vendredi 21 septembre 2012

De l'intérêt du concept de Nation



Bonjour à tous !

Aujourd'hui je me propose d'aborder un sujet assez vaste. Cependant, pour rendre la lecture de cet article digeste, je tâcherai de le rendre aussi synthétique que possible.
J'aborde ici le concept de la Nation ainsi que son intérêt. Et donc de la Nation française, par extension. L'idée m'est venue en constatant au travers de ma revue de presse que Le Nouvel Observateur consacrait un dossier entier sur les "néo-fachos". On est coutumier du fait chez ce périodique qui est désormais bien loin de l'esprit de Jean Daniel. Cependant, la formule a de quoi interpeler. 
Questionné, d'autre part, par les événements qui secouent le monde arabe (montée en puissance des extrémistes maliens, affaire du navet américain anti-islam et caricatures de Mahomet par la courageuse équipe de Charb), je me suis fait la réflexion qu'une petite mise au point pouvait, devait être salutaire.
Alors qu'une frange conséquente de l'opinion française, héritière du legs de Mai '68, se prononce aujourd'hui pour une franche intégration européenne et un universalisme qui abattrait toutes les inégalités et les injustices, force est de constater aujourd'hui que les tenants de cette théorie se retrouvent le bec dans l'eau depuis la crise de 2007-08. Car à quoi est due la crise, sa rapidité, sa force sinon au fait que les frontières ne sont plus ce qu'elles furent ? Comment ne pas admettre que ces belles âmes sont le dindon de la farce du capitalisme qui, plus intelligent et cynique que jamais, a su profiter à plein de la déréglementation douanière à travers le Monde ? 
Las, ces bobos bien-pensants, cultivés, éduqués pour ce qui est de ses têtes de pont, mais qui ne savent pas exploiter correctement les données en leur possession, refusent de regarder la vérité en face. Et frappent d'anathème tout malandrin, y compris votre serviteur, qui oserait se prononcer en faveur d'un frein à l'immigration qui met en péril nos valeurs, demanderait le rétablissement des frontières pour empêcher les vils patrons de s'enfuir avec la caisse en Chine, en Europe de l'Est ou au Maghreb, laissant des centaines de travailleurs sur le carreau, ou qui exigerait la sortie de l'Euro afin de récupérer une souveraineté économique et budgétaire indispensable pour sortir de cette interminable crise.
Au lieu de se rendre à cette évidence, les bien-pensants, ces Fouquier-Tinville à la petite semaine (qui ignorent bien souvent comment leur modèle vit sa carrière s'interrompre brusquement, allongé sur l'échafaud) préfèrent utiliser l'argument-massue "Tous des fachos !" La belle affaire.
