lundi 6 août 2012

Bientôt la fin de la peine de mort ?

Légende :
B : Abolie pour tous les crimes
V : Abolie pour tous les crimes sauf ceux commis en temps de guerre
O : pas d'exécution depuis au moins 10 ans
R : légale et appliquée

Bonjour à tous !

Cela n'a pas fait la une des journaux ces dernières semaines, mais on assiste, aux USA, à une énième bataille médiatique et juridique concernant la peine de mort. Rétablie de fait dans ce pays en 1976 avec une reprise des exécutions en 1977, la controverse est aujourd'hui très vive.
Pour s'en tenir aux faits, rappelons que plus de 1.200 personnes ont été exécutées depuis la reprise des exécutions outre-Atlantique. Tous les états ne l'appliquent pas, mais ils sont une minorité (13 sur 50). 
Toutefois, beaucoup d'exécutions posent problème, notamment au Texas, triste champion des exécutions en la matière : entre exécutions racistes, condamnations sommaires et expéditives, limitation du recours aux nouvelles techniques d'identification génétique pour infirmer (ou confirmer) une culpabilité prononcée, nombreuses sont les voix qui s'élèvent contre cette peine d'un autre âge. 
Car il faut souligner que si la peine de mort existe encore, elle était à l'origine la seule punition imaginable alors que le système carcéral n'était nullement développé. 
Elle était également une application stricte de la Loi du Talion telle qu'enseignée dans les Livres ("Oeil pour oeil, dent pour dent") qui, aujourd'hui, mérite meilleure lecture et meilleure interprétation.
Car si, dans les faits, la peine capitale demeure dans certains pays, il est bon de noter que c'est surtout la marque de pays à la pratique religieuse très vive (USA, Pays du Golfe) ou bien dans des dictatures qui tiennent à conserver leur population sous un contrôle très strict (Chine, Biélorussie).

Aux USA, si la peine capitale conserve les faveurs de l'opinion publique (rappelons que Robert Badinter l'a courageusement abolie en dépit, justement, de cette opinion publique), elle soulève néanmoins la polémique depuis que de nombreux rapports concordants ont soulevé son coût exorbitant. 
En effet, un condamné à mort, qui peut rester parfois plus de 15 ans dans le couloir de la mort, coûte 3 millions $ par an à la communauté : il doit être isolé, surveillé par trois gardiens, avoir de meilleurs repas que les autres, sans compter les frais de procédure. A contrario, un condamné à perpétuité coûte trois fois moins cher. Alors les Américains, qui commencent à être très sourcilleux sur les dépenses publiques, peut-être encore plus qu'à l'ordinaire en cette période de crise, semblent prêts à reconsidérer la question. Si, dans un futur à moyen ou long terme, les USA venaient à abolir la peine de mort, alors on serait en droit d'espérer un effet domino bénéfique auprès des autres pays l'appliquant.

Je conclurai en rappelant pourquoi la peine de mort doit être bannie de la société : d'abord, elle ne permet pas de ramener les victimes à la vie, c'est donc rajouter la mort à la mort. Ensuite, même si Max Weber légitime avec justesse le monopole de la violence par l'Etat, ce dernier doit justement en faire usage avec mesure : on ne peut décemment pas institutionnaliser le meurtre ! Je ne parle même pas des erreurs judiciaires et des trop nombreux innocents condamnés et exécutés à tort. Elle peut également être l'arme absolue d'un régime totalitaire. Nul ne sait si la démocratie persistera dans nos belles contrées. Si un tyran venait un jour à s'emparer du pouvoir, il aurait alors un arsenal législatif à disposition pour se débarrasser de ses opposants. Et puis, qui sommes-nous pour déclarer légal le fait de tuer l'un de nos semblables de sang-froid ? Quelle légitimité avons-nous ? Sommes-nous, nous, les juges, à ce point exempts de tout reproche ? Qu'avons-nous à la place du coeur si nous condamnons sans coup férir un criminel, si terrible soit-il ? Et ce, sans faire mention du poids qui pèsera sur les épaules du bourreau ! De toute façon, les statistiques le démontrent aisément, la peine de mort ne fait pas baisser la criminalité. Alors arrêtons au plus vite avec cette peine sanguinaire qui n'a finalement d'autre but que d'offrir son quota de spectacle morbide à une société toujours plus avide de violence.

Source du document : Amnesty International, mis à jour le 21/07/12

lundi 30 juillet 2012

JO : quand le mépris et l'oubli se parent d'habits de lumière

Crédits photo : AFP


Bonjour à tous !

On s'attendait à un grand spectacle de la part de Danny Boyle pour la cérémonie d'ouverture des JO. D'une certaine façon, nous ne fûmes pas déçus. Des VIP à foison, des références culturelles au patrimoine britannique en veux-tu en voilà, une bande originale séduisante... Le tout pour la "modique" somme de 27 millions £ (34 millions €). Non vraiment, à première vue, rien à redire.

