samedi 16 février 2013

Budget européen : non, les nations ne sont pas mortes !

Libre de droits

Bonjour à tous !

Alors que l'histoire du cheval roumain cannibalise l'actualité aux côtés de la démission du Très Saint Père, il s'est déroulé un évènement non moins important la semaine passée : l'accord sur le budget européen pour les 6 années à venir (2014-2020). Fait unique, c'est la première fois que celui-ci est révisé à la baisse !
C'est là que ça devient très intéressant puisque l'on assiste sans doute à un basculement historique. Car après l'Europe franco-allemande qui faisait suite au Traité de l'Elysée signé par De Gaulle et Adenauer, et dont nous célébrons les 50 ans cette année, c'est aujourd'hui une alliance germano-britannique qui semble se former. Pourquoi ? Parce que Merkel et Cameron sont tous les deux d'aspiration libérale, voire ultra-libérale, qu'ils mettent en avant les économies avant les investissements, que Londres se fiche comme d'une guigne que l'Euro soit fort, contentant ainsi Berlin qui ne veut pas entamer les réserves de ses retraités, et que la City sert également de base financière stratégique à la richissime industrie d'Outre-Rhin.
Et puis, surtout, il s'agit d'un retour à l'Histoire. Historiquement, les Allemands et les Anglais ont toujours cherché noise aux Français qu'ils trouvent trop dépensiers, trop étatistes, trop administrés et trop catholiques. Tout le contraire de deux pays protestants pour qui l'argent n'est pas un tabou et est même idolâtré. Rappelons que c'est Max Weber, un sociologue allemand, qui fut le premier à théoriser le lien entre protestantisme et enrichissement des nations. De Gaulle était conscient de cela : il qualifiait d'ailleurs les Anglais de boutiquiers et il voyait juste quand il voulait les empêcher d'entrer dans le marché commun. Car il savait que ce serait faire entrer le loup dans la bergerie. Il n'avait pas tort. Seulement l'anglophile Pompidou n'a pas résisté à la tentation après son arrivée au pouvoir. Et on n'a jamais pu faire plier Londres aux exigences de la construction européenne : Schengen, ils regardent ça d'un oeil lointain, ils ont conservé leur chère Pound et ils ont même poussé l'outrecuidance jusqu'à conserver leur archaïque système métrique, comme pour mieux contenter le cousin américain. 
Car il faut dire que l'attitude anglaise s'explique historiquement par sa position géographique mais aussi dans la constitution de son empire colonial. Elle a toujours été un cheval de Troie de l'Oncle Sam en Europe. Quant à son immense empire colonial - qui s'est construit en grande partie, faut-il le rappeler, par l'éradication pure et simple des populations autochtones (Nlle Zélande, USA, Australie...) - elle le doit à la puissance de sa marine. Rappelons que la flotte anglaise est ainsi la seule à avoir défait l'Invincible Armada espagnole en 1588 sous le règne d'Elisabeth Ie. Elle a également constitué deux gigantesques compagnies marchandes pour rentabiliser a maxima ses colonies : la Compagnie des Indes Orientales et la Compagnie des Indes Occidentales. La France dans tout ça ? Le Continent a toujours eu ses préférences depuis la constitution de l'empire carolingien sous Charlemagne aux VIIIe et IXe siècle. C'est d'ailleurs cette Europe carolingienne, l'Europe des 6, qui fut à l'origine instituée en 1957 par le Traité de Rome. Ce "continentalisme" français fut renforcé et scellé dans la pierre des pyramides avec la défaite de Napoléon lors de sa campagne d'Egypte en 1799, lui fermant alors définitivement l'accès au Moyen-Orient et à la Mer Rouge. 
Ce petit rappel historique montre donc la divergence fondamentale entre deux Europe qui ne peuvent s'entendre et fonder, à terme, une entité supranationale comme le rêvaient Giscard ou Delors. Il y a d'un côté une Europe catholique, étatiste, basée sur de vieilles puissances historiques (la France, l'Espagne et l'Italie) et de l'autre une Europe protestante, libérale, qui raisonne sur une logique de profits et d'enrichissement pour permettre à sa population de se prémunir des aléas de la vie (Allemagne, Angleterre, Bénélux). Vouloir fonder une alliance avec ces pays est voué à l'échec. D'autant que certains pays sont des monarchies, d'autres non. Et puis il y a une autre question qui mérite d'être posée : celle de l'histoire de l'Allemagne, qui nous permet de mieux cerner les intérêts de ce pays. Rappelons que celui-ci n'existe que depuis la Guerre de 1870-71 contre la France de Napoléon III menée par Bismarck. Avant cela il ne s'agissait que d'un conglomérat de principautés. La scission allemande opérée entre 1961 et 1990 a freiné ce pays dans la rédaction de son roman national. Il a donc besoin de se sentir fort pour exister et pour assurer une cohésion à un peuple qui n'a pas une grande histoire commune derrière lui. C'est sans doute à ce titre qu'il fut à l'origine de deux guerres mondiales. Et aujourd'hui, alors que son armée est désormais inexistante, c'est par sa puissance économique couplée à sa légendaire discipline qu'il entend assurer son hégémonie et ainsi, son avenir, qu'il juge par ailleurs très incertain à en juger par la faiblesse de son taux de natalité. Tant pis si il doit écraser les autres et plonger des peuples dans la misère pour arriver à ses fins. Quant à espérer un changement de politique, il est vain d'y croire. Car les mesures économiques libérales qui dirigent aujourd'hui le pays furent mises en place par Gehrard Schröder, pourtant de Gauche (SPD).
Avec toutes ces explications, il n'est donc pas très étonnant qu'Angie grimace depuis que François II est parti guerroyer au Mali. Car elle sait très bien que quand l'économie ne se porte pas bien, le seul autre moyen d'emmener un pays derrière soi, et d'éventuels alliés dans son sillage, c'est au fil de l'épée. Reste à savoir si cette réaction française n'est pas intervenue trop tard pour préserver la crédibilité tricolore...

