dimanche 22 juillet 2012

Un peu d'Histoire... (chap 1) : Retour sur la Guerre d'Algérie


Charles de Gaulle (Crédit photo : libre de droits)


Bonjour à tous !

Désireux de diversifier mon blog, je me propose de poster, de façon totalement aléatoire, des articles ayant trait à l'Histoire. Matière parfois honnie à l'école, elle n'en demeure pas moins indispensable à la compréhension du monde d'aujourd'hui. Nul ne peut comprendre la période actuelle sans savoir d'où l'on vient.
Fort heureusement cependant, il ne s'agit pas ici de dispenser des cours magistraux, loin s'en faut ! Il y a des ouvrages, certains fastidieux, d'autres passionnants, qui se chargent de cela mieux que moi ! Non, il sera plutôt question de faire un bref rappel des faits puis de tenter d'en mesurer les conséquences dans le temps.

Et alors que cette année marque le 50e anniversaire des accords d'Evian, il m'a semblé judicieux de faire un retour sur la Guerre d'Algérie. Celle-ci pèse encore très lourd dans les coeurs, des deux côtés de la Méditerranée. Il faut dire que les anciens combattants à y avoir participé sont encore nombreux, et que ce conflit marquait là définitivement la fin de l'aventure coloniale française. Quant aux Algériens, malgré la jeunesse de leur population (près de la moitié de la population a moins de 19 ans), la rancoeur qu'ils éprouvent envers les Français demeure vivace.

Faisons tout d'abord un point sur ce qu'était l'Algérie avant l'arrivée des Français en 1830. En fait, l'Algérie, en tant que pays, n'existait pas ! Elle fut, tout au long de son histoire, un lieu de passage pour diverses puissances étrangères. Hormis les autochtones berbères, le pays tel qu'on le connaît aujourd'hui a vu défiler les Romains, les Numides, les Chrétiens, les Vandales, les Arabes - qui ont fortement contribué à marquer le territoire de leur empreinte - , les Espagnols et enfin les Ottomans. Excusez du peu ! L'Algérie géographique était alors, si l'on veut schématiser, constituée seulement du Nord du territoire. L'adjonction du Sahara, qui représente 2/3 de la superficie du pays aujourd'hui, se fit sous la domination française.

Vous l'aurez donc bien compris, point d'Algérie avant l'arrivée française. Cependant, à la fin de la Seconde Guerre Mondiale (et non pas Deuxième, espérons qu'il n'y en aura plus, voeu pieux par excellence !), la France est terriblement affaiblie. Et le 8 Mai 1945, alors que la Métropole fête la liesse de la Libération, une rébellion éclate dans plusieurs villes de l'est algérien (Sétif et Constantine principalement). Celle-ci est très durement réprimée par les autorités françaises, marquant là le début d'une décolonisation française qui fut tout sauf pacifique. 

Après la Guerre d'Indochine qui vit Hô-Chi-Minh nous tenir la dragée haute (les plus anciens d'entre nous se souviendront alors de Dien-Bien-Phû), la France revoit ses priorités concernant sa politique étrangère. L'avenir, c'est l'Europe. A l'époque, seule l'Europe, source de tant de maux, pouvait être la solution, la panacée à tous ces derniers et éviter qu'un autre grave conflit éclate. Et si le Plan Marshall accordé en 1947 contribue à reconstruire le pays, il ne peut servir à maintenir sous perfusion des colonies qui ont aussi leur coût. Par ailleurs, le régime de la Quatrième République n'aide pas à la sérénité politique : régime parlementaire, les gouvernements se succèdent à un rythme effréné. Rares sont les présidents du Conseil à rester en poste plus de 12 mois consécutifs.

C'est là l'occasion rêvée pour des Algériens qui, au fil du temps, se sont découvert une certaine identité commune et surtout une haine unique et indivisible contre l'occupant français. Le 1er Novembre 1954 a lieu le massacre de la Toussaint Rouge, où le FLN (Front de Libération Nationale) multiplie les attentats contre les Français d'Algérie. Alors se déclenchent les hostilités qui, entre exactions, assassinats et autres prix du sang dureront huit longues années. Le 18 Mars 1962, Charles de Gaulle, Président de la République (revenu aux affaires avec l'avènement de la Cinquième République) signe les accords d'Evian. Il est prévu la tenue d'un référendum d'autodétermination du peuple algérien pour le 1er Juillet de la même année. Celui-ci marque officiellement la fin de la Guerre d'Algérie et l'indépendance de ce pays finalement très jeune.

