lundi 6 août 2012

Bientôt la fin de la peine de mort ?

Légende :
B : Abolie pour tous les crimes
V : Abolie pour tous les crimes sauf ceux commis en temps de guerre
O : pas d'exécution depuis au moins 10 ans
R : légale et appliquée

Bonjour à tous !

Cela n'a pas fait la une des journaux ces dernières semaines, mais on assiste, aux USA, à une énième bataille médiatique et juridique concernant la peine de mort. Rétablie de fait dans ce pays en 1976 avec une reprise des exécutions en 1977, la controverse est aujourd'hui très vive.
Pour s'en tenir aux faits, rappelons que plus de 1.200 personnes ont été exécutées depuis la reprise des exécutions outre-Atlantique. Tous les états ne l'appliquent pas, mais ils sont une minorité (13 sur 50). 
Toutefois, beaucoup d'exécutions posent problème, notamment au Texas, triste champion des exécutions en la matière : entre exécutions racistes, condamnations sommaires et expéditives, limitation du recours aux nouvelles techniques d'identification génétique pour infirmer (ou confirmer) une culpabilité prononcée, nombreuses sont les voix qui s'élèvent contre cette peine d'un autre âge. 
Car il faut souligner que si la peine de mort existe encore, elle était à l'origine la seule punition imaginable alors que le système carcéral n'était nullement développé. 
Elle était également une application stricte de la Loi du Talion telle qu'enseignée dans les Livres ("Oeil pour oeil, dent pour dent") qui, aujourd'hui, mérite meilleure lecture et meilleure interprétation.
Car si, dans les faits, la peine capitale demeure dans certains pays, il est bon de noter que c'est surtout la marque de pays à la pratique religieuse très vive (USA, Pays du Golfe) ou bien dans des dictatures qui tiennent à conserver leur population sous un contrôle très strict (Chine, Biélorussie).

Aux USA, si la peine capitale conserve les faveurs de l'opinion publique (rappelons que Robert Badinter l'a courageusement abolie en dépit, justement, de cette opinion publique), elle soulève néanmoins la polémique depuis que de nombreux rapports concordants ont soulevé son coût exorbitant. 
En effet, un condamné à mort, qui peut rester parfois plus de 15 ans dans le couloir de la mort, coûte 3 millions $ par an à la communauté : il doit être isolé, surveillé par trois gardiens, avoir de meilleurs repas que les autres, sans compter les frais de procédure. A contrario, un condamné à perpétuité coûte trois fois moins cher. Alors les Américains, qui commencent à être très sourcilleux sur les dépenses publiques, peut-être encore plus qu'à l'ordinaire en cette période de crise, semblent prêts à reconsidérer la question. Si, dans un futur à moyen ou long terme, les USA venaient à abolir la peine de mort, alors on serait en droit d'espérer un effet domino bénéfique auprès des autres pays l'appliquant.

Je conclurai en rappelant pourquoi la peine de mort doit être bannie de la société : d'abord, elle ne permet pas de ramener les victimes à la vie, c'est donc rajouter la mort à la mort. Ensuite, même si Max Weber légitime avec justesse le monopole de la violence par l'Etat, ce dernier doit justement en faire usage avec mesure : on ne peut décemment pas institutionnaliser le meurtre ! Je ne parle même pas des erreurs judiciaires et des trop nombreux innocents condamnés et exécutés à tort. Elle peut également être l'arme absolue d'un régime totalitaire. Nul ne sait si la démocratie persistera dans nos belles contrées. Si un tyran venait un jour à s'emparer du pouvoir, il aurait alors un arsenal législatif à disposition pour se débarrasser de ses opposants. Et puis, qui sommes-nous pour déclarer légal le fait de tuer l'un de nos semblables de sang-froid ? Quelle légitimité avons-nous ? Sommes-nous, nous, les juges, à ce point exempts de tout reproche ? Qu'avons-nous à la place du coeur si nous condamnons sans coup férir un criminel, si terrible soit-il ? Et ce, sans faire mention du poids qui pèsera sur les épaules du bourreau ! De toute façon, les statistiques le démontrent aisément, la peine de mort ne fait pas baisser la criminalité. Alors arrêtons au plus vite avec cette peine sanguinaire qui n'a finalement d'autre but que d'offrir son quota de spectacle morbide à une société toujours plus avide de violence.

Source du document : Amnesty International, mis à jour le 21/07/12

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