mardi 3 septembre 2013

Football : la folie des chiffres continue

Gareth Bale, l'homme qui valait 100 millions !
Crédits Photo : Panoramic/Sport24.com

Bonjour à tous !

Hallucinant ! C'est le mot qui vient à l'esprit pour qui suit les affaires du football. A la vérité, même en ne s'y intéressant pas, il aura été difficile de ne pas ouïr les actualités du ballon rond, tant celles-ci furent invraisemblables lors de cette période s'étalant de Juin à Août et que les aficionados nomment mercato ("marché", en italien).
Dans un monde où la crise économique est toujours d'actualité, où les entreprises se serrent la ceinture ou bien disparaissent avec pertes et fracas (Nokia a été racheté par Microsoft aujourd'hui même, par exemple), le football continue de gonfler sa bulle spéculative à travers des extravagances qui vont jusqu'à choquer les plus chevronnés de ses supporters (dont votre humble serviteur fait partie).
Jugez plutôt : l'ailier gallois Gareth Bale, dont le palmarès collectif est vierge, a quitté son club de Tottenham pour le Real Madrid (pourtant endetté jusqu'au cou) pour 100 millions d'euros. Vous avez bien lu. Plus de 650 millions de Francs. De quoi construire une école ou un hôpital. Ou bien éponger la dette de quelques infortunés Espagnols dont la détresse économique fait peine à voir dans un pays qui ne se remet pas de l'éclatement de sa bulle immobilière. Indécent. 
Mais ce n'est pas le seul chiffre marquant : la Premier League (championnat de 1e division britannique) a dépensé, pour l'ensemble de ses 20 clubs, la somme de 745 millions d'euros. Une somme en hausse substantielle par rapport à l'année précédente, surtout quand on sait que 580 millions d'euros, soit 77,8% de la somme évoquée plus haut, a servi à payer des joueurs venant de l'étranger, au détriment de plus petits clubs anglais de D1 ou des clubs de divisions inférieures. La solidarité avec les structures les plus fragiles de son pays, celles qui forment au quotidien les futurs champions qui porteront un jour fièrement la tunique de la sélection nationale, ne représente rien pour des clubs dont les propriétaires sont des nouveaux riches venant des quatre coins du Globe.
Manchester City est propriété qatarie, Chelsea appartient à un Russe, Manchester Utd à des Américains, Arsenal aussi. Ces hommes-là ne se soucient pas de morale, d'éthique, de développement durable du football, sport le plus populaire au monde. Non, pour ces carnets de chèque ambulants, seule compte la rentabilité à courte vue. Cela vous étonne ? Allez donc faire un tour aux conseils d'administration des entreprises du CAC 40 ou de quelques géants mondiaux type Coca, McDo ou Apple. Vous verrez que ce sont les mêmes qui décident de fermer des usines pour en ouvrir d'autres en Asie du Sud-Est, au nom de la plus-value à 2 chiffres. Et tant pis si, pour cela, les ouvriers sont violentés, travaillent dans des conditions de sécurité dantesques et sont très mal payés. Les oligarques qui contrôlent ces pays sont ravis de pouvoir compter sur des rentrées de devises fraîches leur assurant d'acheter leur pérennité au pouvoir.
Le football n'échappe pas à cette triste règle. Dans un monde toujours plus triste qui a un besoin vital du triptyque panem, vinum et circenses, on a multiplié les événements, les matchs, pour que le (télé-)spectateur-consommateur soit heureux d'avoir de quoi se bourrer le crâne pendant que son patron le harcèle, que sa femme menace de le quitter et que ses enfants le boudent parce qu'il n'a pas acheté le dernier écran tactile à la mode qui sera cassé au bout de 2 semaines et oublié au bout de 3. Alors on l'enjoint à s'abonner à toujours plus de chaînes, on vend les maillots (que l'on prend bien soin de changer tous les ans, au mépris de l'esthétique la plus élémentaire) de ses stars préférées à des prix exorbitants et on augmente le prix des places en tribune. 
Dans ce vaste jeu de dupes, le joueur de foot est un esclave. Oh, un esclave bien traité, bien payé pour pouvoir s'afficher avec la dernière pouf à la mode tout droit sortie d'une quelconque télé-réalité et dont la photo a été retweetée X fois (sans jeu de mots...). Mais un esclave quand même qui "vaut" une certaine somme, qui est prié de produire un certain nombre de prestations publicitaires et, parfois, caritatives (histoire de prendre les gens pour des cons jusqu'au bout). Sans compter le nombre de matchs qu'il doit jouer dans une saison. En étant prié de ne pas se blesser, d'être toujours performant, souriant et sans se faire prendre par la patrouille anti-dopage. Comme si un être humain pouvait cavaler sur un terrain de 105m sur 90 pendant 90 minutes 60 fois par saison sans prendre de substances illicites... C'est beau de rêver.
En attendant, rien ne garantit que les nouveaux-riches qataris ou russes ne se lassent pas un jour de leur jouet. Car souvent, comme tous les nouveaux-riches, ils n'ont pas l'éducation en relation avec leur fortune. Ils se comportent en enfants gâtés capricieux. Un exemple ? Quand Dmitry Rybolovlev n'aura plus à craindre de devoir verser une somme conséquente à son ex-femme suite à son divorce, il pourra très bien décider de lâcher l'AS Monaco. Qui bouchera les trous énormes dans la comptabilité ? Vous ne me croyez pas ? Regardez ce qui s'est passé pour les clubs de Makachkala et Malaga, lâchés sans vergogne par leurs mécènes. Et vous comprendrez ce qui peut arriver. Si cela arrive à Paris, ce sera le contribuable parisien qui devra régler la facture. Et à ce prix-là, le maillot floqué "Cavani" paraîtra une satisfaction particulièrement dérisoire quand la fiche d'impôts locaux tombera dans la boîte aux lettres. Enfin, ce ne sera pas pire que les Espagnols qui payent déjà les cadeaux du Fisc local accordés généreusement au Barça ou au Real. Mais bon, il paraît qu'il faut se réjouir que la France puisse enfin attirer des stars (comprenez mercenaires) dans son championnat. Sans doute pour contenter les quelques décérébrés se prétendant journalistes sportifs et officiant à la télévision et sur Internet. 
Comme on fait son lit on se couche paraît-il : attendons patiemment l'heure de l'extinction des feux.

