jeudi 28 juin 2012

Scrutin proportionnel : une bonne idée ?



Bonjour à tous !

Le post du jour aborde les différents angles à envisager si l'on passait, dans cinq ans, à un scrutin proportionnel pour les élections législatives.
Sans surprise, ce sont les partis minoritaires (FN, Verts, Front de Gauche) qui y sont le plus favorables.
Dans le système actuel, le scrutin est uninominal majoritaire à deux tours. Pour passer au second tour, il faut obtenir 12.5% des inscrits. Ce qui entraîne donc parfois des triangulaires ou, plus rarement, des quadrangulaires.
Dans le cas d'un scrutin proportionnel, on passerait alors nécessairement à un scrutin de listes (comme pour les Municipales et les Européennes), et chaque parti obtiendrait autant de places qu'autorisées par son nombre de voix.
Ci-dessus, j'ai affiché un diagramme montrant ce qui aurait pu résulter des dernières Législatives si ce scrutin s'était déroulé à la proportionnelle (source Le Figaro). Attention : il ne s'agit là que d'une projection hypothétique car alors, rien ne nous garantit que les électeurs auraient voté de la même façon, et que l'abstention aurait été moindre, ou supérieure.
Néanmoins, si l'on s'attache à l'interprétation brute du document, on constate que la proportionnelle aurait été fatale au PS, tandis que l'UMP n'aurait perdu que 5 sièges par rapport au type de scrutin actuel. On remarque aussi que le Front de Gauche aurait triplé son nombre de sièges, mais surtout que le FN aurait obtenu la bagatelle de 85 députés ! Il serait alors devenu la 3e force politique parlementaire, et il aurait été difficile de passer outre des tractations avec lui dans l'optique de constituer un gouvernement.
Rappelons également que le scrutin proportionnel avait été utilisé une seule fois : c'était en 1986. A cette époque, Mitterrand savait que les Législatives étaient perdues : il avait donc eu l'idée, afin de couper autant que possible l'herbe sous le pied du RPR, d'instaurer la proportionnelle. Résultat : 35 députés FN avaient été élus. Evidemment, Chirac, sitôt sa victoire assurée et son poste à Matignon obtenu, s'était empressé de revenir au système majoritaire. Il est savoureux de voir que les donneurs de leçon du PS, qui poussent de grands cris chaque fois que l'UMP prononce le mot "FN", sont ceux qui ont permis à ce parti d'obtenir sa plus grande visibilité politique, il y a de cela 26 ans. En politique plus qu'ailleurs, il est bon d'avoir la mémoire courte !
Que conclure ? Eh bien, la chose la plus importante à garder à l'esprit est que ce système proportionnel, à première vue plus vertueux parce que plus démocratique, serait aussi source d'une plus grande instabilité gouvernementale. Certes, le scrutin majoritaire renforce le bipartisme, mais il a le mérite d'assurer une stabilité politique et encourage alors les petits partis à passer des alliances avec les grands partis afin d'exister au Palais Bourbon. Si le Front de Gauche et le Front National veulent se faire entendre, ils seraient bien inspirés de faire comme les Verts du malin et retors Jean-Vincent Placé, qui ne s'est pas gêné pour conclure un accord particulièrement avantageux pour son parti avant même les Présidentielles. Résultat, ce parti qui n'a fait que 2% en Avril se retrouve aujourd'hui avec 17 députés et des présidences de commission.
Vouloir garder son indépendance d'esprit est noble mais, en l'occurrence, le manque de scrupules s'avère ici plus efficace !

lundi 25 juin 2012

Que retenir du procès Breivik ?



Friedrich Wilhelm Nietzsche (1844-1900)


Bonjour à tous !

