profondes mutations de notre monde induites par la révolution industrielle et le progrès technique. Ils l'ont fait avec objectivité et dans le souci d'une démarche scientifique. On peut faire le choix de les ignorer totalement et de continuer dans cette fuite en avant vers toujours plus de progrès, de libertés... Mais pour quels résultats ? Que deviendrons-nous lorsque nous aurons obtenu tout ce que nous voulions en bons individus capricieux ? Serons-nous plus heureux lorsque nous aurons épuisé les ressources de notre planète à force de progrès technologiques ? Et que dirons-nous à nos enfants lorsqu'ils nous demanderont, immanquablement, qui nous sommes, d'où nous venons, et pourquoi nous avons effectué tel choix plutôt que tel autre ? Prenons garde, ensemble. Il n'y a jamais rien d'écrit à l'avance. Nous le devons, non à nous-mêmes, mais aux générations à venir.


samedi 2 août 2014

Chrétiens de Mossoul : préservons le christianisme !

L'avancée des islamistes dans un Irak en proie au chaos
Crédits : google pictures

Bonjour à tous !

Si le conflit israélo-gazaoui occupe aujourd'hui les esprits, il est d'autres zones qui posent problème de par le monde, autrement plus violents et plus meurtriers pour les populations civiles que le Proche-Orient. Un chiffre pour illustrer mon propos : le géopolitologue Frédéric Encel avance que 95.000 personnes sont mortes depuis 1948 (essentiellement des hommes armés) depuis le début de la guerre en 1948 quand, en trois ans, la guerre civile syrienne a déjà fait plus de 150.000 morts. On le constate encore une fois, l'émotion n'est jamais bonne conseillère quand il s'agit d'analyser des faits avec justesse, objectivité et pragmatisme. Mais aujourd'hui, le conflit qui devrait nous concerner, nous Français et même, pour une fois que cela serait pertinent, Européens dans notre ensemble, c'est celui qui oppose les derniers Chrétiens d'Orient aux Jihadistes de tout poil, notamment ceux de l'EIIL (Etat Islamique en Irak et au Levant).

Oui, l'Europe, et la France surtout, est porteuse d'un héritage spirituel judéo-chrétien

Alors que de manière assez incompréhensible, depuis une trentaine d'années, la Gauche considère les Musulmans comme les derniers damnés de la Terre, laissant au passage sciemment de côté son héritage idéologique marxiste qui faisait de la religion l'opium du peuple, l'islam comme les autres, il s'agit ici de faire un court rappel historique. L'Europe s'est construite grâce et à travers le christianisme. Rappelons en effet que c'est le catholicisme qui a uni le Vieux Continent sous la bienveillance papale du Vatican sur une époque courant du concile de Nicée en 325 à la publication des Quatre-Vingt-Quinze Thèses de Martin Luther en 1517, où le protestantisme mettra alors l'Europe à feu et à sang. 
Si le catholicisme a une telle valeur dans l'Histoire de l'Europe, c'est pour plusieurs raisons : sur le plan séculier, le Vatican s'est posé durant tout son apogée comme un contrepoids essentiel au pouvoir des empereurs, rois, reines et autres princes. En effet, ceux-ci ne pouvaient pas faire tout ce qu'ils voulaient, car ils étaient chapeautés par une obéissance pleine et entière aux Ecritures. Il faudra attendre le Concordat de Bologne signé par François Ier (qui adoubera le gallicanisme, appellation savante d'un catholicisme "à la française" où le Roi de France aurait toujours le dernier mot) et le revirement d'Henri VIII en Angleterre (pour des affaires privées) pour voir l'hégémonie catholique mise définitivement en défaut.
Sur le plan régulier, signalons le rôle ô combien important joué par les monastères et les différents ordres qui les bâtirent et les entretinrent : quand la lèpre et la peste traversèrent nos territoires, ce sont les moines qui soignèrent les malades et même, dans le cas des lépreux, fondèrent des maladreries offrant un retrait pudique aux malheureux frappés de cette infamie. De plus, les ecclésiastiques participaient de l'éducation des populations civiles, étant originellement les seuls à savoir lire et écrire. Ils permirent, dans les limites imposées par les moyens de l'époque, de transmettre leurs connaissances en latin, grec, histoire, philosophie et autres sciences. Enfin, grâce à leur travail de fourmi et à la persévérance des copistes, ils nous ont permis de transmettre au fil des siècles des textes parfois très anciens qui permettent aux historiens d'aujourd'hui d'avoir quelques sources à disposition, indispensables pour nous faire connaître des époques mal connues et où l'écriture était la seule source disponible, avec l'iconographie. L'un des plus célèbres d'entre eux fut Grégoire de Tours qui, au VIe siècle, rédigea une oeuvre monumentale portant notamment sur l'Histoire des Francs.
Enfin, de manière générale, le catholicisme doit se comprendre comme la religion de la deuxième chance, celle qui offre la possibilité de se racheter à condition de faire amende honorable en toute sincérité. En cela, elle se démarque des autres car elle offre un réel espoir, celui d'un Paradis pour les âmes défuntes à condition de s'être bien comporté ou de s'être repenti de ses fautes. La mort avait donc une dimension bien moins angoissante qu'aujourd'hui. Nous qui ne croyons plus en rien avons peur de la mort, la craignons, la redoutons alors qu'elle fait partie de la vie. Hélas, sans espoir d'un monde meilleur au-delà, fut-il fantasmatique, elle provoque aujourd'hui un farouche refus accompagné de considérations pour le moins surprenantes qui posent la question de notre devenir civilisationnel.

