mardi 17 juillet 2012

Nouveaux droits pour les homosexuels en 2013 : une vraie fausse bonne idée

Bonjour à tous !

Après m'être octroyé une semaine de repos bien méritée me voici de retour, plus déterminé que jamais à faire entendre ma voix discordante, amis lecteurs.
C'est l'une des infos de ces derniers jours, la Majorité entend, à compter de 2013, légaliser le mariage des couples homosexuels et, par extension, leur ouvrir le droit à l'adoption.
A première vue, c'est parfait, tout le monde est content : justice et égalité pour tous, victoire ! Que la Gauche est belle, etc, etc
Evidemment, les médias s'emparent de l'affaire en présentant des portraits d'enfants ayant grandi au sein de foyers homoparentaux et s'affirmant sains, équilibrés, ouverts d'esprits et fiers de leur différence.
Sauf que les médias, tout enamourés de notre cher François Hollande et de sa clique, oublient très consciencieusement de nous présenter des enfants ayant été élevés dans les mêmes conditions mais qui, eux, l'ont très mal vécu ! On nous vend le verre à moitié plein pour nous faire avaler cette belle couleuvre.
D'abord, pourquoi agir de la sorte ? Pour deux raisons : 
-la première, c'est qu'il convient, dans la bobosphère parisienne, de présenter l'équipe gouvernementale actuelle comme juste, humaine et pleine de compassion par opposition à l'équipe précédente, honnie comme rarement un gouvernement et son président l'auront été dans l'histoire de notre pays. Si demain Ayrault proposait une loi pour qu'on marche sur les mains ou pour que les hommes urinent assis (la Suède envisage d'ailleurs sérieusement de légiférer sur ce dernier point...), tout le monde applaudira, les experts viendront sur les plateaux télé vous expliquer pourquoi ce sont de bonnes décisions et pourquoi il serait inconvenant et outrancier d'être en désaccord avec ces dernières, montrant alors l'étendue de l'ignorance et de l'intolérance des opposants ;
-la seconde c'est que le tableau économique n'est pas rose. Hollande ne pourra rien faire pour changer cela et il le sait, puisque tout se décide à Bruxelles et Berlin. Alors il propose des mesurettes symboliques pour rendre la situation plus digeste.
Mais revenons à nos moutons. Quelles conséquences cette légalisation peut-elle avoir sur notre société ? D'abord, elle mettrait par terre l'un des fondements de notre République. Qu'on le veuille ou non, la France est une république laïque s'appuyant sur des textes et des lois. Entre autres textes figure le Code Civil napoléonien (21 Mars 1804) qui présente le mariage hétérosexuel comme le fondement de la famille. Petit rappel de biologie au passage : pour faire un enfant, quelle que soit l'espèce, il faut un représentant du sexe femelle et un représentant du sexe mâle. Autrement, ça ne peut fonctionner, la nature est ainsi faite. Doit-on taxer la nature d'homophobie ?
Certes, les homosexuels n'ont pas choisi leur préférence sexuelle, je l'entends bien et je le respecte. Mais ils doivent aussi respecter les lois immuables de la nature et de la République. Ces lois sont indépassables, ça peut paraître cruel ou injuste mais c'est ainsi. Le mieux est de l'accepter.
Par ailleurs, seul un petit groupe des homosexuels souhaite ardemment le mariage. Après tout, le PACS a été créé exprès pour eux en 1999, ex nihilo. Or on s'aperçoit, statistiques à l'appui, que ce sont surtout les couples hétérosexuels qui se pacsent, non les couples homosexuels.
Et puis, plutôt que de chercher à tout prix à vouloir autoriser le mariage pour tous, on ferait mieux de lutter contre le divorce des hétérosexuels, fléau sociétal s'il en est. Mais de cela, personne n'en parle et tout le monde s'en fiche. Dommage...
Autre conséquence, l'autorisation d'adopter pour ces couples : lorsque l'on voit la difficulté pour un couple hétérosexuel de le faire, on se dit que l'adoption en général sera encore plus ardue, car il y aura alors toujours plus de candidats pour le même nombre d'enfants. Ce seront donc les plus fortunés qui l'emporteront, créant une atmosphère malsaine autour de l'enfant, faisant de lui une marchandise. Statut renforcé lorsque les couples homosexuels qui ne pourront adopter se tourneront vers le marché de la procréation médicalement assistée ou de la mère porteuse. A force de vouloir faire plaisir à tout le monde au nom de la sacro-sainte égalité, on finit par permettre la prolifération d'horreurs comme la marchandisation des enfants et les trafics illégaux que cela peut alors générer. Mais cela on n'y pense pas, on préfère évidemment satisfaire des désirs égoïstes.
Et pendant que je vous écris, on ne fait toujours rien dans notre beau pays pour lutter contre les discriminations faites envers les handicapés ou les personnes souffrant d'obésité. Pour le coup, ces personnes sont clairement ostracisées et rien n'est fait pour leur faciliter la vie.
Mais tout le monde s'en fiche, ils n'ont probablement pas de lobbies aussi puissants et aussi riches (en termes de voix et en termes d'écus sonnants et trébuchants) que les homos. Oups, aurais-je fauté ? Serais-je allé trop loin ? Hérétique que je suis...

