lundi 8 octobre 2012

Essai sur les nouveaux enjeux démographiques

Crédits Photo : Appolo XVII/NASA

Bonjour à tous !

Aujourd'hui j'aborde un sujet qui me tient à coeur. Le but de ce post sera de faire un point sur la démographie actuelle, d'en mesurer les causes et les conséquences sans pour autant forcément chercher à faire la leçon.
Première constatation évidente : la population mondiale a considérablement augmenté en très peu de temps. Nous sommes passés de 1 milliard d'habitants en 1800 à 7 milliards en 2012, soit une multiplication par 7 des habitants de notre petite planète en à peine plus de 200 ans. 


Le graphique ci-dessus nous indique même que nous serons 9 milliards dans un peu moins d'un demi-siècle. Comment expliquer cette extraordinaire croissance ? Tout d'abord par les progrès en matière de nutrition, d'hygiène et de médecine. L'accès à l'eau courante, une agriculture massive (notamment aux USA, dans l'Ouest de la Russie, en Argentine, en France ou en Australie) assurent une meilleure subsistance, plus variée, à l'ensemble de la population. Les progrès de la médecine sont également flagrants : traitement du cancer, des maladies cardiaques... le tout facilité par le recul de l'ingérence de la religion en la matière, notamment en Europe qui fut le leader de la Révolution Industrielle, ont contribué à l'allongement du durée de la vie. 
L'autre explication est la libéralisation de la sexualité, qui s'opère notamment dans les années 60. Il faut aussi prendre en compte la multiplication des familles recomposées où l'on a parfois des enfants avec son 2e conjoint (voire son 3e dans les cas exceptionnels) et l'on obtient une partie des explications de cette formidable hausse. Ce ne sont là que des explications parmi d'autres, bien entendu.
D'autre part, et en dépit d'un progrès généralisé de la médecine, la transition démographique, qui consiste à aboutir à un schéma avec une natalité et une mortalité basses dans un pays donné, ne s'est pas répandue partout : de nombreuses familles vivant dans des pays moins bien développés que les nôtres font encore beaucoup d'enfants par crainte d'une forte mortalité infantile. Crainte d'ailleurs malheureusement justifiée dans certains pays. En outre, la présence forte de la religion dans certains pays bat en brèche les nouvelles normes de contraception qui permettraient de limiter les naissances. Ainsi l'Eglise catholique romaine n'a-t-elle toujours pas revu son dogme anti-préservatif. Un drame, qui plus est, pour les pays durement touchés par le virus du SIDA.
Or, il convient d'agir désormais rapidement pour endiguer cette envolée démographique. Car les ressources de la Terre, elles, n'ont pas augmenté. Et les progrès techniques conséquents depuis 2 siècles ont eu tendance à d'ailleurs sérieusement les entamer. Le noeud gordien se situe surtout au niveau de l'accès à l'eau potable, qui ne bénéficie pour l'heure, selon les dernières estimations, qu'à 3 milliards d'habitants. Avec le réchauffement climatique actuellement constaté et l'avancée de la désertification à la surface du globe, de plus en plus de populations vont se retrouver victimes d'une pénurie d'eau potable. Le paramètre idéal pour justifier un conflit d'envergure qui se règlerait les armes à la main, l'exemple le plus parlant se situant certainement au Moyen-Orient.
La question qui se pose est alors de savoir si il existe des moyens pour endiguer cette hausse de la population mondiale sans verser dans le cynisme malthusien. Il y a quelques temps le conseiller municipal de Paris, Yves Cochet (EELV), avait proposé de supprimer les allocations familiales à partir du 3e enfant. Cependant il s'était heurté à un mur, car la tradition familiale et nataliste forte de la France héritée de son histoire catholique, est encore très prégnante. Sans compter que selon les composantes de la population française, la natalité n'est pas la même, loin s'en faut. Mais l'enjeu principal reste d'agir à l'échelle mondiale. Plusieurs solutions peuvent être explorées :
-une éducation massive sur la contraception ;
-un retour à la raison des autorités religieuses concernant la contraception ;
-faire de la lutte contre la mortalité infantile une priorité afin de décourager les naissances multiples ;
-développer et permettre l'accès au plus grand nombre aux progrès de la médecine.
D'autres pistes existent sûrement pour une problématique qui devrait être aujourd'hui prioritaire. Vos réactions, vos propositions sont attendues et sont les bienvenues !

vendredi 5 octobre 2012

Papa, papa, la bonne et moi !