Les Chrétiens d'Orient, une bien vieille communauté à préserver

S'il y a toujours eu des Chrétiens en Orient depuis l'aube du Christianisme, c'est évidemment la fondation de l'Empire Romain d'Orient en 330 qui permet à la religion du Christ de se propager et de s'installer durablement dans cette partie du Monde. De tradition plus orthodoxe, on retrouvait jusqu'à récemment des communautés en Irak, en Turquie, dans le Caucase, ou en Syrie. Cependant, le 11-Septembre va tout changer : Al-Qaïda poussant à la vengeance américaine, l'US Army a, sans doute malgré elle, du moins souhaite-on le croire, provoqué un bouleversement irrémédiable de la région dont on mesure encore les conséquences aujourd'hui, notamment avec les printemps arabes à partir de 2011. Le chamboulement le plus profond est sans nulle doute ce qui s'est passé en Irak, où nous ne pleurerons pas la mort de Saddam Hussein. Néanmoins, force est de constater qu'aujourd'hui le pays est plongé dans le chaos, sans plus aucune unité nationale, des attentats meurtriers tous les jours, le réveil d'un conflit pluri-séculaire entre Chiites et Sunnites, la délégitimation permanente de gouvernements provisoires soutenus par l'Occident et pour finir la partition du pays avec des Jihadistes de l'EIIL qui rêvent de rétablir un califat.
La principale conséquence, on l'a vu il y a peu, c'est le sort réservé aux Chrétiens de la ville de Mossoul, dans le Nord du pays : ceux-ci furent chassés ou contraints à un choix déchirant, à savoir payer un impôt très lourd (le dhimmi) ou se convertir et renier ainsi leur foi. Les récalcitrants sont eux, condamnés au massacre. 