jeudi 5 juillet 2012

Economie : le Gouvernement Ayrault et la quadrature du cercle budgétaire

Jean-Marc Ayrault à la tribune de 
l'Assemblée Nationale

Bonjour à tous !

Ca y est, le Premier Ministre a déclamé son discours de politique générale. Une longue litanie d'efforts à produire, de réformes de société à mettre en travaux, etc. Outre que le personnage n'a pas le charisme d'un Churchill (mais ce n'est pas pour ça que Matignon lui a été confié), il a du mal à convaincre.  Beaucoup de mal, même. D'ailleurs l'extrême gauche s'est abstenu de lui voter sa confiance au moment du vote qui, traditionnellement, suit le discours. 
Pourquoi cette défiance ? D'abord, parce qu'il faut appeler un chat un chat : la politique économique qui va être mise en place est une politique de rigueur. Le problème, c'est que le gouvernement actuel a autant de mal à prononcer ce mot que l'équipe précédente. Ce qui a fini par lui coûter cher. Passe encore. Mais pour le Front de Gauche, ce qui ne passe pas, c'est qu'en 1981, il y avait d'abord eu une politique de relance avant le tournant de la rigueur de 1983. Petite nuance toutefois : il y avait des ministres communistes dans le gouvernement de l'époque. Qui plus est, la situation économique d'il y a trente ans, bien que morose, n'était pas aussi dégradée qu'aujourd'hui.
Et puis, il s'agit de s'attarder sur la politique budgétaire de l'année à venir plus en détails. Au programme : hausse d'impôts, règle d'or et tutti quanti. 
La hausse d'impôts d'abord : une contribution exceptionnelle de l'ISF de 2.3 Mds d'euros va être levée cette année. Cette mesure va devoir subir un tour de passe-passe juridique pour éviter d'être déclarée anticonstitutionnelle (car on ne peut pas faire payer deux fois le même impôt dans la même année !). Formidable, me direz-vous cependant, on taxe les plus riches et on épargne les plus modestes. Tel Robin des Bois, notre Premier Ministre est le Ayrault des temps modernes. Que nenni, mes bons amis, hélas ! Si cela avait été si simple, cela se saurait. Car Matignon ignore sciemment un point de détail qui a pourtant toute son importance : dans un monde comme celui d'aujourd'hui, ouvert comme jamais depuis la signature de l'accord de Schengen (mis en oeuvre par Mitterrand, rappelez-vous, c'était en 1986...), les biens, les personnes mais aussi les finances peuvent facilement s'exiler et s'expatrier vers le moins-disant fiscal. Lorsqu'il y a quelques jours, le Premier Ministre britannique, David Cameron, a déclaré vouloir dérouler le tapis rouge aux Français voulant fuir la trop lourde imposition de notre pays, il a exactement mis le doigt là où ça fait mal : aujourd'hui, les pays de l'UE, loin de se serrer les coudes, se tirent la bourre et se concurrencent. Pourquoi tant de haine me demanderez-vous ? Mais parce qu'il n'y a pas de nation européenne, qu'il n'y en a jamais et eu et qu'il n'y en aura jamais. Déjà à l'époque, il y a de cela 2000 ans et avec bien moins d'habitants qu'aujourd'hui, Rome avait échoué à unifier l'Europe, malgré sa puissance militaire. Napoléon s'y était