lundi 11 février 2013

Au nom de l'Amour...

Libre de droits

Bonjour à tous !

Aujourd'hui je me permets de vous inviter à une petite réflexion digressive philosophique sur la place de l'Amour dans notre société (le choix du "A" plutôt que du "a" est ici, vous l'aurez compris, totalement délibéré !) 
Alors que le dernier grand conflit s'est arrêté en 1945, et qu'il s'est ensuivi 45 autres années de peur lorsque l'Ours et le Cowboy se regardaient dans le blanc des yeux, l'Homme (comprenez l'espèce humaine dans sa globalité) s'est légitimement posé la question de savoir ce qui pouvait l'amener à autant de violence, de brutalité, de haine envers autrui. On a alors procédé par raccourcis, dans l'urgence, sans demander à sa pensée de s'inscrire en quatre dimensions, à se projeter dans l'avenir. Deux choses en furent décidées, une bonne fois pour toutes, deux paradigmes qui furent consacrés par le mouvement contestataire des années 60-70 : 1-tous les êtres humains doivent être égaux à tous les niveaux (et sus au méchant capitaliste américain !) et 2-on doit aimer son prochain même si il nous cause les pires ennuis (et sus au nazisme honni !) Voilà comment, en deux coups de cuillère à pot, on venait de régler son compte au capitalisme et au fascisme. Trop facile. Ou presque....
Vous trouvez ce raisonnement simpliste ? Ouvrez et lisez, au hasard, Les Inrockuptibles, Télérama, Le Monde, Libération, Le Nouvel Obs... Quand vous aurez fini de les éplucher, vous vous rendrez compte que cela fait des années qu'on nous bourre le mou avec des sentiments mièvres, de l'égalitarisme de bas étage, du raisonnement à la petite semaine et, plus grave, avec des anathèmes prononcés sans discernement contre tel ou tel penseur, idéologue, savant qui sortirait un tant soit peu du moule ! Vous voulez des exemples ? Regardez ce qui s'est passé pendant le "Printemps arabe" qui a eu tôt fait de se transformer en hiver islamiste : soit vous souteniez les révolutionnaires, soit vous étiez rétrograde et raciste, sous-entendant, par votre scepticisme, que la démocratie, c'est pas pour les Arabes (copyright Elisabeth Lévy). Vous vous interrogez sur les tenants et les aboutissants du mariage gay ? On vous tourne en ridicule, vous qualifie de catho (même si vous ne l'êtes pas) extrémiste et d'homophobe (même si vous êtes homo, Bongibault et Duteurtre en savent quelque chose). Et quand vous dites que vous craignez, à terme, la légalisation de la PMA, pour les lesbiennes, et de la GPA, on vous répond que ce n'est pas le sujet et que vous affolez les foules pour rien (alors même que Mme Taubira délivre une circulaire indiquant clairement le contraire et que, avec la bonne mémoire qui vous caractérise, vous vous souvenez du gros mensonge de Mme Guigou qui avait juré ses grands dieux en 98 que le PACS ne mènerait pas au mariage gay). 
Et les sujets "sensibles" sont légions, le plus fameux étant sans aucun doute la fameuse droitisation supposée de l'UMP. Alors que n'importe quel politologue un peu honnête sait pertinemment qu'il s'agit d'un retour aux fondamentaux du gaullisme (cf 1990 et la scission entre Pasqua-Séguin d'un côté, Chirac, Juppé, Sarko de l'autre). Mais bon, la presse de Gauche (c'est-à-dire la presse française dans sa quasi-intégralité) n'aime pas beaucoup le Général. Il faut rappeler qu'elle n'a pas aimé se prendre des leçons de Résistance pendant que ses idoles communistes se révélaient de fieffés collabos pendant la 2e Guerre Mondiale.
J'ai déjà eu l'occasion d'exprimer ici ce que je pensais de l'amour, et de la notion très subjective de Bien et de Mal, dans mes billets sur Magnotta et Breivik, notamment. L'être humain est un animal comme un autre qui a la grande chance de pouvoir rationaliser et raisonner son instinct. Mais pas toujours. Pourquoi ? C'est un mystère. Néanmoins, empiriquement, cela demeure une nécessité. Car l'obscurité la plus sombre rend toujours plus éclatante la plus faible des lumières. Il n'y a pas de dualité Bien/Mal, les deux se complètent pour nous faire avancer, progresser, nous amener à transgresser l'acquis, à le questionner et à, finalement, progresser. On a déjà réfléchi à la façon d'éradiquer le Mal, on y arrivera jamais : c'est une soupape de sécurité, un signal d'alarme utile qu'il faut écouter plutôt que combattre, sans discernement.