Mais vous me connaissez, j'aime chercher la petite bête. Et là, ce ne fut pas simplement une petite bête mais quelques lièvres que j'ai dénichés ! Jugez plutôt : Danny Boyle a proposé une rétrospective sur l'Histoire de la Grande-Bretagne, notamment depuis la Révolution Industrielle où l'on fait l'éloge des ouvriers, l'hommage aux suffragettes, le baiser lesbien... Une ode aux valeurs de gauche (pour ne pas dire gauchisantes) mais rien, pas un mot pour le pauvre Winston Churchill ni sur Margaret Thatcher. Comme si l'Histoire de ce grand pays avait perdu une jambe dans l'affaire. Un député conservateur a même ironisé sur son compte Twitter, parlant d'un clip de campagne de 27M£ pour le parti travailliste gracieusement offert par Danny Boyle par le biais de l'argent du contribuable. On est toujours plus généreux avec l'argent des autres, n'est-ce pas ?

Toutefois, on connaît les aspirations sociales de Boyle, et le parti pris d'un réalisateur peut se respecter. Mais ce ne furent pas les seuls désagréments rencontrés au cours de cette soirée. On sourira bien volontiers quant à l'intruse dans la délégation indienne, sortie de nulle part et qui a ridiculisé la sécurité des Jeux à elle toute seule. Et puis arriva le défilé des délégations. Un pays peut participer aux JO à condition d'être officiellement reconnu par l'ONU depuis deux ans nous explique-t-on alors. Raison pour laquelle l'athlète du Sud-Soudan, seul représentant de son pays, n'a pu défiler sous la bannière de son pays. Et que le CIO, pour ces athlètes apatrides, a créé la délégation olympique, qui concourt sous la bannière aux cinq anneaux.  

Alors, avec l'explication que je viens de vous donner, vous comprendrez pourquoi les bras m'en sont tombés quand j'ai vu défiler...la délégation palestinienne ! Certes, ce n'est pas la première fois qu'elle concourt pour les Jeux, mais justement, c'est une répétition d'une grave erreur. Car, que l'on sache, la Palestine n'est pas un pays reconnu officiellement par l'ONU ! On fait participer les pays qui n'existent pas maintenant ? Dans quatre ans, je propose alors de faire concourir le Pays Imaginaire et la Terre du Milieu ! De là à dire que le CIO fait du prosélytisme politique il n'y a qu'un pas que je franchirai allègrement. La trêve olympique implique pourtant clairement que la politique et la religion doivent rester aux portes du stade. C'est, théoriquement, une condition non négociable. Sauf que, à l'instar de la FIFA qui autorise désormais les joueuses de foot à gambader sur le rectangle vert avec un voile islamique, nombreuses furent les athlètes à défiler avec ce voile pendant la cérémonie d'ouverture. Et elles sont toutes aussi nombreuses à concourir voilées.

Que dirait-on si les chrétiens affichaient une croix de manière ostentatoire ou que les athlètes masculins israéliens concouraient avec une kippa ? On crierait au scandale, et avec raison ! Mais non, dans le cas présent, on fait une exception. Et puis, que dire du scandale qui a marqué cette cérémonie d'ouverture, à savoir l'oubli total d'une commémoration, sous quelque forme que ce soit, des 40 ans du drame des JO de Munich qui vit 11 membres de la délégation olympique se faire abattre froidement par le réseau terroriste palestinien de Septembre noir ? Aucune minute de silence ne fut respectée, et pas un mot ne fut prononcé à ce sujet par Lord Sebastian Coe, président du Comité d'Organisation, ni par le Dr Jacques Rogge, président du CIO. Pourtant, en 1996, Juan Antonio Samaranch avait eu un mot pour les Bosniaques, victimes de la barbarie serbe. Et en 2002, Jacques Rogge (déjà lui !) avait fait de même pour les victimes du 11 Septembre. Ces événements ne s'étaient pas déroulés pendant une olympiade que l'on sache !

Alors pourquoi ? Oui pourquoi ces erreurs, ces bavures ? Crétinerie et mauvais esprit crasses ? Antisémitisme de bas étage ? Non, je ne le crois pas. Deux raisons me viennent plutôt à l'esprit. La première c'est que le CIO, comme la FIFA du reste, est une organisation sportive internationale au fonctionnement opaque. Il n'est pas rare de voir surgir dans la presse, de temps en temps, un scandale de corruption. Et ces organisations sont de véritables machines de guerre financière qui ne connaissent pas la crise. Elles ont toujours plus besoin d'argent frais, d'où qu'il vienne. Et force est de constater qu'avec la Chine, les seuls pays qui ont aujourd'hui des fonds pour ces usines à gaz, ce sont les contrées du Golfe Persique. Le pétrole et le gaz ont fait de ces monarchies où la Charia est le seul mot d'ordre valable des paradis financiers où le billet vert coule à flots dans un monde qui en manque aujourd'hui cruellement. Et comme tout fournisseur prêt à satisfaire un client, la FIFA ou, ici, le CIO est prêt à tout pour lui faire plaisir. Quitte à transgresser certaines règles. Ou à faire tomber définitivement dans l'oubli des innocents qui n'étaient pourtant venus que pour la joie de participer à une grande fête du sport. 