Plus sérieusement, pourquoi ne pas admettre que nous souhaitons simplement le rétablissement et la pérennité de nations souveraines ? Car qu'est-ce qu'une nation ? Il s'agit d'un groupe de personnes partageant une monnaie commune, un drapeau, un hymne, une histoire et une destinée commune ? En quoi est-ce répugnant ou sale ? A tous ceux qui, comme Barroso ou Delors, demandent la mise en place d'un fédéralisme européen, je leur rétorque ceci : y a-t-il une nation européenne ? Nenni ! 20 siècles de guerre sont là pour nous le rappeler. Puissent-ils répondre que c'est justement pour mettre fin aux conflits armés qu'ils défendent cette idée que je leur répondrais tout aussi sereinement qu'il s'agit d'un projet vain, la guerre faisant partie de notre ADN. Si j'osais, je dirais même qu'il s'agit d'une manifestation subconsciente de notre humanité pour réguler la démographie. Mais c'est un autre débat.
Concernant les escarmouches avec la frange la plus radicale de l'islam, qui a notamment valu des coups de règle sur les doigts à l'écrivain Richard Millet, je rappellerai simplement que la nation française est laïque, de tradition judéo-chrétienne, et où la liberté d'expression est un droit incorruptible et non négociable. Qu'ils fassent ce qu'ils veulent chez eux et nous laissent faire ce que nous voulons chez nous. Comme le dit l'adage qui traversa le temps : "A Rome, fais comme les Romains." Adapte-toi, intègre-toi ou retourne d'où tu viens, c'est aussi simple que cela. 
Il ne s'agit nullement de chercher à glorifier la France plus qu'elle ne devrait l'être. Simplement il s'agit d'être fier d'appartenir à une nation et à un pays parmi les plus vieux du Monde. Nos ancêtres se sont battus pour nous offrir ce précieux héritage qu'il convient de transmettre sans l'altérer : nous n'en sommes que les dépositaires temporaires. Plus tard, nos enfants le seront à leur tour. Car la richesse d'un monde d'Etats-Nations réside en ce qu'il contribue au maintien de la diversité des diverses coutumes qui enrichissent l'Histoire de l'Humanité.
En effet, refuser l'idée de Nation, opter pour l'universalisme, cela revient à tarir l'altérité : tout le monde s'habillera, mangera et pensera la même chose. Voyager, partir à la découverte d'autrui n'aura plus aucun intérêt puisque Tokyo ressemblera à La Mecque qui ressemblera à Rio qui ressemblera à Paris. Or l'intérêt de l'altérité par la pérennisation des nations demeure, comme le disait fort justement Elisabeth Lévy, en le fait qu'il n'y a rien de plus dépaysant, de plus riche et de plus strictement normal que de fermer les yeux où que l'on soit sur notre planète et cependant identifier en un son, une odeur, une atmosphère, l'endroit où nous sommes à l'instant présent. 
Alors, je le dis ici très humblement. Je me permets de renvoyer Le Nouvel Observateur ainsi que tous les tenants d'un universalisme aussi ridicule que dangereux à leurs chères études. Je les invite notamment à relire leurs manuels d'Histoire. Car celle-ci n'évolue point vers quelque chose de différent. Elle est, encore et toujours, un perpétuel recommencement qu'il convient d'anticiper afin de prévenir d'éventuelles déconvenues gravissimes.
Respectons l'identité des Nations, des Peuples et reconnaissons à chacun le seul et unique droit à la différence : celui de l'unicité, celui de la singularité !