Que reste-t-il de tout ceci aujourd'hui ? Rappelons que la colonisation française a permis la construction d'infrastructures importantes que le pays ne possédait pas avant : routes, ponts, hôpitaux, écoles...sont le fait de l'occupation française. En outre, le pétrole, première source de richesse économique du pays, a été découvert par les Français. Enfin, les Trente Glorieuses ont permis à de nombreux Algériens de venir travailler en France, dans les usines automobiles par exemple. En revanche, les Harkis, ces Algériens qui nous ont soutenus durant le conflit, ont été abandonnés par les Français. Mais, et c'est là le point important, ce qui reste de cet épisode c'est un ressentiment tenace chez les Algériens et une honte profondément enracinée dans le coeur des pouvoirs publics français. Ce qui contribue à ce que les Harkis ne soient pas remerciés. 

Que faire alors ? La colonisation n'est pas que le fait d'une période allant de 1492 jusqu'au XIXe siècle. Certes la découverte de l'Amérique et la mise en place du marché triangulaire ont accentué ce phénomène. Mais celui-ci a toujours existé dans l'Histoire de l'Humanité. Rome a été conquise par les Barbares du Nord de l'Europe, l'Egypte a été asservie par les Grecs puis les Romains et puis une majeure partie de l'Europe est demeurée pendant des siècles sous le joug de ces derniers. Plus récemment encore, les Allemands nous envahissaient et s'octroyaient même l'Alsace et la Lorraine. Cela ne nous a pas empêchés, douze ans après la fin du conflit, de signer le Traité de Rome avec eux et de les considérer non plus comme des ennemis, mais des partenaires. De même qu'il ne nous viendrait pas à l'esprit de demander réparation aux Italiens pour la Guerre des Gaules de César. Non, la colonisation, comme l'esclavage, sont des faits récurrents depuis plus de 2.000 ans, et il convient de les accepter et les intégrer comme des événements constitutifs de notre identité. Il est plus que temps que les Algériens cessent de reprocher aux Français d'être les responsables de tous leurs malheurs et commencent à regarder d'un peu plus près ce qui se passe chez eux, notamment avec la croissance inquiétante d'AQMI. Quant aux Français, ils devraient ressentir davantage de fierté : l'Histoire de notre pays est l'une des plus riches qui soit. Nous sommes un vieux pays avec une belle et forte identité qu'il appartient à chacun d'entre nous d'entretenir : c'est un devoir envers ceux qui, au fil des siècles, ont contribué à la forger, souvent en y laissant la vie.

jeudi 19 juillet 2012

Doit-on intervenir en Syrie ?


Bonjour à tous !

L'actualité internationale du moment est principalement occupée par la guerre civile en Syrie. Devant l'ampleur des pertes humaines civiles, la communauté internationale dans son ensemble se pose cette question à première vue légitime : doit-on intervenir ?

Cette question mérite une réponse argumentée ne se bornant point à un simple "oui" ou "non".
En effet, on le constate depuis 18 mois et le début des printemps arabes, la région du Moyen-Orient s'enflamme : las de dictatures oppressantes, la Tunisie, l'Egypte, la Libye et désormais la Syrie se sont embrasées. Et encore je passe sous silence les troubles à Bahreïn, au Yémen, au Maroc et en Algérie.

Ces troubles s'expliquent pour deux raisons : la première c'est qu'avec la massification de l'information, les populations ont plus facilement accès, grâce au Web notamment, à ce qui se passe à l'étranger en matière de politique intérieure. Les jeunes, en premier lieu, se mettent alors à rêver à un monde sans police omniprésente, avec le droit de vote, bref, tout ce qu'une démocratie moderne peut apporter. La seconde raison, c'est qu'on assiste à une très forte poussée de l'islamisation. L'une, visible, des Chiites (Iran, Syrie et Hezbollah libanais) qui vise avant tout à faire disparaître Israël de la carte, rayant ainsi de la surface du monde la seule véritable démocratie de cette région du Globe ; l'autre, plus insaisissable, sunnite : je parle ici d'Al Qaïda. 

Ne nous y trompons pas : cet organisme terroriste n'est pas mort en même temps que son chef, Oussama Ben Laden. Et puis il est soutenu par d'autres factions, sympathisantes de sa cause : les Frères musulmans en Egypte, Ennahda en Tunise, AQMI, etc. Le but de ces organisations est de recréer une Panarabie, de l'Indonésie au Détroit de Gibraltar, en passant par le Golfe Persique, afin d'englober dans un même pôle idéologique - celui de la Charia - le milliard de musulmans qui se trouve dans cette zone.

