dimanche 1 février 2015

Journal de bord, Janvier 2015

Bonjour à tous !

Nouvelle année, nouvelles résolutions, cela vaut pour moi aussi. J'ai décidé de me faire plus rare sur ce blog, car mon agenda exige autre chose de moi désormais. Néanmoins, ces nouveaux rendez-vous, mensuels, seront aussi plus denses. Et je ne m'interdis pas de faire un post supplémentaire lorsque j'estimerai que l'actualité l'exigera. Ceci étant dit, passons maintenant au vif de notre sujet.

Le fait marquant : la série d'attentats de la première quinzaine de Janvier

Tout s'est déroulé en quelques jours. Une litanie de drames, ponctués par des meurtres et des coups de feu. Des journalistes, des caricaturistes, un économiste, une policière et des Juifs. Tous sacrifiés sur l'autel d'une idéologie obscurantiste venue du tréfonds du Golfe Persique. Tués pour la nécessité d'une vengeance aveugle. Exécutés pour une fatwa, dans le cas des malheureux de Charlie Hebdo, pour protéger une fuite dans le cas de la jeune policière ou simplement parce qu'ils étaient juifs concernant les morts de l'Hyper Cacher. Cela devait finir par arriver. Notre pays était presque devenu trop calme, comme endormi dans une sorte de léthargie, pensant que les attentats de 1995 étaient les derniers d'une longue série qui touchait à sa fin. Pourtant nous n'avons jamais été à l'abri. Mohamed Merah fut un premier sérieux avertissement. Tous les Français qui partent comme des moudjahidines en Syrie sont autant de membres constitutifs d'une cinquième colonne qui n'interpelle pas les pouvoirs publics. Bien sûr, on est encore plus surpris et meurtri parce que ce sont des journalistes qui sont morts, dans le but bien précis de venger un Prophète soi-disant offensé, mais le résultat est là : la menace terroriste est bien présente sur notre territoire.

Quelles leçons tirer de ces atrocités ?

Il y aura, peut-être, un avant et un après. Seul le temps long permettra de le dire. Dans une société qui privilégie l'immédiateté à la réflexion, à la dialectique et aux problématiques multiples, il convient de garder la tête froide. Cependant, si il devait y avoir de profondes conséquences après cette série d'attentats, il faudrait alors garder à l'esprit que notre pays, décidément bien différent des autres, connaît régulièrement de profondes modifications après un bain de sang : la Guerre de Cent Ans déboucha sur la Renaissance, la Révolution Française fit chuter la monarchie et les deux guerres mondiales aboutirent à la chute de l'Empire colonial ainsi qu'à la Ve République. 
Cette atteinte profonde à notre liberté d'expression a eu une première saine réaction, celle du 11 Janvier. Il y a eu des couacs, je ne reviendrai pas dessus, car il convient d'en garder l'image résolument positive qu'elle souhaitait véhiculer. Et puis il y a eu toutes les discussions d'après. La police qui perd un peu la tête avec toutes ces procédures ouvertes pour "apologie du terrorisme", une école qu'on remet à nouveau au centre de toutes les interrogations et un islam qui pose toujours question. 

Pour un Islam de France

En 1807, Napoléon convoqua le Grand Sanhédrin, sorte d'assemblée oeucuménique des religieux juifs, leur intimant l'ordre de prendre les mesures nécessaires afin que le judaïsme soit solvable dans la Nation française. L'Empereur obtint gain de cause et aujourd'hui la pratique de la religion juive ne pose guère de problèmes. Alors que la religion musulmane est numériquement bien plus importante en France que la religion juive (deuxième religion de France aujourd'hui), on se demande pourquoi il n'y a pas de mesures concrètes pour la création d'un Islam de France. Cela montrerait la bonne volonté des musulmans de France à s'assimiler dans la République et permettrait d'identifier plus clairement nos adversaires, qui sont les fondamentalistes de cette religion. Sans compter que former des imams qui respectent la République n'aurait que des avantages.
Au lieu de cela, on préfère entraîner la confusion : "pas d'amalgames" a-t-on aussitôt crié après les attentats. "Les premières victimes sont les musulmans" a-t-on répété à l'envi (1). Autant de slogans qui sèment le trouble, les premières victimes de ces horreurs étant bien évidemment ces pauvres gens victimes des attentats. Quant au "pasdamalgamisme", il donne la nausée à force d'être répété en boucle. Lorsque l'on crie "Allahu Akabar" et "On a vengé le prophète", on agit en tant que musulman, qu'on le veuille ou non. Nul n'est accrédité pour dispenser des brevets de bonne ou de mauvaise pratique de l'Islam. A contrario, un musulman qui boit de l'alcool ou mange du porc parce qu'il en a fait le choix est-il un mauvais musulman ? Non. Quand la guerre civile en Irlande du Nord a éclaté, a-t-on demandé à ne pas faire d'amalgames entre les catholiques et les protestants d'un côté, et les soldats anglais protestants et les terroristes de l'IRA, catholiques, de l'autre ? Non. S'est-on demandé si on commettait des amalgames l'an passé avec la Manif pour Tous en traitant d'extrémistes ceux qui, parmi les manifestants, se réclamaient du catholicisme ? Pas davantage. Il est grand temps d'appeler un chat, un chat. Ces terroristes sont musulmans, point. Une fois qu'on aura compris ça, on aura fait un grand pas dans le combat contre la récidive de ce genre de drame.

Des enfants déboussolés

L'autre question soulevée est celle de la réaction des élèves dans les établissements scolaires. Fort heureusement, l'écrasante majorité d'entre eux s'est associée au deuil national. Mais pas tous. Entre ceux qui croyaient à la théorie du complot et ceux qui disaient que c'était mérité, eu égard à ce qu'ils estimaient avoir été des offenses répétées envers le Prophète, certains enseignants ont eu de mauvaises surprises. Ne minimisons ni n'aggravons pas ces incidents. Ils restent des cas isolés et les élèves restent des mineurs, des enfants. Il est connu, inévitable même, qu'un enfant va avoir tendance à répéter comme un réflexe ce qu'il entend autour de lui, notamment dans sa famille, à la télévision ou sur Internet.
Et c'est là qu'il faut réellement intervenir. D'abord, il faut que les parents prennent conscience de ce qu'ils inculquent à leurs enfants. Ensuite, il faut redonner à nos bambins l'innocence qui sied si bien à leur jeune âge. Il n'est pas sain de laisser un enfant constamment derrière un écran, de même qu'il paraît problématique de le laisser s'aventurer sur tel ou tel réseau social face auquel il ne peut être armé pour s'en protéger. Les cas répétés de suicide d'adolescent suite à un harcèlement sur ces fameux sites sont là pour en attester. Un enfant doit être sensibilisé au sport, à l'art, à la vie sociale réelle, tangible, physique, au respect de l'autorité, à la valeur de la transmission... Autant de choses qui lui permettront de s'ouvrir au monde avec du recul, de la mesure, et un vrai bagage intellectuel. Dans cette optique, faire de l'enseignement numérique la panacée de l'enseignement de demain ne me paraît pas une bonne idée. Les écrans ne se substitueront jamais aux livres et à l'enseignant. Il ne me paraît pas pertinent de permettre aux élèves de passer encore plus de temps devant des écrans qui vont leur abîmer les yeux. Et je ne parle même pas du coût prohibitif de l'opération qui se fera au détriment du recrutement d'un personnel qualifié, dévoué, et décemment rémunéré.(2)