Le vrai visage de l'Islam

A l'heure où l'on nous présente l'Islam comme une religion de paix et de tolérance, j'estime pour ma part que celui-ci nous montre ici son vrai visage : combien de versets, dans le Coran, propagent la haine des Juifs et des Chrétiens, le fait qu'il faille les détruire ou autres aimables barbaries du genre ? Personne ne peut nier cela, pas même les Musulmans. C'est d'autant plus grave qu'à l'inverse du Judaîsme, rapporté aux hommes par Moïse, et le Christianisme, rapporté aux hommes par les apôtres, l'Islam est censé venir directement de Dieu, sans intermédiaire, Mahomet étant un prophète mais pas un annonciateur de la Foi selon Allah. On a vu, aux VIIe et VIIIe siècles, ce qu'un Islam conquérant pouvait donner, lui qui occupa toutes les rives de la Méditerranée, perdurant même en Espagne jusqu'en 1492. La volonté de restaurer un califat a donc de quoi inquiéter, et ce alors que les Chrétiens d'Orient sont présents sur zone depuis bien avant l'Hégire, en 622. 
Quelles solutions restent-ils à ces malheureux ? Evidemment, il faut les soutenir ardemment, car c'est toute une partie de notre héritage civilisationnel qui risque de s'effondrer si leur départ est acté. Le premier réflexe serait de les accueillir sous nos latitudes, attitude charitable s'il en est. Cependant, cela acterait leur départ définitif et aurait des retombées négatives sur le long terme. Si l'Europe veut enfin démontrer qu'elle sert à quelque chose, qu'elle a une légitimité quelconque, c'est maintenant qu'elle doit agir en envoyant des forces militaires sécuriser la zone et permettre ainsi aux Chrétiens de Mossoul de vivre leur foi en toute quiétude. Mais on peut déjà parier qu'elle n'osera pas, cela lui important peu. Désormais, l'Europe montre sa vraie face en matière de politique étrangère, celle de la couardise où elle se range systématiquement du côté du plus fort, ou du moins, de celui qui possède l'avantage numérique le plus évident et qui sait le mieux manipuler les médias. Et à ce petit jeu, les islamistes sont très forts car le NPA n'appellera pas à braver des interdits pour manifester en faveur des sacrifiés de Mossoul. Ce n'est pas assez vendeur auprès d'une jeunesse consumériste au possible, élevée sans aucune dignité et avec pour seul mot d'ordre celui de la compassion et de l'émotion facile, croyant bien stupidement reprendre les grands combats sociaux de ses illustres aînés. Pendant que la Gauche se chamaille pour savoir qui est l'héritier de Jaurès, 100 ans jour pour jour après sa mort, on peut les rassurer en mettant tout le monde d'accord : personne ne peut avoir cette prétention. 
Quant à la faiblesse patentée de notre diplomatie et de notre détermination, on pourra lui laisser porter la responsabilité de la terrible destinée de ceux qui ont eu le tort de croire au Christ au mauvais endroit, au mauvais moment...

samedi 26 juillet 2014

Réforme territoriale : dessinez, c'est perdu !

Bonjour à tous !

Après deux ans d'atermoiements, on sait enfin pourquoi François Hollande a été élu : pour faire du découpage-collage. Mais comme ça, comme pour le reste, la réussite n'est hélas pas au rendez-vous.

Au petit bonheur la chance

Jaloux maladif de ce qui se passe en Allemagne, croyant de la manière la plus orthodoxe possible que la success story d'outre-Rhin doit être soigneusement retranscrite en France, notre bon président a sorti un nouvel atout de sa manche : redécouper les régions à la façon des Lânder. Et ça ne peut pas marcher... D'abord parce que l'Allemagne, dont la superficie est moindre que celle de notre territoire, compte 16 Lânder ; nous, nous devrions nous contenter de 13 régions... Qui plus est, les fusions ne répondent à aucune logique ou presque. Si l'Ile-de-France et la Corse conservent leur indépendance, l'Alsace va se voir affublée de la Lorraine et de la Champagne-Ardennes... Pas de quoi se réjouir, tant l'histoire et l'économie de ces différents territoires sont dissemblables.
D'autre part, le fédéralisme allemand est un héritage direct de son histoire complexe, celle du Saint-Empire romain germanique, qui était un agrégat de principautés autonomes et dont l'Empereur se contentait de gérer les affaires courantes. En France, notre pays est un état central depuis l'Empire de Charlemagne, au moins ! Agglomérant avec soin l'héritage gallo-romain, les influences grecques en Méditerranée, les invasions germaines et normandes, notre pays a vite compris que seul un pouvoir central fort rayonnant sur l'ensemble du territoire pouvait faire marcher tout le monde dans le même sens. Si notre pays fut de nouveau réduit à la portion congrue lorsque Hugues Capet reprit le trône en 987, il avait déjà repris toute sa vigueur lors de la Grande Ordonnance de Saint-Louis en 1254, établissant une première organisation de l'administration du royaume sur différents échelons afin de concerner l'ensemble du territoire.
Plus tard, lorsque l'Empire de Napoléon fut au maximum de sa puissance et de son étendue, l'Empereur avait divisé notre pays en 130 départements, de la Wallonie à la Corse du Nord au Sud, et de la Bretagne à la Rhénanie-Palatinat, de l'Ouest à l'Est (on notera au passage une curieuse similitude géographique avec la France carolingienne, ce contour du territoire étant sans nul doute la France historique telle qu'elle devrait encore exister aujourd'hui, mais c'est un autre débat). Le principe du département tel qu'il avait été voulu était que le chef-lieu se trouvât à une journée de cheval maximum de l'administré : la volonté était donc forte de rapprocher l'Etat des habitants. Les régions, telles qu'elles ont été développées en 1982 après la première loi de décentralisation (Lois Deferre) n'avaient aucune justification historique, à quelques exceptions près, qui concernaient essentiellement les extrémités du territoire (Alsace, Bretagne notamment). A plus forte raison, quelle identité aura un territoire créé artificiellement sur un coin de table si, dans une proportion plus petite, il n'avait déjà pas d'identité propre ?