Comme vous le savez sans doute, se déroule en ce moment le procès d'Anders Breivik. Le 22 Juillet 2011, celui-ci, pour des raisons idéologiques qui n'appartiennent qu'à lui, tue 69 personnes sur l'île d'Utoeya. Deux heures auparavant, il avait fait exploser une bombe à Oslo.
En Norvège, deux points de vue s'opposent : soit le reconnaître pénalement responsable et l'incarcérer pour 21 ans (et le maintenir emprisonné par la suite aussi longtemps qu'il sera jugé dangereux pour la société) ; soit le déclarer non-responsable de ses actes et le faire interner dans un établissement psychiatrique. Dans ce cas, l'idéologie de son action serait alors réduite à néant puisqu'étant l'oeuvre d'un "fou". Il ne passerait alors pas à la postérité et l'on couperait l'herbe sous le pied de son attitude revendicatrice et dénué de tout remord. Et il sombrerait dans l'oubli.
Ce crime, atroce, a déchaîné les passions. D'abord parce que la Norvège est un pays plutôt discret, où ce genre d'éclat est rare. Ensuite à cause de l'idéologie revendiquée par Breivik. Enfin parce que tous les amateurs de sensations fortes et de condamnations faciles voyaient en lui un monstre qu'il fallait condamner à la potence.
C'est ce dernier point qui m'intéresse ici. L'Homme est souvent prompt à condamner ce qui a mis la société en péril, à pointer du doigt celui qui s'est marginalisé, quelle qu'en soit la manière. Depuis les jeux du cirque, à Rome, où les criminels étaient jetés aux fauves, jusqu'à la Révolution, où les royalistes défilaient sur la guillotine, les exécutions capitales ont toujours attiré les foules. Par goût du sang ? Peut-être. Pour embellir d'une macabre distraction son morne quotidien ? Là encore, c'est possible. Ou bien pour se rassurer soi-même sur le fait que l'on n'est pas si mauvais que ça puisque le condamné, lui, est sous le joug du bourreau ? Plus probable.
Car l'Homme a trop tendance à oublier que le monde ne peut être que le Bien. Le Mal existe pourtant. Bel et bien. Il est nécessaire. Et il cohabite en chacun de nous. Qui n'a jamais succombé à la tentation de franchir la ligne jaune ? Même pour une peccadille ? Personne ! Et c'est bien là le noeud du problème. Nous sommes tous des délinquants ou des criminels en puissance ! 
Dans son excellent ouvrage, La Part de l'autre, Eric-Emmanuel Schmitt nous montre, par le biais d'une fiction, ce qu'aurait pu être la vie de Hitler, et donc celle de dizaines de millions de personnes, si il avait été admis à l'Ecole des Beaux-Arts de Vienne. Comme pour nous montrer que nous tenons tous sur un fil, et qu'il suffit parfois d'un faible courant d'air pour nous faire basculer du bon ou du mauvais côté. 
De plus, on oublie trop souvent la nécessité du Mal. Celui-ci peut avoir une visée utilitariste : le meurtre d'une personne qui peut en sauver plusieurs autres, l'usage de la torture pour contrecarrer une menace terroriste imminente, etc. Et puis, le Mal existe-t-il vraiment ? Ou bien, comme le pense Nietzsche, n'est-il que l'invention des faibles d'esprit pour trouver un responsable à n'importe quel prix, et fermer les yeux sur la dure réalité, crue et sans fard ? Dans la même lignée, Spinoza estime qu'il n'y a ni bien ni mal, simplement une interprétation d'un fait selon le point de vue subjectif de chacun. 
Au-delà de ça, l'utilité du Mal est de générer un bienfait pour la suite, de nous faire progresser, de nous faire réfléchir sur nous-mêmes. Et non bêtement, stupidement, comme dans le cas de la peine de mort où le Mal est alors purement et simplement institutionnalisé, rabaissant ses commanditaires à être les sordides égaux de ceux que nous condamnons.
Ceci étant, il est donc une conclusion dans cette triste affaire : le crime de Breivik est affreux, certes. Mais on peut lui voir, a posteriori, un bienfait : l'un d'entre eux, par exemple, c'est d'attirer notre attention sur le fait que, nulle part dans le monde, nous ne sommes à l'abri de la violence et qu'il nous appartient d'être vigilant sur la question. D'autre part, ce terrible fait divers montre aussi qu'en chacun de nous la bête haineuse, immonde, peut se réveiller au point de nous faire basculer au-delà du point de non-retour.

vendredi 22 juin 2012

Le Centre est mort, vive le Centre !

Bonjour à tous !