mercredi 19 septembre 2012

Que penser des prochaines présidentielles américaines ?

Mitt Romney, la mine circonspecte/Crédits Photo :
Jim Young - Reuters


Bonjour à tous !

Alors que les élections présidentielles américaines constituent le traditionnel fil rouge de l'actualité internationale au cours des années olympiques, il est bon de faire un point, à six semaines du scrutin environ.
A ma gauche, le candidat sortant, Barack Obama : charisme incontesté, sens de l'humour indéfectible, élégance permanente, entouré d'une famille aimante, et d'une épouse très active notamment, bref le 44e Président américain présente bien. Elu sur les ruines du désastre laissé par Bush fils, il avait su créer un formidable élan d'espoir. Un bien bel exploit pour un homme à l'expérience politique alors assez faible.
A ma droite, l'éternel challenger des primaires républicaines, Mitt Romney : le sosie parfait de Channing  Capwell (je sens que ça va réveiller des souvenirs chez certains d'entre vous !), le multimillionnaire présente une solide expérience politique, de riches investisseurs derrière lui et l'avantage (discutable) de sans doute désirer le poste plus que quiconque, lui qui a souvent échoué à l'investiture républicaine par le passé. Homme d'affaires tenace et redoutable, il pose néanmoins question dans un parti qui, avec la crise économique et des relations constamment très tendues avec le monde musulman, a une tendance toujours plus forte à vouloir s'arc-bouter sur des positions encore plus conservatrices.
D'ailleurs, concernant Romney, l'émergence forte du Tea-Party à l'extrême-droite du parti concrétisée par son bon score lors des midterms elections de 2010 constitue pour lui une gêne plus qu'autre chose. En effet, ces ultra-conservateurs prêts , en outre, à toutes les bassesses et toutes les vilénies pour remettre totalement en question le droit à l'avortement dans le pays, ne sont guère convaincus par un homme qu'ils n'hésitent pas à traiter parfois de gauchiste. Car il est vrai que Romney présente l'inconvénient notable d'être un Républicain modéré (un peu dans la lignée de ce que fut le digne John McCain en 2008) qui n'hésita pas en son temps à défendre un projet de loi de protection médicale dans son état du Massachusetts. Hésitant, peu charismatique, l'homme vient en plus certainement de commettre une bourde qui risque de lui coûter l'élection le 6 Novembre prochain : il s'est laissé filmer à son insu tandis qu'il s'entretenait avec de riches donateurs n'hésitant pas à traiter les 47% d'électeurs démocrates constituant le noyau dur de l'électorat d'Obama "d'assistés" qui ne chercheront jamais rien d'autre que l'aide de l'Etat fédéral sans chercher à se prendre en main.
Evidemment, à l'ère du tout-numérique, la vidéo a déjà eu le temps de faire 20 fois le tour du monde (même si je doute beaucoup que les 47% désignés de la sorte se mettent, eux, à brûler des ambassades) et Romney s'est fait rattraper par la patrouille médiatique. Une très mauvaise affaire pour le candidat républicain donc.
Et Obama me direz-vous ? Présenté comme le messie en 2008, rien de moins, on a rapidement déchanté. Ses bons mots n'ont pas suffi à masquer ses carences, notamment en matière économique. De plus son discours du Caire et son empressement à intervenir favorablement dans les manifestations des opposants durant le Printemps arabe (y compris jusqu'aujourd'hui concernant le conflit syrien) ont finalement plus coûté que rapporté aux USA. Tendre la main aux musulmans alors que l'Amérique n'a toujours pas digéré 9/11 et que le pays est traditionnellement, pour des raisons complexes, un soutien fidèle à l'Etat d'Israël, n'a pas été la manoeuvre la plus habile du Chicagoan. Le départ de son conseiller de toujours, Rahm Emanuel, fut également un coup dur pour le président actuel. Que mettre alors au crédit du champion sortant ? La mort d'Oussama Ben Laden qui, incontestablement, a boosté le moral des Américains tant le symbole était fort, mais aussi la mise en place de sa si décriée politique de protection sociale. Enfin on peut souligner que ramasser les miettes laissées par W. n'avait rien d'évident et ne peut certainement être fait en un mandat. De plus, certains signes et indicateurs semblent indiquer une certaine reprise de l'activité économique du pays.
Toutefois, et ce sera là la conclusion de mon propos, on peut vivement regretter la grande pauvreté du débat entre deux candidats qui semblent se détester cordialement. Il y a donc peu à espérer d'ici au 6 Novembre. Si Obama gagne, il sait que son moment de grâce sera passé et que si il veut récupérer la majorité au Congrès d'ici 2014, date des prochaines midterm, il devra mettre les bouchées doubles. Quant à Romney, son rôle sera de se montrer aussi rassembleur que possible dans un parti qui semble extrêmement clivant et qui se bat pour des chimères totalement anachroniques, comme le créationnisme, la fin de la légalisation de l'avortement, etc. 
Reste à espérer que si Obama est réélu, il comprenne enfin les véritables fondements de la nation américaine, qui ne badine pas avec une certaine idée du patriotisme et des valeurs qu'il convient de ne pas disperser à hue et à dia dans des aventures diplomatiques incertaines. Le billet vert est dans leur camp, à eux de jouer !

vendredi 14 septembre 2012

Silence, l'éducation nationale sombre...

Le lycée professionnel Trégey de Bordeaux, où
a été agressée l'enseignante Mardi dernier/Crédits Photo :
Nicolas Tucat-AFP

Bonjour à tous !