Un foutoir mémorable en préparation pour des économies inexistantes

Si, au moins, François Hollande avait le courage d'aller au bout de sa logique et de supprimer les départements, pour faire des économies sur un échelon administratif : mais non, il ne le fera pas. En réalité, il ne fait que créer de puissantes baronnies qui vont affaiblir le pouvoir central au profit de l'Union Européenne qui rêve de pouvoir s'adresser directement à des régions voulant sauter le centralisme d'Etat, comme c'est le cas pour la Catalogne, la Flandre, ou l'Ecosse. On va se retrouver avec un pays dans la même configuration que pendant la Guerre de Cent Ans où un Roi diminué était moins puissant que certains de ses vassaux, quand ces derniers n'étaient pas carrément à la solde des Anglais (comme ce fut le cas des Bourguignons). En plus, c'est la porte grande ouverte pour un triomphe du FN aux prochaines élections territoriales en Nord-Pas-de-Calais-Picardie, où on ne voit pas bien qui pourrait empêcher Marine Le Pen de l'emporter. Une nouvelle occasion pour la Gauche au pouvoir de dénoncer la libération de la parole, la présence prégnante dans les médias d'intellectuels réactionnaires et tutti quanti... Tout plutôt que de parler du fond, et une stratégie électoraliste de bas étage supplémentaire pour s'assurer de la présence de Marine Le Pen au deuxième tour en 2017 afin de s'assurer d'une victoire à la Pyrrhus...
Pendant que François Hollande et le PS se débattent pour nous pondre cette énième mauvaise idée, c'est le citoyen qui, une fois de plus, sera le grand perdant de l'Histoire : avec cette réforme, on pourra en effet justifier la fermeture supplémentaire de casernes militaires, d'hôpitaux, de lycées, de bureaux de poste, de tribunaux ou de gares SNCF... Bref, une nouvelle désagrégation du service public qui bénéficiera encore davantage aux grandes métropoles, éternelles gagnantes d'une mondialisation qui n'a pas fini de paupériser chaque jour davantage la France péri-urbaine chère à Christophe Guilly, Eric Zemmour et à votre humble serviteur. 
Il faudrait plutôt s'inspirer de la réflexion de Nicolas Dupont-Aignan, qui prône une suppression pure et simple des régions et la création de 70 départements d'1 million d'habitants environ, afin de pouvoir proposer au même nombre de personnes le même service public de qualité en matière d'énergie, de sécurité, de Justice, d'éducation, de santé et de transports. Et cela permettrait alors au peuple des campagnes de se sentir un peu moins abandonné à son sort. 
Mais bon, quand il s'agit de se mobiliser sur les territoires perdus de la République et des vrais laissés-pour-compte, on n'entend pas Benjamin Biolay composer une chanson, et on ne voit pas Les Inrocks faire un reportage sur la question : c'est bien connu, le prolo ça pue, c'est raciste et ça n'aime pas la bobo-culture parisiano-parisienne. Sauf que le prolo, il est comme tout le monde : il a son bulletin de vote, et lui il se rend fidèlement et scrupuleusement à l'isoloir. Et tant pis si ça gâche le brunch des hipsters de la Butte Montmartre...

lundi 21 juillet 2014

Gaza : la France donneuse de leçons prise dans ses contradictions

F. Hollande et L. Fabius en pleine discussion à l'Elysée
Crédits Photo : Abaca/Orban Thierry/ABACA/Le Figaro

Bonjour à tous !

"L'été sera chaud" disait la chanson. On en a la démonstration en France avec un moment de tension hallucinant, comme seul notre pays peut nous en offrir : alors qu'Israël a décidé d'intervenir militairement dans la bande de Gaza, le conflit "israélo-palestinien" est une nouvelle fois importé sous nos latitudes, provoquant des scènes d'une rare violence, comme en fut victime la ville de Sarcelles hier, et plus particulièrement sa communauté juive, l'une des plus importantes de France.