mardi 27 août 2013

Syrie : quand le fantôme de Saddam ressurgit

Bonjour à tous !

Alors que la rentrée pointe le bout de son nez, les dossiers ne manquent pas pour le Gouvernement : l'Education, bien sûr, puisque elle sera au coeur de l'actualité ces deux prochaines semaines ; la Justice, avec la réforme Taubira ; l'Economie, alors que l'INSEE annonce une énième hausse consécutive du chômage ; le Social, avec la réforme attendue et crainte des retraites ; et enfin, l'International, avec la situation en Syrie qui semble tous les jours prendre un tournant plus dramatique.
Avant d'aller plus loin dans mon raisonnement, soyons clairs : je condamne fermement la riposte d'El-Assad envers ses opposants. Néanmoins, personne n'a le droit de l'empêcher de diriger son pays comme il l'entend, renvoyant ainsi à toute son inutilité la pitoyable communauté internationale et son joujou dispendieux : l'ONU.
A l'heure actuelle, deux clans s'opposent à l'échelle du Monde sur la réponse à apporter la crise syrienne : le clan de l'attente, de la realpolitik, et du respect inconditionnel du principe de souveraineté incarné par la Russie (qui prend chaque jour plus de poids dans cette problématique) et la Chine. D'un autre côté, les partisans d'un interventionnisme ingérant et envahissant venant de pays qui n'ont jamais peur d'être ridicules en croyant dispenser la bonne parole : la Grande-Bretagne et les USA. Au milieu de tout cela, le cinquième membre permanent du Conseil de Sécurité de l'ONU qu'est la France. La France qui hésite, qui renâcle, la France qui sort tout juste d'une intervention armée ultra-rapide et pleine de succès au Mali, la France qui est coincée parce qu'elle fait partie à part entière de l'OTAN, la France qui a réduit son budget militaire à peau de chagrin tout en déléguant ses décisions en la matière à l'Oncle Sam... Bref, vous cernez la complexité de ce noeud gordien.
La France adorerait y aller. Car ce qu'aime par-dessus tout notre classe dirigeante, à commencer par les "humanistes" qui nous gouvernent, c'est de donner des leçons d'égalité et de liberté à travers le Monde. Ils ont fini leur mission en France en faisant adopter le "Mariage pour Tous", alors ils ont décidé d'aller prêcher la bonne parole à l'international. Comme leurs aînés Jaurès ou Ferry l'avaient fait avant eux en colonisant l'Afrique Subsaharienne au mépris de l'incrédulité de leurs opposants de Droite, au premier rang desquels se trouvait le Tigre, Clémenceau. 
Le problème, c'est que Sarkozy est déjà tombé dans ce piège droitdelhommiste en Libye. Et quand on constate aujourd'hui le résultat - un chaos indéfinissable - on se dit qu'il aurait mieux fait de s'abstenir. Mais voilà, non content de parader en dépit de son échec, le clan des bien-pensants, emmenés par le Croisé BHL, repart de plus belle sur la Syrie. L'éditorial du Monde daté d'aujourd'hui ne dit pas autre chose, et même Hollande semble cette fois convaincu : il faut punir le méchant Bachar. Et tant pis pour les conséquences ! Tant pis si, en le faisant partir, on facilite l'accession au pouvoir des islamistes radicaux qui sèment aujourd'hui la terreur en Tunisie ou en Egypte, avec la menace d'une guerre civile à la clé, semblable à celle qu'a connue l'Algérie dans les années 90. Tant pis si, pris de folie, le dictateur de Damas décide de s'en prendre au bouc-émissaire idéal de la région qu'est Israël. Tant pis si le traditionnel allié chiite iranien prend fait et cause pour le parti Baas et décide de se lancer lui aussi dans le conflit alors que plus personne ne doute aujourd'hui qu'il dispose de l'arme nucléaire, ou, du moins, qu'il est proche de l'obtenir. Tant pis, enfin, si se lancer dans pareille aventure ravivera le douloureux fantôme de la 2e Guerre du Golfe. 
Car c'est bien là, la vraie question. Rappelez-vous, c'était il y a 10 ans. Fous de douleur après les attentats du 11-Septembre, les Américains avaient à tout prix recherché un coupable. Alors ils s'en étaient pris à leur "dictateur préféré", Saddam Hussein, qu'ils n'avaient eu aucun mal à faire partir ou à faire condamner....mais toutes les peines du monde à remplacer par un gouvernement stable, chose aujourd'hui encore inexistante dans un pays ravagé par les attentats. A l'époque, la voix forte de la France s'était fait entendre pour ne pas tomber dans le panneau d'une guerre évitable. Tout le monde garde en mémoire la rare éloquence de Dominique de Villepin au siège de l'ONU. Tout le monde avait traité les Américains de va-t-en-guerre, les accusant de mépriser le droit international. Et pourtant, Saddam n'avait rien de différent d'avec Bachar : lui aussi avait gazé des milliers d'innocents, lui aussi opprimait les minorités (iraniennes et kurdes dans son cas, sunnites et chrétiennes dans le cas d'aujourd'hui) et lui aussi était un redoutable dictateur.
Alors, voici la question que nous devrions tous nous poser : tandis que les Américains avaient l'excuse de la douleur et de l'esprit de revanche, quelle excuse trouverons-nous demain lorsque nous déciderons d'aller régler son compte à ce méprisable personnage ? Au nom de quoi ce qui n'était pas bien il y a 10 ans le serait soudainement devenu en 2013 ? Et quels éléments nous permettent de croire en la folle utopie que le bourbier irakien ne deviendra pas le bourbier syrien ?
Vous voulez une réponse à ces questions ? Elle est simple : regardez donc la crise économique qui continue de nous frapper, plus fortement et plus durement que jamais. Elle n'est pas prête de s'éteindre, loin s'en faut malheureusement. Alors, comme toujours dans ces cas-là, de manière immuable, l'Homo Occidentalis s'en va prendre son épée pour châtier, au choix, le sous-homme, l'infidèle ou le barbare. Comme à chaque fois ses premiers succès lui donneront l'illusion d'une victoire facile avant de rapidement déchanter. Et quand il s'en apercevra, il sera trop tard. Mais il s'en moquera, car il aura alors assouvi sa rage, qu'il couvait depuis si longtemps...