Le point éco : Draghi hors-jeu

Il s'est passé d'autres choses ce mois-ci qui méritent d'être évoquées. Mario Draghi, le directeur général de la Banque Centrale Européenne, a décidé de racheter de la dette des états membres. Pour cela, il fait donc tourner la planche à billets, faisant baisser la valeur de l'Euro. Jusque là, du tout bon : les dettes nationales sont garanties par la BCE et la baisse de l'euro doit permettre aux entreprises européennes, françaises notamment, d'exporter davantage. Sauf que... L'Euro est déjà en chute libre face à un Dollar qui reprend du poil de la bête. C'est quelque chose que l'on apprend dans ses premiers cours d'économie : on ne fait JAMAIS tourner la planche à billets quand le cours de la monnaie est déjà en baisse, sinon on risque un effet d'entraînement qui débouche sur une inflation non contrôlée. C'est quand le cours de la monnaie s'apprécie qu'il faut au contraire multiplier les billets comme les petits pains, afin de laisser l'économie respirer. Décidément, Draghi a tout faux. Rappelons qu'il avait participé au trucage des comptes de la Grèce ayant permis à cette dernière d'entrer dans l'Europe.

Le point international : bravo Syriza

Alexis Tsipras a réussi son pari : passer en quelques années du statut de trouble-fête à celui de premier parti de Grèce. En s'alliant avec les Grecs indépendants, il montre que l'important pour ce parti de la Gauche radicale n'est pas de prendre des mesures sociétales mais bien d'assurer l'indépendance souveraine de son pays. Alors que l'Allemagne continue de faire pression pour être remboursée des différentes dettes qu'elle finance, oubliant l'argent qu'elle doit aux victimes des deux guerres mondiales dont elle porte la responsabilité (3), ce retournement politique peut permettre de poser enfin le débat du devenir de l'Europe. Veut-on une Europe uniquement financière qui ne s'intéresse qu'au bonheur du marché au détriment des Nations, de leurs aspirations ? Ou bien veut-on une Europe de coopérations, dans le domaine de la science, de la R & D, tout en laissant libres les pays de décider de leur destin économique et politique ? Voilà le débat, et gageons que Syriza n'est que la première étape de la reconquête de l'Europe par ses peuples. Podemos est également en situation de créer un séisme en Espagne. Si certains se demandent pourquoi l'extrême-gauche progresse à ce point en Europe du Sud, rappelons que ce sont des pays qui, il y a encore 30-40 ans, étaient sous le joug de dictatures fascistes et que, contrairement à la France, la Gauche radicale n'y a encore jamais gouverné. Chez nous en revanche, les Communistes ont participé à de très nombreux gouvernements, les Verts également. Et le chevènementisme prononcé de Marine Le Pen lui permet de ratisser toujours plus d'électeurs. Il n'est donc pas étonnant de la voir dorénavant projetée à 30% dans les sondages...

(1) Lire à ce sujet la tribune de Michel Onfray sur le site du Point
(2) Lire à ce sujet le dernier post de Loys Bonod sur son blog
(3) Les réparations auxquelles l'Allemagne fut condamnée après le traité de Versailles ne sont toujours pas payées. L'Allemagne a, par ailleurs, vu sa dette effacée 4 fois au XXe siècle, la dernière fois en 1953 de la main même des Américains. Les Allemands ont la mémoire courte...


mercredi 7 janvier 2015

Nous nous relèverons !



Ils s'appelaient Charb, Cabu, Tignous, Volinski... Ils étaient journalistes, dessinateurs, humoristes... Charmants parfois, mal élevés de temps en temps, parfois lourds, parfois subtils... Mais tellement drôles ! Avec eux, sont morts des gens moins connus mais aussi des policiers qui devaient les surveiller. Car oui, en 2015, s'exprimer librement en France exige une protection policière. Parfois ce n'est pas assez. Espérons que cela suffira pour Michel Houellebecq, au sujet duquel la presse nous informait dans le courant de la journée qu'il serait dorénavant, à son tour, placé sous protection policière.
1789-2015. 226 ans pour rien. Parce qu'en France, dans notre pays, certaines personnes refusent d'intégrer notre droit à rire, discuter, argumenter, se chamailler, s'engueuler. Cela ne se finit pas forcément par un banquet de sangliers sous les étoiles (65 millions de convives, trop de vaisselle après), mais on finit toujours par retomber sur nos pieds. Pourquoi ? Parce que nous sommes Français. Cela fait des décennies entières, au moins depuis la Révolution au fond, que les pays étrangers nous regardent avec cet air mi-amusé mi-craintif. Ils nous voient comme des râleurs impénitents, bons vivants, patauds, fainéants... Bref l'image d'Epinal rabelaisienne qui, comme toutes les rumeurs, repose sur un fond de vérité, convenons-en. Mais ils admirent aussi notre Histoire, notre patrimoine, notre culture, nos héros et, quelque part, notre capacité à faire fi de tous les dangers pour tenter notre chance, vaille que vaille : impossible n'est pas français.
Le génie français, le french flair, cette capacité à renverser la table, c'était aussi Charlie Hebdo qui, à sa façon bien particulière, a toujours su dire merde aux autres, et aux cons surtout.
Oh, bien sûr, politiquement, votre serviteur ne partageait pas toujours les mêmes idées qu'eux. Mais comme le dit si bien et avec tant de passion Elisabeth Lévy, cela nous donne justement le droit à la dispute civilisée.
Debout, les deux pieds dans la merde, le coq gaulois n'a pas fini de chanter messieurs les terroristes de tout poil. Allahu Akbar avez-vous osé crier ? Certes, Dieu - s'il existe - est grand ; mais vous, vous êtes petits, tout petits, minables, insignifiants.
Nous vous écraserons. Pas forcément par les armes. Mais par notre indifférence, notre verbe, notre élégance et notre génie. 
Le Président a parlé d'unité nationale : c'est une locution qui doit être suivie d'effets. Remercions messieurs Chalgoumi et Boubakeur d'avoir pris la parole en ce sens. Veillons, ensemble, à la sécurité de nos concitoyens. Et demandons à nos pouvoirs publics de réhausser les budgets de défense et de sécurité. Pas pour faire la guerre, encore une fois. Mais pour notre sécurité, droit élémentaire dans une démocratie comme la nôtre.
Ils veulent nous diviser : restons unis. Ils veulent nous mettre à genoux : restons debout. Ils pensent avoir tué Charlie Hebdo : ils l'ont rendu immortel.
Nous sommes la France, nous sommes les Français, et ensemble, nous nous relèverons !

Requescant In Pace...

mardi 30 décembre 2014

Bilan de l'année 2014 (2) : le retour du génie français

Bonjour à tous !

Deuxième et dernier volet de notre bilan consacré à l'année 2014. Aujourd'hui, il ne s'agit plus simplement de s'intéresser aux personnalités qui ont fait l'année mais à ce qui a marqué la société dans un ensemble plus global. Voici pourquoi je considère que le retour du génie français est l'événement de 2014.