La seconde raison, moins cynique peut-être, est néanmoins certainement plus cruelle encore : notre monde est devenu le règne de l'inconséquence, des bons sentiments véhiculés par une mondialisation sauvage pour mieux couvrir les travers de son libéralisme sans pitié. Sous le prétexte de valeurs soi-disant universelles, que l'on est prié de partager sous peine de passer pour un intolérant, un raciste, voire un nazi (sic), on nous noie sous un déluge de jolies colombes, de personnes du même sexe qui s'aiment pour la vie et de tolérance dans toute sa splendeur puisque les femmes venant des pays du Golfe ont aujourd'hui le droit de concourir. La belle affaire ! Il est temps que cette inconséquence cesse, que l'on retrouve un peu de bon sens, de réflexion, et de devoir de mémoire. On ne peut décemment oublier les morts, surtout lorsqu'ils sont victimes d'une telle barbarie insensée ! Le rôle de l'Histoire, c'est de rappeler sans cesse les événements du passé, et notamment les erreurs, si terribles furent-elles, afin d'éviter de les reproduire. A l'heure où l'on parle de civisme, de citoyenneté, il est plus qu'urgent de commencer par cela, car c'est la base d'un monde réellement respectueux ! Alors, après Danny Boyle, le déluge ?

vendredi 27 juillet 2012

TVA sociale VS CSG : à y perdre son latin !

Jérôme Cahuzac, Ministre du Budget et
Pierre Moscovici, Ministre de l'Economie et
des Finances, ici à l'Assemblée 
(Crédits photos : CONTREPOINTS)


Bonjour à tous !

Vous l'avez peut-être remarqué dans la valse des différentes réformes budgétaires adoptées par le Gouvernement Ayrault, une mesure a notamment retenu l'attention médiatique : l'abrogation de la TVA sociale (rebaptisée pour l'occasion par le terme de TVA antidélocalisation) votée sous la législature précédente. 

On y opposait alors, pour justifier sa suppression, le recours quasi-certain (mais non avéré, pour l'instant) à la hausse de la CSG. Sous ces sigles barbares se cachent des termes qu'il convient d'expliquer car ils sont le reflet de choix politiques forts.

Commençons par la moins connue d'entre elles, la CSG : Contribution Sociale Généralisée. Mise en place sous le Gouvernement de Michel Rocard en 1990, elle visait, déjà à l'époque, à diversifier les revenus de la protection sociale française. Elle est prélevée sur les revenus d'activité et de remplacement, mais aussi et surtout sur les revenus du patrimoine et les produits de placement. Son intérêt, a priori, consiste donc à imposer les gros propriétaires fonciers, les héritiers ou bien encore à pénaliser et donc, à long terme, à limiter, la spéculation boursière. A première vue, rien à redire, sauf que l'augmenter aujourd'hui reviendrait à ponctionner en premier lieu les retraités (premiers détenteurs de patrimoine en France) qui ne peuvent plus compter sur leur revenu d'activité pour compenser le manque à gagner. Rappelons que les cas, en France, de patrimoines dépassant l'ordinaire de l'habitation principale sont plutôt rares. Et en pénalisant ces personnes, comme les primo-accédants par exemple, on limite encore davantage l'accès à la propriété pour les jeunes ménages ou les classes moyennes toujours plus paupérisées. Et ne parlons pas du pouvoir d'achat des retraités, chaque année davantage rogné. Mais, on peut penser que l'essentiel est sauf, si l'on considère malgré tout que les sommes ainsi collectées bénéficient réellement aux plus nécessiteux d'entre nous.

Or, comme je l'explique régulièrement ici, nous vivons dans un monde ouvert dû aux nombreux traités signés par la France : Schengen, OMC et, bien sûr, délégation de notre souveraineté à Bruxelles. Ceci a trois conséquences : la libre circulation des biens, des services et des personnes. Donc, comme toujours, si l'on augmente exagérément l'imposition en France, rien n'empêchera les mieux organisés et les plus riches d'entre nous d'aller chercher asile hors de notre contrée. Qui plus est, certaines dépenses inutiles supprimées permettraient de faire certaines économies substantielles qui épongeraient en partie la dette de notre protection sociale. La suppression de l'AME (Aide Médicale d'Etat) aux étrangers venant se faire soigner en France en est un exemple. Non pas que je nie que l'on puisse accéder aux soins dans les meilleures conditions financières en France, mais les abus et les dérives ont gangréné le système. Aujourd'hui, et de nombreux praticiens le confirment régulièrement par leurs témoignages, il vaut mieux être étranger en France pour se faire soigner correctement, tandis que l'un de nos concitoyens devra parfois y renoncer faute de moyens devant les prix prohibitifs exigés par des médecins pratiquant le dépassement d'honoraires.