Le rapport avec notre sujet du jour me direz-vous ? Eh bien ces dictateurs que les droitdelhommistes bien-pensants nous présentent comme des tyrans sanguinaires (Ben Ali, Moubarak, Al-Assad et Kadhafi) avaient au moins un mérite : c'est qu'ils contenaient l'islamisation de leur pays. Maintenant que leur chute est consommée (ou est en passe de l'être), qui empêchera le Sud et l'Est de la Méditerranée de s'islamiser ? Personne. Et alors que ces dictateurs, bien que revêches, étaient au moins, un tant soit peu, ouverts au dialogue, là, il n'en sera plus question ! Car ces organisations islamistes veulent ni plus ni moins que la mort de l'Occident.

Le plus effrayant dans tout cela, c'est qu'ils ont des moyens quasi-illimités venant des toutes puissantes monarchies du Golfe, à savoir l'Arabie Saoudite, le Qatar ou les Emirats Arabes Unis. Ce même Qatar que tout le monde se réjouit de voir investir massivement dans des clubs de foot, ou qui créent des chaînes de télévision payantes pour s'acheter une virginité ! Ne soyons pas dupes.

Il est du devoir de la France et de la Communauté internationale de ne pas intervenir en Syrie. D'abord et avant tout car chaque Etat est souverain et que l'ingérence n'est pas un paradigme qui s'évoque à la légère. Si les Syriens veulent faire leur révolution, qu'ils la gagnent seuls ! Après tout, ce ne sont pas aux Occidentaux, avec les problèmes de trésorerie qu'ils connaissent, d'engager des frais dans ce combat qui n'est pas le leur. Ne commettons pas la même erreur qu'en Libye. Ensuite parce que sinon, ce serait une victoire de plus dans l'escarcelle des islamistes sunnites. Et ce serait alors bien plus grave.
Malheureusement, il est à craindre qu'en France, notamment, on nous fasse encore la leçon de morale...

Crédits photos : AFP/Reuters

mardi 17 juillet 2012

Nouveaux droits pour les homosexuels en 2013 : une vraie fausse bonne idée

Bonjour à tous !