Cela ne vous aura pas échappé, François Bayrou, et le MoDem, parti qu'il dirige, ont encaissé une sévère défaite aux Présidentielles ainsi qu'aux Législatives. Bayrou, l'homme qui se rêvait à l'Elysée, a failli. Il a perdu son siège de député dans son fief du Béarn. Aujourd'hui il n'est plus rien, et on peut considérer, sans trop s'avancer, que sa carrière politique est derrière lui.
La question est de savoir comment un homme qui a fait plus de 18% au premier tour de la Présidentielle en 2007, ouvertement dragué par la candidate socialiste qualifiée pour le second tour, Ségolène Royal, a pu tomber si bas.
Examinons les faits. D'abord, Bayrou est un homme qui agit seul. Il n'aime pas déléguer et s'est toujours rêvé un destin de sauveur de la patrie, à la façon d'un Général de Gaulle qu'il admire tant (il cite souvent le Conseil National de la Résistance de 1943 comme fondement de son idéologie). L'homme est agréable, intelligent, cultivé, sans doute le plus lettré de sa génération. Il est la personnalité politique des Français. Mais les Français ne sont pas dupes : ils ont cerné l'arrogance du personnage, qui s'estime trop bon pour se plonger dans la nasse de la vulgate politique. Résultat, en 2007, quand Royal fait le pied de grue devant chez lui pour lui proposer Matignon en cas de victoire, il lui oppose une porte close. Quelle ne fut pas son erreur ! Non seulement son parti s'est vu isolé plus que jamais après la victoire de Sarkozy (ses anciens amis du Nouveau Centre et du Parti Radical n'ont pas cessé de le rappeler à l'ordre), mais en plus les Législatives qui suivirent furent, déjà à l'époque, une catastrophe. Il aurait pu alors, il aurait dû, même, accepter la main tendue de Royal et faire exploser le PS : les socio-démocrates et les réalistes tels Valls auraient suivi le mouvement tandis que les plus radicaux, (Aubry ou Hamon), se seraient retrouvé isolés dans une Gauche plus proche du Parti Communiste et incapable de gouverner puisque celui-ci ne fait plus recette. 
Lorsqu'il prit le contrôle de feu l'UDF, Bayrou était alors à la tête d'un parti qui comptait quelques cent députés : aujourd'hui il n'en reste plus que deux. Et il ne fait pas parti du lot. Son entêtement à vouloir se croire plus malin que tout le monde et sa croyance en un monde politique au-delà des clivages ont eu raison de sa détermination. Car la politique, quoi qu'on en dise aujourd'hui, c'est d'abord une opposition intellectuelle et méthodologique. Le monde politique, la démocratie, vivent de l'opposition, de l'affrontement. C'est d'ailleurs pour cela que l'électorat centriste n'existe plus en France. Les citoyens de ce pays ont compris qu'il fallait faire un choix : et ce choix, ils l'ont fait sans lui. Cette année, le FN a récolté 17% aux Présidentielles, 13.5 aux Législatives. Et pourquoi ? Parce que c'est le seul parti, n'en déplaise à certains, qui parle de souveraineté nationale, de sortie de l'Euro et de valeurs, notamment en matière de criminalité. Tout le contraire du MoDem, parti ouvertement pro-européen, militant d'ailleurs pour un fédéralisme accru avec des transferts de souveraineté encore plus massifs vers Bruxelles (comprendre Berlin). Et cela, les Français n'en veulent pas, n'en veulent plus. Ils tiennent à leur pays.  Et ils ont compris que cette Union Européenne toujours plus libérale faisait le jeu des multinationales qui délocalisent leurs emplois à l'envi. Le jour où Bayrou, et les autres tenants d'une Union Européenne qu'il faut maintenir à tout crin en dépit du bon sens (cf l'exemple grec), auront compris cela, alors peut-être que nous pourrons envisager une sortie de crise durable avec une politique à long terme cohérente.
Le plus cruel dans ce châtiment électoral infligé à François Bayrou, c'est qu'en deux jours et quelques coups de téléphone, Jean-Louis Borloo a réussi l'exploit de constituer un groupe parlementaire au sein de l'Assemblée Nationale avec les différentes factions centristes. Sans doute le coup fatal pour François Bayrou. Le Centre s'invente une deuxième vie artificielle, son plus fervent animateur ne peut que rester à quai, et regarder le train partir, sans lui.