Mais ceci est une parenthèse. Elle avait cependant un but : expliquer que tant que nous ne reviendrons pas à des flux d'échanges de biens, de services et de personnes raisonnables, avec des contrôles aux frontières stricts, comme cela était le cas avant 1993, il reste une seule solution pour financer notre protection sociale : la TVA sociale, ou TVA antidélocalisation. En quoi consiste-t-elle ? Tout simplement à appliquer une surtaxe sur les produits manufacturés provenant de l'étranger et notamment de l'extérieur de l'Union Européenne. Cette surtaxe ira crescendo selon que le bien importé remplira des critères tels que le dumping fiscal, le dumping social, le travail des enfants, le non-respect des normes environnementales, etc. Il s'agit bien entendu ici de se prémunir de la concurrence déloyale des nouvelles puissances, notamment l'Inde et la Chine. Ces pays, la Chine notamment, s'enrichissent sur notre dos au mépris du droit des travailleurs le plus élémentaire et sans limite de pollution et de baisse des coûts. Conséquence : les entreprises produisant en France délocalisent, jugeant le panel des normes, lois et autre coût du travail trop contraignant. Ces entreprises, françaises parfois (notamment les usines automobiles) s'implantent dans ces pays, y produisent leurs bien manufacturés, puis les réimportent en France (ou dans un autre pays occidental d'ailleurs) à un coût moins élevé que si tout avait été produit en France. Sauf que l'ouvrier en Chine aura travaillé 16 ou 18 heures dans la journée sur sa machine, 6 voire 7 jours dans la semaine, avec éventuellement une semaine de congés dans l'année. Et je ne parle évidemment pas du coût carbone de faire faire un tel voyage au produit ainsi conçu. Concurrence déloyale, fermetures d'usine, hausses du chômage et désindustrialisation sont alors le triste prix à payer pour notre pays.

L'Allemagne, qui a fait le choix de miser sur la production plutôt que sur la consommation dans son système économique, récolte aujourd'hui les fruits de sa politique de rigueur budgétaire mais aussi et surtout de ses importations limitées, permettant ainsi au pays d'avoir un socle économique solide en plus d'une balance commerciale largement excédentaire. En France, a contrario, environ 2/3 de notre croissance repose sur la consommation : on incite des gens toujours plus appauvris à consommer, à prendre des crédits revolving pour faire marcher cette usine à gaz ! Pendant ce temps-là, les dossiers de surendettement déposés à la Banque de France forment une pile toujours plus élevée. La Gauche, au nom de la préservation du pouvoir d'achat, a décidé de sacrifier cette mesure pourtant pleine de bon sens. On peut penser que la volonté de détricoter minutieusement le travail de Nicolas Sarkozy pèse aussi dans la balance. Sauf qu'en refiscalisant les heures supplémentaires, en taxant davantage les plans épargne entreprise et en ne faisant rien pour enrayer la désindustrialisation du pays, le Gouvernement s'apprête à créer un appauvrissement général de la France, nous préparant aux heures sombres que vivent actuellement l'Espagne et l'Italie. La crise est très loin d'être résolue, mais le chevalier Montebourg, sur son blanc destrier, continuera à se battre contre du vent. Enfin, ça fera toujours de l'article prêt-à-publier dans le nouveau "joujou" de sa chère et tendre...

mardi 24 juillet 2012

Tuerie d'Aurora : le 2e Amendement dans la ligne de mire

James Holmes au Tribunal du Comté
d'Arapahoe (Colorado) / Crédits photo : 
POOL-REUTERS

Bonjour à tous !

Un triste événement a marqué le week-end et la sortie du blockbuster événement The Dark Knight Rises aux USA. Lors d'une projection en avant-première dans un cinéma d'Aurora, James Holmes, jeune étudiant en neurologie (ou neuroscience, le terme diffère selon les versions) balance une grenade lacrymogène dans la salle et ouvre le feu. Bilan : 12 morts et plusieurs blessés, certains dans un état grave, avec pronostic vital engagé.

La première question qui vient à l'esprit c'est : pourquoi ? Pourquoi une tuerie de plus, dans cet état du Colorado qui semble malheureusement coutumier du fait ? Rappelons que le massacre de Columbine s'était déjà déroulé dans cet état. 

Le premier élément de réponse doit d'abord porter sur les motivations du tueur présumé. Cheveux rouges façon Joker, il semblait avoir développé une certaine identification à cet antéchrist de comic book. Il arrive parfois que certaines personnes, à la psyché fragile, se serve de l'identité d'un criminel de fiction pour perpétrer ces crimes horribles. A l'époque de la sortie de Scream, plusieurs meurtres à l'arme blanche avaient été perpétrés par des "tueurs au masque". Cela avait été le premier débat sur le thème de la violence à l'écran. On avait alors cherché à faire porter le chapeau à l'univers cinématographique comme on cherche à le faire au moins aussi souvent aujourd'hui concernant l'univers vidéoludique. Mais je pense que l'on se trompe de combat. Après tout, d'autres formes d'art renferment une certaine violence et on n'a jamais autant polémiqué. Je pense à la littérature, par exemple, ou les ouvrages de Hitler et de Marx ont généré des idéologies de haine, responsables de dizaines de millions de morts pendant le XXe siècle.