cassé les dents de la même façon. Alors aujourd'hui, sans armée mais simplement par le biais de la diplomatie, pensez donc ! Entre la chute du Mur, qui a mis à jour les économies à la fois fragiles et voraces d'Europe de l'Est, la zone méditerranéenne qui vit au-dessus de ses moyens en "oubliant" de régler ses impôts et en perdant toute son industrie, et une Europe du Nord à la vertu rigoureuse digne des plus puritains des Calvinistes, ça ne peut pas marcher ! 
Bref, la hausse des impôts (et je ne parle même pas de la fameuse et ridicule tranche des 75%) va entraîner un exode fiscal massif des particuliers et des entrepreneurs que le pouvoir en place ne pourra que constater. 
Quant à la règle d'or budgétaire, Hollande a fini par se la faire imposer par Merkel en échange d'un volet sur la croissance dans le pacte de stabilité européen du 37e sommet de la dernière chance. Il est important ici de faire une analyse sémantique pointue : d'abord, la règle d'or, Hollande et le PS n'en voulaient pas quand Sarkozy l'évoquait. En plus, si le Président songeait à l'inscrire dans la Constitution, comme le souhaiterait l'Allemagne, il n'aurait que deux solutions : soit la majorité des 3/5e du Parlement réuni en Congrès, ce qui n'est pas le cas. L'UMP pourrait voter pour mais, évidemment, on peut compter sur eux pour savonner la planche des Socialistes. Soit recourir à un référendum. Problème : après avoir perdu la souveraineté sur sa monnaie, il serait alors question pour la France de perdre la souveraineté sur son budget. Et on sait qu'en matière de souveraineté, les Français sont, heureusement et n'en déplaise à ses gouvernants, plutôt tatillons, comme en témoigne le "Non" au Référendum de 2005. Voilà notre bon président dans une impasse normale.
Quant à la croissance inscrite dans ce fameux pacte, qu'est-ce là ? Bien évidemment pas une relance keynésienne à coups de milliards, mais plutôt une croissance à l'anglo-saxonne à base de déréglementation du droit du travail, baisse des charges sociales et précarité accrue pour les salariés. Oh, bien sûr, vous objecterez sûrement doctement, et non sans raison, qu'il a été question de 120 Mds d'euros de provision pour la croissance. Mais cette somme avait déjà été prévue sur un autre poste du budget européen : on a donc déshabillé Pierre pour habiller Paul. Habile enfumage !
Il est grand temps que le PS réfléchisse à une meilleure solution que la simple hausse d'impôts ou autres mesures contre-productives, comme le fait de fiscaliser à nouveau les heures supplémentaires, dispositif particulièrement favorable aux ouvriers. Mais il est vrai que cela fait bien longtemps qu'un élu socialiste ne sait plus à quoi ressemble un ouvrier.
Fort heureusement, le preux chevalier Montebourg est là pour défendre les derniers vestiges de l'industrie française. Lui qui est un chantre de la démondialisation n'a pas fini d'avaler des couleuvres. 
Mais puisqu'on vous dit que tout ceci est normal.... !!!!

Crédits photo : Philippe WOJAZER/REUTERS

mardi 3 juillet 2012

Football : l'arrêt Bosman m'a tuer

Bonjour à tous !