On s'en serait bien passé, mais c'est un fait : l'Education nationale connaît une nouvelle rentrée difficile.
Pourtant, on aurait pu penser qu'une première hausse des effectifs du personnel éducatif (qui sera suivie d'augmentations plus conséquentes encore lors des prochaines rentrées) allait permettre de calmer les esprits : que nenni !
Plus déterminées que jamais, certaines têtes brûlées se sont déjà fait remarquer ; à Bordeaux, une enseignante a ainsi été rouée de coups par un élève qui n'appréciait pas sa façon d'enseigner la religion, et plus précisément l'islam. A croire que c'est une manie chez certains irréductibles musulmans, qui n'ont de musulmans que la revendication qu'ils en font : ils savent à peine lire et écrire mais connaissent mieux le Coran que n'importe qui : ben voyons !
Croyant bien faire, notre ministre de l'Education nationale a décidé de remettre au goût du jour la morale laïque : l'idée est bonne mais attention, son prédécesseur s'y est cassé les dents. Et à côté de ça, il propose de supprimer les notes et de rallonger les vacances de la Toussaint, histoire de ne pas trop bousculer nos chères têtes blondes !
Il faut le dire, depuis plusieurs années, tout part à vau-l'eau en ce qui concerne le "mammouth" du gouvernement : enseignants sous-rémunérés et démobilisés, manque d'encadrement des élèves en difficulté, baisse générale du niveau, programmes passés au scalpel (ce qui arrive au programme d'histoire notamment est proprement scandaleux !), agressions toujours plus nombreuses... Et cela ne s'arrangera pas avec le laxisme dont entend faire preuve Christiane Taubira. Les jeunes peuvent casser ou agresser, ils ne seront jamais inquiétés. Y compris les irrécupérables comme ce jeune salafiste en herbe qui a donc agressé la malheureuse enseignante bordelaise. Pas étonnant que le nombre de professeurs ayant souscrit une assurance contre les atteintes corporelles soit en hausse constante !
Si il y a bien une leçon à tirer de tout cela, c'est que la massification du système scolaire est, en réalité, un échec cuisant. Voulue par nos gouvernants après Mai 68 et la sacralisation des théories de Françoise Dolto, l'excellence de l'éducation française est complètement passée à la trappe : des enfants toujours plus mal élevés sont aujourd'hui maintenus dans un parcours scolaire qui les dépasse. Et histoire de ne pas les désintéresser totalement, on nivelle par le bas. Raison pour laquelle on se retrouve aujourd'hui avec 80 à 85% d'une classe d'âge titulaire d'un Bac qui ne vaut plus rien. 
Alors la sélection s'effectue désormais dans l'enseignement supérieur. Et elle est impitoyable. Car ne nous y trompons pas : l'erreur, c'est bel et bien de chercher à faire de tous nos enfants des ingénieurs en puissance. Comme si la France qui se désindustrialise en avait besoin ! 
Il faut réapprendre aux enfants le goût de l'effort, du mérite par le travail, et de la compétition. Car la vie sera toujours une lutte, une bagarre avec les autres pour faire sa place. L'école doit y préparer. Et à côté de cela, les filières dites "de garage" doivent être revalorisées car le travail manuel, l'artisanat, en France, ça embauche et ça paye très bien ! Cela permet ainsi de former un public intéressé à des métiers qui ont beaucoup de mal à trouver du personnel qualifié. Et à sortir du parcours scolaire classique des élèves démobilisés parce qu'ils ne suivent pas, avec les dérives que cela engendre, comme le fait des violences qui se multiplient, par exemple.
Les pistes sont nombreuses, les idées ne manquent pas. Ne reste plus que le courage d'y réfléchir et de les mettre en place. Mais les corps intermédiaires veillent, tels les rectorats, toujours prompts quant à défendre leur pré-carré : pourvu qu'on ne donne pas un coup de pied dans la fourmilière, se disent-ils. Pas facile de réformer dans un pays où le sport national des personnels éducatifs n'est pas d'encadrer la transmission du savoir, mais de plus souvent faire la grève...

mardi 11 septembre 2012

Quand Bernard Arnault crée une intéressante polémique

L'homme d'affaire Bernard Arnault/Crédits Photo :
Sébastien Soriano - Le Figaro

Bonjour à tous !