Non je pense que le mal est ailleurs. Comme je le disais dans mon post sur Anders Breivik, chacun d'entre nous possède une part d'ombre. Selon les individus, leur vécu, et le degré de fragilité de leur psyché, celle-ci peut alors, lorsqu'elle prend le dessus, se révéler dévastatrice. D'aucuns cherchent à comprendre ce passage à l'acte pour l'appréhender ou même l'annihiler, de sorte que la folie destructrice de l'Homme ne puisse plus s'exprimer. Mais c'est un leurre. Nous ne serons jamais de doux agneaux bien sages, obéissants d'une seule voix à la doctrine du Bien. D'abord, il faudrait définir ce qu'est le Bien, et ensuite ce serait nier la puissance de l'esprit humain, ses méandres, son fonctionnement complexe. Car comme l'évoquait déjà Plaute quelques deux siècles avant notre ère : "Homo Hominis lupus est" (l'Homme est un loup pour l'Homme). Le Bien et le Mal coexistent tant par incapacité à changer la donne que par nécessité. Après tout, Nietzsche disait "Ce qui ne tue pas rend plus fort". Autrement dit : il y a du bon, souvent une ou plusieurs leçons à tirer, de tout ce que l'on qualifie d'horrible, terrible ou dramatique. 

Mais je m'égare. Car il est vrai qu'il existe cependant pléthore d'outils à la disposition de l'Homme pour contenir cette violence incontrôlable. A commencer par la Loi. Or, aux USA, si le Colorado est tristement connu pour ses massacres, il convient d'en chercher l'explication dans l'arsenal législatif sur le port et la possession d'armes à feu particulièrement laxiste en la matière : il suffit, pour se procurer une arme, d'être majeur, d'avoir un casier vierge et de résider dans l'état. Point. Rien d'autre ! Ajoutons à cela que c'est un état très conservateur, où la maniaquerie sur le droit à la possession d'une arme "pour se défendre" est poussée à son paroxysme et vous aurez alors un début d'explication. Car toutes les armes de l'arsenal de Holmes étaient détenues légalement ! L'Oncle Sam possède, dans sa Constitution, qui est un peu sa 2e Bible, un texte incontournable pour qui veut comprendre l'obsession des Américains pour les armes à feu : le 2e Amendement. Celui-ci donne le droit à tout citoyen américain de porter des armes. Problème : il date de 1791 lors de l'ajout des dix premiers amendements à la Constitution américaine, addendum que l'on connaît sous le nom de Bill of Rights. Il avait été rédigé par peur que le peuple, qui avait participé à la guerre d'indépendance, ne se rebelle contre l'Etat fédéral si ce dernier venait à confisquer les armes détenues par les civils. En l'absence d'une police encore inexistante pour maintenir l'ordre, l'arme était le seul moyen pour les Américains de se défendre. Depuis quelques 220 ans, ce texte n'a pas été retouché. N'oublions pas dans le "packaging" de cette lubie la puissance de la NRA (National Rifle Association) et le fait que l'industrie de l'armement emploie 180.000 personnes : vous aurez alors reformé le puzzle dans son entier ! 

Pourtant, des voix courageuses s'élèvent, çà et là, pour appeler à un changement. Ainsi a-t-on entendu, peu de temps après le drame d'Aurora, Michael Bloomberg, le maire républicain de New York, demander à ce que la législation soit revue en profondeur concernant le 2e Amendement. Mais il y a peu de chances que cela aboutisse, Mitt Romney comme Barack Obama ayant bien trop peur de perdre quantité d'électeurs pointilleux sur ce sujet. Et pendant ce temps-là, on enverra Holmes, comme les autres, griller sur la chaise. Sans vraiment chercher à comprendre. Et cela recommencera, invariablement. Mais ce n'est pas grave, le pays continuera de tourner rond. Pensez donc, Walter Hill, déficient mental médicalement reconnu, va être exécuté cette nuit dans l'état de Géorgie. Envers et contre tout. God Bless America...

dimanche 22 juillet 2012

Un peu d'Histoire... (chap 1) : Retour sur la Guerre d'Algérie


Charles de Gaulle (Crédit photo : libre de droits)


Bonjour à tous !

Désireux de diversifier mon blog, je me propose de poster, de façon totalement aléatoire, des articles ayant trait à l'Histoire. Matière parfois honnie à l'école, elle n'en demeure pas moins indispensable à la compréhension du monde d'aujourd'hui. Nul ne peut comprendre la période actuelle sans savoir d'où l'on vient.
Fort heureusement cependant, il ne s'agit pas ici de dispenser des cours magistraux, loin s'en faut ! Il y a des ouvrages, certains fastidieux, d'autres passionnants, qui se chargent de cela mieux que moi ! Non, il sera plutôt question de faire un bref rappel des faits puis de tenter d'en mesurer les conséquences dans le temps.