Crédits photo : Christophe PETIT TESSON/MaxPPP


lundi 18 juin 2012

Luka Magnotta, triste produit de notre société

Bonjour à tous,

C'est aujourd'hui que le tueur présumé de l'étudiant Lin Jun quitte l'Allemagne pour être extradé vers son pays natal, le Canada.
Rappelons brièvement les faits : dans la nuit du 24 au 25 Mai dernier, à Montréal, Luka Magnotta aurait poignardé la victime susmentionnée dans le coeur à l'aide d'un pic à glace. Puis il l'aurait démembrée et envoyé à différents partis politiques canadiens certains des membres qu'il est accusé d'avoir découpé.
Par ailleurs, Magnotta est tristement connu pour avoir posté de nombreuses vidéos violentes sur la toile, notamment des vidéos mettant en scène de la cruauté envers les animaux.
S'auto-proclamant également star du X (l'ensemble de la "profession" conteste ce point), on en vient à se demander ce qui motivait réellement ce jeune homme de 29 ans.
Pourquoi a-t-il agi de la sorte ? Que recherchait-il ? 
Sa soif de popularité sur la Toile, par les pires moyens possibles, met en lumière une personne fragile, certainement, qui voyait par le biais de la reconnaissance immédiate la possibilité de devenir quelqu'un de reconnu. D'ailleurs, il n'a pas pris toutes les précautions possibles, loin s'en faut, pour échapper à la police lors de sa fuite en Europe. En outre, il ne s'est pas exposé à son extradition. Il y a fort à parier qu'il attende dorénavant son procès comme une tribune où il pourra se mettre en scène.
Si l'on prend un peu de recul, on constate qu'il est en fait la résultante de notre société actuelle, où l'image est mise en avant. C'est la reconnaissance immédiate, la gloriole plus que la gloire, l'argent facile, le "buzz" qui était le Graal de Magnotta. Mais il n'y a pas besoin d'aller jusqu'au Canada pour trouver de tels avatars : en France, les candidats aux différentes émissions de télé-réalité, triste héritage laissé par la société Endemol, se bousculent au portillon. Là aussi, on ne cherche qu'à se faire voir, à montrer ses seins pour ces demoiselles, ou ses biceps pour ces messieurs. Ce qu'on a dans la tête ou dans le coeur est relégué aux oubliettes.
Personnellement, j'ai toujours été étonné, dans un premier temps, que ces émissions soient autorisées par le CSA, d'habitude si propice à sortir la boîte à mauvais points. Et dans un second temps, j'étais abasourdi que ce qui se passe dans ces émissions soit diffusé à des heures de grande écoute.
Oui, mais voilà, les publicités sont très friandes des encarts disponibles pendant ces créneaux, et les audiences de ces programmes sont relativement élevées. Comme le disait Le Lay, ancien président de TF1, "on vend de l'espace de cerveau disponible". Quelle tristesse de constater qu'à côté de cela, des émissions de débats politiques, de reportages ou culturelles soient reléguées le plus souvent en 2e voire en 3e partie de soirée.
La télé-réalité synthétise au fond à elle seule ce qu'est la France aujourd'hui : un pays où l'effort, le travail, le mérite sont relégués au rang de valeurs rétrogrades et réactionnaires.
Si notre société ne reprend pas rapidement ses esprits, nul doute que Magnotta fera des émules...

jeudi 14 juin 2012

Législatives : la dissidence hausse le ton !


Bonjour à tous !

Alors que le second tour des élections législatives se profile, on relève avec amusement, énervement ou intérêt, selon les circonstances, de nombreux cas de dissidences qui font grincer des dents à Paris.
Cette dissidence peut prendre plusieurs formes : un appel aux voix du FN pour Nadine Morano en Lorraine (Fillon a eu beau tenter de faire de l'humour sur la question, on voyait bien qu'il riait jaune !), Roland Chassain qui se désiste en faveur du candidat FN dans les Bouches-du-Rhône (ce dernier est arrivé mieux placé que le candidat UMP qui souhaite faire barrage à la Gauche), ou bien encore le soap opera à La Rochelle avec le duel fratricide Royal-Falorni.

A chaque fois, les QG parisiens de l'UMP ou du PS ont tenté de rappeler tout ce petit monde à l'ordre, appelant à l'unité, au respect de la doctrine décidée en haut lieu, au nom de la survie du parti, dans le cas de l'UMP, et au nom de l'intérêt de la France, dans le cas du PS.

Mais cette fois, les caves se sont rebiffé : pas question de se laisser dicter sa conduite par la Capitale : chaque circonscription a sa problématique locale, il est donc hors de question de céder, et tant pis pour les conséquences. Si celles-ci seront faibles voire nulles dans le cas Morano, Falorni est, lui, honni par l'ensemble de la Gauche pour oser faire barrage à Royal la parachutée (c'est dommage, car il a été l'un des premiers soutiens de Hollande dans sa campagne présidentielle). On associe, de surcroît, sa candidature à celle de la Droite, qui a beau jeu de le soutenir pour rajouter de l'huile sur le feu. Quant à Chassain, Jean-François Copé a purement et simplement prononcé son excommunication !

Que penser de tout ceci me direz-vous ? Tout simplement que les états-majors des grands partis ont perdu le fil avec la réalité du terrain. Les élections législatives ont pour vocation d'envoyer des députés ancrés localement à Paris, représenter le peuple qui leur a fait confiance. Or, dans le cas Royal (comme dans le cas Mélenchon d'ailleurs, qui s'est fait éliminer sans ménagement à Hénin-Beaumont), comment les Rochelais peuvent-ils se reconnaître davantage en cette dernière, parachutée là comme un cheveu sur la soupe, qu'en Olivier Falorni, candidat du terroir local ? Les Rochelais sanctionnent là logiquement des gens qui veulent décider à leur place qui est leur représentant légitime. Dans le cas de Roland Chassain, la donne est différente puisque idéologique : celui-ci lutte contre l'assistanat, l'immigration incontrôlée et souhaite une remise en question des accords de Schengen : il est donc logique qu'il soutienne plutôt le candidat frontiste au contraire de son opposant socialiste !