Cela ne vous aura pas échappé, tant l'événement aura fait la Une de toutes les gazettes, l'Espagne est donc rentrée dans la cour des très grands Dimanche dernier. La Furia Roja (enfin un surnom d'équipe original !) est en effet devenue la première équipe à réaliser le triplé Euro-Coupe du Monde-Euro, devenant au passage la première équipe à conserver son titre acquis lors du précédent Euro. La RFA de Beckenbauer, la France de Platini ou les Pays-Bas de Van Basten avaient tous échoué.
Quelles sont les raisons de ce succès ? Au-delà d'une politique de formation très louable basée sur la formation de petits gabarits à l'endurance et à la technique au-dessus du lot, on peut déjà remarquer que l'essentiel de l'effectif titulaire joue au Barça et y a été formé (Piqué, Busquets, Xavi, Iniesta, Fabregas notamment). On notera aussi l'excellent travail du sous-médiatisé Del Bosque, premier entraîneur à réaliser le triplé Ligue des Champions (ce qui ne l'avait pas empêché de se faire virer par le Real Madrid !), Coupe du Monde, Euro. On notera notamment qu'à l'inverse d'un Aimé Jacquet qui est parti sur un succès, Del Bosque, lui, a eu le courage de rester et de remettre en question sa tactique de jeu. Avec le succès qu'on lui connaît aujourd'hui.
Finies, également, les querelles internes entre Madrilènes et Catalans : tout le monde joue dans le même sens pour le bien de l'équipe, à l'image du duo Ramos-Piqué qui ne s'apprécie pourtant pas outre mesure.
Ce succès est bien entendu à mettre en perspective avec le relatif échec de l'Equipe de France ou de celui des Pays-Bas. Deux équipes traditionnellement placées dans les hautes sphères du foot international et qui ont peiné durant cet Euro. On évitera ici de s'attarder sur les raisons morales, psychologiques voire éducatives de cet échec pour s'intéresser à un autre facteur : ce sont deux équipes dont la majeure partie de l'effectif joue à l'étranger, victimes du pillage incessant des grands clubs espagnols, anglais ou italiens depuis le début de l'arrêt Bosman.
Ce dernier facilite la libre circulation des joueurs dans l'Union Européenne, fragilisant les pays formateurs dénués de moyens substantiels pour conserver leurs pépites pour le plus grand bénéfice des prédateurs, mieux armés financièrement. Le Real Madrid, Manchester City ou l'Inter Milan sont, et la liste n'est pas exhaustive, des spécialistes de l'exercice. Alors que l'Italie, l'Allemagne, l'Espagne et, dans une moindre mesure, le Portugal comptent 75% de leur effectif issus du championnat national, il s'avère que pour la France et les Pays-Bas, la donne est différente.
Ce qui avait fait à l'époque le succès de l'équipe de France sous l'ère Jacquet s'avère aujourd'hui un échec retentissant. Pourquoi ? Parce qu'à l'époque seuls les excellents joueurs partaient à l'étranger, souvent à 25-26 ans, après avoir effectué déjà une belle carrière dans l'Hexagone. Partir à l'étranger leur apportait une réelle bonification car ils étaient armés pour cela. Alors que maintenant, il suffit d'avoir réalisé 3 ou 4 bons matchs d'affilée pour se retrouver sous l'oeil des recruteurs étrangers et quitter la patrie parfois à 18, 19 ou 20 ans !
Comment voulez-vous que, par la suite, ces gamins, surpayés par rapport à leur vraie valeur, qui se retrouvent avec le maillot d'un pays dont ils ont depuis longtemps oublié les us et coutumes, se reconnaissent dans l'intérêt supérieur de la sélection nationale ? Les Pays-Bas avec Robben, la France avec Nasri, sont deux pays qui sont devenus des éleveurs de mercenaires pour des clubs sans scrupules. 
Longtemps les Brésiliens ont été également victimes de ce pillage. Mais le renouveau économique du pays permet à ses clubs d'avoir de meilleurs arguments pour retenir ses plus grands joueurs, comme Neymar ou Ganso. 
L'autre effet pervers, c'est bien entendu la bulle spéculative qui entoure le monde du ballon rond : de plus en plus de clubs se sont endettés pour payer des indemnités de transfert et des salaires toujours plus élevés à toujours plus de joueurs qui étaient pour la plupart juste bons, et non exceptionnels. Du coup, à l'aune du fair-play financier voulu par Platini (qui aura enfin eu une bonne idée !), de nombreux clubs se retrouvent sous le coup de lourdes sanctions. Il est plus que temps que le football recouvre la raison pour ne pas scier la branche sur laquelle il est assis. Des mesures simples comme l'obligation de disposer dans son effectif professionnel de 50% de joueurs formés au club et de 80% de joueurs sélectionnables pour la sélection nationale du championnat dans lequel ils évoluent seraient des mesures de bon sens permettant l'instauration d'un système gagnant-gagnant entre les clubs et les équipes nationales. Cela permettrait aussi aux supporters de s'identifier à nouveau aux joueurs de leurs clubs. Un salary cap, adapté du modèle existant dans le sport américain, pourrait aussi voir le jour. Ramenons le ballon rond dans le droit chemin pour qu'il redevienne un spectacle divertissant et populaire.
Sinon, comme dans le domaine économique, la mondialisation et l'Europe auront eu raison du sport le plus populaire du monde !