La rentrée scolaire à peine consommée, et voici déjà les premières polémiques. On passera outre les petites phrases traditionnelles, montrant que chacun cherche à asseoir son territoire entre un gouvernement qui patine et une opposition qui peine à trouver ses marques.
Alors que l'événement de cette automne dans l'Hexagone sera le vote du budget pour l'année 2013, Bernard Arnault, patron du groupe de luxe LVMH et 4e fortune mondiale, a lâché une petite bombe : il a demandé à obtenir la double-nationalité franco-belge.
Aussitôt, et sans qu'on laissât à l'homme d'affaires le soin de justifier son acte, on a eu droit à une extraordinaire levée de boucliers. Jusqu'à cette Une de Libération que, par correction, je ne reprendrai pas ici mais qui marquait clairement une manifestation d'un poujadisme de gauche.
Et nous revoilà au centre d'un problème franco-français : avoir de l'argent, c'est mal et ne faire qu'esquisser le moindre mouvement, la moindre action, pour éviter de se faire littéralement assommer par le Fisc équivaut dans notre pays à une tentative de meurtre, rien de moins !
Admirons ici non sans délectation les habituels donneurs de leçon et objecteurs de conscience à la petite semaine faire leur petit travail de rapace toujours prêts à créer le buzz pour vendre du papier et faire parler d'eux.
Précisons néanmoins que le problème des Français avec l'argent n'est pas nouveau. La "fille aînée de l'Eglise" est en effet traditionnellement catholique (quoi qu'en disent ceux qui ont fait du lynchage de la tradition cultuelle de ce pays leur sport favori) : or l'Eglise catholique romaine a toujours condamné l'enrichissement personnel. Certes, cela n'empêchait pas une hypocrisie conséquente en la matière mais on était alors loin de la consécration de la valeur travail et de sa récompense en devises sonnantes et trébuchantes. Ce qui était exactement l'inverse dans les pays protestants. Je vous renvoie pour cela à l'excellente approche qu'a faite Max Weber sur le sujet (L'Eglise protestante et l'esprit du capitalisme). 
Toujours est-il que nos chers concitoyens oublient quelques détails :
-primo, la fortune de Bernard Arnault lui appartient, libre à lui d'en disposer comme il l'entend. Il est quand même à l'origine de plusieurs milliers d'emplois et, à travers son groupe, représente le fleuron de la tradition du luxe à la française. Un peu de respect pour son parcours serait de bon aloi. Il a déjà assez de François Pinault pour lui chercher des noises ;
-deuxio, encore une fois nous vivons dans un monde ouvert, qui consacre la libre-circulation des hommes, des marchandises et des capitaux. Les mêmes qui réclament à corps et à cris que l'on soit gentil et accueillant envers des Roms qui ne font pourtant rien pour respecter les lois de la République font soudainement preuve d'amnésie lorsqu'ils voient les milliards de Bernard Arnault risquer de s'envoler outre-Quiévrain ;
-enfin, tertio, et jusqu'à preuve du contraire (la présomption d'innocence est la loi en France, elle s'applique donc aussi dans ce cas), Bernard Arnault a affirmé vouloir conserver sa domiciliation fiscale au pays d'Astérix.
On retiendra donc que l'hypocrisie est malheureusement encore, et pour longtemps, le plus grand mal dont nous souffrons. Alors que, finalement, il serait peut-être plus simple d'avoir une saine réflexion sans tabou sur la fiscalité en France et sur l'utilisation des ressources qu'elle génère.
Mais bon, à voir le climat actuel, je doute que la réflexion soit ce qui nous vienne en premier à l'esprit quand il s'agit de qualifier nos dirigeants. Enfin, je suppose que pour ça comme pour le reste, c'est la faute à Sarko. Le pauvre, avec tout ce qu'on lui met sur le dos, j'espère qu'il a un excellent ostéopathe !

mardi 28 août 2012

Quand la Grèce s'empêtre dans les feuilles de vigne

Au premier plan, Antonis Samaras, Premier Ministre grec
Crédits photo : Tobias Schwarz, Reuters

Bonjour à tous !