Après m'être octroyé une semaine de repos bien méritée me voici de retour, plus déterminé que jamais à faire entendre ma voix discordante, amis lecteurs.
C'est l'une des infos de ces derniers jours, la Majorité entend, à compter de 2013, légaliser le mariage des couples homosexuels et, par extension, leur ouvrir le droit à l'adoption.
A première vue, c'est parfait, tout le monde est content : justice et égalité pour tous, victoire ! Que la Gauche est belle, etc, etc
Evidemment, les médias s'emparent de l'affaire en présentant des portraits d'enfants ayant grandi au sein de foyers homoparentaux et s'affirmant sains, équilibrés, ouverts d'esprits et fiers de leur différence.
Sauf que les médias, tout enamourés de notre cher François Hollande et de sa clique, oublient très consciencieusement de nous présenter des enfants ayant été élevés dans les mêmes conditions mais qui, eux, l'ont très mal vécu ! On nous vend le verre à moitié plein pour nous faire avaler cette belle couleuvre.
D'abord, pourquoi agir de la sorte ? Pour deux raisons : 
-la première, c'est qu'il convient, dans la bobosphère parisienne, de présenter l'équipe gouvernementale actuelle comme juste, humaine et pleine de compassion par opposition à l'équipe précédente, honnie comme rarement un gouvernement et son président l'auront été dans l'histoire de notre pays. Si demain Ayrault proposait une loi pour qu'on marche sur les mains ou pour que les hommes urinent assis (la Suède envisage d'ailleurs sérieusement de légiférer sur ce dernier point...), tout le monde applaudira, les experts viendront sur les plateaux télé vous expliquer pourquoi ce sont de bonnes décisions et pourquoi il serait inconvenant et outrancier d'être en désaccord avec ces dernières, montrant alors l'étendue de l'ignorance et de l'intolérance des opposants ;
-la seconde c'est que le tableau économique n'est pas rose. Hollande ne pourra rien faire pour changer cela et il le sait, puisque tout se décide à Bruxelles et Berlin. Alors il propose des mesurettes symboliques pour rendre la situation plus digeste.
Mais revenons à nos moutons. Quelles conséquences cette légalisation peut-elle avoir sur notre société ? D'abord, elle mettrait par terre l'un des fondements de notre République. Qu'on le veuille ou non, la France est une république laïque s'appuyant sur des textes et des lois. Entre autres textes figure le Code Civil napoléonien (21 Mars 1804) qui présente le mariage hétérosexuel comme le fondement de la famille. Petit rappel de biologie au passage : pour faire un enfant, quelle que soit l'espèce, il faut un représentant du sexe femelle et un représentant du sexe mâle. Autrement, ça ne peut fonctionner, la nature est ainsi faite. Doit-on taxer la nature d'homophobie ?
Certes, les homosexuels n'ont pas choisi leur préférence sexuelle, je l'entends bien et je le respecte. Mais ils doivent aussi respecter les lois immuables de la nature et de la République. Ces lois sont indépassables, ça peut paraître cruel ou injuste mais c'est ainsi. Le mieux est de l'accepter.
Par ailleurs, seul un petit groupe des homosexuels souhaite ardemment le mariage. Après tout, le PACS a été créé exprès pour eux en 1999, ex nihilo. Or on s'aperçoit, statistiques à l'appui, que ce sont surtout les couples hétérosexuels qui se pacsent, non les couples homosexuels.
Et puis, plutôt que de chercher à tout prix à vouloir autoriser le mariage pour tous, on ferait mieux de lutter contre le divorce des hétérosexuels, fléau sociétal s'il en est. Mais de cela, personne n'en parle et tout le monde s'en fiche. Dommage...
Autre conséquence, l'autorisation d'adopter pour ces couples : lorsque l'on voit la difficulté pour un couple hétérosexuel de le faire, on se dit que l'adoption en général sera encore plus ardue, car il y aura alors toujours plus de candidats pour le même nombre d'enfants. Ce seront donc les plus fortunés qui l'emporteront, créant une atmosphère malsaine autour de l'enfant, faisant de lui une marchandise. Statut renforcé lorsque les couples homosexuels qui ne pourront adopter se tourneront vers le marché de la procréation médicalement assistée ou de la mère porteuse. A force de vouloir faire plaisir à tout le monde au nom de la sacro-sainte égalité, on finit par permettre la prolifération d'horreurs comme la marchandisation des enfants et les trafics illégaux que cela peut alors générer. Mais cela on n'y pense pas, on préfère évidemment satisfaire des désirs égoïstes.
Et pendant que je vous écris, on ne fait toujours rien dans notre beau pays pour lutter contre les discriminations faites envers les handicapés ou les personnes souffrant d'obésité. Pour le coup, ces personnes sont clairement ostracisées et rien n'est fait pour leur faciliter la vie.
Mais tout le monde s'en fiche, ils n'ont probablement pas de lobbies aussi puissants et aussi riches (en termes de voix et en termes d'écus sonnants et trébuchants) que les homos. Oups, aurais-je fauté ? Serais-je allé trop loin ? Hérétique que je suis...

jeudi 5 juillet 2012

Economie : le Gouvernement Ayrault et la quadrature du cercle budgétaire

Jean-Marc Ayrault à la tribune de 
l'Assemblée Nationale

Bonjour à tous !

