mardi 3 juillet 2012

Football : l'arrêt Bosman m'a tuer

Bonjour à tous !

Cela ne vous aura pas échappé, tant l'événement aura fait la Une de toutes les gazettes, l'Espagne est donc rentrée dans la cour des très grands Dimanche dernier. La Furia Roja (enfin un surnom d'équipe original !) est en effet devenue la première équipe à réaliser le triplé Euro-Coupe du Monde-Euro, devenant au passage la première équipe à conserver son titre acquis lors du précédent Euro. La RFA de Beckenbauer, la France de Platini ou les Pays-Bas de Van Basten avaient tous échoué.
Quelles sont les raisons de ce succès ? Au-delà d'une politique de formation très louable basée sur la formation de petits gabarits à l'endurance et à la technique au-dessus du lot, on peut déjà remarquer que l'essentiel de l'effectif titulaire joue au Barça et y a été formé (Piqué, Busquets, Xavi, Iniesta, Fabregas notamment). On notera aussi l'excellent travail du sous-médiatisé Del Bosque, premier entraîneur à réaliser le triplé Ligue des Champions (ce qui ne l'avait pas empêché de se faire virer par le Real Madrid !), Coupe du Monde, Euro. On notera notamment qu'à l'inverse d'un Aimé Jacquet qui est parti sur un succès, Del Bosque, lui, a eu le courage de rester et de remettre en question sa tactique de jeu. Avec le succès qu'on lui connaît aujourd'hui.
Finies, également, les querelles internes entre Madrilènes et Catalans : tout le monde joue dans le même sens pour le bien de l'équipe, à l'image du duo Ramos-Piqué qui ne s'apprécie pourtant pas outre mesure.
Ce succès est bien entendu à mettre en perspective avec le relatif échec de l'Equipe de France ou de celui des Pays-Bas. Deux équipes traditionnellement placées dans les hautes sphères du foot international et qui ont peiné durant cet Euro. On évitera ici de s'attarder sur les raisons morales, psychologiques voire éducatives de cet échec pour s'intéresser à un autre facteur : ce sont deux équipes dont la majeure partie de l'effectif joue à l'étranger, victimes du pillage incessant des grands clubs espagnols, anglais ou italiens depuis le début de l'arrêt Bosman.
Ce dernier facilite la libre circulation des joueurs dans l'Union Européenne, fragilisant les pays formateurs dénués de moyens substantiels pour conserver leurs pépites pour le plus grand bénéfice des prédateurs, mieux armés financièrement. Le Real Madrid, Manchester City ou l'Inter Milan sont, et la liste n'est pas exhaustive, des spécialistes de l'exercice. Alors que l'Italie, l'Allemagne, l'Espagne et, dans une moindre mesure, le Portugal comptent 75% de leur effectif issus du championnat national, il s'avère que pour la France et les Pays-Bas, la donne est différente.
Ce qui avait fait à l'époque le succès de l'équipe de France sous l'ère Jacquet s'avère aujourd'hui un échec retentissant. Pourquoi ? Parce qu'à l'époque seuls les excellents joueurs partaient à l'étranger, souvent à 25-26 ans, après avoir effectué déjà une belle carrière dans l'Hexagone. Partir à l'étranger leur apportait une réelle bonification car ils étaient armés pour cela. Alors que maintenant, il suffit d'avoir réalisé 3 ou 4 bons matchs d'affilée pour se retrouver sous l'oeil des recruteurs étrangers et quitter la patrie parfois à 18, 19 ou 20 ans !
Comment voulez-vous que, par la suite, ces gamins, surpayés par rapport à leur vraie valeur, qui se retrouvent avec le maillot d'un pays dont ils ont depuis longtemps oublié les us et coutumes, se reconnaissent dans l'intérêt supérieur de la sélection nationale ? Les Pays-Bas avec Robben, la France avec Nasri, sont deux pays qui sont devenus des éleveurs de mercenaires pour des clubs sans scrupules. 
Longtemps les Brésiliens ont été également victimes de ce pillage. Mais le renouveau économique du pays permet à ses clubs d'avoir de meilleurs arguments pour retenir ses plus grands joueurs, comme Neymar ou Ganso. 
L'autre effet pervers, c'est bien entendu la bulle spéculative qui entoure le monde du ballon rond : de plus en plus de clubs se sont endettés pour payer des indemnités de transfert et des salaires toujours plus élevés à toujours plus de joueurs qui étaient pour la plupart juste bons, et non exceptionnels. Du coup, à l'aune du fair-play financier voulu par Platini (qui aura enfin eu une bonne idée !), de nombreux clubs se retrouvent sous le coup de lourdes sanctions. Il est plus que temps que le football recouvre la raison pour ne pas scier la branche sur laquelle il est assis. Des mesures simples comme l'obligation de disposer dans son effectif professionnel de 50% de joueurs formés au club et de 80% de joueurs sélectionnables pour la sélection nationale du championnat dans lequel ils évoluent seraient des mesures de bon sens permettant l'instauration d'un système gagnant-gagnant entre les clubs et les équipes nationales. Cela permettrait aussi aux supporters de s'identifier à nouveau aux joueurs de leurs clubs. Un salary cap, adapté du modèle existant dans le sport américain, pourrait aussi voir le jour. Ramenons le ballon rond dans le droit chemin pour qu'il redevienne un spectacle divertissant et populaire.
Sinon, comme dans le domaine économique, la mondialisation et l'Europe auront eu raison du sport le plus populaire du monde !

Crédit photo : Panoramic

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