Et quand je parle de manque de discernement, jugez plutôt : je considère qu'il y a là main basse, dans une discrétion plus ou moins efficace, d'un lobby féministe pour inverser les codes de la société jusqu'à l'absurde. Je vous renvoie au fameux épisode de l'école maternelle dont on devrait changer l'appellation. Pendant des siècles, les femmes se sont senties, sans doute à juste titre, soumises aux hommes, à leur violence, leur colère. En faisant ce raisonnement, on notera qu'elles oublient, volontairement ou non, que l'homme devait faire face à ses propres responsabilités et que les hommes n'étaient sans doute pas tous des salauds, loin s'en faut. Toutefois, la 2e Guerre Mondiale a marqué un "point Godwin" dans la violence qui, il faut bien le dire, est une manifestation peu reluisante de la virilité. La société qui, comme en 1918, s'est dit "plus jamais ça" a laissé libre champ aux femmes pour prendre le pouvoir : on a opposé alors la douceur à la violence, le consensus et le dialogue aux prises de décisions tranchées et ainsi de suite. Mais cela ne pouvait pas fonctionner si l'homme conservait son essence, à savoir sa virilité. Et peu importait si il était désormais en mesure de la contrôler ou non. On l'émasculait, symboliquement du moins. On a donc décidé de procéder à l'indifférenciation des êtres. L'homme devait ressembler à la femme pour que le stratagème soit pleinement efficace. La théorie des genres importée par Simone de Beauvoir en fut le cheval de Troie. Et petit à petit s'est mise en place une société pacifiée par la force (un comble !), encore une fois sous peine d'anathème. Désormais, les hommes s'épilent, se mettent de la crème, partagent les tâches ménagères, se lèvent la nuit pour calmer le petit, vont aux réunions parents-profs... Consciente de cela, la société de consommation a décidé de réagir pour susciter le désir chez cet homme qui n'en est plus un. Pour le faire bander à nouveau, on sexualise les campagnes de pub, on met des femmes nues partout. Le comble du glauque et du morbide. L'évolution inquiétante de la pornographie est un autre indice. Finie l'époque du libertinage gentiment transgressif à la Brigitte Lahaie. Place au gonzo le plus violent et le plus macabre possible, comme si les jeunes garçons, qui en sont friands, cherchaient à reprendre le dessus sur des filles toujours plus inaccessibles, intransigeantes. Tout ça, finalement, pour que les femmes puissent, elles aussi, goûter aux délices de l'exploitation au travail et en découvrent toute l'amertume : le temps partiel, la discrimination à l'embauche, la rémunération moindre par rapport à leurs collègues masculins et, bien entendu, les drames sociaux qui s'ensuivent : fermetures d'usine, licenciements de masse, chômage. 
Comprenons bien ici qu'il ne s'agit pas de dire que les femmes doivent rester enfermées à la maison. Simplement, leur entrée dans le monde du travail aurait dû être mieux préparée. En Allemagne, on a fait un choix en renonçant à une politique nataliste pour que les femmes puissent travailler. Cela me semble plus cohérent. En France, on n'a pas mené de concertation sur le partage équitable du temps de travail ou des congés parentaux. Alors quand la femme qui a accouché revient travailler 6 mois plus tard, elle subit parfois des conséquences désastreuses : mise au rencard, dégringolade dans la hiérarchie quand ce n'est pas le licenciement. Mais c'est un débat qui mériterait un billet d'humeur à part entière.
Ce qu'il est essentiel ici de comprendre, ce sont deux choses :
-la première, c'est que ce n'est pas en indifférenciant les individus qu'on sera tous traités sur un même pied d'égalité. Il s'agit d'un leurre dangereux qu'il convient d'éviter. D'autant que la richesse de l'espèce humaine provient de ses différences qui, chacune, amènent leur pierre à l'édifice d'un vrai patrimoine mondial de l'Humanité ;
-la seconde, c'est qu'il est très aléatoire, voire suicidaire, de ne s'en remettre qu'à l'Amour. Car quand il est présent, c'est que la haine n'est jamais loin. Et avec elle, son cortège de malheurs. 
Il est donc temps d'apprendre à se parler à nouveau, sans taxer celui qui pense différemment de réactionnaire menaçant. Le débat d'idées, la diversité des opinions sont une nécessité pour parvenir à remettre la société sur le chemin de la Raison. Car à force de vouloir chasser le naturel, on finirait par en oublier qu'il a tendance à revenir au galop !