Bonjour à tous !

Jusque alors j'évitais de revenir sur un sujet précédemment évoqué. Toutefois, l'actualité étant ce qu'elle est, il faut parfois disconvenir à ses petites habitudes.
C'est la raison pour laquelle je prends le temps aujourd'hui de préciser certains points sur le projet de loi concernant le mariage homosexuel et l'adoption des enfants par un couple d'homosexuels.
Car il semble qu'on y soit : plus moyen de faire machine arrière, cette fois on va y avoir droit. Pourtant, la résistance s'organise, la protestation gronde. Mais ce gouvernement qui dit pourtant vouloir "respecter les corps intermédiaires" (dixit Jean-Marc Ayrault) prend soigneusement le temps de les ignorer lorsque cela l'arrange. Une énième preuve, au passage, qu'il finit par adopter la posture de son prédécesseur pourtant maintes et maintes fois critiqué alors que le PS était dans l'opposition. Mais, trêve de mauvaise foi, passons sur ce point.
Je souhaite ici préciser avec vous et pour vous ce qui me choque dans ce projet de loi : l'argument premier évoqué par les militants c'est l'amour, et la liberté de pouvoir se marier avec la personne que l'on aime, peu importe son sexe. Fort bien : à ce moment-là, je défie n'importe lequel de ces benêts soi-disant romantiques (car on sait tous que la population homosexuelle a une sexualité très active) de trouver dans le Code Civil un seul article évoquant le mot "amour" dans le chapitre consacré au mariage : il n'en trouvera aucun ! Et pour cause : le mariage n'est pas une histoire d'amour, il est un pacte social passé avec son alter ego de l'autre sexe pour garantir un toit et une subsistance à la femme et aux enfants. 
La révolution des moeurs des années 70 couplée à un allongement de la durée de vie a cependant remis en question le mariage tel qu'on l'a connu pendant des siècles, régenté par les parents en dépit de l'avis des enfants. Le sentiment amoureux a alors pris le pas. Ce qui est très bien. Mais comme rien n'est plus fragile qu'un sentiment aussi fort que l'amour, les divorces se sont aussi multipliés, brisant des familles, déstabilisant des enfants alors en panne d'autorité paternelle (les enfants étant souvent laissés à la garde de leur mère) et de repères. L'une des explications au problème d'éducation que l'on rencontre depuis lors chez nos chères têtes blondes. 
Pour en revenir à nos moutons, l'amour ne saurait donc être un argument valable : le mariage, comme la pénalisation du vol et du meurtre, est un acte codifié par les religions depuis des millénaires. Etrangement, personne ne semble vouloir remettre en cause, et c'est heureux, la pénalisation de ces derniers : pourquoi n'accepterait-on pas, alors, que le mariage, qui est devenu un fondement du lien social républicain depuis l'adoption du Code Civil napoléonien, demeure en l'état ? Sinon, autant permettre la polygamie ou l'inceste (entre un frère et une soeur par exemple) puisqu'il s'agit là aussi d'amour ! Attention, loin de moi l'idée de considérer l'homosexualité comme une perversion. Le fait est que l'inceste (mariages entre cousins d'une lignée royale notamment) ou la polygamie (cas des Mormons, pour ne citer qu'eux) est légal dans certains pays et dans certaines situations. Raison pour laquelle j'invoquais ici cet argument.  Le problème, et c'est ce que le gouvernement ne semble pas comprendre, c'est que le mariage est une règle intangible, une limite, un cadre qui garantit la perpétuation de l'espèce dans un environnement sécurisé pour la mère et les enfants, par définition les maillons fragiles d'un foyer. Je vous renvoie ici aux articles 203 et suivants du Code Civil : l'homme garantit à son épouse un foyer stable et viable qui garantit la bonne éducation des enfants. En outre, si les homosexuels tiennent tant que cela à officialiser leur union, le PACS sert déjà à cela : mais, ô surprise, ce sont surtout les hétérosexuels qui y ont recours. Comme c'est bizarre...
Le plus tristement risible dans cette affaire, c'est l'agitation de Mme Taubira, notre garde des Sceaux, sur le sujet : n'a-t-elle pas plus urgent ? Pourtant on aurait eu besoin de la voir à Echirolles. On aurait aussi eu besoin de la voir à Marseille. Mais dans un cas comme dans l'autre, notre brave ministre est courageusement restée terrée Place Vendôme, certainement occupée à pondre un nouveau projet de loi pour vider nos prisons. Quant à la Droite, il est malheureux que Mme Bachelot se pose en porte-étendard de la défense des droits d'une minorité de la minorité homosexuelle. C'est sans doute pour faire oublier son piteux bilan à la fois comme Ministre de l'Environnement et comme Ministre de la Santé, et pour éviter de dire à quel point la cupidité l'a poussée à accepter un poste comme animatrice de télévision. Consternant.
Sinon, quand la Majorité aura ENFIN décidé de se mettre à travailler sérieusement, elle pourra peut-être s'atteler aux 10% de chômeurs, aux 5 trimestres consécutifs annoncés de croissance nulle, à l'instauration d'une vraie fiscalité juste et adaptée, à construire des prisons, à remettre à plat notre système éducatif, à mettre l'accent sur la recherche, le développement et l'innovation, à arrêter de cirer les pompes d'Angela Merkel, à jeter un oeil sur l'Iran, à sauver nos usines du marasme des plans sociaux....