Crédit photo : Panoramic

jeudi 28 juin 2012

Scrutin proportionnel : une bonne idée ?



Bonjour à tous !

Le post du jour aborde les différents angles à envisager si l'on passait, dans cinq ans, à un scrutin proportionnel pour les élections législatives.
Sans surprise, ce sont les partis minoritaires (FN, Verts, Front de Gauche) qui y sont le plus favorables.
Dans le système actuel, le scrutin est uninominal majoritaire à deux tours. Pour passer au second tour, il faut obtenir 12.5% des inscrits. Ce qui entraîne donc parfois des triangulaires ou, plus rarement, des quadrangulaires.
Dans le cas d'un scrutin proportionnel, on passerait alors nécessairement à un scrutin de listes (comme pour les Municipales et les Européennes), et chaque parti obtiendrait autant de places qu'autorisées par son nombre de voix.
Ci-dessus, j'ai affiché un diagramme montrant ce qui aurait pu résulter des dernières Législatives si ce scrutin s'était déroulé à la proportionnelle (source Le Figaro). Attention : il ne s'agit là que d'une projection hypothétique car alors, rien ne nous garantit que les électeurs auraient voté de la même façon, et que l'abstention aurait été moindre, ou supérieure.
Néanmoins, si l'on s'attache à l'interprétation brute du document, on constate que la proportionnelle aurait été fatale au PS, tandis que l'UMP n'aurait perdu que 5 sièges par rapport au type de scrutin actuel. On remarque aussi que le Front de Gauche aurait triplé son nombre de sièges, mais surtout que le FN aurait obtenu la bagatelle de 85 députés ! Il serait alors devenu la 3e force politique parlementaire, et il aurait été difficile de passer outre des tractations avec lui dans l'optique de constituer un gouvernement.
Rappelons également que le scrutin proportionnel avait été utilisé une seule fois : c'était en 1986. A cette époque, Mitterrand savait que les Législatives étaient perdues : il avait donc eu l'idée, afin de couper autant que possible l'herbe sous le pied du RPR, d'instaurer la proportionnelle. Résultat : 35 députés FN avaient été élus. Evidemment, Chirac, sitôt sa victoire assurée et son poste à Matignon obtenu, s'était empressé de revenir au système majoritaire. Il est savoureux de voir que les donneurs de leçon du PS, qui poussent de grands cris chaque fois que l'UMP prononce le mot "FN", sont ceux qui ont permis à ce parti d'obtenir sa plus grande visibilité politique, il y a de cela 26 ans. En politique plus qu'ailleurs, il est bon d'avoir la mémoire courte !
Que conclure ? Eh bien, la chose la plus importante à garder à l'esprit est que ce système proportionnel, à première vue plus vertueux parce que plus démocratique, serait aussi source d'une plus grande instabilité gouvernementale. Certes, le scrutin majoritaire renforce le bipartisme, mais il a le mérite d'assurer une stabilité politique et encourage alors les petits partis à passer des alliances avec les grands partis afin d'exister au Palais Bourbon. Si le Front de Gauche et le Front National veulent se faire entendre, ils seraient bien inspirés de faire comme les Verts du malin et retors Jean-Vincent Placé, qui ne s'est pas gêné pour conclure un accord particulièrement avantageux pour son parti avant même les Présidentielles. Résultat, ce parti qui n'a fait que 2% en Avril se retrouve aujourd'hui avec 17 députés et des présidences de commission.
Vouloir garder son indépendance d'esprit est noble mais, en l'occurrence, le manque de scrupules s'avère ici plus efficace !

lundi 25 juin 2012

Que retenir du procès Breivik ?