jeudi 4 juillet 2013

Man VS Wild : quand nos politiques tentent de lutter contre le cours naturel des choses

Bonjour à tous !

C'est un post un peu philosophique que je vous propose aujourd'hui. Depuis le simulacre de débat, houleux au possible, sur le mariage dit pour tous, il semble qu'en France, particulièrement, on ait décidé de remettre en question l'ordre naturel des choses. L'homoparentalité est, quoi qu'on en dise, un ersatz de famille. A tel point qu'au moment où je l'écris, le vérificateur d'orthographe du traitement de texte me souligne le mot. Ce combat gagné par les lobbies LGBT a consacré le désir au-dessus de toute logique. Avec toutes les dérives que cela entraîne, à savoir la PMA (qui existe déjà dans les faits puisque les couples de lesbiennes se font inséminer en Belgique ou en Suisse) et la GPA (autorisée dans les pays de l'Est, ce qui attire les gays français). On renonce à la conception naturelle des enfants pour faire intervenir la médecine et tout ce que cela implique : enrichissement des laboratoires pharmaceutiques et des médecins pour qui l'éthique est un vain mot, femmes réduites à l'état de simples "ventres", notamment celles qui habitent dans les pays en développement, etc.
Bref, ce n'est qu'un exemple. Mais qui va ouvrir, malheureusement, d'autres boîtes de Pandore puisque le CNCDH (Conseil National Consultatif des Droits de l'Homme) préconise aujourd'hui de supprimer la mention "homme" et "femme" dans l'administration pour faire figurer à la place les genres. Il y aurait donc un genre "mâle", un genre "femelle" et un genre "indéterminé". Un coup de pied supplémentaire dans le Code Civil, héritage de Napoléon. Ce texte était supposé stabiliser et simplifier le droit français pour des siècles. Las, depuis 30 ans, la dictature des minorités qui s'appuie sur le droit aux libertés individuelles demande toujours plus de reconnaissance. Ils n'ont pourtant pas compris le principe élémentaire de la République, semblable à un quadrige : si tous les chevaux vont dans la même direction, l'ensemble avance efficacement. Si chacun des chevaux, en revanche, part dans une direction opposée ou renâcle, alors l'équipage ne peut plus avancer. Et voilà comment, depuis 30 ans, l'équipage républicain n'avance plus, le pays étant paralysé par une dictature de groupuscules, bien aidés en cela par Bruxelles qui y voit ici une habile diversion tandis que la Commission Européenne nous manipule comme une vulgaire marionnette. Au même titre, la législation à venir qui obligerait les hommes à prendre eux aussi un congé parental n'a aucun sens. Les femmes gagnant moins que les hommes en moyenne, cela amoindrira les revenus de la famille. Et puis, de toute façon, l'Etat n'a pas à se mêler de la vie privée des familles. Quelle est donc cette nouvelle marotte malsaine ? Les couples ne sont-ils donc pas aptes à régler ce genre de chose par eux-mêmes, d'autant que ça ne regarde qu'eux, et personne d'autre ?
Une prochaine étape, en médecine,  risque d'être franchie dans ce non-sens avec l'avancée, lente mais régulière, vers la légalisation de l'euthanasie et tout le paradoxe qu'elle porte : on encourage la médecine à prolonger la vie des grands malades souvent au-delà du raisonnable et alors qu'ils souffrent le martyr, et quand l'entourage en a assez, on appuie sur un bouton pour y mettre un terme définitif. Comme ça, par confort. Si cela ne vous fait pas froid dans le dos, je n'y comprend plus rien.
Dans un tout autre ordre d'idée, on se lamente de plus en plus sur la météo. On regrette qui la sécheresse, qui les inondations, qui la neige. Mais ce sont des aléas naturels sur lesquels nous n'avons pas prise, qui nous renvoie à notre statut de simple humain avec toute l'humilité que cela demande. Seulement, nous n'en sommes plus capables. Et cela évite aussi de regarder la vérité en face concernant certaines catastrophes naturelles : il y aurait sans doute moins d'inondations si on n'autorisait pas de constructions en zone inondables ; où si on rasait moins de talus et qu'on arrachait moins d'arbres. Quant au bouleversement climatique, si il est objectivement difficile de voir si l'Homme en porte l'entière responsabilité ou bien si il s'agit "simplement" d'un aléa climatique comme la Terre en a connu d'autres, il faut bien dire que l'industrialisation à outrance n'est pas innocente dans cette affaire. 
Tous ces constats pour dire qu'il y a une sorte de main invisible, un non possumus, qui fait que l'Homme ne peut pas tout maîtriser. Et que, quoi que nous fassions, nous devons subir ces aléas qui nous échappent. Non, nous ne sommes pas les maîtres du Mondre, tout-puissants. Il y avait un éco-système avant l'arrivée de l'Homme sur Terre, il y en aura un autre après notre extinction, qui arrivera un jour ou l'autre puisque rien n'est éternel. Plus nous essaierons de lutter contre l'ordre naturel des choses pour plaire à quelques saltimbanques en mal de reconnaissance qui n'ont plus le courage d'assumer les mauvais côtés de leurs choix, et plus le retour de manivelle sera violent. Certains rétorqueront que jusqu'à présent, cela n'est pas évident. Mais les conséquences peuvent n'apparaître que dans 20, 50 ou 100 ans, voire plus tard. Ce seront les générations futures qui paieront - cher ! - le prix de nos errements. Mais pour ça comme pour tant d'autres choses (je pense à la dette notamment), personne n'en a cure. Amusons-nous aujourd'hui, nos petits-enfants se démerderont. Bel exemple de manque de courage, encore une fois. Si il y a une vérité à retenir de tout cela, c'est que l'Homme est devenu un lâche, un couard qui est désormais trop décadent pour assumer ses responsabilités. Ne nous leurrons pas : toutes les erreurs se paient un jour, et plus cela vient tard, plus cela est douloureux... Pour finir, ces élites bien-pensantes qui réclament toujours plus en se sentant toujours moins redevables devraient se rappeler ce que Churchill disait : "Avant de vous demander ce que l'Etat peut faire pour vous, demandez-vous d'abord ce que vous pouvez faire pour l'Etat."

PS : il s'agit de mon dernier post d'ici à la rentrée. Si l'actualité le mérite, je ferai un post exceptionnel de temps à autre. Sinon, rendez-vous à la rentrée. Bonnes vacances à tous.

mardi 25 juin 2013

Montebourg/Barroso : le torchon brûle !

Bonjour à tous !