Et alors que cette année marque le 50e anniversaire des accords d'Evian, il m'a semblé judicieux de faire un retour sur la Guerre d'Algérie. Celle-ci pèse encore très lourd dans les coeurs, des deux côtés de la Méditerranée. Il faut dire que les anciens combattants à y avoir participé sont encore nombreux, et que ce conflit marquait là définitivement la fin de l'aventure coloniale française. Quant aux Algériens, malgré la jeunesse de leur population (près de la moitié de la population a moins de 19 ans), la rancoeur qu'ils éprouvent envers les Français demeure vivace.

Faisons tout d'abord un point sur ce qu'était l'Algérie avant l'arrivée des Français en 1830. En fait, l'Algérie, en tant que pays, n'existait pas ! Elle fut, tout au long de son histoire, un lieu de passage pour diverses puissances étrangères. Hormis les autochtones berbères, le pays tel qu'on le connaît aujourd'hui a vu défiler les Romains, les Numides, les Chrétiens, les Vandales, les Arabes - qui ont fortement contribué à marquer le territoire de leur empreinte - , les Espagnols et enfin les Ottomans. Excusez du peu ! L'Algérie géographique était alors, si l'on veut schématiser, constituée seulement du Nord du territoire. L'adjonction du Sahara, qui représente 2/3 de la superficie du pays aujourd'hui, se fit sous la domination française.

Vous l'aurez donc bien compris, point d'Algérie avant l'arrivée française. Cependant, à la fin de la Seconde Guerre Mondiale (et non pas Deuxième, espérons qu'il n'y en aura plus, voeu pieux par excellence !), la France est terriblement affaiblie. Et le 8 Mai 1945, alors que la Métropole fête la liesse de la Libération, une rébellion éclate dans plusieurs villes de l'est algérien (Sétif et Constantine principalement). Celle-ci est très durement réprimée par les autorités françaises, marquant là le début d'une décolonisation française qui fut tout sauf pacifique. 

Après la Guerre d'Indochine qui vit Hô-Chi-Minh nous tenir la dragée haute (les plus anciens d'entre nous se souviendront alors de Dien-Bien-Phû), la France revoit ses priorités concernant sa politique étrangère. L'avenir, c'est l'Europe. A l'époque, seule l'Europe, source de tant de maux, pouvait être la solution, la panacée à tous ces derniers et éviter qu'un autre grave conflit éclate. Et si le Plan Marshall accordé en 1947 contribue à reconstruire le pays, il ne peut servir à maintenir sous perfusion des colonies qui ont aussi leur coût. Par ailleurs, le régime de la Quatrième République n'aide pas à la sérénité politique : régime parlementaire, les gouvernements se succèdent à un rythme effréné. Rares sont les présidents du Conseil à rester en poste plus de 12 mois consécutifs.

C'est là l'occasion rêvée pour des Algériens qui, au fil du temps, se sont découvert une certaine identité commune et surtout une haine unique et indivisible contre l'occupant français. Le 1er Novembre 1954 a lieu le massacre de la Toussaint Rouge, où le FLN (Front de Libération Nationale) multiplie les attentats contre les Français d'Algérie. Alors se déclenchent les hostilités qui, entre exactions, assassinats et autres prix du sang dureront huit longues années. Le 18 Mars 1962, Charles de Gaulle, Président de la République (revenu aux affaires avec l'avènement de la Cinquième République) signe les accords d'Evian. Il est prévu la tenue d'un référendum d'autodétermination du peuple algérien pour le 1er Juillet de la même année. Celui-ci marque officiellement la fin de la Guerre d'Algérie et l'indépendance de ce pays finalement très jeune.

Que reste-t-il de tout ceci aujourd'hui ? Rappelons que la colonisation française a permis la construction d'infrastructures importantes que le pays ne possédait pas avant : routes, ponts, hôpitaux, écoles...sont le fait de l'occupation française. En outre, le pétrole, première source de richesse économique du pays, a été découvert par les Français. Enfin, les Trente Glorieuses ont permis à de nombreux Algériens de venir travailler en France, dans les usines automobiles par exemple. En revanche, les Harkis, ces Algériens qui nous ont soutenus durant le conflit, ont été abandonnés par les Français. Mais, et c'est là le point important, ce qui reste de cet épisode c'est un ressentiment tenace chez les Algériens et une honte profondément enracinée dans le coeur des pouvoirs publics français. Ce qui contribue à ce que les Harkis ne soient pas remerciés. 

Que faire alors ? La colonisation n'est pas que le fait d'une période allant de 1492 jusqu'au XIXe siècle. Certes la découverte de l'Amérique et la mise en place du marché triangulaire ont accentué ce phénomène. Mais celui-ci a toujours existé dans l'Histoire de l'Humanité. Rome a été conquise par les Barbares du Nord de l'Europe, l'Egypte a été asservie par les Grecs puis les Romains et puis une majeure partie de l'Europe est demeurée pendant des siècles sous le joug de ces derniers. Plus récemment encore, les Allemands nous envahissaient et s'octroyaient même l'Alsace et la Lorraine. Cela ne nous a pas empêchés, douze ans après la fin du conflit, de signer le Traité de Rome avec eux et de les considérer non plus comme des ennemis, mais des partenaires. De même qu'il ne nous viendrait pas à l'esprit de demander réparation aux Italiens pour la Guerre des Gaules de César. Non, la colonisation, comme l'esclavage, sont des faits récurrents depuis plus de 2.000 ans, et il convient de les accepter et les intégrer comme des événements constitutifs de notre identité. Il est plus que temps que les Algériens cessent de reprocher aux Français d'être les responsables de tous leurs malheurs et commencent à regarder d'un peu plus près ce qui se passe chez eux, notamment avec la croissance inquiétante d'AQMI. Quant aux Français, ils devraient ressentir davantage de fierté : l'Histoire de notre pays est l'une des plus riches qui soit. Nous sommes un vieux pays avec une belle et forte identité qu'il appartient à chacun d'entre nous d'entretenir : c'est un devoir envers ceux qui, au fil des siècles, ont contribué à la forger, souvent en y laissant la vie.