Dire tout et n'importe quoi sur ce conflit par "humanisme", "fraternité" et "solidarité"

A force d'employer des grands mots à tout-va sans même plus se soucier de leur sens, on en arrive à justifier tout et n'importe quoi. Trois jeunes Israéliens sont enlevés, torturés et abattus sommairement, Netanyahou décide d'une riposte qu'il a cherché à rendre la plus proportionnée possible (et provoquer l'ire de son aile droite), et pourtant on est reparti dans le sempiternel discours de "Israël assassin", "Génocide palestinien", j'en passe et des pires. Or, il est difficile de parler d'assassinat quand un état souverain agressé riposte : en bon droit, cela s'appelle de la légitime défense. Qu'il y ait plus de victimes côté gazaoui depuis le début du conflit n'est pas un argument valable pour dénoncer la politique d'Israël, au contraire. Ce n'est pas la faute de l'Etat hébreu si le Hamas, organisation unanimement reconnue comme terroriste par l'ensemble de la communauté internationale, utilise les civils comme boucliers humains. Et puis, un état n'a pas à s'excuser d'être technologiquement en avance sur un autre. Quand César a conquis la Gaule, il ne s'est pas excusé par la suite de nous amener les routes, les aqueducs, la langue latine,... 

Une importation du conflit en France totalement inacceptable

En France, on assiste depuis une quinzaine de jours à une nouvelle importation du conflit sur notre territoire. Evidemment, ces manifestations sont l'occasion de montrer une nouvelle fois la crise identitaire de ce pays : l'écrasante majorité des manifestants sont des jeunes issus de l'immigration qui brandissent des drapeaux palestiniens, algériens, marocains,... Aucun oriflamme tricolore dans les cortèges. Quant aux couleurs israéliennes, elles ne sont brandies que pour être brûlées, au vu et au su de tous. A Sarcelles, ce sont des magasins tenus par des commerçants juifs qui ont été attaqués : épicerie casher, bureau de tabac et pharmacie notamment. Une mini nuit de cristal en 2014. Vraiment charmant au lendemain de la commémoration de la déportation du Vel' d'Hiv'. Quant à nos politiques, ils sont muets sur le sujet : François Hollande défend très mollement Israël en expliquant que le pays a le droit de se défendre contre les tirs de roquette, Valls et Cazeneuve expliquent qu'ils ne toléreront aucun débordement antisémite (trop tard)...pour mieux se faire déborder sur leur aile gauche par des députés socialistes qui disent ne pas comprendre l'attitude du Président. Encore une belle preuve d'autorité. Quant aux écolos, ils ont la palme avec les tweets d'un de leur membre les plus éminents qui justifiait, par une pirouette rhétorique, l'attaque de synagogues en plein Paris la semaine dernière. Et évidemment, les éternels losers de NPA soutiennent systématiquement toute initiative contre "l'impérialisme" israélien. Sans se douter que les impérialistes dans la région sont, depuis le VIIIe siècle, les Arabes qui mettent à leur botte les Coptes, Mésopotamiens, Juifs, Alaouites...et autres peuplades diverses qui bariolaient joyeusement la région du Golfe Persique. .