lundi 1 octobre 2012

Les Verts veulent le beurre et l'argent du beurre !

Cécile Duflot, actuelle Ministre du Logement
Crédits Photo : Marie-Lan Nguyen - Wikipédia

Bonjour à tous !

Tandis qu'un énième plan social dramatique s'annonce en France avec la probable fermeture prochaine de l'usine Arcelor-Mittal de Florange, en Moselle, un autre combat fait rage dans l'ombre des dorures, de l'Elysée au Palais Bourbon en passant par Matignon : la lutte de pouvoir que livrent les Verts.
Voilà un parti bien curieux qui donnerait presque envie de s'encarter si l'on avait envie de rire de leur attitude : 2% aux Présidentielles, à peine mieux aux Législatives et les voilà pourtant à la tête d'un groupe parlementaire tant à l'Assemblée Nationale qu'au Sénat. Un véritable miracle démocratique !
Comment est-ce possible me direz-vous ? Eh bien par la grâce de l'intelligence retorse hors normes et totalement dépourvue de scrupules d'un homme de l'ombre : Jean-Vincent Placé.
Le sénateur vert avait en effet réussi le tour de force de convaincre Martine Aubry, à l'époque Première Secrétaire du PS, de négocier un accord électoral qui liait les deux partis avant la double échéance démocratique de Mai-Juin. 
François Hollande, entretemps désigné comme le candidat socialiste pour la Présidentielle, eut ainsi la mauvaise surprise d'avoir l'obligation de composer avec un allié plus encombrant qu'autre chose. Pour le résultat que l'on sait aujourd'hui.
Deux ministres verts sont actuellement au Gouvernement, dont la très médiatique Cécile Duflot qui n'hésite jamais à l'ouvrir à tort et à travers. 
Et l'on voit ici tout le mépris des Verts pour la Ve République, qu'ils abhorrent. Car ces messieurs(-dames) n'ont que faire de la France ! Eux, ce qui les intéresse, c'est sauver le Monde ! Ben voyons ! Comme aurait dit Audiard : "Les cons, ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît !"
Car plutôt que de respecter la hiérarchie immuable du régime français, qui impose une discipline stricte des ministres envers les directives du couple exécutif, nos amis baba-cools ruent dans les brancards, proposent ouvertement la légalisation du cannabis et se prononcent contre le Traité Européen. Comprenons-nous bien : certes, ce traité est une monumentale erreur, mais lorsque l'on fait partie d'un gouvernement qui s'apprête à voter pour, la moindre des choses est alors de suivre le mouvement.
Faisant fi de ce genre de considération, provoquant de facto l'ire du vieux guerrier Cohn-Bendit (qui doit se retrouver fort marri de voir à quel point ces revendications soixantehuitardes sont suivies à la lettre par ses héritiers), les Verts soutiennent l'Extrême-Gauche dans son combat pour ne pas faire adopter le texte "Merkozy".
Et voilà comment Jean-Marc Ayrault, Premier Ministre tout penaud, doit tenter cahin-caha de justifier la présence au gouvernement de deux trublions qui n'en font qu'à leur tête.
Car en 1984, devant le tournant de la Rigueur, les Communistes avaient au moins eu le courage de remettre leur démission à Pierre Mauroy, Chef du gouvernement de l'époque.
Où l'on voit que le culot et l'ambition peuvent finalement mener bien loin. Y compris à mépriser les alliés avec lesquels on a signé un accord de coalition.

