mercredi 19 septembre 2012

Que penser des prochaines présidentielles américaines ?

Mitt Romney, la mine circonspecte/Crédits Photo :
Jim Young - Reuters


Bonjour à tous !

Alors que les élections présidentielles américaines constituent le traditionnel fil rouge de l'actualité internationale au cours des années olympiques, il est bon de faire un point, à six semaines du scrutin environ.
A ma gauche, le candidat sortant, Barack Obama : charisme incontesté, sens de l'humour indéfectible, élégance permanente, entouré d'une famille aimante, et d'une épouse très active notamment, bref le 44e Président américain présente bien. Elu sur les ruines du désastre laissé par Bush fils, il avait su créer un formidable élan d'espoir. Un bien bel exploit pour un homme à l'expérience politique alors assez faible.
A ma droite, l'éternel challenger des primaires républicaines, Mitt Romney : le sosie parfait de Channing  Capwell (je sens que ça va réveiller des souvenirs chez certains d'entre vous !), le multimillionnaire présente une solide expérience politique, de riches investisseurs derrière lui et l'avantage (discutable) de sans doute désirer le poste plus que quiconque, lui qui a souvent échoué à l'investiture républicaine par le passé. Homme d'affaires tenace et redoutable, il pose néanmoins question dans un parti qui, avec la crise économique et des relations constamment très tendues avec le monde musulman, a une tendance toujours plus forte à vouloir s'arc-bouter sur des positions encore plus conservatrices.
D'ailleurs, concernant Romney, l'émergence forte du Tea-Party à l'extrême-droite du parti concrétisée par son bon score lors des midterms elections de 2010 constitue pour lui une gêne plus qu'autre chose. En effet, ces ultra-conservateurs prêts , en outre, à toutes les bassesses et toutes les vilénies pour remettre totalement en question le droit à l'avortement dans le pays, ne sont guère convaincus par un homme qu'ils n'hésitent pas à traiter parfois de gauchiste. Car il est vrai que Romney présente l'inconvénient notable d'être un Républicain modéré (un peu dans la lignée de ce que fut le digne John McCain en 2008) qui n'hésita pas en son temps à défendre un projet de loi de protection médicale dans son état du Massachusetts. Hésitant, peu charismatique, l'homme vient en plus certainement de commettre une bourde qui risque de lui coûter l'élection le 6 Novembre prochain : il s'est laissé filmer à son insu tandis qu'il s'entretenait avec de riches donateurs n'hésitant pas à traiter les 47% d'électeurs démocrates constituant le noyau dur de l'électorat d'Obama "d'assistés" qui ne chercheront jamais rien d'autre que l'aide de l'Etat fédéral sans chercher à se prendre en main.
Evidemment, à l'ère du tout-numérique, la vidéo a déjà eu le temps de faire 20 fois le tour du monde (même si je doute beaucoup que les 47% désignés de la sorte se mettent, eux, à brûler des ambassades) et Romney s'est fait rattraper par la patrouille médiatique. Une très mauvaise affaire pour le candidat républicain donc.
Et Obama me direz-vous ? Présenté comme le messie en 2008, rien de moins, on a rapidement déchanté. Ses bons mots n'ont pas suffi à masquer ses carences, notamment en matière économique. De plus son discours du Caire et son empressement à intervenir favorablement dans les manifestations des opposants durant le Printemps arabe (y compris jusqu'aujourd'hui concernant le conflit syrien) ont finalement plus coûté que rapporté aux USA. Tendre la main aux musulmans alors que l'Amérique n'a toujours pas digéré 9/11 et que le pays est traditionnellement, pour des raisons complexes, un soutien fidèle à l'Etat d'Israël, n'a pas été la manoeuvre la plus habile du Chicagoan. Le départ de son conseiller de toujours, Rahm Emanuel, fut également un coup dur pour le président actuel. Que mettre alors au crédit du champion sortant ? La mort d'Oussama Ben Laden qui, incontestablement, a boosté le moral des Américains tant le symbole était fort, mais aussi la mise en place de sa si décriée politique de protection sociale. Enfin on peut souligner que ramasser les miettes laissées par W. n'avait rien d'évident et ne peut certainement être fait en un mandat. De plus, certains signes et indicateurs semblent indiquer une certaine reprise de l'activité économique du pays.
Toutefois, et ce sera là la conclusion de mon propos, on peut vivement regretter la grande pauvreté du débat entre deux candidats qui semblent se détester cordialement. Il y a donc peu à espérer d'ici au 6 Novembre. Si Obama gagne, il sait que son moment de grâce sera passé et que si il veut récupérer la majorité au Congrès d'ici 2014, date des prochaines midterm, il devra mettre les bouchées doubles. Quant à Romney, son rôle sera de se montrer aussi rassembleur que possible dans un parti qui semble extrêmement clivant et qui se bat pour des chimères totalement anachroniques, comme le créationnisme, la fin de la légalisation de l'avortement, etc. 
Reste à espérer que si Obama est réélu, il comprenne enfin les véritables fondements de la nation américaine, qui ne badine pas avec une certaine idée du patriotisme et des valeurs qu'il convient de ne pas disperser à hue et à dia dans des aventures diplomatiques incertaines. Le billet vert est dans leur camp, à eux de jouer !

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