L'hypocrisie des anti-racistes

"Halte aux amalgames", "Ne confondez pas la minorité islamiste avec la majorité qui vit l'Islam pacifiquement dans le respect de la République", "Ce ne sont pas leur faute, ils subissent encore aujourd'hui la discrimination de la France, puissance coloniale : il faut les aider"... Tous ces refrains, vous les connaissez mieux que moi, ils sont le fruit des sempiternels hérauts de l'antiracisme, depuis ses fondateurs Julien Dray et Harlem Désir, jusqu'à la "classe biberon" portée par Clémentine Autain, Rhokaya Diallo et compagnie sans oublier leur maître à penser, l'obscur Tariq Ramadan qui s'est quand même fait remettre à sa place...par le rappeur Booba. La preuve de sa soi-disant maîtrise intellectuelle. 
En France, depuis le début de l'ère Mitterrand, l'anti-racisme est un fond de commerce bien commode visant à transformer le prolo français en gros beauf raciste et réactionnaire dans le but double de gagner des voix chez les populations immigrées et de faire culpabiliser la Droite car, avec ce procédé, l'Extrême-Droite gagne mécaniquement des voix. La Droite "traditionnelle" est donc embourbée dans le piège socialiste, parti qui n'hésite jamais, lui, à faire des amalgames selon le vieux principe du "Faites ce que je dis, pas ce que je fais" et en respectant à la lettre la vieille antienne de Staline "Taxez vos adversaires de nazis : pendant qu'ils seront occupés à se justifier, ils ne pourront pas argumenter contre vous". 
Si la sauce a plutôt bien fonctionné pendant 20 ans, et malgré l'échec retentissant de 2002 où le stratagème s'est brutalement retourné contre le PS, force est de constater que l'opinion a basculé depuis que de nouveaux intellectuels ont réussi à se faire entendre, tant par leur rhétorique exceptionnelle, que par leur culture et leur patience : Eric Zemmour, Alain Finkielkraut notamment, mais aussi Pascal Bruckner, Natacha Polony, Denis Tillinac, Elisabeth Lévy, Michel Maffesoli, Jean-Claude Michéa, Michèle Tribalat ou encore Christophe Guilluy. En réussissant à démasquer le loup "bobo" méprisant des classes populaires, ils ont écorné l'image pourtant si policée de l'anti-racisme. Cette même idéologie qui en a d'ailleurs pris un sacré coup lors d'un événement télé pourtant si anodin à la base, lorsque Aymeric Caron s'en est pris à Alexandre Arcady, tentant de justifier le meurtre horrible d'Ilan Halimi par Youssouf Fofana et sa bande de sauvages en y transposant la grille de lecture du conflit "israélo-palestinien". Cela provoqua un tel choc que Laurent Ruquier et Catherine Barma décidèrent de couper la séquence au montage. 
Ah, Aymeric Caron, sa chevelure flamboyante, sa barbe bien taillée, son look de gendre idéal, caricature de tout ce qui éveille aujourd'hui de l'antipathie envers la caste médiatique. Le même qui, dans son dernier ouvrage, s'en prend à Finkielkraut, non pas sur le terrain des idées, mais en moquant son physique, ses mimiques, sa posture comme les Nazis le faisaient dans les années 30 pour montrer à quel point un Juif, par ses prétendues caractéristiques physiques, devait être considéré comme un Untermensch, un "sous-homme". Il pourfend chaque semaine les idées réactionnaires de ces intellectuels qu'il honnit, commençant toutes ses interventions par son anaphore préférée :"Moi, j'ai les chiffres..." A-t-il, ce brave M. Caron, les chiffres concernant le nombre d'appels au meurtre de Juifs dans l'Hexagone rien que sur ces quinze derniers jours ? Nous donnera-t-il les chiffres également sur le nombre de boutiques tenues par des Juifs qui ont été vandalisées, les chiffres concernant le nombre de drapeaux israéliens brûlés, les chiffres nous indiquant combien de fois on a demandé aux Juifs de quitter la France ou le nombre de fois où on a comparé Israël aux Nazis, expliquant que Tsahal commettait un "génocide" à Gaza, prouvant par la même occasion l'ignorance que les gens ont de ce mot, de sa signification, de sa portée ?
La vérité, c'est que ce sont les associations anti-racistes dans leur ensemble qui sont en situation d'échec : elles qui vivent grassement de nos impôts, et sous l'oeil bienveillant de l'ensemble de la Gauche française, sont les premières à élever la voix pour défendre les pauvres petits malheureux musulmans chaque fois que les islamistes font tristement parler d'eux. En revanche, on n'entend personne dénoncer l'antisémitisme quand ces mêmes pauvres petits malheureux profèrent des injustes profondément racistes envers les Juifs, sans parler des actes de violence qui les accompagnent souvent. L'hypocrisie est démasquée. Ces associations devraient avoir le cran de reconnaître leur parti pris, et le pouvoir devrait prendre ses responsabilités en appelant à leur dissolution immédiate. Parce que la vérité est ainsi : la haine du Juif, malgré 25 siècles qui auraient dû nous servir de leçon, persiste dans notre société comme un peu partout dans le monde, chaque fois qu'on compare Netanyahou à Hitler. 
Aujourd'hui, j'ai mal à ma France. Ce n'est pas la première fois. Et je crains que ce ne soit pas la dernière. Mais aujourd'hui plus qu'un autre jour, je demande une prise de conscience collective pour dénoncer cette gigantesque hypocrisie. Et pendant qu'on pleure sur quelques centaines de Palestiniens tués par leur faute (il en sera ainsi tant qu'ils n'auront pas décidé de se débarrasser définitivement du Hamas), le conflit syrien a fait 160.000 morts. Chacun ses priorités, sans doute...

mardi 15 juillet 2014

Une Histoire de la Coupe du Monde (7e et dernier chapitre) : les années 2000

Bonjour à tous !