Ca a commencé avec la polémique sur l'exception culturelle "à la française" qu'il fallait protéger à tout prix du futur accord de libre-échange avec les USA (une hérésie de plus, vivement qu'on décide de créer une monnaie commune avec nos amis d'outre-Atlantique !) Et ça a continué ce week-end avec les résultats de la Législative partielle de Villeneuve-sur-Lot, organisée pour remplacer Jérôme Cahuzac. "Ca", c'est l'opposition crescendo entre l'Union Européenne et la France, et plus précisément entre José Manuel Barroso, président de la Commission Européenne et Arnaud Montebourg.
Pour replacer quelque peu les faits dans leur contexte, il est bon de rappeler que Paris est dans le collimateur de Bruxelles depuis que François Hollande a pris le relais de Nicolas Sarkozy à l'Elysée.  Craignant un dérapage des dépenses, la Commission, forte de ses technocrates non-élus et qui n'ont donc aucune légitimité démocratique, avait cru bon devoir sermonner notre pays d'irréductibles Gaulois, soutenue en sous-main par la toujours tenace Angela "Nein" Merkel. Celle-ci était très liée à Sarkozy, avec lequel elle s'accordait sur le dogme du "Un sou est un sou". Un remarquable effet de manche quand on sait que l'Allemagne est, en valeur absolue, le pays le plus endetté d'Europe, et que le Président sortant n'a rien pu (ou voulu ?) faire pour empêcher les dérapages budgétaires.
Mais passons. Car ce qui a éveillé l'hostilité des technocrates bruxellois, c'est que François Hollande, européiste convaincu, s'acoquine avec des colbertistes franchouillards de la trempe d'Arnaud Montebourg. Lui, le chantre de la démondialisation, du retour aux frontières et d'une certaine forme de protectionnisme ne peut qu'être honni par ces ultra-libéraux européens. Eux qui prônent l'ouverture des frontières à tout-va, avec ce que ça provoque comme bouleversement démographique et social, comme chamboulement culturel (pas sûr qu'on aurait eu droit au mariage pour tous si les souverainetés avaient été davantage respectées), sans parler des valises de délocalisations, ne peuvent voir en la croisade de Montebourg que tout ce qu'ils détestent. 
La semaine dernière, lorsque des acteurs et réalisateurs français sont venus défendre l'exception culturelle, Barroso a vu rouge. Entre parenthèses, on peut moquer la démarche de nos chers artistes, qui ne sont venus à Strasbourg, devant le Parlement européen, ne défendre cette exception culturelle que pour le cinéma, oubliant la musique, la littérature, etc. Et tout ça pour pouvoir continuer à produire des "films d'auteur" qui ne feront que le bonheur du microcosme cannois fermement soutenu par Libé (qui ne vend plus un exemplaire de son journal), Les Inrocks et Télérama ! Des films qui sont ensuite défendus par des acteurs, qui représentent toute la bien-pensance uniforme et insupportable, venant donner des leçons de vie au bon peuple sur le plateau du Grand Journal ou d'On n'est pas couché.
Revenons-en à nos moutons cependant. Car devant une telle levée de boucliers, notre sémillant Ibère polyglotte a cru bon devoir traiter la France de "réactionnaire", alors même que les Américains en personne demandaient à ce que soit préservée cette particularité du cinéma français. François Hollande a dû sortir de sa réserve et critiquer (discrètement, normalement, en somme !) le Président de la Commission Européenne. 
Mais on n'allait pas en rester là. Devant le score très important du FN au 2e tour de la Législative partielle de Villeneuve-sur-Lot, Montebourg a déclaré, à juste titre, que la Commission bruxelloise et son Président étaient "le carburant du FN". Une réaction qui détonne et qui fleure bon la franchise là où les habituels commentateurs politiques estiment doctement que c'est la "droitisation" de l'UMP et les "affaires" qui font le jeu du parti de Marine Le Pen. Loin s'en faut. Tout le monde le savait et personne ne disait rien. Du moins jusqu'à maintenant. Evidemment, Barroso a répliqué en rétorquant, peu ou prou, que l'ex d'Audrey Pulvar ferait mieux de retourner à ses casseroles et à son ministère. Mais c'est trop tard. La phrase a été prononcée. Elle s'est désormais infiltrée dans les esprits. En allant là où même Mélenchon ne se risque pas, la critique ouverte de l'Europe pour ce qu'elle est, c'est-à-dire une gigantesque usine à gaz antidémocratique, ultra-libérale, qui paupérise les citoyens des différents pays qui la composent à vitesse grand V, Montebourg marque incontestablement un point. De là à espérer le retour aux affaires d'une véritable Gauche colbertiste et jacobine, il n'y a qu'un pas que je n'ose franchir, mais que j'espère de tous mes voeux. 
Un mot, enfin, sur celui qui s'est totalement décrédibilisé aux yeux du peuple français : Michel Barnier, Commissaire Européen, a en effet taclé le Ministre du Redressement Productif. En choisissant de défendre son jouet plutôt que son compatriote, il montre ainsi qu'il a choisi son camp, celui des puissants, au détriment du peuple qui, décidément, est de plus en plus mal vu par nos élites technocratiques. Une bonne fessée électorale l'an prochain aux Européennes serait de bon aloi pour rappeler à ces messieurs que la Démocratie, c'est le pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple !

lundi 17 juin 2013

Turquie : Erdogan joue (enfin) cartes sur table

Recep Tayip Erdogan, Premier Ministre de la Turquie
Crédits Photo : AP/AP

Bonjour à tous !