jeudi 7 février 2013

Salle de shoot : la nouvelle mauvaise idée du Gouvernement

Salle de shoot à Vancouver
Crédits Photo : Andy Clark - Reuters

Bonjour à tous !

"Moi Président, je ne diviserai pas les Français". Voici, en substance, quels furent les propos de François Hollande lors de son débat télévisé avec Nicolas Sarkozy entre les deux tours de la dernière élection présidentielle de l'an passé. Cette anaphore, restée fameuse dans le petit monde médiatico-politique, avait le mérite d'être claire : il s'agissait de rompre avec les agissements de l'ancienne présidence, qualifiée "d'hyer-présidence" à très mauvais escient par les Socialistes durant tout le précédent quinquennat. On allait donc consulter les Français, faire des référendums, des réunions, des commissions, des concertations...
Ce que l'on ne nous avait pas dit, c'est que ce ne serait pas systématique. Et que, visiblement, pour tout ce qui touche au "sociétal" (Dieu que je hais ce mot), autrement et plus justement dit, à la vie quotidienne, on se passe de l'opinion des Français, quand bien même ils sont opposés à telle ou telle réforme dans une large proportion (qui n'est toutefois pas toujours la majorité, il faut avoir l'honnêteté de le reconnaître).
Ainsi donc, point de référendum pour le "mariage pour tous", ni de concertation ni de grand débat sur la famille, qui en aurait pourtant eu bien besoin : les familles monoparentales se multiplient, les divorces également, sans parler des cas de violence conjugale. Mais là n'est pas le sujet, il s'agit de rétablir une pseudo-égalité. Comprendre plutôt égalitarisme. Et tant pis pour les valeurs bafouées de la République, qui mettent les individus (et non les couples ou les groupes) sur un même pied d'égalité. Et ce, justement, afin d'éviter la trop forte influence de groupes de pression qui pourraient nuire aux intérêts du pays. 
Bref, ce projet de loi inique toujours en débat à l'Assemblée, le tandem Hollande-Ayrault, jamais avare d'un mauvais coup, fait feu de tout bois pour éviter de s'attaquer au vrai problème, à savoir l'économie.
Après le mariage pour tous, c'est le droit de vote des étrangers que l'on agite tel un chiffon rouge. Et maintenant, ce sont les salles de shoot. La nouvelle mauvaise idée.
Concrètement, une salle de shoot sera ouverte dans le Xe arrondissement parisien et aura pour vocation d'accompagner les junkies dans leur prise de drogue avec du personnel soignant et social. La salle sera ouverte 8h par jour, 7 jours sur 7, et on leur fournira du matériel stérile. Le maire du Xe est d'accord. La belle affaire.
Sauf que... Eh oui, sauf que ce n'est pas aussi simple que cela. D'abord, parce que les riverains n'ont pas été consultés. Ces derniers sont d'ailleurs très mécontents, ce qui peut se comprendre. D'autant que les expériences à l'étranger peuvent laisser circonspect. Si l'encadrement des junkies est effectivement plus strict, cela n'empêche toutefois pas l'apparition de petits trafics aux alentours des salles de shoot, et la diminution de consommation de drogue n'est pas avérée. En outre, cette salle étant, pour l'instant, la seule en France, tous les junkies de Paris pourront s'y rendre en procession. Charmant voisinage, surtout pour les enfants. D'autant que le Xe est déjà une zone sensible avec la proximité des gares du Nord et de l'Est. Mais bon, l'avis des riverains, sans doute des ploucs réacs de la France blanche et catho, on s'en contrefiche. Et ils ont bien raison de n'en avoir cure ! Après tout, ceux qui ont pris cette décision n'habitent pas à proximité de l'endroit incriminé...
Qui plus est, cette petite plaisanterie aura un coût : qui va financer ? Encore de l'argent gaspillé que l'on pourrait investir dans la sauvegarde de l'emploi, mais l'obstacle est trop difficile pour l'équipe de pleutres qui nous gouverne. On manque de médecins et de travailleurs sociaux, alors on en alloue à cette salle qui, bientôt, n'en doutons pas, fera des émules. On manque aussi, dans les hôpitaux, de seringues et de matériel stériles ? Qu'à cela ne tienne, donnons-en à ces malheureux drogués. 
Que va-t-on nous dire pour défendre cette idiotie ? Que les drogués sont drogués non par choix mais par essence, par nature ? Ben voyons ! Que ça se pratique dans d'autres pays ? Oui, bien sûr, sauf que, une fois pour toutes, la France a sa propre histoire, sa propre culture, comme c'est le cas de tous les autres pays à travers le monde. Et que ce n'est pas parce qu'un pays fait une bêtise qu'on est obligé de faire la même. Sinon, à titre d'exemple, l'Espagne et la Belgique sont des monarchies : qu'on la rétablisse en France, comme ça, pour voir. Ou bien que l'on rétablisse la peine de mort, après tout elle se pratique au Qatar, en Chine et aux USA.
Ne soyons pas stupides. Apprenons à penser et concevoir notre avis par nous-mêmes. Mais cela demande du courage et de la réflexion. Deux qualités qui semblent avoir fui l'Hexagone depuis bien longtemps.
Il est temps de tenir compte d'une chose : le Droit n'a pas à s'adapter chaque fois qu'on le transgresse. Si il a été pensé et conçu de cette façon, c'est pour protéger les citoyens. A ces derniers de s'adapter, et non l'inverse. Car à force d'ouvrir des boîtes de Pandore, cela va finir par nous exploser au visage. Il sera alors trop tard pour faire machine arrière !