lundi 24 septembre 2012

François Hollande et Jean-Marc Ayrault se seraient-ils discrètement encartés à l'UMP ?

Le couple exécutif dans l'embarras/Crédits Photo :
Philippe Wojazer - Reuters avec Le Monde

Bonjour à tous !

L'automne arrive, les jours raccourcissent et les arbres perdent leurs feuilles. Mais ce n'est pas seulement la saison du romantisme, c'est également le moment où le Parlement adopte, traditionnellement, le budget de l'année à venir, 2013 en l'occurrence.
Or, celui-ci n'est pas sans nous réserver quelques petites surprises. Ainsi s'appuiera-t-il notamment sur le vote prochain, certainement en Congrès avec majorité des 3/5e, du nouveau traité européen de stabilité budgétaire. Pour faire simple, il s'agit de la sacro-sainte "règle d'or" défendue avec acharnement par... Nicolas Sarkozy. Premier étonnement !
D'autre part, il se murmure de plus en plus fortement que la TVA sociale (appelée anti-délocalisation par Nicolas Sarkozy) pourrait également être adoptée pour 2013, sinon pour 2014. 
Cela valait bien le coup de passer son temps à critiquer l'ancien Président et s'atteler à défaire soigneusement ce que celui-ci avait mis en place, un peu à l'instar de Pénélope.
Mais au-delà de ces deux sujets de discussion emblématiques qui posent légitimement la question d'un "UMPS" qui dirigerait le pays invariablement de la même façon depuis des décennies, il convient également de creuser le fond de ces mesures.
Je l'ai dit et redit ici, le traité européen de stabilité budgétaire est une bêtise sans nom : concrètement, une instance supra-nationale non-élue jugera de la conformité du budget d'un Etat avec ses engagements européens. Si lesdits engagements ne sont pas tenus, le budget examiné pourra être retoqué à loisir par cette instance et une amende pourra être infligée ! Inutile de dire qu'en ces temps de crise et avec la dette qui est la nôtre, se voir infliger une amende de plusieurs milliards d'euros (car ce sont ces sommes qui sont en jeu) ne fera que nous pénaliser davantage encore, entraînant un irrémédiable cercle vicieux.
Concernant la TVA sociale, en revanche, soyons clairs : elle est indispensable. Car tant que nos frontières seront ouvertes aux quatre vents, nous n'aurons aucun moyen de sanctionner d'une manière ou d'une autre les fournisseurs qui suivent sans vergogne la voie d'un dumping fiscal, social et/ou environnemental.
Le PS doit retrouver rapidement la voie de la raison, car il ne peut faire semblant de s'étonner du dévissage en règle de la cote de popularité de son exécutif. Il doit prendre des mesures concrètes qui ne remettent pas en cause la souveraineté de la France. C'est d'ailleurs pour cette raison que le traité européen de stabilité ne sera pas soumis à référendum. Les dirigeants savent trop bien ce que le peuple pense désormais de l'Europe et de toute sa clique. Les récents sondages le montrent sans ambiguité. 
Mais comment faire entendre raison à un parti dont certaines de ses têtes d'affiche sont des ignares absolus ? Si vous voulez une preuve de leur bêtise crasse, regardez donc la dernière intervention de Anne Hidalgo, première adjointe de Bertrand Delanoë à la Mairie de Paris, et candidate déclarée à sa succession en 2014. Elle ose affirmer que le FN a participé à la collaboration avec l'occupant allemand pendant la Seconde Guerre Mondiale alors que ce parti n'a été créé qu'en 1972 et que son fondateur, Jean-Marie Le Pen, n'était qu'un adolescent lors du conflit.
Ne reste plus aux Verts qu'à plier bagages et quitter le gouvernement après avoir affirmé qu'ils ne voteraient pas le traité européen, et le couple exécutif pourra alors boire le calice jusqu'à la lie. Pendant ce temps-là, la France s'enfonce dans le marasme économique. Enfin, puisque c'est normal...