C'est l'histoire d'un parc, dernier espace vert d'Istanbul, qui sème le vent de la discorde depuis plusieurs jours sur le Bosphore.
En voulant raser ce parc et en faire un énième centre commercial (la ville en compte déjà plus de 90 !), Erdogan a suscité l'ire des Stambouliotes. La goutte d'eau pour une ville qui se veut occidentale, cosmopolite et ouverte sur le Monde. Plus que ne peuvent en tolérer les citoyens de la ville qui doivent déjà supporter le retour des femmes voilées sur les bancs de la fac, et la limitation de la vente d'alcool au-delà d'une certaine heure.
Il faut dire que depuis la révolution entamée par Mustapha Kemal dans les années 20, ce gigantesque pays au croisement de trois continents s'est considérablement laïcisé, en copiant d'ailleurs sur le modèle français. Atatürk avait notamment décidé de passer à l'alphabet latin et avait posé l'armée comme garante de la laïcité dans la Constitution.
Las, depuis une dizaine d'années maintenant, c'est l'AKP qui est au pouvoir, un parti "islamiste modéré". Bel oxymore. Et magnifique entourloupe pour tous les démocrates droits de l'hommiste en manque de sensations fortes et de médiatisation dans nos contrées, à commencer par BHL. L'islamisme modéré, ça n'existe pas, autant se mettre ça dans le crâne. Si le gouvernement turc a, jusqu'ici, agi avec une prudence de sioux, c'était simplement pour prendre le temps de démanteler l'autorité de l'armée. Ceci étant fait, l'AKP peut enfin montrer son vrai visage au monde, celui d'un parti islamiste qui entend faire respecter le dogme du Coran selon l'école de Médine.
Le miroir aux alouettes est brisé, mais il en reste un à faire tomber : celui qui essaie de faire croire aux Occidentaux qu'Istanbul représente la Turquie. Grave erreur ! Istanbul est devenue une plateforme du libre-échange, comme toutes les grandes mégapoles du Globe, de New York à Londres, en passant par Shanghaï, Melbourne, ou même Paris : un conglomérat de gens d'origines diverses, où les autochtones ne sont plus forcément en majorité, et qui répond aux volontés du libéralisme : libéralisme économique et donc, libéralisme des moeurs, en contradiction avec le Coran et la volonté de l'AKP. Ces grandes villes sont désormais déconnectées des réalités de leur pays d'origine ainsi que de celles qui touchent la population locale, rurale ou semi-rurale, au quotidien. La seule chose qui intéresse ces grandes villes, c'est de faire du fric, toujours plus de fric, en faisant tomber toujours plus de barrières, au mépris le plus élémentaire des coutumes et des traditions locales. Une volonté farouche d'uniformiser chaque jour un peu plus le Monde, pour produire des consommateurs interchangeables. 
Afin de convaincre les derniers sceptiques, je vous suggère de vous pencher sur les résultats électoraux turcs des 10 dernières années : à chaque fois, l'AKP l'emporte. Au grand dam des bobos stambouliotes. Et de leurs alliés de par le Monde. La majorité des Turcs souhaite un retour à leurs valeurs, qui ne sont pas les nôtres, c'est vrai, mais que nous n'avons aucunement le droit de juger pour autant. A moins de tomber immanquablement dans le panneau du néo-colonialisme. A l'époque moderne, on colonisait pour évangéliser les pauvres bougres à peine évolués, aujourd'hui on colonise les esprits pour leur apprendre à penser correctement.
Mais en Turquie comme ailleurs, le peuple est de moins en moins dupe. Ses particularités, il y tient. Et les avertissements sont chaque jour plus nombreux. Demandez donc au PS ce qu'il pense du résultat de la dernière législative partielle dans le Lot-et-Garonne...

mardi 11 juin 2013

Décès de Clément Méric : tous responsables !

Bonjour à tous !

