L'homme d'affaire Bernard Arnault/Crédits Photo :
Sébastien Soriano - Le Figaro
Bonjour à tous !
La rentrée scolaire à peine consommée, et voici déjà les premières polémiques. On passera outre les petites phrases traditionnelles, montrant que chacun cherche à asseoir son territoire entre un gouvernement qui patine et une opposition qui peine à trouver ses marques.
Alors que l'événement de cette automne dans l'Hexagone sera le vote du budget pour l'année 2013, Bernard Arnault, patron du groupe de luxe LVMH et 4e fortune mondiale, a lâché une petite bombe : il a demandé à obtenir la double-nationalité franco-belge.
Aussitôt, et sans qu'on laissât à l'homme d'affaires le soin de justifier son acte, on a eu droit à une extraordinaire levée de boucliers. Jusqu'à cette Une de Libération que, par correction, je ne reprendrai pas ici mais qui marquait clairement une manifestation d'un poujadisme de gauche.
Et nous revoilà au centre d'un problème franco-français : avoir de l'argent, c'est mal et ne faire qu'esquisser le moindre mouvement, la moindre action, pour éviter de se faire littéralement assommer par le Fisc équivaut dans notre pays à une tentative de meurtre, rien de moins !
Admirons ici non sans délectation les habituels donneurs de leçon et objecteurs de conscience à la petite semaine faire leur petit travail de rapace toujours prêts à créer le buzz pour vendre du papier et faire parler d'eux.
Précisons néanmoins que le problème des Français avec l'argent n'est pas nouveau. La "fille aînée de l'Eglise" est en effet traditionnellement catholique (quoi qu'en disent ceux qui ont fait du lynchage de la tradition cultuelle de ce pays leur sport favori) : or l'Eglise catholique romaine a toujours condamné l'enrichissement personnel. Certes, cela n'empêchait pas une hypocrisie conséquente en la matière mais on était alors loin de la consécration de la valeur travail et de sa récompense en devises sonnantes et trébuchantes. Ce qui était exactement l'inverse dans les pays protestants. Je vous renvoie pour cela à l'excellente approche qu'a faite Max Weber sur le sujet (L'Eglise protestante et l'esprit du capitalisme).
Toujours est-il que nos chers concitoyens oublient quelques détails :
-primo, la fortune de Bernard Arnault lui appartient, libre à lui d'en disposer comme il l'entend. Il est quand même à l'origine de plusieurs milliers d'emplois et, à travers son groupe, représente le fleuron de la tradition du luxe à la française. Un peu de respect pour son parcours serait de bon aloi. Il a déjà assez de François Pinault pour lui chercher des noises ;
-deuxio, encore une fois nous vivons dans un monde ouvert, qui consacre la libre-circulation des hommes, des marchandises et des capitaux. Les mêmes qui réclament à corps et à cris que l'on soit gentil et accueillant envers des Roms qui ne font pourtant rien pour respecter les lois de la République font soudainement preuve d'amnésie lorsqu'ils voient les milliards de Bernard Arnault risquer de s'envoler outre-Quiévrain ;
-enfin, tertio, et jusqu'à preuve du contraire (la présomption d'innocence est la loi en France, elle s'applique donc aussi dans ce cas), Bernard Arnault a affirmé vouloir conserver sa domiciliation fiscale au pays d'Astérix.
On retiendra donc que l'hypocrisie est malheureusement encore, et pour longtemps, le plus grand mal dont nous souffrons. Alors que, finalement, il serait peut-être plus simple d'avoir une saine réflexion sans tabou sur la fiscalité en France et sur l'utilisation des ressources qu'elle génère.
Mais bon, à voir le climat actuel, je doute que la réflexion soit ce qui nous vienne en premier à l'esprit quand il s'agit de qualifier nos dirigeants. Enfin, je suppose que pour ça comme pour le reste, c'est la faute à Sarko. Le pauvre, avec tout ce qu'on lui met sur le dos, j'espère qu'il a un excellent ostéopathe !

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