Ca y est, le Premier Ministre a déclamé son discours de politique générale. Une longue litanie d'efforts à produire, de réformes de société à mettre en travaux, etc. Outre que le personnage n'a pas le charisme d'un Churchill (mais ce n'est pas pour ça que Matignon lui a été confié), il a du mal à convaincre.  Beaucoup de mal, même. D'ailleurs l'extrême gauche s'est abstenu de lui voter sa confiance au moment du vote qui, traditionnellement, suit le discours. 
Pourquoi cette défiance ? D'abord, parce qu'il faut appeler un chat un chat : la politique économique qui va être mise en place est une politique de rigueur. Le problème, c'est que le gouvernement actuel a autant de mal à prononcer ce mot que l'équipe précédente. Ce qui a fini par lui coûter cher. Passe encore. Mais pour le Front de Gauche, ce qui ne passe pas, c'est qu'en 1981, il y avait d'abord eu une politique de relance avant le tournant de la rigueur de 1983. Petite nuance toutefois : il y avait des ministres communistes dans le gouvernement de l'époque. Qui plus est, la situation économique d'il y a trente ans, bien que morose, n'était pas aussi dégradée qu'aujourd'hui.
Et puis, il s'agit de s'attarder sur la politique budgétaire de l'année à venir plus en détails. Au programme : hausse d'impôts, règle d'or et tutti quanti
La hausse d'impôts d'abord : une contribution exceptionnelle de l'ISF de 2.3 Mds d'euros va être levée cette année. Cette mesure va devoir subir un tour de passe-passe juridique pour éviter d'être déclarée anticonstitutionnelle (car on ne peut pas faire payer deux fois le même impôt dans la même année !). Formidable, me direz-vous cependant, on taxe les plus riches et on épargne les plus modestes. Tel Robin des Bois, notre Premier Ministre est le Ayrault des temps modernes. Que nenni, mes bons amis, hélas ! Si cela avait été si simple, cela se saurait. Car Matignon ignore sciemment un point de détail qui a pourtant toute son importance : dans un monde comme celui d'aujourd'hui, ouvert comme jamais depuis la signature de l'accord de Schengen (mis en oeuvre par Mitterrand, rappelez-vous, c'était en 1986...), les biens, les personnes mais aussi les finances peuvent facilement s'exiler et s'expatrier vers le moins-disant fiscal. Lorsqu'il y a quelques jours, le Premier Ministre britannique, David Cameron, a déclaré vouloir dérouler le tapis rouge aux Français voulant fuir la trop lourde imposition de notre pays, il a exactement mis le doigt là où ça fait mal : aujourd'hui, les pays de l'UE, loin de se serrer les coudes, se tirent la bourre et se concurrencent. Pourquoi tant de haine me demanderez-vous ? Mais parce qu'il n'y a pas de nation européenne, qu'il n'y en a jamais et eu et qu'il n'y en aura jamais. Déjà à l'époque, il y a de cela 2000 ans et avec bien moins d'habitants qu'aujourd'hui, Rome avait échoué à unifier l'Europe, malgré sa puissance militaire. Napoléon s'y était cassé les dents de la même façon. Alors aujourd'hui, sans armée mais simplement par le biais de la diplomatie, pensez donc ! Entre la chute du Mur, qui a mis à jour les économies à la fois fragiles et voraces d'Europe de l'Est, la zone méditerranéenne qui vit au-dessus de ses moyens en "oubliant" de régler ses impôts et en perdant toute son industrie, et une Europe du Nord à la vertu rigoureuse digne des plus puritains des Calvinistes, ça ne peut pas marcher ! 
Bref, la hausse des impôts (et je ne parle même pas de la fameuse et ridicule tranche des 75%) va entraîner un exode fiscal massif des particuliers et des entrepreneurs que le pouvoir en place ne pourra que constater. 
Quant à la règle d'or budgétaire, Hollande a fini par se la faire imposer par Merkel en échange d'un volet sur la croissance dans le pacte de stabilité européen du 37e sommet de la dernière chance. Il est important ici de faire une analyse sémantique pointue : d'abord, la règle d'or, Hollande et le PS n'en voulaient pas quand Sarkozy l'évoquait. En plus, si le Président songeait à l'inscrire dans la Constitution, comme le souhaiterait l'Allemagne, il n'aurait que deux solutions : soit la majorité des 3/5e du Parlement réuni en Congrès, ce qui n'est pas le cas. L'UMP pourrait voter pour mais, évidemment, on peut compter sur eux pour savonner la planche des Socialistes. Soit recourir à un référendum. Problème : après avoir perdu la souveraineté sur sa monnaie, il serait alors question pour la France de perdre la souveraineté sur son budget. Et on sait qu'en matière de souveraineté, les Français sont, heureusement et n'en déplaise à ses gouvernants, plutôt tatillons, comme en témoigne le "Non" au Référendum de 2005. Voilà notre bon président dans une impasse normale.
Quant à la croissance inscrite dans ce fameux pacte, qu'est-ce là ? Bien évidemment pas une relance keynésienne à coups de milliards, mais plutôt une croissance à l'anglo-saxonne à base de déréglementation du droit du travail, baisse des charges sociales et précarité accrue pour les salariés. Oh, bien sûr, vous objecterez sûrement doctement, et non sans raison, qu'il a été question de 120 Mds d'euros de provision pour la croissance. Mais cette somme avait déjà été prévue sur un autre poste du budget européen : on a donc déshabillé Pierre pour habiller Paul. Habile enfumage !
Il est grand temps que le PS réfléchisse à une meilleure solution que la simple hausse d'impôts ou autres mesures contre-productives, comme le fait de fiscaliser à nouveau les heures supplémentaires, dispositif particulièrement favorable aux ouvriers. Mais il est vrai que cela fait bien longtemps qu'un élu socialiste ne sait plus à quoi ressemble un ouvrier.
Fort heureusement, le preux chevalier Montebourg est là pour défendre les derniers vestiges de l'industrie française. Lui qui est un chantre de la démondialisation n'a pas fini d'avaler des couleuvres. 
Mais puisqu'on vous dit que tout ceci est normal.... !!!!