vendredi 1 février 2013

Le Qatar gêné aux entournures

David Beckham lors de sa conférence de presse
Crédits Photo : Panoramic

Bonjour à tous !

Aujourd'hui s'est déroulé le dernier épisode en date de la grossière et maladroite stratégie qatarie visant à s'acheter une respectabilité diplomatique : l'arrivée de David Beckham au PSG, dont le cheik Al Thani est le propriétaire. Quelques heures seulement après l'annonce du "Qatargate" faite par le bi-hebdomadaire France Football qui accusait la FIFA d'avoir cédé aux sirènes de la corruption de la part du petit émirat du Golfe, l'Anglais le plus célèbre au monde signe dans le club de la Capitale et révèle que son salaire sera intégralement reversé à des oeuvres de charité parisiennes. On en aurait presque la larme à l'oeil.
Ne soyons pas crédules une seule seconde : Beckham a 37 ans, 38 dans quelques mois, joue dans un club de seconde zone (le Los Angeles Galaxy) depuis plusieurs années et n'a plus rien à prouver à personne tant son palmarès est éloquent. On peut cependant parier que sa femme, Victoria, sera ravie de faire du shopping Avenue Montaigne et Place Vendôme.
Les Qataris nous prennent vraiment pour des idiots si ils estiment que ce coup de com' nous empêchera de nous interroger sur leurs pratiques douteuses sur plusieurs plans.
Le plan sportif, tout d'abord, où plusieurs indices laissent à penser qu'ils ont clairement et "généreusement" offert de l'argent à différents dignitaires du monde du football pour s'offrir la Coupe du Monde en 2022. Alors que ça n'a jamais été un pays de football et qu'il fait 50°C à l'ombre tout l'été. Il semble que la voix de la France leur ait coûté tout de même plus qu'une simple enveloppe si l'on en croit France Football : le rachat du PSG (dont, autrement, personne n'aurait voulu tant ce club est à la dérive depuis le départ de Michel Denisot) et la création de la chaîne BeInSport, capable de concurrencer Canal + en offrant des programmes sportifs de premier plan à des tarifs attractifs. La chaîne cryptée s'est retrouvée fort marrie dans l'histoire puisqu'elle a perdu la moitié de l'exploitation de la L1, la Liga, ainsi que la NBA, notamment. Un coup dur pour la chaîne ainsi que pour les abonnés, dont la redevance mensuelle n'a pas baissé pour autant. Heureusement, ils ont pu aujourd'hui conserver l'exclusivité des droits de la Premier League jusqu'en 2016. Le temps de voir BeInSport disparaître, comme l'ont fait avant elle TPS et Orange Sport ? Peut-être. En tout cas, que ceux qui se réjouissent de payer une somme modique pour voir du sport à la télé ne se réjouissent pas trop vite. Car cela a un prix ! Que nous allons aborder dans le second plan.
Car, en effet, les Qataris ne sont ni des philanthropes, ni des enfants de choeur. Ils entendent entreprendre à nouveau un djihad autour de la Méditerranée, mais de manière plus subtile que leurs aînés, il y a de cela une douzaine de siècles. La décolonisation de l'Afrique couplée aux récents printemps arabes qui secouent le Maghreb et la Syrie sont l'occasion pour eux d'armer des rebelles salafistes, défenseurs acharnés de la Charia. La prise de pouvoir par Ennahda en Tunisie, des frères musulmans en Egypte, ainsi que les maquisards d'Aqmi, au Mali, ou les rebelles en Syrie sont tous aux ordres des Qataris. Eh oui, ces formidables mécènes qui rachètent un quelconque club de foot en France arme aussi les milices islamistes contre lesquels nos soldats se battent actuellement. Miliciens d'ailleurs armés, également, de fusils qui ont servi à libérer la Libye, sous le mandat de Sarkozy et l'insistance (op-)pressante de BHL. Une bien mauvaise idée ma foi. Les Qataris soutiennent par ailleurs, comme le prouvent leurs fréquentes visites à Gaza, les terroristes du Hamas qui mettent le territoire en coupe réglée. 
Il est donc temps de savoir ce que l'on veut : se laisser racheter petit à petit par un pays microscopique qui dispose, au bas mot, d'une réserve de liquidités estimée à 540 milliards de US$ et fermer les yeux sur leurs pratiques peu amènes, quitte à ce que cela nous retombe dessus, ou bien mettre un terme rapide à ce petit jeu de dupes. Car non contents de racheter nos clubs de foot, nos hôtels ou de prendre des parts dans nos entreprises, ils financent aussi désormais les banlieues. Il ne faudra pas s'étonner alors si, en cas de rébellion de notre part, notre pays se retrouve en proie à un soudain déséquilibre. Et de se voir alors confronté aux macabres héritiers de Mohammed Merah...

lundi 28 janvier 2013

La Gauche française et l'extrême-droite : une belle histoire d'amour !

Jean-Paul Sartre/Libre de droits

Bonjour à tous !