L'actualité de ces derniers jours a évidemment été marquée par le décès tragique de Clément Méric, tout jeune homme de 18 ans. J'ai longtemps hésité avant de vous faire part de mon opinion. Et puis j'ai décidé qu'il fallait prendre la plume. Un engagement est total et ne saurait se plier devant les difficultés constituées par la délicate analyse de ce drame.
La première chose qui me vient à l'esprit, c'est la récupération politique de cet évènement. Que cela vienne de la Gauche, qui accuse, ou de la Droite, qui se défend, les réactions ont été scandaleuses : un jeune garçon est mort, et on a plus parlé de "politique", si on peut appeler ça comme ça, que de compassion envers la famille. Celle-ci est d'ailleurs demeurée très digne car elle est restée invisible aux yeux des médias. Un comportement à saluer. J'insiste : il est honteux pour des responsables politiques de tout bord de commenter ce tragique accident plutôt que d'insister sur le soutien dont a nécessairement besoin la famille du disparu.
Evidemment, dans tout cet emballement nauséabond, la presse a une très grande part de responsabilité : trop heureuse de souffler sur les braises de l'opposition entre les extrêmes, en sortant ses éditorialistes du placard qui, pour la plupart, se sont prêtés à des explications vaseuses et hasardeuses (toujours dans le but d'attiser la haine), les médias ont contribué à la récupération politique de Clément Méric, érigé en symbole malgré lui. Or, en empiétant sur le deuil de ses proches, en en faisant un martyr, on le dépossède, lui et les siens, de ce qu'il fut. On prive ses parents de la pudeur nécessaire à leur chagrin.
Ce qui me marque également, c'est qu'un gamin de 18 ans soit "engagé" à ce point. J'emploie ce terme à dessein car, en France, être engagé c'est forcément être "de Gôche". Lui, faisait partie d'un syndicat étudiant d'extrême-gauche. C'est dire si il avait dû en vivre des vertes et des pas mûres pour en arriver là : sans doute qu'à 18 ans, il avait déjà eu le temps de subir la délocalisation de son outil de travail, l'obligation de signer un accord de compétitivité avec son patron pour bosser 40h/semaine payées 35, l'empoisonnement de ses poumons à l'amiante et voir le PDG de sa boîte se faire virer avec un parachute doré de plusieurs millions d'euros à la clé ! Pourquoi tant de sarcasmes ? Parce qu'à 18 ans, on a sûrement mieux à faire que de s'engager dans un syndicat étudiant, surtout à Sciences Po Paris où les seuls points d'achoppement doivent concerner le changement de la machine à expresso de la salle d'études ! A 18 ans, c'est l'âge des premières amours, des premiers émois, des discussions avec les copains à bâtons rompus. A 18 ans, les femmes nous intimident autant qu'elles nous excitent. A 18 ans, on joue jusqu'à plus d'heure à des jeux de société ou des jeux sur console, on construit sa culture en dévorant des bouquins. A 18 ans, on ferraille avec ses parents pour qu'ils payent la caution du 9m2 perdu quelque part dans le XIIIe, au 8e étage sans ascenseur. A 18 ans, on rit, on pleure, on se met en colère, on s'interroge ! Mais à 18 ans, on n'est sûr de rien. Et encore moins des idées politiques que l'on souhaite défendre. Car à cet âge-là, les émotions et les sentiments sont tellement exacerbés, les passions sont à un tel degré paroxystique que l'on ne sait à quel saint se vouer. C'est, entre autres, à ça que servait le Service Militaire : à canaliser cette force brute pour faire de cette joyeuse marmaille des hommes réfléchis et posés qui deviendraient des citoyens exemplaires, fiers de leur pays, et respectueux des valeurs de la République et de la Nation. Et donc des autres.
Fut une époque pas si lointaine où s'engager à 18 ans revenait juste à choisir quel métier on voulait faire plus tard avant de passer sous les drapeaux afin d'apprendre à y devenir un homme et, plus encore, un citoyen.
Aujourd'hui, ce rituel d'initiation n'existe plus. Ces pulsions qui existent au fond de chacun de nous, elles, demeurent. Sans filtre pour les contenir, désormais. Et lorsque la société connaît des tensions, comme c'est le cas en ce moment, difficile de pouvoir empêcher que cela ne dégénère au-delà du raisonnable. 
Il faut dire qu'en plus de ça, la société d'aujourd'hui est naturellement porteuse de violences : chômage en hausse, dette abyssale qui échoira aux plus jeunes, matrices urbaines toujours plus tentaculaires et déshumanisées, paysages ruraux en voie de dépeuplement, conflits culturels avec des nouveaux arrivants qui ne veulent plus s'assimiler mais se communautariser, hausse constante des divorces qui laissent des enfants livrés à eux-mêmes,... Autant de cicatrices profondes laissées dans notre vivre-ensemble.
Alors, non, la mort de Clément Méric n'est pas due qu'à un groupuscule de connards tatoués aux crânes rasés et aux idées putrides. Conjoncturellement, c'est une rencontre fortuite qui a dégénéré en bagarre qui a mal tourné. Structurellement, chacun de nous en est responsable. Non pas parce qu'on a porté un coup au visage de ce malheureux gosse ; mais parce qu'on se repaît de ce genre d'évènement diffusé en boucle par des médias requins, qui aiguisent sans retenue aucune notre besoin de chercher constamment un catharsis au mal-être qui existe en chacun de nous. Car nous sommes devenus des consommateurs ultra-passifs de l'actualité. Nous ne la faisons plus : nous la subissons !
Vous cherchez un coupable à la mort de Clément Méric : regardez-vous dans une glace. Et paix à son âme.
Amen.

vendredi 24 mai 2013

Economie : un trio de tête en difficulté

Bonjour à tous !