Crédits photo : Philippe WOJAZER/REUTERS

mardi 3 juillet 2012

Football : l'arrêt Bosman m'a tuer

Bonjour à tous !

Cela ne vous aura pas échappé, tant l'événement aura fait la Une de toutes les gazettes, l'Espagne est donc rentrée dans la cour des très grands Dimanche dernier. La Furia Roja (enfin un surnom d'équipe original !) est en effet devenue la première équipe à réaliser le triplé Euro-Coupe du Monde-Euro, devenant au passage la première équipe à conserver son titre acquis lors du précédent Euro. La RFA de Beckenbauer, la France de Platini ou les Pays-Bas de Van Basten avaient tous échoué.
Quelles sont les raisons de ce succès ? Au-delà d'une politique de formation très louable basée sur la formation de petits gabarits à l'endurance et à la technique au-dessus du lot, on peut déjà remarquer que l'essentiel de l'effectif titulaire joue au Barça et y a été formé (Piqué, Busquets, Xavi, Iniesta, Fabregas notamment). On notera aussi l'excellent travail du sous-médiatisé Del Bosque, premier entraîneur à réaliser le triplé Ligue des Champions (ce qui ne l'avait pas empêché de se faire virer par le Real Madrid !), Coupe du Monde, Euro. On notera notamment qu'à l'inverse d'un Aimé Jacquet qui est parti sur un succès, Del Bosque, lui, a eu le courage de rester et de remettre en question sa tactique de jeu. Avec le succès qu'on lui connaît aujourd'hui.
Finies, également, les querelles internes entre Madrilènes et Catalans : tout le monde joue dans le même sens pour le bien de l'équipe, à l'image du duo Ramos-Piqué qui ne s'apprécie pourtant pas outre mesure.
Ce succès est bien entendu à mettre en perspective avec le relatif échec de l'Equipe de France ou de celui des Pays-Bas. Deux équipes traditionnellement placées dans les hautes sphères du foot international et qui ont peiné durant cet Euro. On évitera ici de s'attarder sur les raisons morales, psychologiques voire éducatives de cet échec pour s'intéresser à un autre facteur : ce sont deux équipes dont la majeure partie de l'effectif joue à l'étranger, victimes du pillage incessant des grands clubs espagnols, anglais ou italiens depuis le début de l'arrêt Bosman.
Ce dernier facilite la libre circulation des joueurs dans l'Union Européenne, fragilisant les pays formateurs dénués de moyens substantiels pour conserver leurs pépites pour le plus grand bénéfice des prédateurs, mieux armés financièrement. Le Real Madrid, Manchester City ou l'Inter Milan sont, et la liste n'est pas exhaustive, des spécialistes de l'exercice. Alors que l'Italie, l'Allemagne, l'Espagne et, dans une moindre mesure, le Portugal comptent 75% de leur effectif issus du championnat national, il s'avère que pour la France et les Pays-Bas, la donne est différente.
Ce qui avait fait à l'époque le succès de l'équipe de France sous l'ère Jacquet s'avère aujourd'hui un échec retentissant. Pourquoi ? Parce qu'à l'époque seuls les excellents joueurs partaient à l'étranger, souvent à 25-26 ans, après avoir effectué déjà une belle carrière dans l'Hexagone. Partir à l'étranger leur apportait une réelle bonification car ils étaient armés pour cela. Alors que maintenant, il suffit d'avoir réalisé 3 ou 4 bons matchs d'affilée pour se retrouver sous l'oeil des recruteurs étrangers et quitter la patrie parfois à 18, 19 ou 20 ans !
Comment voulez-vous que, par la suite, ces gamins, surpayés par rapport à leur vraie valeur, qui se retrouvent avec le maillot d'un pays dont ils ont depuis longtemps oublié les us et coutumes, se reconnaissent dans l'intérêt supérieur de la sélection nationale ? Les Pays-Bas avec Robben, la France avec Nasri, sont deux pays qui sont devenus des éleveurs de mercenaires pour des clubs sans scrupules. 
Longtemps les Brésiliens ont été également victimes de ce pillage. Mais le renouveau économique du pays permet à ses clubs d'avoir de meilleurs arguments pour retenir ses plus grands joueurs, comme Neymar ou Ganso. 
L'autre effet pervers, c'est bien entendu la bulle spéculative qui entoure le monde du ballon rond : de plus en plus de clubs se sont endettés pour payer des indemnités de transfert et des salaires toujours plus élevés à toujours plus de joueurs qui étaient pour la plupart juste bons, et non exceptionnels. Du coup, à l'aune du fair-play financier voulu par Platini (qui aura enfin eu une bonne idée !), de nombreux clubs se retrouvent sous le coup de lourdes sanctions. Il est plus que temps que le football recouvre la raison pour ne pas scier la branche sur laquelle il est assis. Des mesures simples comme l'obligation de disposer dans son effectif professionnel de 50% de joueurs formés au club et de 80% de joueurs sélectionnables pour la sélection nationale du championnat dans lequel ils évoluent seraient des mesures de bon sens permettant l'instauration d'un système gagnant-gagnant entre les clubs et les équipes nationales. Cela permettrait aussi aux supporters de s'identifier à nouveau aux joueurs de leurs clubs. Un salary cap, adapté du modèle existant dans le sport américain, pourrait aussi voir le jour. Ramenons le ballon rond dans le droit chemin pour qu'il redevienne un spectacle divertissant et populaire.
Sinon, comme dans le domaine économique, la mondialisation et l'Europe auront eu raison du sport le plus populaire du monde !