Comme souvent ces derniers temps, l'actualité internationale est dominée par la situation en Grèce. Rappelons-la en quelques mots : faisant face à une soudaine crise de confiance des marchés, particulièrement suspicieux sur les économies trop belles pour être vraies depuis la Crise, le pays de Socrate se retrouve avec sa note dégradée. Et ce à un tel point que le pays ne peut, pour ainsi dire, plus emprunter tant la crise de confiance est grande. Pas d'emprunt = pas d'argent pour faire tourner le pays qui, comme la plupart des pays d'Europe, a la fâcheuse tendance de vivre à crédit.
Les Grecs ont donc demandé à leurs partenaires européens, pour l'essentiel, et au FMI, pour le reste, de bien vouloir leur prêter l'argent qu'ils ne pouvaient plus emprunter sur les marchés.
Le seul souci, c'est qu'on ne prête pas comme cela des milliards d'euros à un pays. Sans compter que la situation fait traînée de poudre : l'Irlande, le Portugal, l'Espagne, l'Italie notamment sont touchés.
Et en Europe, les seuls qui ont de l'argent, ce sont les Allemands. Qui ne veulent plus payer pour tout le monde, ce qui semble logique. D'un autre côté, même si Athènes est responsable de sa situation (économie hyper-dépendante du tourisme, et fraude fiscale établie en sport national), elle n'a pas envie de se voir imposer sa politique économique chez elle. Ce qui peut aussi se comprendre. Car les réformes demandées sont drastiques : privatisations en masse, baisse des salaires des fonctionnaires quand ils ne sont pas licenciés, protection sociale mise en coupe réglée, etc.
C'est la quadrature du cercle : chacune des parties prenantes a légitimité pour faire entendre sa voix. L'Allemagne ne veut pas payer sans avoir l'assurance de revoir son argent et la Grèce entend préserver sa souveraineté nationale. Et l'on s'aperçoit sur ce point précis que l'Europe est vouée à l'échec. Que le système va, et doit s'effondrer. Car la Grèce n'aurait jamais dû rentrer dans l'Union Européenne. Oui mais voilà, au nom de la sacro-sainte union des pays d'Europe voulue par Monnet, Delors ou VGE, on a fermé les yeux sur ses comptes, déjà peu reluisants lors de sa candidature, il y a une trentaine d'années. Mario Draghi fut l'un de ceux qui ne dit rien à l'époque. Aujourd'hui il est président de la Banque Centrale Européenne. Tout est dit.
Dois-je argumenter davantage ? Un sondage paru la semaine dernière montre qu'une petite majorité d'Allemands (environ 52%) ne veut plus de l'Euro. Quid de l'Union Européenne si les Allemands, qui en furent le moteur avec la France, se mettent à refuser dorénavant la construction européenne ? Quant à la Grèce, les organismes internationaux qui ne servent à rien mais qui coûtent cher comme Human Rights Watch dénoncent une montée sans précédent des agressions racistes en Grèce, passoire attitrée de l'Espace Schengen. Et de mettre en cause la non-réaction des pouvoirs publics grecs. Mais comme ils n'ont plus un sou devant eux, ils n'ont pas les moyens d'intervenir de manière institutionnelle et autoritaire ! La triste histoire du chat qui court après sa queue !
Quand Grobatchev, au début des années 80, décréta la peretroïka, il ne le fit pas par bonté d'âme mais par réalisme économique : l'empire soviétique coûtait trop cher à Moscou, qui ne pouvait plus maintenir sa poigne de fer en place. Alors le rideau de fer se fissura. Et ce alors que peu de temps auparavant, les apparatchiks de la nomenklatura demandaient toujours plus de communisme, toujours plus de propagande et d'orthodoxie dans l'application de la doctrine marxiste-léniniste.
Trente ans après, d'autres bureaucrates inconséquents demandent toujours plus d'Europe, toujours plus de fédéralisme. Il ne manque plus que le successeur de Gorbatchev. L'Histoire n'est qu'un éternel recommencement.

vendredi 24 août 2012

Roms : de qui se moque-t-on ?