Friedrich Wilhelm Nietzsche (1844-1900)


Bonjour à tous !

Comme vous le savez sans doute, se déroule en ce moment le procès d'Anders Breivik. Le 22 Juillet 2011, celui-ci, pour des raisons idéologiques qui n'appartiennent qu'à lui, tue 69 personnes sur l'île d'Utoeya. Deux heures auparavant, il avait fait exploser une bombe à Oslo.
En Norvège, deux points de vue s'opposent : soit le reconnaître pénalement responsable et l'incarcérer pour 21 ans (et le maintenir emprisonné par la suite aussi longtemps qu'il sera jugé dangereux pour la société) ; soit le déclarer non-responsable de ses actes et le faire interner dans un établissement psychiatrique. Dans ce cas, l'idéologie de son action serait alors réduite à néant puisqu'étant l'oeuvre d'un "fou". Il ne passerait alors pas à la postérité et l'on couperait l'herbe sous le pied de son attitude revendicatrice et dénué de tout remord. Et il sombrerait dans l'oubli.
Ce crime, atroce, a déchaîné les passions. D'abord parce que la Norvège est un pays plutôt discret, où ce genre d'éclat est rare. Ensuite à cause de l'idéologie revendiquée par Breivik. Enfin parce que tous les amateurs de sensations fortes et de condamnations faciles voyaient en lui un monstre qu'il fallait condamner à la potence.
C'est ce dernier point qui m'intéresse ici. L'Homme est souvent prompt à condamner ce qui a mis la société en péril, à pointer du doigt celui qui s'est marginalisé, quelle qu'en soit la manière. Depuis les jeux du cirque, à Rome, où les criminels étaient jetés aux fauves, jusqu'à la Révolution, où les royalistes défilaient sur la guillotine, les exécutions capitales ont toujours attiré les foules. Par goût du sang ? Peut-être. Pour embellir d'une macabre distraction son morne quotidien ? Là encore, c'est possible. Ou bien pour se rassurer soi-même sur le fait que l'on n'est pas si mauvais que ça puisque le condamné, lui, est sous le joug du bourreau ? Plus probable.
Car l'Homme a trop tendance à oublier que le monde ne peut être que le Bien. Le Mal existe pourtant. Bel et bien. Il est nécessaire. Et il cohabite en chacun de nous. Qui n'a jamais succombé à la tentation de franchir la ligne jaune ? Même pour une peccadille ? Personne ! Et c'est bien là le noeud du problème. Nous sommes tous des délinquants ou des criminels en puissance ! 
Dans son excellent ouvrage, La Part de l'autre, Eric-Emmanuel Schmitt nous montre, par le biais d'une fiction, ce qu'aurait pu être la vie de Hitler, et donc celle de dizaines de millions de personnes, si il avait été admis à l'Ecole des Beaux-Arts de Vienne. Comme pour nous montrer que nous tenons tous sur un fil, et qu'il suffit parfois d'un faible courant d'air pour nous faire basculer du bon ou du mauvais côté. 
De plus, on oublie trop souvent la nécessité du Mal. Celui-ci peut avoir une visée utilitariste : le meurtre d'une personne qui peut en sauver plusieurs autres, l'usage de la torture pour contrecarrer une menace terroriste imminente, etc. Et puis, le Mal existe-t-il vraiment ? Ou bien, comme le pense Nietzsche, n'est-il que l'invention des faibles d'esprit pour trouver un responsable à n'importe quel prix, et fermer les yeux sur la dure réalité, crue et sans fard ? Dans la même lignée, Spinoza estime qu'il n'y a ni bien ni mal, simplement une interprétation d'un fait selon le point de vue subjectif de chacun. 
Au-delà de ça, l'utilité du Mal est de générer un bienfait pour la suite, de nous faire progresser, de nous faire réfléchir sur nous-mêmes. Et non bêtement, stupidement, comme dans le cas de la peine de mort où le Mal est alors purement et simplement institutionnalisé, rabaissant ses commanditaires à être les sordides égaux de ceux que nous condamnons.
Ceci étant, il est donc une conclusion dans cette triste affaire : le crime de Breivik est affreux, certes. Mais on peut lui voir, a posteriori, un bienfait : l'un d'entre eux, par exemple, c'est d'attirer notre attention sur le fait que, nulle part dans le monde, nous ne sommes à l'abri de la violence et qu'il nous appartient d'être vigilant sur la question. D'autre part, ce terrible fait divers montre aussi qu'en chacun de nous la bête haineuse, immonde, peut se réveiller au point de nous faire basculer au-delà du point de non-retour.

vendredi 22 juin 2012

Le Centre est mort, vive le Centre !