jeudi 19 juillet 2012

Doit-on intervenir en Syrie ?


Bonjour à tous !

L'actualité internationale du moment est principalement occupée par la guerre civile en Syrie. Devant l'ampleur des pertes humaines civiles, la communauté internationale dans son ensemble se pose cette question à première vue légitime : doit-on intervenir ?

Cette question mérite une réponse argumentée ne se bornant point à un simple "oui" ou "non".
En effet, on le constate depuis 18 mois et le début des printemps arabes, la région du Moyen-Orient s'enflamme : las de dictatures oppressantes, la Tunisie, l'Egypte, la Libye et désormais la Syrie se sont embrasées. Et encore je passe sous silence les troubles à Bahreïn, au Yémen, au Maroc et en Algérie.

Ces troubles s'expliquent pour deux raisons : la première c'est qu'avec la massification de l'information, les populations ont plus facilement accès, grâce au Web notamment, à ce qui se passe à l'étranger en matière de politique intérieure. Les jeunes, en premier lieu, se mettent alors à rêver à un monde sans police omniprésente, avec le droit de vote, bref, tout ce qu'une démocratie moderne peut apporter. La seconde raison, c'est qu'on assiste à une très forte poussée de l'islamisation. L'une, visible, des Chiites (Iran, Syrie et Hezbollah libanais) qui vise avant tout à faire disparaître Israël de la carte, rayant ainsi de la surface du monde la seule véritable démocratie de cette région du Globe ; l'autre, plus insaisissable, sunnite : je parle ici d'Al Qaïda. 

Ne nous y trompons pas : cet organisme terroriste n'est pas mort en même temps que son chef, Oussama Ben Laden. Et puis il est soutenu par d'autres factions, sympathisantes de sa cause : les Frères musulmans en Egypte, Ennahda en Tunise, AQMI, etc. Le but de ces organisations est de recréer une Panarabie, de l'Indonésie au Détroit de Gibraltar, en passant par le Golfe Persique, afin d'englober dans un même pôle idéologique - celui de la Charia - le milliard de musulmans qui se trouve dans cette zone.

Le rapport avec notre sujet du jour me direz-vous ? Eh bien ces dictateurs que les droitdelhommistes bien-pensants nous présentent comme des tyrans sanguinaires (Ben Ali, Moubarak, Al-Assad et Kadhafi) avaient au moins un mérite : c'est qu'ils contenaient l'islamisation de leur pays. Maintenant que leur chute est consommée (ou est en passe de l'être), qui empêchera le Sud et l'Est de la Méditerranée de s'islamiser ? Personne. Et alors que ces dictateurs, bien que revêches, étaient au moins, un tant soit peu, ouverts au dialogue, là, il n'en sera plus question ! Car ces organisations islamistes veulent ni plus ni moins que la mort de l'Occident.

Le plus effrayant dans tout cela, c'est qu'ils ont des moyens quasi-illimités venant des toutes puissantes monarchies du Golfe, à savoir l'Arabie Saoudite, le Qatar ou les Emirats Arabes Unis. Ce même Qatar que tout le monde se réjouit de voir investir massivement dans des clubs de foot, ou qui créent des chaînes de télévision payantes pour s'acheter une virginité ! Ne soyons pas dupes.

Il est du devoir de la France et de la Communauté internationale de ne pas intervenir en Syrie. D'abord et avant tout car chaque Etat est souverain et que l'ingérence n'est pas un paradigme qui s'évoque à la légère. Si les Syriens veulent faire leur révolution, qu'ils la gagnent seuls ! Après tout, ce ne sont pas aux Occidentaux, avec les problèmes de trésorerie qu'ils connaissent, d'engager des frais dans ce combat qui n'est pas le leur. Ne commettons pas la même erreur qu'en Libye. Ensuite parce que sinon, ce serait une victoire de plus dans l'escarcelle des islamistes sunnites. Et ce serait alors bien plus grave.
Malheureusement, il est à craindre qu'en France, notamment, on nous fasse encore la leçon de morale...

Crédits photos : AFP/Reuters

mardi 17 juillet 2012

Nouveaux droits pour les homosexuels en 2013 : une vraie fausse bonne idée

Bonjour à tous !

Après m'être octroyé une semaine de repos bien méritée me voici de retour, plus déterminé que jamais à faire entendre ma voix discordante, amis lecteurs.
C'est l'une des infos de ces derniers jours, la Majorité entend, à compter de 2013, légaliser le mariage des couples homosexuels et, par extension, leur ouvrir le droit à l'adoption.
A première vue, c'est parfait, tout le monde est content : justice et égalité pour tous, victoire ! Que la Gauche est belle, etc, etc
Evidemment, les médias s'emparent de l'affaire en présentant des portraits d'enfants ayant grandi au sein de foyers homoparentaux et s'affirmant sains, équilibrés, ouverts d'esprits et fiers de leur différence.
Sauf que les médias, tout enamourés de notre cher François Hollande et de sa clique, oublient très consciencieusement de nous présenter des enfants ayant été élevés dans les mêmes conditions mais qui, eux, l'ont très mal vécu ! On nous vend le verre à moitié plein pour nous faire avaler cette belle couleuvre.
D'abord, pourquoi agir de la sorte ? Pour deux raisons : 
-la première, c'est qu'il convient, dans la bobosphère parisienne, de présenter l'équipe gouvernementale actuelle comme juste, humaine et pleine de compassion par opposition à l'équipe précédente, honnie comme rarement un gouvernement et son président l'auront été dans l'histoire de notre pays. Si demain Ayrault proposait une loi pour qu'on marche sur les mains ou pour que les hommes urinent assis (la Suède envisage d'ailleurs sérieusement de légiférer sur ce dernier point...), tout le monde applaudira, les experts viendront sur les plateaux télé vous expliquer pourquoi ce sont de bonnes décisions et pourquoi il serait inconvenant et outrancier d'être en désaccord avec ces dernières, montrant alors l'étendue de l'ignorance et de l'intolérance des opposants ;
-la seconde c'est que le tableau économique n'est pas rose. Hollande ne pourra rien faire pour changer cela et il le sait, puisque tout se décide à Bruxelles et Berlin. Alors il propose des mesurettes symboliques pour rendre la situation plus digeste.
Mais revenons à nos moutons. Quelles conséquences cette légalisation peut-elle avoir sur notre société ? D'abord, elle mettrait par terre l'un des fondements de notre République. Qu'on le veuille ou non, la France est une république laïque s'appuyant sur des textes et des lois. Entre autres textes figure le Code Civil napoléonien (21 Mars 1804) qui présente le mariage hétérosexuel comme le fondement de la famille. Petit rappel de biologie au passage : pour faire un enfant, quelle que soit l'espèce, il faut un représentant du sexe femelle et un représentant du sexe mâle. Autrement, ça ne peut fonctionner, la nature est ainsi faite. Doit-on taxer la nature d'homophobie ?
Certes, les homosexuels n'ont pas choisi leur préférence sexuelle, je l'entends bien et je le respecte. Mais ils doivent aussi respecter les lois immuables de la nature et de la République. Ces lois sont indépassables, ça peut paraître cruel ou injuste mais c'est ainsi. Le mieux est de l'accepter.
Par ailleurs, seul un petit groupe des homosexuels souhaite ardemment le mariage. Après tout, le PACS a été créé exprès pour eux en 1999, ex nihilo. Or on s'aperçoit, statistiques à l'appui, que ce sont surtout les couples hétérosexuels qui se pacsent, non les couples homosexuels.
Et puis, plutôt que de chercher à tout prix à vouloir autoriser le mariage pour tous, on ferait mieux de lutter contre le divorce des hétérosexuels, fléau sociétal s'il en est. Mais de cela, personne n'en parle et tout le monde s'en fiche. Dommage...
Autre conséquence, l'autorisation d'adopter pour ces couples : lorsque l'on voit la difficulté pour un couple hétérosexuel de le faire, on se dit que l'adoption en général sera encore plus ardue, car il y aura alors toujours plus de candidats pour le même nombre d'enfants. Ce seront donc les plus fortunés qui l'emporteront, créant une atmosphère malsaine autour de l'enfant, faisant de lui une marchandise. Statut renforcé lorsque les couples homosexuels qui ne pourront adopter se tourneront vers le marché de la procréation médicalement assistée ou de la mère porteuse. A force de vouloir faire plaisir à tout le monde au nom de la sacro-sainte égalité, on finit par permettre la prolifération d'horreurs comme la marchandisation des enfants et les trafics illégaux que cela peut alors générer. Mais cela on n'y pense pas, on préfère évidemment satisfaire des désirs égoïstes.
Et pendant que je vous écris, on ne fait toujours rien dans notre beau pays pour lutter contre les discriminations faites envers les handicapés ou les personnes souffrant d'obésité. Pour le coup, ces personnes sont clairement ostracisées et rien n'est fait pour leur faciliter la vie.
Mais tout le monde s'en fiche, ils n'ont probablement pas de lobbies aussi puissants et aussi riches (en termes de voix et en termes d'écus sonnants et trébuchants) que les homos. Oups, aurais-je fauté ? Serais-je allé trop loin ? Hérétique que je suis...