Sport : le beau soleil bleu-blanc-rouge

Le sport français a brillé de mille feux cette année. Cela a commencé fort dès le mois de Janvier avec nos handballeurs qui ont récupéré le titre de champion d'Europe sur les terres de leur nouveau Nemesis, le Danemark. 60 minutes et une raclée plus tard, ceux que l'on présentait comme moribonds ont fait taire les plus sceptiques. Et puis que dire du record du monde du saut à la perche battu par Renaud Lavillenie, sous les yeux du Tsar en personne ? Grandiose. On saluera aussi la razzia de médailles de Florent Manaudou en natation, le retour d'une équipe de France de foot solide et sérieuse à défaut d'être à nouveau géniale, et puis le beau parcours de l'équipe de France de tennis en Coupe Davis, échouant en finale face à une équipe de Suisse simplement mieux armée.

Sciences : et Philae entra dans l'Histoire

On a beau dire, on a beau faire, l'Europe ne fonctionne que quand elle snobe Bruxelles et qu'elle unit ses forces intellectuelles autour de grands projets pilotés par la France. Avant Philae, Ariane et Airbus avaient été le parfait exemple de cette réussite scientifique où l'Europe des Nations, celle qui fait que chacun met à la disposition du collectif des ressources à hauteur de ses moyens avec un succès qui bénéficie à tous. Philae n'échappe pas à la règle, damant le pion à une NASA aujourd'hui moribonde. Sans compter le projet de développer le nouveau lanceur Ariane. De beaux projets et de belles perspectives d'avenir sur lesquels les technocrates de Bruxelles n'ont aucune prise tant cette manifestation d'intelligence pure leur inflige une claque monumentale et une magnifique leçon d'humilité.

Société : le réveil des consciences citoyennes et l'affirmation de nouveaux intellectuels

Les manifestations furent très nombreuses, pour des raisons très variées en cette année 2014. Une curiosité sous un gouvernement de Gauche qui démontra, à tout le moins, la grande fébrilité d'une classe politique et d'un exécutif qui ne savent plus trop où ils habitent. Cela a révélé de nouvelles fractures politiques qui semblent révéler les véritables affrontements idéologiques en France : à gauche, les "Frondeurs" coupent l'herbe sous le pied de leur propre gouvernement emmenant dans leur sillage un Mélenchon qu'on n'avait plus vu à pareille fête depuis 2012 et un parti écolo qui sait mieux que personne profiter des institutions de la Ve République pour parasiter son monde (rappel : ils bénéficient d'un groupe parlementaire en ayant à peine atteint les 3% aux dernières Législatives quand le FN avait flirté avec les 20% pour ne récupérer que 3 sièges de députés dans son escarcelle). 
Revenons sur ces manifestations : la Manif pour Tous fut celle qui mobilisa le plus de monde et qui jeta au visage de la France des Villes mondialisées et libérales sur tous les plans (économique et sociétal) la réalité de la "France profonde", appelée périphérique par Guilluy. Une France catholique qui ne va plus forcément à l'Eglise mais qui, néanmoins, n'en a oublié ni les valeurs ni l'héritage. Une France de la classe moyenne chassée des villes qui ne veulent plus d'elles, massacrée par les nouveaux impôts, dont on critique sans cesse la ringardise, les familles nombreuses et la culture trop franco-française, préférant sans doute Mais qu'est-ce qu'on a fait au bon Dieu ? à La Vie d'Adèle. Une France qui regroupe, toujours selon Christophe Guilluy, 60% de la population et que, d'habitude, on n'entend jamais tant elle sait faire preuve, au contraire des communautés à la capacité de mobilisation et de lobbying inversement proportionnelle au nombre de leurs affiliés, de vergogne, de retenue et de pudeur.
Mais il faut une classe intellectuelle pour donner la parole à ces oubliés du système et de la globalisation soi-disant heureuse. Trois se sont particulièrement distingués cette année, dans des domaines et des champs de réflexion très distincts cependant. Thomas Piketty fit comme les Anglais à la bataille de Fontenoy en tirant le premier. Son ouvrage, Le Capital au XXIe siècle, tente un grand coup de pied dans la fourmilière des spéculateurs et des nouveaux riches qui amassent des richesses au détriment d'une part malheureusement toujours plus grande de déshérités et de laissés pour compte. Son ouvrage a connu un succès d'envergure à travers le Monde, y compris aux USA. Cependant, précisons que l'ouvrage en question revêt un fort caractère utopiste et un peu trop empirique pour bénéficier du qualificatif d'incontestable. Mais il a au moins eu le mérite de poser le débat, en espérant qu'il fera date durablement. Autre intellectuel de gauche à avoir fait parler de lui, Christophe Guilluy dont je parlais justement. Auteur du très remarqué La France périphérique, il approfondit sa thèse développée 4 ans plus tôt dans Fractures françaises. Il y explique comment la France "des petits blancs", des "Français de souche" vit de plus en plus à l'écart des villes-mondes, qui concentrent l'essentiel des richesses et qui ne bénéficient qu'aux bobos, aux classes dirigeantes et aux classes immigrées. Concernant ces dernières, il explique que, bien que vivant dans des banlieues, elles ont bien plus de chance de bénéficier de la mondialisation car elles récupèrent, d'une part, la manne colossale des "plans-banlieue", au nombre d'au moins un par mandature gouvernementale et, d'autre part, de la proximité géographique de centres économiques stratégiques qui n'hésitent pas à recourir aux banlieusards pour des métiers à faible qualification (ménages, sécurité). De la sorte, les "Français de souche" se retrouvent chassés de toute une série d'emplois et les salaires subissent une pression à la baisse, les immigrés acceptant souvent de faire n'importe quel travail pour un salaire défiant toute concurrence. Ou comment ce soi-disant magnifique geste d'humanité appelé immigration vire en fait au néo-colonialisme et au cycle perdant-perdant.
Enfin, le dernier intellectuel à avoir fait entendre sa voix fut Eric Zemmour, véritable porte-parole métapolitique d'une frange considérable d'oubliés du système. Dans son ouvrage, il propose une synthèse d'événements qui, ces 40 dernières années, ont amené la France dans le marasme dans lequel elle se trouve plongée aujourd'hui. D'une critique au vitriol de Louis Schweitzer à un éloge appuyé de Georges Marchais, en passant par la madeleine de Proust de l'auteur (un chapitre consacré aux Rolling Stones) et le drame feutré qui se joua en coulisses du débat Séguin-Mitterrand en 92 quant au traité de Maastricht, l'auteur donne tout ce qu'il a pour pousser les Français à une prise de conscience. Bien sûr, l'ouvrage n'est pas parfait, loin de là, mérite des critiques aussi, mais certainement pas les torrents de boue qu'il reçut de la part de gens à l'esprit formaté qui démontrèrent, à la façon dont ils firent le procès de Zemmour, qu'ils n'avaient pas lu le livre. Ou pas complètement. Ce qui prouve la malhonnêteté intellectuelle chronique de la part d'une vaste part de la classe médiacratique. Mais ceci est un autre débat.

Politique : le retour triomphant des idées au détriment des communicants et des technos ?