Crédit photo : Panoramic

jeudi 28 juin 2012

Scrutin proportionnel : une bonne idée ?



Bonjour à tous !

Le post du jour aborde les différents angles à envisager si l'on passait, dans cinq ans, à un scrutin proportionnel pour les élections législatives.
Sans surprise, ce sont les partis minoritaires (FN, Verts, Front de Gauche) qui y sont le plus favorables.
Dans le système actuel, le scrutin est uninominal majoritaire à deux tours. Pour passer au second tour, il faut obtenir 12.5% des inscrits. Ce qui entraîne donc parfois des triangulaires ou, plus rarement, des quadrangulaires.
Dans le cas d'un scrutin proportionnel, on passerait alors nécessairement à un scrutin de listes (comme pour les Municipales et les Européennes), et chaque parti obtiendrait autant de places qu'autorisées par son nombre de voix.
Ci-dessus, j'ai affiché un diagramme montrant ce qui aurait pu résulter des dernières Législatives si ce scrutin s'était déroulé à la proportionnelle (source Le Figaro). Attention : il ne s'agit là que d'une projection hypothétique car alors, rien ne nous garantit que les électeurs auraient voté de la même façon, et que l'abstention aurait été moindre, ou supérieure.
Néanmoins, si l'on s'attache à l'interprétation brute du document, on constate que la proportionnelle aurait été fatale au PS, tandis que l'UMP n'aurait perdu que 5 sièges par rapport au type de scrutin actuel. On remarque aussi que le Front de Gauche aurait triplé son nombre de sièges, mais surtout que le FN aurait obtenu la bagatelle de 85 députés ! Il serait alors devenu la 3e force politique parlementaire, et il aurait été difficile de passer outre des tractations avec lui dans l'optique de constituer un gouvernement.
Rappelons également que le scrutin proportionnel avait été utilisé une seule fois : c'était en 1986. A cette époque, Mitterrand savait que les Législatives étaient perdues : il avait donc eu l'idée, afin de couper autant que possible l'herbe sous le pied du RPR, d'instaurer la proportionnelle. Résultat : 35 députés FN avaient été élus. Evidemment, Chirac, sitôt sa victoire assurée et son poste à Matignon obtenu, s'était empressé de revenir au système majoritaire. Il est savoureux de voir que les donneurs de leçon du PS, qui poussent de grands cris chaque fois que l'UMP prononce le mot "FN", sont ceux qui ont permis à ce parti d'obtenir sa plus grande visibilité politique, il y a de cela 26 ans. En politique plus qu'ailleurs, il est bon d'avoir la mémoire courte !
Que conclure ? Eh bien, la chose la plus importante à garder à l'esprit est que ce système proportionnel, à première vue plus vertueux parce que plus démocratique, serait aussi source d'une plus grande instabilité gouvernementale. Certes, le scrutin majoritaire renforce le bipartisme, mais il a le mérite d'assurer une stabilité politique et encourage alors les petits partis à passer des alliances avec les grands partis afin d'exister au Palais Bourbon. Si le Front de Gauche et le Front National veulent se faire entendre, ils seraient bien inspirés de faire comme les Verts du malin et retors Jean-Vincent Placé, qui ne s'est pas gêné pour conclure un accord particulièrement avantageux pour son parti avant même les Présidentielles. Résultat, ce parti qui n'a fait que 2% en Avril se retrouve aujourd'hui avec 17 députés et des présidences de commission.
Vouloir garder son indépendance d'esprit est noble mais, en l'occurrence, le manque de scrupules s'avère ici plus efficace !

lundi 25 juin 2012

Que retenir du procès Breivik ?