vendredi 21 septembre 2012

De l'intérêt du concept de Nation



Bonjour à tous !

Aujourd'hui je me propose d'aborder un sujet assez vaste. Cependant, pour rendre la lecture de cet article digeste, je tâcherai de le rendre aussi synthétique que possible.
J'aborde ici le concept de la Nation ainsi que son intérêt. Et donc de la Nation française, par extension. L'idée m'est venue en constatant au travers de ma revue de presse que Le Nouvel Observateur consacrait un dossier entier sur les "néo-fachos". On est coutumier du fait chez ce périodique qui est désormais bien loin de l'esprit de Jean Daniel. Cependant, la formule a de quoi interpeler. 
Questionné, d'autre part, par les événements qui secouent le monde arabe (montée en puissance des extrémistes maliens, affaire du navet américain anti-islam et caricatures de Mahomet par la courageuse équipe de Charb), je me suis fait la réflexion qu'une petite mise au point pouvait, devait être salutaire.
Alors qu'une frange conséquente de l'opinion française, héritière du legs de Mai '68, se prononce aujourd'hui pour une franche intégration européenne et un universalisme qui abattrait toutes les inégalités et les injustices, force est de constater aujourd'hui que les tenants de cette théorie se retrouvent le bec dans l'eau depuis la crise de 2007-08. Car à quoi est due la crise, sa rapidité, sa force sinon au fait que les frontières ne sont plus ce qu'elles furent ? Comment ne pas admettre que ces belles âmes sont le dindon de la farce du capitalisme qui, plus intelligent et cynique que jamais, a su profiter à plein de la déréglementation douanière à travers le Monde ? 
Las, ces bobos bien-pensants, cultivés, éduqués pour ce qui est de ses têtes de pont, mais qui ne savent pas exploiter correctement les données en leur possession, refusent de regarder la vérité en face. Et frappent d'anathème tout malandrin, y compris votre serviteur, qui oserait se prononcer en faveur d'un frein à l'immigration qui met en péril nos valeurs, demanderait le rétablissement des frontières pour empêcher les vils patrons de s'enfuir avec la caisse en Chine, en Europe de l'Est ou au Maghreb, laissant des centaines de travailleurs sur le carreau, ou qui exigerait la sortie de l'Euro afin de récupérer une souveraineté économique et budgétaire indispensable pour sortir de cette interminable crise.
Au lieu de se rendre à cette évidence, les bien-pensants, ces Fouquier-Tinville à la petite semaine (qui ignorent bien souvent comment leur modèle vit sa carrière s'interrompre brusquement, allongé sur l'échafaud) préfèrent utiliser l'argument-massue "Tous des fachos !" La belle affaire.