On l'a évoqué précédemment, intellectuels de Gauche et de Droite ont fait feu de tout bois cette année pour proposer une réelle alternative à des dirigeants politiques usés, fatigués à force de courber le dos face à l'intransigeance de Bruxelles, de Berlin et des lobbys associatifs. Alors que le PS est depuis longtemps noyauté par des associations type SOS Racisme, le CRAN etc, l'UMP s'est vu lui aussi infiltré par Sens Commun, le courant politique issu de la Manif pour Tous. La forte médiatisation de Henri Guaino, à droite, notamment lors de l'affaire du Mariage pour Tous, a démontré qu'il restait encore en France des politiques qui voulaient se battre pour que notre pays retrouve sa souveraineté, seule condition afin qu'il puisse à nouveau exprimer toutes ses capacités, tout son génie. A Gauche, Arnaud Montebourg mit en avant un certain panache, notamment lors de son discours de départ de Bercy. Dans un cas comme dans l'autre, on est encore loin des grandes heures de Séguin et Chevènement, mais on a envie de croire au retour de politiques qui souhaitent faire de la politique autrement, en prenant le temps de la réflexion plutôt que d'être dans la sur-réaction et l'émotion permanente de gens qui manipulent les faits pour masquer leurs propres échecs, notamment Cambadélis, Le Foll ou Le Roux récemment. 
L'occasion est belle car le PS a clairement démontré son allégeance au libéralisme sans aucune modération avec Valls à Matignon et Macron à Bercy. Et le fait de voir Apparu, Juppé et quelques autres lorgner avec appétit et envie sur la Loi Macron ne fait que mettre en lumière l'UMPS dénoncée et moquée par nombre de citoyens. Si l'on ne veut pas voir le FN à 40% en 2017, il convient que d'autres personnes aux responsabilités prennent conscience de cette réalité pour mieux la dénoncer et proposer une véritable alternative programmatique.
La France a certainement connu un bouleversement en 2014, comme s'il s'agissait d'un ultime soubresaut d'un pays pluri-séculaire qui refusait de mourir. Il appartient à chaque Français de démontrer qu'il est un citoyen de ce pays en prenant les bonnes décisions, à la fois aux urnes, aux tribunes et dans la vie quotidienne.

Et aussi... les quelques ratés de l'année

Même s'il faut se réjouir du fort sursaut souverainiste français aux dernières Européennes, voir le FN en recueillir tous les lauriers est très inquiétant ; la loi Taubira sur le mariage pour tous, adoptée sans consultation référendaire et au mépris du bon sens et des conséquences inéluctables qui s'annoncent ; la manifestation "Jour de colère" et les manifestations antisémites de l'Eté, qui démontrent qu'une partie de la population n'hésite jamais à venir importer un conflit étranger sur notre territoire pour mieux mettre à l'index une partie de la population pourtant durement éprouvée par l'Histoire et parfaitement intégrée en France depuis le Grand Sanhédrin de 1807 ; les hausses d'impôts sans relance de l'Etat, qui paralysent la croissance ; la mainmise toujours trop pesante de la finance spéculative sur l'économie du pays.


Pour aller plus loin :

-GUILLUY Christophe, La France périphérique. Comment on a sacrifié les classes populaires, Paris, Flammarion, 2014
-PIKETTY Thomas, Le Capital au XXIe siècle, Paris, Le Seuil, 2013
-ZEMMOUR Eric, Le Suicide français. Les 40 années qui ont défait la France, Paris, Albin Michel, 2014

vendredi 19 décembre 2014

Nouvelle affaire Zemmour ; une polémique en bois

Bonjour à tous !

Il semble qu'en cette trêve des confiseurs, celle-ci ne s'applique pas à tout le monde. Aussi sûrement que la sardine est à l'huile, la polémique colle aux basques d'Eric Zemmour, seul contre tous pour des propos fantômes exprimés en italien par un trostkiste qui ne parle pas un mot d'italien. Incroyable mais vrai.

Le fond de l'affaire

Fin Octobre, Zemmour donne une interview au correspondant parisien du Corriere della Serra, grand journal italien. Celle-ci passe inaperçue en France. Fin de semaine dernière, RTL, débat Zemmour-Mélenchon. Evidemment, ça se crispe, ça se tend, et visiblement le socialiste-communiste-troskiste (tout dépend du sens du vent, comme toujours chez les opportunistes et les mégalos) n'a pas apprécié qu'on ne le laisse pas parler, contrairement à ce qui s'était passé chez Ruquier où il avait presque été reçu en majesté quelques jours auparavant. Alors il farfouille et trouve cette interview, publiée en italien, dont il propose une traduction qui ne peut être qu'approximative car... Mélenchon confesse d'emblée qu'il ne parle pas italien. Et extrapole en expliquant tranquillement que Zemmour demande que l'on déporte les musulmans de France. Rien que ça. Plus c'est gros, plus ça passe remarquez. Ces gens-là ne cherchent jamais à s'embarrasser de vérité et sont les premiers, comme Aymeric Caron, à réclamer des sources, des sources, des sources, en oubliant qu'ils sont tout à fait capables, comme l'atteste cette histoire de fou, de les manipuler à leur avantage.
Plus grave encore, le lendemain, toute la presse - ou presque - s'empare de l'affaire pour tomber sur Zemmour à bras raccourcis. Le Ministre de l'Intérieur, pourtant supposé garantir l'ordre, demande que l'on manifeste par solidarité avec les musulmans et que l'on interdise l'infâme d'antenne. Après la sortie de son livre, Cambadélis dénonçait déjà une "zemmourisation" de la société tandis que Valls décrétait que son livre ne méritait pas d'être lu, alors que Le Point révélait que les deux hommes sont amis dans la vie. Avec des amis comme ça, plus besoin d'ennemis ! Aujourd'hui, des journalistes et des personnalités de la société civile (cela va du "citoyen engagé" - sic - à l'artiste en mal d'attention médiatique) demandent à ce que Zemmour soit interdit d'antenne. Comme si le priver de son travail, de ses revenus, allait le faire disparaître du paysage, ses idées avec. Evidemment, le CRAN et SOS Racisme sont derrière tout ça, plaintes au tribunal à l'appui : l'argent n'a pas d'odeur parait-il, alors elles prendront bien celui de Zemmour quand il sera condamné à verser des dommages et intérêts (nos impôts ne gavent sans doute pas encore suffisamment ces oies grasses d'association). Quant aux personnes qui ont lu son livre, dont votre serviteur, je suppose qu'elles n'ont plus qu'à se rendre au commissariat pour délit d'opinion. Même si, dans ce livre justement, on n'est pas d'accord avec tout ce qui y est écrit...