On en termine avec notre rétrospective footballistique sur la Coupe du Monde avec les années 2000.

2002 : La Coupe du n'importe quoi

Première édition co-organisée par deux pays, la Corée du Sud et le Japon, cette Coupe du Monde restera un mauvais souvenir pour de nombreux amateurs de foot. En premier lieu, venons-en au principal grief : l'élimination sèche de la France au premier tour avec aucun but marqué en 3 matchs et deux défaites. Une équipe de France qu'on annonçait comme une équipe de rock-stars et qui se sera plantée dans les grandes largeurs. Elle aura traîné comme un boulet la blessure de Zidane en match de préparation contre la Corée quelques jours avant le début de la compétition. Ajoutez à cela les innombrables poteaux et l'expulsion injustifiée de Henry contre l'Uruguay et vous comprendrez que la coupe était pleine pour nos Bleus. Mais ce n'est pas la seule équipe à avoir subi les foudres du hasard. L'Italie, en 1/8e, et l'Espagne, en 1/4, seront successivement sorties par la Corée du Sud après de nombreuses et invraisemblables erreurs d'arbitrage. Une Corée qui sera d'ailleurs sortie sans encombres de son groupe, où les favoris européens (Portugal et Pologne) ont coulé, là encore avec un arbitrage, disons, surprenant ! Parmi les éliminés qu'on attendait pas au premier tour, citons également l'Argentine, sortie par la Suède et l'Angleterre.
Finalement, à l'issue d'une Coupe du Monde qu'on s'empressera bien vite d'oublier, l'Allemagne de Miroslav Klose et Oliver Kahn, ainsi que le Brésil du trio Ronaldo, Rivaldo, Ronaldinho tirent leur épingle du jeu en offrant un choc inédit en Coupe du Monde entre ces deux géants. Le Brésil s'impose logiquement avec un doublé de Ronaldo qui, avec 8 buts, aura marqué la compétition de son empreinte et décrochera d'ailleurs le Ballon d'Or à la fin de l'année.

2006 : Un Géant par la petite porte

Voilà une édition qui fera date : cette Coupe du Monde en Allemagne, XVIIIe du nom, restera dans les annales comme l'une des plus réussies de l'Histoire. Entre des stades ultra-modernes et magnifiques, du spectacle sur le terrain, du jeu et du suspense, les spectateurs et téléspectateurs auront été gâtés. Quelques surprises à la marge, dont l'élimination de la Croatie par l'Australie, ou de la République tchèque par le Ghana. La France de Domenech avance masquée avec le retour inespéré de trois grognards : Zidane, Makélélé et Thuram. La France sortira par un trou de souris de son groupe, grâce à une victoire 2-0 contre le Togo. En 1/8e, c'est l'Espagne qui s'avance face aux Bleus. Et à l'issue d'un match superbe de maîtrise et de joie de jouer, les Français s'imposent 3-1. Dans un autre 1/8e, l'Italie éliminera l'Australie 1-0 grâce à la bienveillance de l'arbitrage. En 1/4, on aura droit à un chef d'oeuvre : France-Brésil, classique du genre avec un maestro à son meilleur niveau : Zizou aura fait danser les Brésiliens tant et plus jusqu'au tournis. En 1/2, de manière assez surprenante, les Italiens élimineront les Allemands au terme des prolongations et après un match plein de suspense.
En finale, la France ouvre le score rapidement sur une panenka de Zidane. Materrazzi égalise sur corner. Une 2e mi-temps âpre n'offre pas de vainqueur. On en vient aux prolongations. Tête de Zidane. Miracle de Buffon sur sa ligne. Avant le coup de théâtre de la 109e minute et l'expulsion rocambolesque et controversée de Zidane. Si son geste mérite sanction, que dire du comportement de Materrazzi à son adresse tout au long de la rencontre ? Et de l'arbitre, M. Elizondo, qui décidera d'expulser le Français parce que le 4e arbitre aura vu les images sur un ralenti vidéo ? Vidéo d'ailleurs toujours refusée pour arbitrer... Touchés au coeur, les Français ne s'en remettront pas vraiment et les Italiens, portés par un magnifique Buffon dans les cages, finiront par s'imposer 5-3 aux tirs au but. Une fin amère pour une bien belle équipe et un si grand joueur. De la lumière à l'ombre...

PS : reprise des posts traditionnels d'ici quelques jours. Vos avis sont les bienvenus. En attendant, passez un bel été.