Plus sérieusement, pourquoi ne pas admettre que nous souhaitons simplement le rétablissement et la pérennité de nations souveraines ? Car qu'est-ce qu'une nation ? Il s'agit d'un groupe de personnes partageant une monnaie commune, un drapeau, un hymne, une histoire et une destinée commune ? En quoi est-ce répugnant ou sale ? A tous ceux qui, comme Barroso ou Delors, demandent la mise en place d'un fédéralisme européen, je leur rétorque ceci : y a-t-il une nation européenne ? Nenni ! 20 siècles de guerre sont là pour nous le rappeler. Puissent-ils répondre que c'est justement pour mettre fin aux conflits armés qu'ils défendent cette idée que je leur répondrais tout aussi sereinement qu'il s'agit d'un projet vain, la guerre faisant partie de notre ADN. Si j'osais, je dirais même qu'il s'agit d'une manifestation subconsciente de notre humanité pour réguler la démographie. Mais c'est un autre débat.
Concernant les escarmouches avec la frange la plus radicale de l'islam, qui a notamment valu des coups de règle sur les doigts à l'écrivain Richard Millet, je rappellerai simplement que la nation française est laïque, de tradition judéo-chrétienne, et où la liberté d'expression est un droit incorruptible et non négociable. Qu'ils fassent ce qu'ils veulent chez eux et nous laissent faire ce que nous voulons chez nous. Comme le dit l'adage qui traversa le temps : "A Rome, fais comme les Romains." Adapte-toi, intègre-toi ou retourne d'où tu viens, c'est aussi simple que cela. 
Il ne s'agit nullement de chercher à glorifier la France plus qu'elle ne devrait l'être. Simplement il s'agit d'être fier d'appartenir à une nation et à un pays parmi les plus vieux du Monde. Nos ancêtres se sont battus pour nous offrir ce précieux héritage qu'il convient de transmettre sans l'altérer : nous n'en sommes que les dépositaires temporaires. Plus tard, nos enfants le seront à leur tour. Car la richesse d'un monde d'Etats-Nations réside en ce qu'il contribue au maintien de la diversité des diverses coutumes qui enrichissent l'Histoire de l'Humanité.
En effet, refuser l'idée de Nation, opter pour l'universalisme, cela revient à tarir l'altérité : tout le monde s'habillera, mangera et pensera la même chose. Voyager, partir à la découverte d'autrui n'aura plus aucun intérêt puisque Tokyo ressemblera à La Mecque qui ressemblera à Rio qui ressemblera à Paris. Or l'intérêt de l'altérité par la pérennisation des nations demeure, comme le disait fort justement Elisabeth Lévy, en le fait qu'il n'y a rien de plus dépaysant, de plus riche et de plus strictement normal que de fermer les yeux où que l'on soit sur notre planète et cependant identifier en un son, une odeur, une atmosphère, l'endroit où nous sommes à l'instant présent. 
Alors, je le dis ici très humblement. Je me permets de renvoyer Le Nouvel Observateur ainsi que tous les tenants d'un universalisme aussi ridicule que dangereux à leurs chères études. Je les invite notamment à relire leurs manuels d'Histoire. Car celle-ci n'évolue point vers quelque chose de différent. Elle est, encore et toujours, un perpétuel recommencement qu'il convient d'anticiper afin de prévenir d'éventuelles déconvenues gravissimes.
Respectons l'identité des Nations, des Peuples et reconnaissons à chacun le seul et unique droit à la différence : celui de l'unicité, celui de la singularité !