Zemmour, dépassé par les événements

A entendre ces gens aujourd'hui, il se figure que le polémiste serait responsable de la faim dans le monde, de l'Ebola, de la dictature en Corée du Nord et j'en passe. Et la moindre étincelle suffit à lui tomber dessus. Tous contre lui, il finira bien par craquer, et tant pis si on emploie pour ça des mensonges énormes. Tant pis pour sa famille, ses amis (même s'il ne doit plus en avoir beaucoup). Peu importe, "pas de liberté pour les ennemis de la liberté" disait Saint-Just.Sauf que lui à l'époque avait le mérite de tenter de sauver la Révolution. Le journaliste italien, qui ne partage pas les opinions du polémiste, a beau dire et répéter que jamais le mot "déportation" ne fut employé au cours de l'entretien et que, s'il l'a écrit dans la retranscription, c'était pour proposer une synthèse de ce qu'il avait compris des propos de l'interviewé, expliquant en plus qu'en italien deportare peut aussi se comprendre par une personne décidant volontairement de rentrer chez elle, au sens de rapatriement, ses adversaires ne veulent pas lâcher le morceau.
La France va mal, c'est la faute à Zemmour. Pour le reste, circulez, y a rien à voir. Il est forcément bien plus démoniaque que les politiques qui sont au pouvoir et qui renient leurs promesses les unes après les autres. Ce qui les embête, au fond, c'est que le journaliste refuse de s'inscrire dans un quelconque parti politique, au contraire d'un Robert Ménard. Ils ont à faire là à un véritable électron libre, un ennemi non institutionnel. Ils ne peuvent donc le combattre sur le plan politique stricto sensu.Alors ils le discréditent par d'autres moyens, pas forcément plus légaux (atteinte à la liberté d'expression) ni forcément plus moraux (vu ce qu'il pense des femmes, on aimerait pas être à la place de la sienne, ou encore : lui, le Juif, comment peut-il dire ça de Pétain). Psychologie de bazar pour esprits faibles. Quand Alessandra Sublet demande hier, 17 Décembre, qui a lu le livre de Zemmour parmi ses invités, déjà en train de lui tailler un costard, seul Naulleau lève le doigt : tout est dit.

Quel est donc ce pays ?

Quel est donc ce pays qui détourne des propos pour décrédibiliser un adversaire idéologique ? Quel est donc ce pays où des médias utilisent des procédés dignes de Staline (sur la forme) ou Trotski (chantre de la Terreur sous la Révolution russe) pour tirer à boulets rouges sur un confrère ? Quel est donc ce pays où des "people" se permettent d'avoir un avis sur un livre et son auteur sans même avoir lu la première page dudit ouvrage ? Quel est donc ce pays qui crée des "-phobies" pour encadrer la pensée de ses citoyens ? Quel est donc ce pays qui laisse des associations partisanes et communautaires prêcher la bonne parole, se gaver de l'argent public et jeter l'anathème sur qui sort du rang ? Quel est donc ce pays qui crie au scandale sur la couleur des jouets en fonction du sexe de l'enfant sans avoir la décence de se souvenir qu'une trop grande majorité d'enfants dans le monde n'aura pas de jouet sous le sapin ? Quel est donc ce pays où l'on préfère tourner le dos à un ami de plusieurs siècles (la Russie) pour se jeter dans les bras d'un pays que l'on passe son temps, par ailleurs, à critiquer de manière très hypocrite (les USA) ? Quel est donc ce pays qui laisse le chef d'Etat d'un autre pays décider à sa place de sa politique économique, laissant sciemment dans la plus scandaleuse précarité des millions de Français ? Quel est donc ce pays où l'on a de plus en plus l'impression de vivre avec toujours plus de frayeur dans le 1984 d'Orwell ? Quel est donc ce pays, enfin, qui tourne le dos à son Histoire, à ses pères fondateurs, pour privilégier la jouissance personnelle et l'argent facile au détriment de l'Etat, de la collectivité et de l'humilité face à la foi ?
Autant de questions qu'il convient de se poser en urgence. Ils auront peut-être la peau de Zemmour. Mais ils ne doivent pas avoir la peau de la France...

Pour aller plus loin :

*http://ecrans.liberation.fr/ecrans/2014/12/18/mon-interview-n-est-pas-un-coup-monte_1166716
*http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2014/12/16/31003-20141216ARTFIG00425-stefan-montefiori-eric-zemmour-n-a-pas-employe-le-mot-deportation.php
*http://www.huffingtonpost.fr/dominique-sopo/polemique-eric-zemmour_b_6346320.html

samedi 13 décembre 2014

Bilan de l'année 2014 (1) Personnalité de l'année : Barack Obama

Bonjour à tous !

L'année se termine, c'est l'heure des bilans. Aujourd'hui retour sur celui que je considère comme la personnalité de l'année. Même si cette distinction n'a ici rien de bien positif.

Un costume trop grand pour lui

En Novembre 2008, la planète n'avait qu'un nom à la bouche : celui de Barack Hussein Obama, 44e Président des Etats-Unis. C'était le messie que le monde attendait après 8 années de "busherie" (vous me pardonnerez le jeu de mots...) Alors que 2007 avait vu la communauté internationale, comme le dit l'expression consacrée, basculer dans la crise des subprimes, Obama devait moraliser une finance devenue folle et rétablir un peu d'égalité et de justice dans un pays ou l'écart entre riches et pauvres est sans doute le plus prononcé parmi les pays les plus développés. Une grande part des personnalités américaines les plus en vue soutinrent celui avait une grande qualité pour tous les progressistes à travers le monde : il était noir. Oh, certes, il n'avait pas connu les quartiers défavorisés, avait pu faire de solides études de Droit sans trop de souci, mais peu importait : parce qu'il était noir et démocrate, c'était le Président qu'il fallait aux Américains et donc, par extension, au reste du Monde.

Une dette devenue trop oppressante 

Le problème de Barack Obama réside sans doute en un seul mot : la dette. Dépassant les 100% du PIB dans un pays qui a l'habitude de soutenir sa croissance interne par l'endettement de ses citoyens, le plafond de la dette a dû être relevé plusieurs fois en catastrophe, en même temps que la Fed, la Banque Centrale américaine, faisait tourner la planche à billets. Cela enchérit de facto, dans un premier temps, un euro déjà trop fort, et qui étrangla donc encore un peu plus une Union Européenne déjà au bord de l'asphyxie. Bien sûr, l'euro a fini par baisser quelque peu, mais pour des pays comme la Grèce, Chypre, l'Italie, le Portugal ou l'Espagne, il est sans doute déjà trop tard. 
Cette dette a donc obligé le Président américain a faire des choix, notamment en limitant ses engagements militaires, ce qui a contraint ses alliés de l'OTAN à faire le ménage à sa place en Libye, au Mali, en Centrafrique, sans compter ses réticences en Syrie et son retrait des négociations israélo-palestiniennes. Obama n'a plus qu'un seul objectif en tête : tenir la bride aux Chinois, qui font montre d'un impérialisme d'autant plus fort en Extrême-Orient que leur croissance folle ralentit (à 7% par an tout de même) et qu'elle passe donc dans une autre phase de l'affirmation de son pouvoir face à son peuple : rétablir sa puissance à l'internationale. 