Crédits photo : Reuters/Pascal Rossignol

Bonjour à tous !

Tandis que se profile la rentrée des classes, un dossier a pris un peu d'avance : celui des Roms. Alors qu'un camp a été démantelé à Villeneuve d'Ascq, c'est à un véritable barnum médiatique que nous assistons depuis lors.
Tout d'abord, Martine Aubry, maire de Lille, s'est offusquée que cette décision ait été prise à son insu, pendant ses congés. Malheureusement pour elle, on a bien vite découvert que sa mairie était tout autant impliquée dans ce démantèlement que le Ministère de l'Intérieur et la Préfecture.
S'en est suivi le traditionnel, sempiternel et agaçant bal des indignés : les Roms eux-mêmes, l'Union Européenne, le président roumain, les associations et l'extrême-gauche française. Autant ne pas y aller avec le dos de la cuillère, n'est-ce pas ?
On a alors organisé une réunion en grande pompe, avec différents ministres, pour déterminer un "champ d'action". Qu'en est-il ressorti ? Le pire, à savoir un assouplissement de leurs restrictions à l'embauche, en attendant sans doute des naturalisations massives et des placements dans des logements. 
Il est étonnant de constater une telle générosité pour une population étrangère tandis que les SDF français dorment toujours dans la rue, que le chômage atteint 10%, que notre croissance est nulle et que notre dette atteint 90% du PIB national... Mais il est vrai que l'on est toujours plus facilement généreux avec l'argent d'autrui, à savoir l'argent du contribuable. 
Cette proposition est scandaleuse car elle montre à quel point notre gouvernement est prêt à plier devant le diktat de Bruxelles et l'autorité toute-puissante d'obscurs présidents de commission qui ne sont même pas élus par le peuple ! 
Qui sont-ils pour nous dire quoi faire sur notre territoire ? Et qui est le président roumain pour nous exhorter à accepter une population venant de SON pays et dont il cherche à tout prix à se débarrasser ? Lui, ainsi que ses homologues bulgares et hongrois, tirent la chasse, et la France est priée de servir de fosse sceptique ! Voilà ce à quoi nous amène la belle Europe. Adieu la souveraineté, adieu l'autorité de l'Etat. 
Quand on pense, pourtant, qu'on fournit un billet d'avion et 300€ à chaque Rom qui décide de rentrer chez lui (+100€ par enfant). Quand on pense aussi que l'Union Européenne fournit des aides spécifiques aux pays susmentionnés afin d'intégrer au mieux ces populations qu'ils dénigrent... honte à eux ! 
Et pendant ce temps-là, en France, la Fondation Abbé Pierre, Emmaüs et l'extrême-gauche nous forcent à accepter des gens qui ne s'intégreront évidemment jamais à notre République. Il n'y a qu'à voir leurs camps : l'hygiène y est douteuse mais la moindre tente, la moindre caravane, possède un écran plat et une parabole. On rêve. Ou plutôt on cauchemarde. Mais bon, ce ne sont pas ces bien-pensants qui seront prêts à vivre à côté des camps ou bien qui mettront leurs enfants dans les écoles où sont scolarisés les petits Roms. Quant aux militants associatifs, il s'agit le plus souvent de retraités désoeuvrés. Qu'ils trouvent une autre occupation !
Le pire, c'est que ces objecteurs de conscience, ces parangons de la bonne morale, ces Fouquier-Tinville à la petite semaine toujours prêts à dénoncer les éditorialistes réactionnaires viendront pleurer à la télévision lorsque Marine le Pen fera 18, 19 ou 20% à la prochaine élection présidentielle. 
Enfin, comme disait Audiard : "Les cons, ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnait !"
Voilà 100 jours que François Hollande est à l'Elysée. Et comme par hasard, sa cote de confiance est déjà en-dessous des 50%. Comme par hasard....

lundi 20 août 2012

Que penser des émeutes amiénoises ?

Manuel Valls, Ministre de l'Intérieur/Crédits photo :
AFP-Gérard Julien


Bonjour à tous !