mercredi 19 septembre 2012

Que penser des prochaines présidentielles américaines ?

Mitt Romney, la mine circonspecte/Crédits Photo :
Jim Young - Reuters


Bonjour à tous !

Alors que les élections présidentielles américaines constituent le traditionnel fil rouge de l'actualité internationale au cours des années olympiques, il est bon de faire un point, à six semaines du scrutin environ.
A ma gauche, le candidat sortant, Barack Obama : charisme incontesté, sens de l'humour indéfectible, élégance permanente, entouré d'une famille aimante, et d'une épouse très active notamment, bref le 44e Président américain présente bien. Elu sur les ruines du désastre laissé par Bush fils, il avait su créer un formidable élan d'espoir. Un bien bel exploit pour un homme à l'expérience politique alors assez faible.
A ma droite, l'éternel challenger des primaires républicaines, Mitt Romney : le sosie parfait de Channing  Capwell (je sens que ça va réveiller des souvenirs chez certains d'entre vous !), le multimillionnaire présente une solide expérience politique, de riches investisseurs derrière lui et l'avantage (discutable) de sans doute désirer le poste plus que quiconque, lui qui a souvent échoué à l'investiture républicaine par le passé. Homme d'affaires tenace et redoutable, il pose néanmoins question dans un parti qui, avec la crise économique et des relations constamment très tendues avec le monde musulman, a une tendance toujours plus forte à vouloir s'arc-bouter sur des positions encore plus conservatrices.
D'ailleurs, concernant Romney, l'émergence forte du Tea-Party à l'extrême-droite du parti concrétisée par son bon score lors des midterms elections de 2010 constitue pour lui une gêne plus qu'autre chose. En effet, ces ultra-conservateurs prêts , en outre, à toutes les bassesses et toutes les vilénies pour remettre totalement en question le droit à l'avortement dans le pays, ne sont guère convaincus par un homme qu'ils n'hésitent pas à traiter parfois de gauchiste. Car il est vrai que Romney présente l'inconvénient notable d'être un Républicain modéré (un peu dans la lignée de ce que fut le digne John McCain en 2008) qui n'hésita pas en son temps à défendre un projet de loi de protection médicale dans son état du Massachusetts. Hésitant, peu charismatique, l'homme vient en plus certainement de commettre une bourde qui risque de lui coûter l'élection le 6 Novembre prochain : il s'est laissé filmer à son insu tandis qu'il s'entretenait avec de riches donateurs n'hésitant pas à traiter les 47% d'électeurs démocrates constituant le noyau dur de l'électorat d'Obama "d'assistés" qui ne chercheront jamais rien d'autre que l'aide de l'Etat fédéral sans chercher à se prendre en main.
Evidemment, à l'ère du tout-numérique, la vidéo a déjà eu le temps de faire 20 fois le tour du monde (même si je doute beaucoup que les 47% désignés de la sorte se mettent, eux, à brûler des ambassades) et Romney s'est fait rattraper par la patrouille médiatique. Une très mauvaise affaire pour le candidat républicain donc.
Et Obama me direz-vous ? Présenté comme le messie en 2008, rien de moins, on a rapidement déchanté. Ses bons mots n'ont pas suffi à masquer ses carences, notamment en matière économique. De plus son discours du Caire et son empressement à intervenir favorablement dans les manifestations des opposants durant le Printemps arabe (y compris jusqu'aujourd'hui concernant le conflit syrien) ont finalement plus coûté que rapporté aux USA. Tendre la main aux musulmans alors que l'Amérique n'a toujours pas digéré 9/11 et que le pays est traditionnellement, pour des raisons complexes, un soutien fidèle à l'Etat d'Israël, n'a pas été la manoeuvre la plus habile du Chicagoan. Le départ de son conseiller de toujours, Rahm Emanuel, fut également un coup dur pour le président actuel. Que mettre alors au crédit du champion sortant ? La mort d'Oussama Ben Laden qui, incontestablement, a boosté le moral des Américains tant le symbole était fort, mais aussi la mise en place de sa si décriée politique de protection sociale. Enfin on peut souligner que ramasser les miettes laissées par W. n'avait rien d'évident et ne peut certainement être fait en un mandat. De plus, certains signes et indicateurs semblent indiquer une certaine reprise de l'activité économique du pays.
Toutefois, et ce sera là la conclusion de mon propos, on peut vivement regretter la grande pauvreté du débat entre deux candidats qui semblent se détester cordialement. Il y a donc peu à espérer d'ici au 6 Novembre. Si Obama gagne, il sait que son moment de grâce sera passé et que si il veut récupérer la majorité au Congrès d'ici 2014, date des prochaines midterm, il devra mettre les bouchées doubles. Quant à Romney, son rôle sera de se montrer aussi rassembleur que possible dans un parti qui semble extrêmement clivant et qui se bat pour des chimères totalement anachroniques, comme le créationnisme, la fin de la légalisation de l'avortement, etc. 
Reste à espérer que si Obama est réélu, il comprenne enfin les véritables fondements de la nation américaine, qui ne badine pas avec une certaine idée du patriotisme et des valeurs qu'il convient de ne pas disperser à hue et à dia dans des aventures diplomatiques incertaines. Le billet vert est dans leur camp, à eux de jouer !

vendredi 14 septembre 2012

Silence, l'éducation nationale sombre...

Le lycée professionnel Trégey de Bordeaux, où
a été agressée l'enseignante Mardi dernier/Crédits Photo :
Nicolas Tucat-AFP

Bonjour à tous !