Des scandales à répétition dans un pays ingouvernable

L'autre problème d'Obama c'est que son élection a déclenché, parallèlement, une vague de haine sans précédent chez les Républicains, à l'exception de quelques modérés dont son estimé adversaire malheureux en 2008, John McCain. La naissance du Tea Party, cette frange radicale ultra-libérale et ultra-conservatrice (la contradiction fondamentale de la droite américaine...) a causé de nombreux remous au Congrès. Chaque fois que ce fut possible, les Républicains bloquèrent les quelques réformes voulues par Obama, dont celle de la santé, sa plus emblématique. Leur nouvelle majorité au Congrès va leur donner encore plus de latitude. Le Chicagoan resta, hélas, concentré sur ce seul projet de loi et laissa toutes les autres réformes nécessaires de côté : l'éducation, la justice, les emprunts étudiants dont on dit qu'ils sont la nouvelle épée de Damoclès au-dessus de la tête des Américains... Les inégalités ne sont nullement réduites, les grands groupes continuent de faire de l'optimisation fiscale sur le dos du trésor US (Google, Apple, et j'en passe), l'argent ne rentre pas dans les caisses et fatalement, les pauvres s'appauvrissent tandis que les riches s'enrichissent. Comme le disait Warren Buffett : "La guerre des classes est terminée et nous l'avons gagné."
Cherry on the cake, des scandales divers sont venus se greffer au débit d'un double mandat globalement décevant : les lanceurs d'alerte Snowden et Assange dénoncèrent les abus de la CIA et de la NSA en matière de mise sur écoute, Guantanamo est toujours ouvert, la CIA vient de rendre public un rapport qui révèle le non-sens de la torture et enfin, bien sûr, les meurtres successifs de différents hommes par des policiers, les premiers étant noirs, les seconds, blancs. Bien entendu, chaque affaire est différente l'une de l'autre : à Cleveland, les médecins légistes ont démontré que les témoignages étaient faux et que Mike Brown ne s'était pas fait tirer dans le dos comme on l'avait annoncé dans un premier temps. Quant à l'affaire de New York, la vidéo est éloquente et ne laisse que peu de doute sur l'énorme faute professionnelle commise par la police. Evidemment, la presse française a tout mélangé, faisant un amalgame grossier entre toutes les affaires pour dénoncer les vilains policiers blancs américains, profondément racistes, appuyée en cela par les tweets déplacés de Christiane Taubira.
Néanmoins, force est de constater que les tensions économiques dans un pays qui ne s'est toujours pas relevé de la crise des subprimes ont remis au grand jour des tensions évidentes sur un territoire qui n'est qu'un gloubi-boulga informe de différentes communautés n'ayant pas grand chose à voir les unes avec les autres. Aucune n'étant légitime dans une contrée qui est née par le biais d'un génocide amérindien que tout le monde s'efforce de garder sous silence, la violence ne peut qu'être exacerbée. Le stress amène le stress, la colère engendre la colère et une fois que les chevaux se sont emballés, il est bien difficile de les calmer.

Une comparaison Obama-Hollande troublante sur certains points

Comme en France, donc, les Américains réussissent à chaque fois à élire un président pire que le précédent, et le mouvement s'est accéléré dans les années 2000. La seule différence entre les deux chefs de l'Etat, c'est que l'on attendait rien de Hollande, et beaucoup trop d'Obama. Qui plus est, les tensions entre communautés sont fortes au sein des deux pays, même si la France a évidemment une histoire et une communauté nationale autrement plus ancrée que les Etats-Unis. 
Cependant, un autre important point commun est à souligner entre les deux hommes : la déchéance économique symbolique du pays dont ils sont en charge. La France a ainsi perdu sa note AAA sans, heureusement, que cela n'ait pour l'instant de conséquence sur sa dette, tandis que depuis quelques jours, la Chine a ravi la première place en tant que puissance économique mondiale. Du jamais vu depuis la Seconde Guerre Mondiale. Même l'URSS dans les années 60-70, ou le Japon des années 80-90 n'avaient réussi pareil exploit. La fin d'un monde ? Peut-être. Une opportunité pour redistribuer les cartes ? Assurément. Alors que les médiacrates de notre pays ainsi que notre gouvernement nous poussent vers une américanisation toujours plus prononcée (mise en avant des communautés, recul de la laïcité mariage pour tous, démantèlement de l'armée au profit de l'OTAN,...), il faut regarder les choses en face : le modèle américain a vécu. C'est un signal lancé à la France : cessons de vouloir faire comme tel ou tel autre pays, re-créons un modèle à nous, dans lequel notre patrie puisse s'épanouir à son aise et à son rythme. Le retour à une westphalisation du monde n'est peut-être plus si loin.

---------

Ils ont aussi marqué l'actu en 2014 :
Eric Zemmour, qui a connu un triomphe dans les librairies pour son dernier essai, Le Suicide français, s'est chargé de mettre le doigt là où ça fait mal sur les errements de notre pays depuis 40 ans. Valérie Trierweiler est également incontournable, en ce que son livre a abaissé encore un peu plus la fonction présidentielle. Les deux Prix Nobel français méritent une mention spéciale : Patrick Modiano et Jean Tirole, en littérature et en économie. Beyoncé a crevé l'écran dans le domaine musical et enfin, de façon plus légère, saluons l'exploit incroyable de Renaud Lavillenie, nouveau recordman du monde en salle de saut à la perche, sous les applaudissements de Sergei Bubka lui-même.

---------

> Les traités de Westphalie conclurent la Guerre de Trente Ans en 1648 et furent signés à Münster. Ils concernaient les Provinces-Unies, la France, le St Empire et l'Espagne. Certains pays acquirent leur indépendance, contribuant à un rééquilibrage des forces en puissance en Europe
> http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20141125.OBS6024/michael-brown-taubira-critique-le-verdict-en-citant-bob-marley.html (sur l'affaire Brown)
> http://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/etats-unis-crise-evitee-sur-le-plafond-de-la-dette-jusqu-a-2015_1355826.html (sur la dette américaine)

dimanche 30 novembre 2014

UMP : l'histoire se répète

Nicolas Sarkozy au moment de son élection à la tête de l'UMP ce Samedi 29/11/14
Crédits Photo : lefigaro.fr/Gonzalo Fuentes/Reuters

Bonjour à tous !
Voilà, c'était annoncé et attendu, Nicolas Sarkozy emporte la présidence de l'UMP avec 64% des voix, devant Bruno Le Maire avec 29% et Hervé Mariton à 6%. Il ne s'agira pas ici de décrypter le programme et les propositions de chacun des trois hommes, mais plutôt d'analyser ce que ce scrutin peut provoquer au sein de la Droite française.

Comprendre la Droite française : la thèse de René Rémond

René Rémond fut un historien et politologue français, décédé en 2007, spécialiste de la Droite française. L'ancien académicien avait décelé en son temps un découpage possible de la Droite en 3 catégories : la Droite légitimiste, contre-révolutionnaire ; la Droite bonapartiste, césarienne qui a le culte du chef ; la Droite orléaniste, libérale et cautionnant la Révolution. Ce découpage est un héritage de la Révolution française.
Aujourd'hui, il pourrait paraître assez aisé de penser spontanément que l'UDI est la Droite orléaniste, l'UMP étant bonapartiste et le FN, légitimiste. Mais ce serait aller un peu vite en besogne. Si l'UDI est l'héritière de l'UDF centriste, libérale et pro-européenne, les lignes ont quelque peu bougé à l'UMP et au FN. Chez le parti de la Le Pen Company, la fille a laissé de côté les punchlines de son père et son idéologie reaganienne, mêlant libéralisme échevelé et conservatisme social. Elle a plutôt insisté pour rendre son officine médiatiquement présentable en promouvant la souveraineté nationale, le rejet de la technocratie et la défense des plus fragiles. 
Enfin l'UMP s'est considérablement compliquée la tâche en fusionnant le RPR avec l'UDF. Tout ça pour pas grand chose au final si l'on constate l'émergence de nombreux partis centristes : le MoDem, l'UDI, sans compter les radicaux. L'UMP est devenue cette auberge espagnole où, selon la formule de Charles Pasqua, "Le RPR amène les électeurs, l'UDF amène les élus." Comprendre : au RPR, gaulliste, bonapartiste, la base militante, à l'UDF l'assemblée de notables,  qui se font élire en promettant monts et merveilles à des électeurs toujours plus désenchantés.