Vous constatez assez souvent, notamment depuis l'apogée de la Sarkozie, que la Gauche française ne se gêne pas pour taxer l'UMP de "droitisation", sorte de danse du ventre de la droite républicaine destinée à l'extrême-droite en défendant des idées qui ne dépareilleraient pas au sein du FN. Sauf qu'il ne s'agit pas d'une droitisation mais d'une décentrisation (allons-y pour les néologismes !), un retour légitime vers des idées que le RPR a lâchement abandonnées en 1990 au profit d'un libéralisme pro-européen irraisonné. 
Alors la Gauche nous sort tous les couplets humiliants pour la France : une loi mémorielle sur la colonisation par Christiane Taubira, une repentance latente envers l'Algérie et pour parachever son "oeuvre", un égalitarisme mal-venu et anti-républicain avec cette loi absurde de "mariage pour tous".
C'est d'autant plus ridicule et irrespectueux envers la France et son Histoire que la Gauche a beaucoup à se reprocher. Rappelons tout d'abord que la colonisation a été défendue et soutenue par la Gauche : alors que Clémenceau et la Droite de l'époque étaient sceptiques à ce sujet, Jules Ferry revendiquait ses bénéfices dans le but d'éduquer des "êtres inférieurs". Un bel exemple de tolérance n'est-ce pas.
Cela a continué, de manière plus troublante encore, pendant la Seconde Guerre Mondiale. Ainsi les Communistes étaient-ils, pour la plupart, pacifistes et donc prêts collaborer avec l'occupant nazi. Et c'est ce qui s'est passé. Les premiers résistants, ceux qui ont suivi De Gaulle à Londres, sont les activistes de l'Action Française, le mouvement fondé par Charles Maurras. Pas les Communistes. Le comble est sans doute l'hagiographie que certains n'hésitent pas à faire de figures de proue du communisme comme Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir alors qu'ils n'ont montré aucune forme active de résistance. L'un comme l'autre ont travaillé sans états d'âme à Radio Vichy, la radio d'Etat sous l'occupation. Et Sartre a même écrit et présenté des pièces de théâtre aux officiers allemands. Le comble c'est que cet homme dénué de scrupules n'a pas hésité à faire partie du Comité d'Epuration, participant donc à rayer des cadres des écrivains convaincus de connivence avec l'Ennemi !
Enfin, l'épisode le plus significatif de connivence entre la Gauche et l'extrême-droite, c'est bien sûr le passage de François Mitterrand à Vichy. Il y fut agent contractuel et fut même l'ami de René Bousquet, le chef de la police du régime pétainiste. Il n'hésita d'ailleurs pas, en 1986, à instaurer des proportionnelles aux Législatives dans le seul but d'atténuer la victoire du RPR. Et ce en étant parfaitement conscient que le Front National entrerait en masse à l'Assemblée Nationale. Ce qui s'est passé, le parti frontiste y enregistrant le score le plus important en nombre de sièges de son histoire.
On le voit, la Gauche a la mémoire bien courte en ce qui concerne ses relations floues avec l'extrême-droite. Au lieu de donner des leçons de morale à la Droite comme le fait si bien Harlem Désir sur son supposé rapprochement avec le FN (ce qui n'est clairement pas démontré dans les faits, aucune alliance électorale n'ayant été, par exemple, signée entre les deux partis), le PS et le PCF feraient mieux de raser les murs et d'arrêter de vouloir réécrire l'histoire comme ça les chante, au gré de leurs lubies, et en humiliant la France de surcroît. 
Cependant, il semble assez facile d'escompter qu'il s'agit là, pour le parti à la rose, d'essayer de prendre sa revanche sur la cuisante défaite de Lionel Jospin en 2002 au premier tour des Présidentielles face à Jean-Marie Le Pen. Pourtant, ils devraient apprendre à ravaler leur fierté. Parce qu'au rythme où l'actuelle Majorité dégrade le pays, on pourrait bien se retrouver confronté à la même situation en 2017...

vendredi 25 janvier 2013

Libéralisme : quand l'Europe souhaite se tirer une balle dans le pied

D. Cameron & A. Merkel à Davos
Crédits Photo : BPA/Reuters

Bonjour à tous !

Vous n'êtes pas sans ignorer, pour avoir tous vécu cela à un moment ou à un autre de votre vie, que, lorsque vous êtes malade, le médecin vous recommande de rester bien au chaud chez vous. Le but est d'éviter de contaminer les autres mais aussi d'éviter de prendre un coup de froid qui viendrait aggraver le mal dont vous souffrez déjà.
Quand on traduit cette pratique de bon sens en langage économique, il faut comprendre : la crise vous a plus touché qu'un autre, instaurez une dose de protectionnisme histoire de protéger la force vive de votre économie : votre industrie ! Celle-la même qui, lorsqu'elle est compétitive par ses innovations et la qualité de sa main d'oeuvre, assure à tous les coups des rentrées de devises fraîches et une croissance solide. Et c'est encore plus vrai dans un monde ouvert aux quatre vents comme aujourd'hui. Tellement ouvert que notre cher pays est devenu le refuge privilégié de malades atteints de la forme la plus grave de la tuberculose en provenance du grand Caucase russe, soit dit en passant.
Alors que la crise a largement démontré que le monde de la finance était largement responsable de cette catastrophe économique, sociale et humaine, alors, justement, que le monde de la finance n'est que la forme la plus perfide, parce que la plus dématérialisée du capitalisme, de la mondialisation et du libéralisme échevelé, Angela Merkel vient de décréter qu'il s'agissait là du remède miracle ! Eh oui, vous avez bien lu.
Désireuse de connaître les raisons exactes du questionnement existentiel britannique quant à son futur au sein de l'Union Européenne, notre chère Angie, jamais avare d'un sale coup, s'est entretenue avec son homologue insulaire, David Cameron. Celui-ci a plaidé, ô surprise quand on connaît le bonhomme, l'orientation de son parti et même l'inclination de son pays, à plus de libéralisme. Sans ciller outre mesure, la Terminator de l'Europe du Sud a aussitôt déclaré qu'il conviendrait en effet de faire baisser les dépenses sociales de l'ensemble de l'Union et de conclure des accords de libre-échange privilégiés avec le Japon, l'ensemble des pays de l'ASEAN (sorte de marché commun de l'Asie-Pacifique), le Canada et, rêve suprême, l'Oncle Sam. 
Autant injecter le virus H1N1 à un malade de la grippe. Ces inconscients semblent pourtant oublier que l'Histoire n'est qu'un éternel recommencement et qu'il y a environ 30 ans, lorsque les premières failles apparurent dans l'Empire soviétique, le Politburo s'était empressé de réclamer encore et toujours plus de communisme. On sait ce qu'il en est advenu finalement. 
L'Allemagne se croit autorisée à parler au nom de toute l'Union, suscitant la joie des très libéraux pays du Nord, y compris ceux qui sont encore un genou à terre comme l'Irlande. Le Danemark s'est empressé de rejoindre cette troupe de joyeux drilles. Pourtant Mme Merkel devrait lire Spiderman plus souvent. On y apprend que : "Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités." Elle devrait donc, plutôt qu'opérer cette sorte de fuite en avant égoïste et irresponsable, chercher à comprendre d'où vient le mal profond dont souffre l'Europe. Et commencer par instaurer un véritable protectionnisme européen, en attendant que les pays qui n'en peuvent plus finissent par l'appliquer à l'échelon national.