Bonjour à tous !

Cela ne vous aura pas échappé, François Bayrou, et le MoDem, parti qu'il dirige, ont encaissé une sévère défaite aux Présidentielles ainsi qu'aux Législatives. Bayrou, l'homme qui se rêvait à l'Elysée, a failli. Il a perdu son siège de député dans son fief du Béarn. Aujourd'hui il n'est plus rien, et on peut considérer, sans trop s'avancer, que sa carrière politique est derrière lui.
La question est de savoir comment un homme qui a fait plus de 18% au premier tour de la Présidentielle en 2007, ouvertement dragué par la candidate socialiste qualifiée pour le second tour, Ségolène Royal, a pu tomber si bas.
Examinons les faits. D'abord, Bayrou est un homme qui agit seul. Il n'aime pas déléguer et s'est toujours rêvé un destin de sauveur de la patrie, à la façon d'un Général de Gaulle qu'il admire tant (il cite souvent le Conseil National de la Résistance de 1943 comme fondement de son idéologie). L'homme est agréable, intelligent, cultivé, sans doute le plus lettré de sa génération. Il est la personnalité politique des Français. Mais les Français ne sont pas dupes : ils ont cerné l'arrogance du personnage, qui s'estime trop bon pour se plonger dans la nasse de la vulgate politique. Résultat, en 2007, quand Royal fait le pied de grue devant chez lui pour lui proposer Matignon en cas de victoire, il lui oppose une porte close. Quelle ne fut pas son erreur ! Non seulement son parti s'est vu isolé plus que jamais après la victoire de Sarkozy (ses anciens amis du Nouveau Centre et du Parti Radical n'ont pas cessé de le rappeler à l'ordre), mais en plus les Législatives qui suivirent furent, déjà à l'époque, une catastrophe. Il aurait pu alors, il aurait dû, même, accepter la main tendue de Royal et faire exploser le PS : les socio-démocrates et les réalistes tels Valls auraient suivi le mouvement tandis que les plus radicaux, (Aubry ou Hamon), se seraient retrouvé isolés dans une Gauche plus proche du Parti Communiste et incapable de gouverner puisque celui-ci ne fait plus recette. 
Lorsqu'il prit le contrôle de feu l'UDF, Bayrou était alors à la tête d'un parti qui comptait quelques cent députés : aujourd'hui il n'en reste plus que deux. Et il ne fait pas parti du lot. Son entêtement à vouloir se croire plus malin que tout le monde et sa croyance en un monde politique au-delà des clivages ont eu raison de sa détermination. Car la politique, quoi qu'on en dise aujourd'hui, c'est d'abord une opposition intellectuelle et méthodologique. Le monde politique, la démocratie, vivent de l'opposition, de l'affrontement. C'est d'ailleurs pour cela que l'électorat centriste n'existe plus en France. Les citoyens de ce pays ont compris qu'il fallait faire un choix : et ce choix, ils l'ont fait sans lui. Cette année, le FN a récolté 17% aux Présidentielles, 13.5 aux Législatives. Et pourquoi ? Parce que c'est le seul parti, n'en déplaise à certains, qui parle de souveraineté nationale, de sortie de l'Euro et de valeurs, notamment en matière de criminalité. Tout le contraire du MoDem, parti ouvertement pro-européen, militant d'ailleurs pour un fédéralisme accru avec des transferts de souveraineté encore plus massifs vers Bruxelles (comprendre Berlin). Et cela, les Français n'en veulent pas, n'en veulent plus. Ils tiennent à leur pays.  Et ils ont compris que cette Union Européenne toujours plus libérale faisait le jeu des multinationales qui délocalisent leurs emplois à l'envi. Le jour où Bayrou, et les autres tenants d'une Union Européenne qu'il faut maintenir à tout crin en dépit du bon sens (cf l'exemple grec), auront compris cela, alors peut-être que nous pourrons envisager une sortie de crise durable avec une politique à long terme cohérente.
Le plus cruel dans ce châtiment électoral infligé à François Bayrou, c'est qu'en deux jours et quelques coups de téléphone, Jean-Louis Borloo a réussi l'exploit de constituer un groupe parlementaire au sein de l'Assemblée Nationale avec les différentes factions centristes. Sans doute le coup fatal pour François Bayrou. Le Centre s'invente une deuxième vie artificielle, son plus fervent animateur ne peut que rester à quai, et regarder le train partir, sans lui.

