lundi 18 juin 2012

Luka Magnotta, triste produit de notre société

Bonjour à tous,

C'est aujourd'hui que le tueur présumé de l'étudiant Lin Jun quitte l'Allemagne pour être extradé vers son pays natal, le Canada.
Rappelons brièvement les faits : dans la nuit du 24 au 25 Mai dernier, à Montréal, Luka Magnotta aurait poignardé la victime susmentionnée dans le coeur à l'aide d'un pic à glace. Puis il l'aurait démembrée et envoyé à différents partis politiques canadiens certains des membres qu'il est accusé d'avoir découpé.
Par ailleurs, Magnotta est tristement connu pour avoir posté de nombreuses vidéos violentes sur la toile, notamment des vidéos mettant en scène de la cruauté envers les animaux.
S'auto-proclamant également star du X (l'ensemble de la "profession" conteste ce point), on en vient à se demander ce qui motivait réellement ce jeune homme de 29 ans.
Pourquoi a-t-il agi de la sorte ? Que recherchait-il ? 
Sa soif de popularité sur la Toile, par les pires moyens possibles, met en lumière une personne fragile, certainement, qui voyait par le biais de la reconnaissance immédiate la possibilité de devenir quelqu'un de reconnu. D'ailleurs, il n'a pas pris toutes les précautions possibles, loin s'en faut, pour échapper à la police lors de sa fuite en Europe. En outre, il ne s'est pas exposé à son extradition. Il y a fort à parier qu'il attende dorénavant son procès comme une tribune où il pourra se mettre en scène.
Si l'on prend un peu de recul, on constate qu'il est en fait la résultante de notre société actuelle, où l'image est mise en avant. C'est la reconnaissance immédiate, la gloriole plus que la gloire, l'argent facile, le "buzz" qui était le Graal de Magnotta. Mais il n'y a pas besoin d'aller jusqu'au Canada pour trouver de tels avatars : en France, les candidats aux différentes émissions de télé-réalité, triste héritage laissé par la société Endemol, se bousculent au portillon. Là aussi, on ne cherche qu'à se faire voir, à montrer ses seins pour ces demoiselles, ou ses biceps pour ces messieurs. Ce qu'on a dans la tête ou dans le coeur est relégué aux oubliettes.
Personnellement, j'ai toujours été étonné, dans un premier temps, que ces émissions soient autorisées par le CSA, d'habitude si propice à sortir la boîte à mauvais points. Et dans un second temps, j'étais abasourdi que ce qui se passe dans ces émissions soit diffusé à des heures de grande écoute.
Oui, mais voilà, les publicités sont très friandes des encarts disponibles pendant ces créneaux, et les audiences de ces programmes sont relativement élevées. Comme le disait Le Lay, ancien président de TF1, "on vend de l'espace de cerveau disponible". Quelle tristesse de constater qu'à côté de cela, des émissions de débats politiques, de reportages ou culturelles soient reléguées le plus souvent en 2e voire en 3e partie de soirée.
La télé-réalité synthétise au fond à elle seule ce qu'est la France aujourd'hui : un pays où l'effort, le travail, le mérite sont relégués au rang de valeurs rétrogrades et réactionnaires.
Si notre société ne reprend pas rapidement ses esprits, nul doute que Magnotta fera des émules...

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire