Charles de Gaulle (Crédit photo : libre de droits)
Bonjour à tous !
Désireux de diversifier mon blog, je me propose de poster, de façon totalement aléatoire, des articles ayant trait à l'Histoire. Matière parfois honnie à l'école, elle n'en demeure pas moins indispensable à la compréhension du monde d'aujourd'hui. Nul ne peut comprendre la période actuelle sans savoir d'où l'on vient.
Fort heureusement cependant, il ne s'agit pas ici de dispenser des cours magistraux, loin s'en faut ! Il y a des ouvrages, certains fastidieux, d'autres passionnants, qui se chargent de cela mieux que moi ! Non, il sera plutôt question de faire un bref rappel des faits puis de tenter d'en mesurer les conséquences dans le temps.
Et alors que cette année marque le 50e anniversaire des accords d'Evian, il m'a semblé judicieux de faire un retour sur la Guerre d'Algérie. Celle-ci pèse encore très lourd dans les coeurs, des deux côtés de la Méditerranée. Il faut dire que les anciens combattants à y avoir participé sont encore nombreux, et que ce conflit marquait là définitivement la fin de l'aventure coloniale française. Quant aux Algériens, malgré la jeunesse de leur population (près de la moitié de la population a moins de 19 ans), la rancoeur qu'ils éprouvent envers les Français demeure vivace.
Faisons tout d'abord un point sur ce qu'était l'Algérie avant l'arrivée des Français en 1830. En fait, l'Algérie, en tant que pays, n'existait pas ! Elle fut, tout au long de son histoire, un lieu de passage pour diverses puissances étrangères. Hormis les autochtones berbères, le pays tel qu'on le connaît aujourd'hui a vu défiler les Romains, les Numides, les Chrétiens, les Vandales, les Arabes - qui ont fortement contribué à marquer le territoire de leur empreinte - , les Espagnols et enfin les Ottomans. Excusez du peu ! L'Algérie géographique était alors, si l'on veut schématiser, constituée seulement du Nord du territoire. L'adjonction du Sahara, qui représente 2/3 de la superficie du pays aujourd'hui, se fit sous la domination française.
Vous l'aurez donc bien compris, point d'Algérie avant l'arrivée française. Cependant, à la fin de la Seconde Guerre Mondiale (et non pas Deuxième, espérons qu'il n'y en aura plus, voeu pieux par excellence !), la France est terriblement affaiblie. Et le 8 Mai 1945, alors que la Métropole fête la liesse de la Libération, une rébellion éclate dans plusieurs villes de l'est algérien (Sétif et Constantine principalement). Celle-ci est très durement réprimée par les autorités françaises, marquant là le début d'une décolonisation française qui fut tout sauf pacifique.
Après la Guerre d'Indochine qui vit Hô-Chi-Minh nous tenir la dragée haute (les plus anciens d'entre nous se souviendront alors de Dien-Bien-Phû), la France revoit ses priorités concernant sa politique étrangère. L'avenir, c'est l'Europe. A l'époque, seule l'Europe, source de tant de maux, pouvait être la solution, la panacée à tous ces derniers et éviter qu'un autre grave conflit éclate. Et si le Plan Marshall accordé en 1947 contribue à reconstruire le pays, il ne peut servir à maintenir sous perfusion des colonies qui ont aussi leur coût. Par ailleurs, le régime de la Quatrième République n'aide pas à la sérénité politique : régime parlementaire, les gouvernements se succèdent à un rythme effréné. Rares sont les présidents du Conseil à rester en poste plus de 12 mois consécutifs.
C'est là l'occasion rêvée pour des Algériens qui, au fil du temps, se sont découvert une certaine identité commune et surtout une haine unique et indivisible contre l'occupant français. Le 1er Novembre 1954 a lieu le massacre de la Toussaint Rouge, où le FLN (Front de Libération Nationale) multiplie les attentats contre les Français d'Algérie. Alors se déclenchent les hostilités qui, entre exactions, assassinats et autres prix du sang dureront huit longues années. Le 18 Mars 1962, Charles de Gaulle, Président de la République (revenu aux affaires avec l'avènement de la Cinquième République) signe les accords d'Evian. Il est prévu la tenue d'un référendum d'autodétermination du peuple algérien pour le 1er Juillet de la même année. Celui-ci marque officiellement la fin de la Guerre d'Algérie et l'indépendance de ce pays finalement très jeune.
Que reste-t-il de tout ceci aujourd'hui ? Rappelons que la colonisation française a permis la construction d'infrastructures importantes que le pays ne possédait pas avant : routes, ponts, hôpitaux, écoles...sont le fait de l'occupation française. En outre, le pétrole, première source de richesse économique du pays, a été découvert par les Français. Enfin, les Trente Glorieuses ont permis à de nombreux Algériens de venir travailler en France, dans les usines automobiles par exemple. En revanche, les Harkis, ces Algériens qui nous ont soutenus durant le conflit, ont été abandonnés par les Français. Mais, et c'est là le point important, ce qui reste de cet épisode c'est un ressentiment tenace chez les Algériens et une honte profondément enracinée dans le coeur des pouvoirs publics français. Ce qui contribue à ce que les Harkis ne soient pas remerciés.
Que faire alors ? La colonisation n'est pas que le fait d'une période allant de 1492 jusqu'au XIXe siècle. Certes la découverte de l'Amérique et la mise en place du marché triangulaire ont accentué ce phénomène. Mais celui-ci a toujours existé dans l'Histoire de l'Humanité. Rome a été conquise par les Barbares du Nord de l'Europe, l'Egypte a été asservie par les Grecs puis les Romains et puis une majeure partie de l'Europe est demeurée pendant des siècles sous le joug de ces derniers. Plus récemment encore, les Allemands nous envahissaient et s'octroyaient même l'Alsace et la Lorraine. Cela ne nous a pas empêchés, douze ans après la fin du conflit, de signer le Traité de Rome avec eux et de les considérer non plus comme des ennemis, mais des partenaires. De même qu'il ne nous viendrait pas à l'esprit de demander réparation aux Italiens pour la Guerre des Gaules de César. Non, la colonisation, comme l'esclavage, sont des faits récurrents depuis plus de 2.000 ans, et il convient de les accepter et les intégrer comme des événements constitutifs de notre identité. Il est plus que temps que les Algériens cessent de reprocher aux Français d'être les responsables de tous leurs malheurs et commencent à regarder d'un peu plus près ce qui se passe chez eux, notamment avec la croissance inquiétante d'AQMI. Quant aux Français, ils devraient ressentir davantage de fierté : l'Histoire de notre pays est l'une des plus riches qui soit. Nous sommes un vieux pays avec une belle et forte identité qu'il appartient à chacun d'entre nous d'entretenir : c'est un devoir envers ceux qui, au fil des siècles, ont contribué à la forger, souvent en y laissant la vie.

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