On s'en serait bien passé, mais c'est un fait : l'Education nationale connaît une nouvelle rentrée difficile.
Pourtant, on aurait pu penser qu'une première hausse des effectifs du personnel éducatif (qui sera suivie d'augmentations plus conséquentes encore lors des prochaines rentrées) allait permettre de calmer les esprits : que nenni !
Plus déterminées que jamais, certaines têtes brûlées se sont déjà fait remarquer ; à Bordeaux, une enseignante a ainsi été rouée de coups par un élève qui n'appréciait pas sa façon d'enseigner la religion, et plus précisément l'islam. A croire que c'est une manie chez certains irréductibles musulmans, qui n'ont de musulmans que la revendication qu'ils en font : ils savent à peine lire et écrire mais connaissent mieux le Coran que n'importe qui : ben voyons !
Croyant bien faire, notre ministre de l'Education nationale a décidé de remettre au goût du jour la morale laïque : l'idée est bonne mais attention, son prédécesseur s'y est cassé les dents. Et à côté de ça, il propose de supprimer les notes et de rallonger les vacances de la Toussaint, histoire de ne pas trop bousculer nos chères têtes blondes !
Il faut le dire, depuis plusieurs années, tout part à vau-l'eau en ce qui concerne le "mammouth" du gouvernement : enseignants sous-rémunérés et démobilisés, manque d'encadrement des élèves en difficulté, baisse générale du niveau, programmes passés au scalpel (ce qui arrive au programme d'histoire notamment est proprement scandaleux !), agressions toujours plus nombreuses... Et cela ne s'arrangera pas avec le laxisme dont entend faire preuve Christiane Taubira. Les jeunes peuvent casser ou agresser, ils ne seront jamais inquiétés. Y compris les irrécupérables comme ce jeune salafiste en herbe qui a donc agressé la malheureuse enseignante bordelaise. Pas étonnant que le nombre de professeurs ayant souscrit une assurance contre les atteintes corporelles soit en hausse constante !
Si il y a bien une leçon à tirer de tout cela, c'est que la massification du système scolaire est, en réalité, un échec cuisant. Voulue par nos gouvernants après Mai 68 et la sacralisation des théories de Françoise Dolto, l'excellence de l'éducation française est complètement passée à la trappe : des enfants toujours plus mal élevés sont aujourd'hui maintenus dans un parcours scolaire qui les dépasse. Et histoire de ne pas les désintéresser totalement, on nivelle par le bas. Raison pour laquelle on se retrouve aujourd'hui avec 80 à 85% d'une classe d'âge titulaire d'un Bac qui ne vaut plus rien. 
Alors la sélection s'effectue désormais dans l'enseignement supérieur. Et elle est impitoyable. Car ne nous y trompons pas : l'erreur, c'est bel et bien de chercher à faire de tous nos enfants des ingénieurs en puissance. Comme si la France qui se désindustrialise en avait besoin ! 
Il faut réapprendre aux enfants le goût de l'effort, du mérite par le travail, et de la compétition. Car la vie sera toujours une lutte, une bagarre avec les autres pour faire sa place. L'école doit y préparer. Et à côté de cela, les filières dites "de garage" doivent être revalorisées car le travail manuel, l'artisanat, en France, ça embauche et ça paye très bien ! Cela permet ainsi de former un public intéressé à des métiers qui ont beaucoup de mal à trouver du personnel qualifié. Et à sortir du parcours scolaire classique des élèves démobilisés parce qu'ils ne suivent pas, avec les dérives que cela engendre, comme le fait des violences qui se multiplient, par exemple.
Les pistes sont nombreuses, les idées ne manquent pas. Ne reste plus que le courage d'y réfléchir et de les mettre en place. Mais les corps intermédiaires veillent, tels les rectorats, toujours prompts quant à défendre leur pré-carré : pourvu qu'on ne donne pas un coup de pied dans la fourmilière, se disent-ils. Pas facile de réformer dans un pays où le sport national des personnels éducatifs n'est pas d'encadrer la transmission du savoir, mais de plus souvent faire la grève...