François Hollande s'en serait sans doute bien passé, mais sa rentrée est marquée par une série de troubles dans des quartiers dits populaires : Toulouse d'abord, mais surtout Amiens. Des émeutiers ont blessé 16 policiers en plus des dégâts matériels. Le pire dans tout ça, c'est que l'on n'a toujours pas réussi à mettre la main sur les instigateurs de ces débordements !
C'est un peu l'heure de vérité pour l'un des ministres les plus en vue du gouvernement, à savoir Manuel Valls. L'ancien maire d'Evry, qui s'est toujours voulu pragmatique et ferme sur la question de la sécurité, va devoir composer avec les autres membres de son gouvernement, et notamment Christiane Taubira.
C'est en effet une opposition de style que nous proposent ces deux ministres régaliens : le dynamisme et la fermeté de Manuel Valls d'un côté, déterminé à appliquer partout les lois de la République et couper ainsi l'herbe sous le pied d'une opposition qui taxe sans cesse la Gauche d'angélisme, et Christiane Taubira de l'autre, qui veut en finir avec ce qu'elle dénonce être le tout-sécuritaire et le tout-pénitentiaire.
Mme Taubira a raison sur un point (et c'est bien le seul !) : en ces temps de vaches maigres économiques, jeter le menu fretin en prison pour des broutilles n'a pas forcément grand sens, s'avère contre-productif et coûte cher au contribuable. Cependant, il faut veiller à faire effectivement appliquer les peines et prévenir la récidive : c'est bien là le but des peines plancher qu'elle entend supprimer !
Car ne nous y trompons pas : ce qui s'est passé à Amiens va se reproduire et pourquoi ? Parce que ces quartiers sont devenus des zones de non-droit. Les caïds ont soigneusement fait le ménage en faisant fuir les médecins, les pompiers ou les policiers, qu'ils caillassent indistinctement. Ces derniers ne viennent plus, laissant la population à l'abandon. Les habitants historiques de ces quartiers populaires s'en vont, laissant les malfrats, souvent issus de l'immigration (inutile de nous faire croire que ce sont des Suédois qui constituent, en France, l'essentiel de la population carcérale), faire de ces endroits sur la carte un territoire isolé. 
L'argent de la drogue et de la vente d'armes sert alors à financer la vie en société, détournant les nécessiteux de l'Etat-Providence républicain. On ne les a pas enfermés dans des ghettos, ils les ont créés eux-mêmes ! Un dealer peut se faire facilement 3000€ par mois, beaucoup plus qu'en étant à Pôle Emploi, au RSA ou au SMIC. La République ne peut lutter. On se retrouve alors avec des zones entières avec leurs propres règles, leurs propres lois, et leurs propres revendications. La Seine-Saint-Denis est devenu un territoire "halal" et les grandes multinationales leur emboîtent le pas. Quick a ainsi ouvert des restaurants halals, au mépris de la laïcité républicaine. Les pouvoirs publics ont fait de même : à Lille, Martine Aubry a aménagé des horaires spécifiques, pour les femmes, dans les piscines. Quant à l'école, il n'est pas rare de voir proposer des menus sans porc dans les cantines.
Mais enfin, de qui se moque-t-on ? Est-ce là la tradition française ? La tradition laïque qui, au prix de siècles de guerres de religion, a compris qu'il fallait confiner le sacré strictement au cadre privé afin que, dans le public, nous soyons tous des citoyens de la République française ?! Je ne le crois pas.
Il faut remédier à cela en en finissant une bonne fois avec les discours angéliques et la passivité en matière d'immigration. La France se meurt. Commençons par mettre un terme aux accords de Schengen et soyons enfin actifs ! Il est plus que temps. Sinon, on pourrait se retrouver assez vite avec le même phénomène qu'en 2005. Voire pire ! 
Enfin, pendant ce temps-là, François II a pris le train et est rentré de vacances. J'espère qu'il n'a pas oublié ses manuels ni sa trousse, car il n'a pas fini d'avoir du boulot !