Crédits photo : Christophe PETIT TESSON/MaxPPP


lundi 18 juin 2012

Luka Magnotta, triste produit de notre société

Bonjour à tous,

C'est aujourd'hui que le tueur présumé de l'étudiant Lin Jun quitte l'Allemagne pour être extradé vers son pays natal, le Canada.
Rappelons brièvement les faits : dans la nuit du 24 au 25 Mai dernier, à Montréal, Luka Magnotta aurait poignardé la victime susmentionnée dans le coeur à l'aide d'un pic à glace. Puis il l'aurait démembrée et envoyé à différents partis politiques canadiens certains des membres qu'il est accusé d'avoir découpé.
Par ailleurs, Magnotta est tristement connu pour avoir posté de nombreuses vidéos violentes sur la toile, notamment des vidéos mettant en scène de la cruauté envers les animaux.
S'auto-proclamant également star du X (l'ensemble de la "profession" conteste ce point), on en vient à se demander ce qui motivait réellement ce jeune homme de 29 ans.
Pourquoi a-t-il agi de la sorte ? Que recherchait-il ? 
Sa soif de popularité sur la Toile, par les pires moyens possibles, met en lumière une personne fragile, certainement, qui voyait par le biais de la reconnaissance immédiate la possibilité de devenir quelqu'un de reconnu. D'ailleurs, il n'a pas pris toutes les précautions possibles, loin s'en faut, pour échapper à la police lors de sa fuite en Europe. En outre, il ne s'est pas exposé à son extradition. Il y a fort à parier qu'il attende dorénavant son procès comme une tribune où il pourra se mettre en scène.
Si l'on prend un peu de recul, on constate qu'il est en fait la résultante de notre société actuelle, où l'image est mise en avant. C'est la reconnaissance immédiate, la gloriole plus que la gloire, l'argent facile, le "buzz" qui était le Graal de Magnotta. Mais il n'y a pas besoin d'aller jusqu'au Canada pour trouver de tels avatars : en France, les candidats aux différentes émissions de télé-réalité, triste héritage laissé par la société Endemol, se bousculent au portillon. Là aussi, on ne cherche qu'à se faire voir, à montrer ses seins pour ces demoiselles, ou ses biceps pour ces messieurs. Ce qu'on a dans la tête ou dans le coeur est relégué aux oubliettes.
Personnellement, j'ai toujours été étonné, dans un premier temps, que ces émissions soient autorisées par le CSA, d'habitude si propice à sortir la boîte à mauvais points. Et dans un second temps, j'étais abasourdi que ce qui se passe dans ces émissions soit diffusé à des heures de grande écoute.
Oui, mais voilà, les publicités sont très friandes des encarts disponibles pendant ces créneaux, et les audiences de ces programmes sont relativement élevées. Comme le disait Le Lay, ancien président de TF1, "on vend de l'espace de cerveau disponible". Quelle tristesse de constater qu'à côté de cela, des émissions de débats politiques, de reportages ou culturelles soient reléguées le plus souvent en 2e voire en 3e partie de soirée.
La télé-réalité synthétise au fond à elle seule ce qu'est la France aujourd'hui : un pays où l'effort, le travail, le mérite sont relégués au rang de valeurs rétrogrades et réactionnaires.
Si notre société ne reprend pas rapidement ses esprits, nul doute que Magnotta fera des émules...