"La crise est derrière nous" martèle François Hollande à l'envi. Pas si sûr. Le monde va mal, et sans doute plus mal qu'il ne veut bien l'admettre. Oh, bien sûr, tout n'est pas noir. En revanche, il convient tout autant de ne pas se laisser bercer par des chiffres aux apparences trompeuses.
Prenons ainsi le cas du podium de tête de l'économie mondiale, le trio USA-Chine-Japon. A tout seigneur, tout honneur, commençons par décortiquer les résultats de l'Oncle Sam. Celle-ci va très mal. Pourquoi ? Parce que Ben Bernanke, le président de la Fed (la Banque Centrale Américaine), est contraint d'injecter 4 milliards US$ par jour dans l'économie de son pays. Pour cela, il a recours à la planche à billets donc, mécaniquement, le dollar baisse (tandis que l'Euro est toujours plus fort), et les prix grimpent. Très bon point pour les exportations étatsuniennes me direz-vous, à raison. Sauf que, à côté de ça, les industries du pays ne se portent pas très bien. Ce qui est supposé être la force des anciennes colonies anglaises se retrouve dans la tourmente. Ainsi, General Motors et Ford, pour se sauver, ont eu recours aux subsides de l'Etat. Et ont dû mettre à la porte des milliers de salariés. Si les chiffres de l'emploi sont bons, c'est parce que les chômeurs longue durée sont rayés des cadres une fois leurs droits expirés. Les gens ne retrouvent pas du travail, c'est juste la société qui renonce à leur en fournir un. Et on sait que les Américains ne sont pas tendres avec les laissés pour compte dans un pays où les inégalités ont traditionnellement toujours été plus élevées que dans notre "vieille Europe" (copyright Dick Cheney). En outre, l'Europe est l'un des premiers clients à l'exportation des USA : vu la situation actuelle du Vieux Continent, difficile d'écouler sa marchandise. Apple et Google se portent bien ? Ce sont les arbres qui cachent la forêt. Quand la planche à billets arrêtera de tourner et que les taux d'intérêts qui y sont rattachés cesseront de dégringoler (on ne peut fixer des taux d'intérêts négatifs...), alors les Américains se prendront les dommages collatéraux de la Crise de 2008 en plein visage. Bon courage !
Nouveau rival des Américains sur la planète économique, la Chine connait, elle aussi, des ratés. La croissance de ce pays n'est plus à 2 chiffres. Elle est, certes, à plus de 7-8% par an. Un chiffre à faire pâlir d'envie nos dirigeants. Mais pour un pays de 1.3 milliards d'habitants aux inégalités abyssales, ce n'est pas assez pour que le pays continue de se sortir de l'âge de pierre où il se trouvait encore il y a trente ans. Il faut aussi reconnaître que Li Xinping a eu le courage d'annoncer que la croissance économique n'était plus le seul leitmotiv du pays. Et ça se sent. Car les relents impérialistes de l'Empire du Milieu n'avaient plus été aussi forts depuis bien des années. Les Hong-Kongais se plaignent chaque jour davantage du peu de cas qui est fait de leur sort à Pékin. Les Tibétains continuent de s'immoler par le feu. Taïwan craint de se voir rapatrier dans le giron national tandis que les Japonais font face à la revendication des Îles Senkaku. Ce dernier point est d'ailleurs symptomatique du changement de ton au sommet de l'état chinois, car les Japonais ont de nombreuses usines en Chine. C'est un partenaire économique essentiel qui a permis aux Continentaux de prendre leur essor. La crispation autour de cet archipel montre que le régime privilégie dorénavant le nationalisme à l'économie. Sans doute pour ressouder le peuple, qui est souvent prompt à sortir le drapeau rouge serti de l'étoile jaune. Et ainsi faire oublier tout ce qui ne va pas dans le pays : un clivage croissant entre l'Ouest rural et l'Est en plein boom, une absence totale de démocratie, une pollution toujours plus suffocante dans les grandes métropoles, etc.