Le mensonge de Sarkozy

En 2007, Sarkozy se fait élire sur un message important : il veut limiter l'immigration, mettre en avant la valeur travail, réconcilier les Français avec leur identité, ce qu'ils sont et ce qu'ils doivent transmettre. Alors, c'est vrai, dans les discours, il y a eu les coups d'épaule, les paroles dures et directes. Mais dans les faits, l'immigration n'a pas chuté, le chômage a continué de croître, et la sujétion à l'Europe s'est fait toujours plus forte. La Droite historique qu'il entendait incarner a laissé lâchement la place à la Droite moderniste dans les résultats. Et ça, les Français ne l'ont pas oublié en 2012. Quand Sarkozy change son fusil d'épaule et oublie sa ligne libérale-centriste entre les 2 tours, pour revenir sur un vrai discours de Droite, il limite la casse face à Hollande mais il était trop tard, le retard était trop important, la fracture, consommée. 
Aujourd'hui il revient, mais son message n'est pas clair. Il ménage la chèvre et le chou. Certes, son charisme et son talent politique lui ont ouvert le succès pour devenir président de l'UMP. Mais désormais, il doit affronter deux candidats déclarés à la primaire de 2016 : François Fillon, qui part de loin, admettons-le, et Alain Juppé, le chouchou des médias et de la Gauche. Où l'on assiste alors à un curieux coup de malice de l'Histoire.

1995 à l'envers

Petit retour en arrière, 1995 : à cette époque, la Gauche sait qu'elle ne gagnera pas les Présidentielles, la fin de l'ère Mitterrand s'achevant dans un chaos indescriptible (la maladie du Président, la cohabitation avec Balladur, le suicide de Bérégovoy, les révélations sur Mazarine Pingeot, etc). La Droite a un leader historique depuis 1974 qui est Jacques Chirac et qui attend ce moment depuis sa cinglante défaite en 1988. Mais voilà, il est "trop à droite", tout le monde a encore en mémoire la signature du congrès du RPR en 1990 avec Juppé, Sarkozy, Séguin, Pasqua et donc Chirac parmi les signataires. Dans ce congrès, on disait que l'islam n'était pas compatible avec la République, et qu'il fallait stopper l'immigration. Chirac en était encore "aux bruits et aux odeurs". Il est vrai qu'on pouvait commencer à douter de la persistance de ses idées quand il avait fini par voter "oui" du bout des doigts  au Traité de Maastricht portant un coup à la tradition de la Droite souverainiste. Enfin toujours est-il que peu l'appréciaient et le soutenaient parmi les médias. Balladur décida de se présenter, estimant entre autres que Chirac ne pouvait l'emporter et qu'il fallait tout faire pour que la Droite fût au second tour. Sarkozy soutint alors le Premier Ministre sortant, et Juppé son rival. Pour le résultat que l'on sait. Balladur ne passa pas le premier tour, les couches populaires soutenant plutôt Chirac, son discours sur la fracture sociale et son côté proche des gens, en rupture avec le côté plus aristo de l'ancien hôte de Matignon.
Alors que 2017 se profile déjà, il est amusant de constater que les rôles sont inversés : Sarkozy est honni par les médias et par la Gauche, au contraire de Juppé qui fait même le beau dans les Inrocks, excusez du peu. Sarkozy vient de démontrer qu'il était soutenu par la base militante, y compris à Bordeaux. On a bien sûr critiqué cette attitude et vilipendé l'ancien Président. Mais les militants sont la force vive d'un parti, ils ont légitimité à critiquer, plus ou moins fortement, des leaders qu'ils estiment décevants. Et tant pis pour les oreilles chastes. Qui plus est, Alain Juppé part avec le handicap d'être le favori jusque dans les sondages : il est plus que fréquent que le favori des sondages ne l'emporte pas (Barre en 88, Balladur en 95, Jospin en 2002, sans compter le crash de Strauss-Kahn avant les Présidentielles de 2011). 

Quelle conclusion ?

Au vu du contexte actuel, il est peu probable que le PS se qualifie pour le second tour de la Présidentielle de 2017. De plus, il y aura une bataille féroce pour l'organisation des primaires de 2016 : Juppé voudra une primaire ouverte en dehors du parti pour que le Centre et la Gauche viennent à son secours tandis que Sarkozy voudra évidemment une désignation par les militants. 
Il y aura forcément un déçu, les deux candidats se présenteront donc en 2017. Et l'on risque donc de voir Juppé disparaître au premier tour en compagnie du candidat PS, au profit de Marine Le Pen. L'affrontement entre Le Pen et Sarkozy au second tour est alors une éventualité à envisager sérieusement. Où l'on verra que Sarkozy l'emportera car il est difficile de voir la candidate du FN triompher, son parti étant trop petit et trop mal institutionnalisé pour gagner une telle élection. Et évidemment, il y a de grandes chances pour que le quinquennat numéro 2 de l'ancien maire de Neuilly soit aussi décevant que le quinquennat numéro 1. 
Bien sûr il s'agit là de politique fiction, mais il est bon d'avoir en main toutes les clés pour juger que décidément, l'Histoire a tendance à se répéter et qu'une fois encore, il y a peu de chances pour que la France en sorte vainqueur.

____________________________________________________________________________________
NB : j'ai été vivement critiqué, notamment parce que mes articles manquaient de source. Je rappellerai ici le principe du billet d'humeur : il est une forme particulière d'éditorial qui a pour but d'apporter un regard critique sur un sujet d'actualité où la forme, la qualité de rédaction et une certaine mauvaise foi prévalent, dans la grande tradition pamphlétaire française (j'invite les sceptiques à consulter la page Wikipédia du billet d'humeur - oui, il y en a une). Il s'agit là d'un héritage des Lumières. Lire un éditorial d'un grand journal permettra de se rendre compte qu'il ne comporte rarement, voire jamais, de sources. Même si la presse de gauche, qui se rêve en Hommes du Président façon Pakula, ne jure plus que par les sources (cf Aymeric Caron), il n'empêche pas moins que la presse d'opinion, mêlant histoire et plaisir de la plume, est tout à fait valable, voire davantage encore car il s'agit là d'une tradition historique. Et tant pis si ce n'est pas moderne... Néanmoins, je proposerai désormais, en fin d'article, des pistes de réflexion pour que chacun puisse se faire sa propre réflexion sur le sujet proposé. 
____________________________________________________________________________________
Pour aller plus loin :

*Rémond, René, Les Droites en France, Aubier, Paris, 1992
*http://tempsreel.nouvelobs.com/election-presidentielle-2012/20120426.OBS7172/le-retour-des-trois-droites.html

vendredi 21 novembre 2014

Ecole : stop au massacre !

Crédits : Ouest France/Google Pictures

Bonjour à tous !

C'est vrai, la caricature date un peu, mais elle est toujours, malheureusement d'actualité, et n'est que l'un des trop nombreux symptômes d'une école en crise qui, désormais, sombre en plus dans le ridicule. Explications.