L'UMP montre d'ailleurs à quel point il est aujourd'hui éloigné de sa base militante : ceux-ci sont 70% à souhaiter un rapprochement avec le FN. Certainement pas pour des raisons bassement racistes, mais plus certainement car en France, on ne croit plus en l'Europe et qu'on souhaite manifester à nouveau son souverainisme. Séguin n'est plus là, Chevènement est aux fraises et Dupont-Aignan n'a aucune visibilité. Seul le FN offre une alternative souverainiste à la France. Il serait temps que l'UMP s'en aperçoive.

Car, à force de vouloir décider de tout pour tout le monde, les deux grands partis vont finir par définitivement détourner les électeurs d'un scrutin qui ne les emballe déjà pas beaucoup, en témoigne l'abstention record de Dimanche dernier. Ceci dit, cette abstention aura au moins eu un mérite : c'est de montrer à tous ceux qui souhaitent changer de constitution pour revenir à un régime plus parlementaire que les Français n'en veulent pas ! Les 80% de participation aux dernières présidentielles montrent qu'en France, on a foi plus qu'en toute autre chose en la monarchie républicaine mise en place par le Général de Gaulle. Qu'on se le dise !

Crédits photo : Christophe Eyquem

lundi 11 juin 2012

Le revers de la médaille de la success story du sport espagnol

Bonjour à tous !

Comme vous le savez sans doute, l'Union Européenne a encore fait des siennes le week-end dernier. En effet, il a été décidé qu'une aide financière de 100 milliards d'euros serait attribuée aux banques espagnoles. Rien que ça. On se demande quand ce manège incessant de mise sous perfusion, à des degrés divers, des états membres de l'UE va s'arrêter. Pour que vous vous fassiez une idée, sachez que cela représente 20 milliards d'euros d'aide en provenance de la France, qui va accroître son endettement de 1% du PIB, le taux d'endettement de notre pays passant alors de 89 à 90% du PIB. Pour faire encore plus parlant, cela représente 300€ déboursés par chaque Français pour sauver les banques d'un Etat qui, lui non plus, n'a pas été exempt de tout reproche, loin de là !

Car parmi les gros clients des banques espagnols, on retrouve les clubs de foot, du Real Madrid et du FC Barcelone notamment. Eh oui, car acheter, ou payer, à prix d'or les stars du ballon rond que sont Cristiano Ronaldo ou Lionel Messi nécessite des fonds importants. Fonds empruntés auprès de banques généreuses qui, souvent, ne revoient plus la couleur de leur argent. Car il faut dire les choses comme elles sont : le foot espagnol est au bord de la banqueroute ! Les trois quarts des clubs de la Liga BBVA (équivalent espagnol de notre L1) ne sont plus en mesure de payer leurs joueurs, les salaires et les charges ayant explosé. Le Real Madrid voit régulièrement sa dette généreusement effacée par la Couronne d'Espagne. Quant au Barça, certains dirigeants confiaient à mots couverts l'an passé qu'ils avaient dû, eux aussi, recourir aux Qataris (cf leur sponsor maillot) pour pouvoir avoir les moyens de conserver toutes leurs stars dans leurs rangs. Et je ne parle même pas ici des sommes faramineuses que les clubs de foot espagnols doivent au Fisc local. En outre, le championnat étant phagocyté par les deux monstres, castillan et catalan, les droits TV tendent à substantiellement diminuer, les médias ayant moins envie de débourser pour une compétition se jouant à deux plutôt qu'à vingt ! On évoque même des liens d'argent entre le foot ibérique et la mafia, bref, rien ne va plus !

Mais ce n'est pas là un cas isolé chez nos voisins d'outre-Pyrénées. En effet, les succès à répétition de Rafael Nadal, en tennis, ou d'Alberto Contador, en cyclisme, sentent le souffre. Ces deux athlètes possèdent une condition physique à nul autre pareil. Trop beau pour être honnête ? Rappelez-vous d'ailleurs que l'immense scandale de l'affaire Puerto a finalement fait pschittt... Comme cela est pratique.
Finalement, seule l'équipe d'Espagne de basket, la meilleure au monde derrière les USA actuellement, semble échapper aux soupçons. Mais pour combien de temps ? Et avant que ces mêmes soupçons ne viennent peser sur quelle autre discipline du sport espagnol ?