Friedrich Wilhelm Nietzsche (1844-1900)


Bonjour à tous !

Comme vous le savez sans doute, se déroule en ce moment le procès d'Anders Breivik. Le 22 Juillet 2011, celui-ci, pour des raisons idéologiques qui n'appartiennent qu'à lui, tue 69 personnes sur l'île d'Utoeya. Deux heures auparavant, il avait fait exploser une bombe à Oslo.
En Norvège, deux points de vue s'opposent : soit le reconnaître pénalement responsable et l'incarcérer pour 21 ans (et le maintenir emprisonné par la suite aussi longtemps qu'il sera jugé dangereux pour la société) ; soit le déclarer non-responsable de ses actes et le faire interner dans un établissement psychiatrique. Dans ce cas, l'idéologie de son action serait alors réduite à néant puisqu'étant l'oeuvre d'un "fou". Il ne passerait alors pas à la postérité et l'on couperait l'herbe sous le pied de son attitude revendicatrice et dénué de tout remord. Et il sombrerait dans l'oubli.
Ce crime, atroce, a déchaîné les passions. D'abord parce que la Norvège est un pays plutôt discret, où ce genre d'éclat est rare. Ensuite à cause de l'idéologie revendiquée par Breivik. Enfin parce que tous les amateurs de sensations fortes et de condamnations faciles voyaient en lui un monstre qu'il fallait condamner à la potence.
C'est ce dernier point qui m'intéresse ici. L'Homme est souvent prompt à condamner ce qui a mis la société en péril, à pointer du doigt celui qui s'est marginalisé, quelle qu'en soit la manière. Depuis les jeux du cirque, à Rome, où les criminels étaient jetés aux fauves, jusqu'à la Révolution, où les royalistes défilaient sur la guillotine, les exécutions capitales ont toujours attiré les foules. Par goût du sang ? Peut-être. Pour embellir d'une macabre distraction son morne quotidien ? Là encore, c'est possible. Ou bien pour se rassurer soi-même sur le fait que l'on n'est pas si mauvais que ça puisque le condamné, lui, est sous le joug du bourreau ? Plus probable.
Car l'Homme a trop tendance à oublier que le monde ne peut être que le Bien. Le Mal existe pourtant. Bel et bien. Il est nécessaire. Et il cohabite en chacun de nous. Qui n'a jamais succombé à la tentation de franchir la ligne jaune ? Même pour une peccadille ? Personne ! Et c'est bien là le noeud du problème. Nous sommes tous des délinquants ou des criminels en puissance ! 
Dans son excellent ouvrage, La Part de l'autre, Eric-Emmanuel Schmitt nous montre, par le biais d'une fiction, ce qu'aurait pu être la vie de Hitler, et donc celle de dizaines de millions de personnes, si il avait été admis à l'Ecole des Beaux-Arts de Vienne. Comme pour nous montrer que nous tenons tous sur un fil, et qu'il suffit parfois d'un faible courant d'air pour nous faire basculer du bon ou du mauvais côté. 
De plus, on oublie trop souvent la nécessité du Mal. Celui-ci peut avoir une visée utilitariste : le meurtre d'une personne qui peut en sauver plusieurs autres, l'usage de la torture pour contrecarrer une menace terroriste imminente, etc. Et puis, le Mal existe-t-il vraiment ? Ou bien, comme le pense Nietzsche, n'est-il que l'invention des faibles d'esprit pour trouver un responsable à n'importe quel prix, et fermer les yeux sur la dure réalité, crue et sans fard ? Dans la même lignée, Spinoza estime qu'il n'y a ni bien ni mal, simplement une interprétation d'un fait selon le point de vue subjectif de chacun. 
Au-delà de ça, l'utilité du Mal est de générer un bienfait pour la suite, de nous faire progresser, de nous faire réfléchir sur nous-mêmes. Et non bêtement, stupidement, comme dans le cas de la peine de mort où le Mal est alors purement et simplement institutionnalisé, rabaissant ses commanditaires à être les sordides égaux de ceux que nous condamnons.
Ceci étant, il est donc une conclusion dans cette triste affaire : le crime de Breivik est affreux, certes. Mais on peut lui voir, a posteriori, un bienfait : l'un d'entre eux, par exemple, c'est d'attirer notre attention sur le fait que, nulle part dans le monde, nous ne sommes à l'abri de la violence et qu'il nous appartient d'être vigilant sur la question. D'autre part, ce terrible fait divers montre aussi qu'en chacun de nous la bête haineuse, immonde, peut se réveiller au point de nous faire basculer au-delà du point de non-retour.