Profs non-payés, postes non-pourvus

En 2012, "Moi, Président", encore en campagne, avait promis 60 000 postes d'enseignants en plus. Il est vrai que les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent, comme le veut le vieil adage politique, mais là, on est quand même en droit de crier au foutage de gueule. Les différentes enquêtes menées, y compris par des médias "De Gôche", montrent bien qu'on est loin du compte. Il est vrai que la France compte un net surplus de fonctionnaires, mais ce n'est pas tant dans la fonction publique d'Etat (polices, pompiers, hôpitaux, éducation, justice, armée) qu'il faudrait retrancher mais plutôt la grassouillette fonction publique territoriale. Or, depuis les premières lois de décentralisation de 1982, les "couches du mille-feuilles" s'additionnent, se superposent, s'ajoutent : communautés de communes, départements, régions et j'en passe, avec multiplication de postes doublons et construction de somptueux bâtiments pour loger tout ce beau petit monde. Georges Frèche en fut l'exemple le plus caricatural. Et pourtant, il suffisait de s'en tenir aux préfectures et aux départements pour que le découpage territorial de la France conservât sa justesse et une égalité de traitement de chaque citoyen devant l'Etat. Le seul souci, c'est que l'Etat en question s'en lave les mains façon Pilate (Ponce, hein, pas le cours de sport) et se défausse toujours un peu plus de ses responsabilités, préférant déléguer ses pouvoirs à des notables locaux qui font circuler les valises de billets et le clientélisme plein pot. Huchon et Guérini illustrent parfaitement ce phénomène, même s'ils ne sont pas les seuls. Nous voici revenus au temps des seigneurs du Moyen-Âge où Hugues Capet, élu Roi de France en 987, se retrouva fort dépourvu devant des roitelets bien plus puissants que lui et aux terres bien plus vastes que les siennes. Il fallut attendre, au moins, Louis XIV, pour que la France prenne enfin la forme d'un pays cohérent, puissant et uni. 
Pour en revenir à nos moutons, c'est donc l'accroissement exponentiel de la fonction publique territoriale qui sert de paravent à l'Etat pour faire des économies dans la fonction publique nationale, la seule vraiment utile, voire indispensable. Les hôpitaux fonctionnent en flux tendu, les casernes militaires ferment les unes après les autres, de même que les tribunaux, les flics roulent avec un parc de véhicules datant de la présidence de Chirac et nos chères têtes blondes se retrouvent de plus en plus souvent devant une estrade vide dans leur salle de classe. L'ignoble est atteint lorsque l'on apprend, horrifié, que les dernières recrues en Seine-Saint-Denis révèlent devoir quémander des bons alimentaires car elles n'ont pas encore été payées depuis la rentrée scolaire. L'Etat est réputé être le plus mauvais payeur qui soit, tout entrepreneur vous le dira. Mais là, on frise la comparaison avec n'importe quelle république bananière d'Afrique ! Enseigner dans le "9-3" n'est déjà pas une sinécure, mais quand en plus on n'est pas payé pour accomplir ce sacerdoce, il y a de quoi avoir la moutarde et autres épices qui nous montent au nez ! 
Enfin, par magnanimité, je préfère taire un autre scandale dont on ne parle jamais, qui est celui de l'accompagnement des enfants handicapés ou en situation de grand échec scolaire. Ces enfants nécessitent le recours à un AVS (1), mais leur recrutement est erratique, digne d'un tirage à la tombola et leurs conditions de travail sont précaires car leur situation contractuelle relève de l'équilibrisme.

L'Ecole, cheval de Troie de toutes les idéologies les plus farfelues

Comme si ça ne suffisait pas, et alors qu'il est évident que le niveau des enfants baisse dramatiquement dans la maîtrise des fondamentaux, le ministère fait feu de tout bois pour se servir de nos chérubins comme rats de laboratoire pour toutes les idéologies les plus improbables qui soient. Vous avez aimé la théorie du genre et le scandale de la ligne Azur (désavouée depuis, fort heureusement, par le Conseil d'Etat, pour avoir notamment fait l'apologie de la consommation de stupéfiants) ? Vous allez adorer la suppression des notes. Avec, dans le rôle principal, Najat Vallaud-Belkacem, encore et toujours elle. Sous vos applaudissements ! Non contente d'avoir fait fonctionner à plein le népotisme en plaçant son cher et tendre dans les pattes présidentielles en tant que conseiller à l'Elysée, elle laisse largement entendre aujourd'hui que la suppression des notes "stigmatisantes" et "traumatisantes" serait une riche idée pour éviter que les gosses ne sortent traumatisés d'une mauvaise note. Ben voyons ! A part faire plaisir à Marcel Rufo et à la proportion toujours (tristement) croissante de parents qui délèguent complètement l'éducation de leur rejeton à l'instituteur (cf le dessin d'illustration en haut de page), il s'agit bien là d'une catastrophe en puissance. Il est évident que la notation est imparfaite, mais il s'agit d'humains notant d'autres humains, la seule différence étant que les premiers ont accompli quelques années d'études et réussi au moins un concours avant d'avoir ce statut lourd en responsabilités. La note a au moins le mérite de situer l'enfant dans son travail, de lui donner une mesure assez précise du chemin qu'il lui reste à parcourir pour atteindre l'excellence. Il est évident qu'une note donnée sèchement ne saurait être acceptable, tandis que l'accompagner de commentaires précis et circonstanciés lui donne immédiatement un caractère plus justifié.
Mais alors par quoi la remplacer ? Par des....pastilles de couleur ! J'imagine déjà un prof agrégé de maths s'amuser à mettre des gommettes sur des copies d'élèves de Terminale. Fantastique... Mais le nombre et la couleur desdites gommettes marqueront, elles aussi, le degré de réussite ou d'échec de l'élève. Simplement, l'échelle d'appréciation sera plus floue tandis que le barème sera incompréhensible à souhait, comme l'aiment les idiots qui pondent nos programmes et s'engraissent sur la Bête depuis des années à l'Hôtel de Rochechouart, dans le très cossu VIIe arrondissement. 
Franchement, il est temps d'en finir avec ces inepties et d'en revenir, comme je l'avais évoqué autrefois dans un post précédent, à une Instruction Publique sensée, réfléchie, avec des programmes simples et cohérents qui permettent à tous les élèves de démarrer sur un pied d'égalité dans la vie en maîtrisant tout à la fois l'écriture, la lecture et le calcul à la sortie de l'école primaire. Quant aux problèmes d'éducation, qu'on les renvoie à ceux dont c'est la tâche initiale, le devoir primordial : les parents. Dur dur, quand les deux travaillent en même temps et qu'ils font des enfants pour "faire bien" socialement parlant, comme c'est le cas de tous ceux qui capitulent devant leurs enfants-rois, mal élevés et gavés d'écrans jusqu'à plus soif... Enfin, c'est une autre discussion. Mais pour que le bon sens revienne,  il faudrait que notre ministre cesse de "chercher à faire parler d'elle" comme le notait si judicieusement Jean-Paul Brighelli (2) sur l'antenne de RTL il y a quelques jours de cela...


(1) AVS = Auxiliaire de Vie Scolaire. Adulte accompagnant spécifiquement un enfant en détresse scolaire ou handicapé dans ses tâches liées à l'école
(2) Jean-Paul Brighelli est un professeur agrégé de Lettres Modernes, chroniqueur pour Le Point et Causeur, qui héberge son blog Bonnet d'Âne. Il milite de longue date pour un retour aux fondamentaux au sein de l'école et pour des moyens d'envergure dans une institution aujourd'hui sinistrée