Enfin, le Japon est sans doute le cas le plus préoccupant. D'abord parce qu'il est cerné par des tensions internationales indépendantes de sa volonté : la Chine qui revendique, donc, cet archipel des Senkaku, et la Corée du Nord qui, avec son nouveau dirigeant, prouve qu'elle n'a rien perdu de sa folie (auto)-destructrice. Cela fait beaucoup pour cette base avancée américaine dans le Pacifique. Et puis, le Yen continue sa dégringolade. A l'instar de ce qui se fait aux USA. Le seul problème, c'est que ce petit pays est une île, très (trop ?) peuplée de surcroît. Une île qui, pour ne rien arranger, est la proie régulière des aléas de la Terre (volcans, tremblements de terre et tutti quanti). Elle doit donc importer en quantité des matières premières et des produits de première nécessité tant l'agriculture se révèle un art périlleux sur son sol. Difficile de trouver ces denrées à des prix abordables avec une monnaie faible. Surtout quand, ailleurs dans le monde, les récoltes sont mauvaises (l'Australie et l'Argentine, notamment, ont rencontré de nombreuses difficultés dans ce domaine ces dernières années), contribuant à enchérir davantage encore leur coût à l'exportation. Ajoutez à cela une industrie qui piétine et un ministre de l'Economie qui déclare, lui-même, que le pays patauge, et vous avez tous les ingrédients pour une gigantesque récession. Le seul point positif des Nippons, c'est que leur dette domestique, estimée à 220% du PIB (!!!) est essentiellement détenu par les autochtones. Une bonne façon de se prémunir des éventuelles attaques extérieures.
Que penser de tout ceci ? Le tableau est sombre, c'est vrai. D'autant que les chacals continuent de pulluler comme le montrent les marchés boursiers qui continuent de flamber en dépit du bon sens. Comme si ils sentaient que la bulle allait exploser et qu'il fallait se goinfrer d'actions et d'obligations bien grasses et bien juteuses avant que l'usine à gaz qu'ils ont contribué à bâtir n'explose ! Autant d'argent qui n'est pas investi dans la recherche et le développement, pour une vision industrielle à long terme. On préfère engraisser les actionnaires à court terme. Pitoyable.
L'ennui, c'est qu'on connaît les remèdes mais qu'on refuse de les appliquer. On préfère achever le malade à coup de mesures d'austérités toutes plus asphyxiantes les unes que les autres. Ce serait pourtant tellement plus simple - et plus sain - que de réglementer à nouveau l'économie en rétablissant des frontières depuis trop longtemps laissées à l'abandon, de liquider l'OMC, le FMI et la Banque Mondiale, de couper court aux paradis fiscaux et de prendre la seule mesure internationale réellement bénéfique : l'instauration de la taxe Tobin. Mais pour ça, il faudrait réellement être capable de courage. Avoir le cran de dire que seuls les états-nations, rétablis dans leurs droits et prérogatives, auront la capacité de lutter efficacement contre la finance crapuleuse. Mais vous savez ce que disaient les Soviétiques avant l'effondrement du Mur ? Qu'il fallait instaurer toujours plus de communisme... On connaît la suite !