Il est plus que temps que ces messieurs-dames qui gouvernent avec des oeillères se penchent sur le bas-peuple. Sinon un vent populiste soufflera sur les prochaines élections. Et il sera trop tard pour venir se plaindre. D'autant que les électeurs ne seront plus dupes du : "C'est pas notre faute, ce sont ces démagos de populistes qui jouent aux incendiaires !"
Lui qui rêvait des Etats-Unis d'Europe, je n'ose penser à la réaction de Victor Hugo si il voyait son rêve devenu réalité dans la peine, la souffrance et la paupérisation des masses.

mardi 22 janvier 2013

Renault, l'entreprise qui déchaîne les passions

Louis Renault en 1926/Crédits Photo : Wikicommons

Bonjour à tous !

C'est tombé cette semaine, Renault va supprimer 7500 postes en France. Il n'y aura aucun licenciement sec ni départ volontaire a assuré la direction du groupe, mais plutôt des non-remplacements de départ à la retraite. Et l'on attend ici avec amusement que M. Montebourg se manifeste. L'attente risque d'être longue. Car il est plus facile de taper sur PSA, entreprise essentiellement française et qui possède la majeure partie de ses usines dans l'Hexagone : un non-sens économique dans la compétition entre constructeurs automobiles, mais une pratique vertueuse - à saluer - de patriotisme économique. Tout le contraire de sa rivale historique dirigée par l'international Carlos Ghosn. Le cost killer, comme on l'appelle, ne transige pas : on s'aligne sur les petits voisins d'à côté concernant les conditions de travail ou on délocalise. Tout le charme de la mondialisation chère à tous nos amis européistes, de quelque bord qu'ils soient. Ils se reconnaitront. Notre ministre de la désindustrialisation progressive (et surtout agressive d'ailleurs...) sait pertinemment qu'il est inutile de s'en prendre à Renault : d'abord parce que l'entreprise est totalement internationalisée et que Ghosn s'en moquerait comme de son premier jeu de boutons de manchettes, et ensuite parce que l'Etat est actionnaire à 15%. Si il prenait la parole, cela mettrait en fâcheuse posture notre fabuleux trio Hollande-Ayrault-Moscovici !
Et puisqu'on parle de la participation de l'Etat dans la marque au Losange, il est bon de faire un petit récapitulatif historique de la façon dont cela s'est produit. C'est donc Louis Renault qui a fondé l'entreprise avec ses frères en 1899. L'usine historique se trouvait à Billancourt. Malheureusement, il se révéla être un patron sans pitié avec ses employés, licenciant sans ménagement ceux d'entre eux qui étaient syndiqués. Cela prit des proportions dramatiques en 1938 : d'abord bloquée par les militants CGT et communistes, l'usine est évacuée par les forces de l'ordre manu militari. Il faut dire que la police de l'époque ferait passer celle d'aujourd'hui pour une escouade de boy-scouts ! Après cet éclat, tous les délégués du personnel et la plupart des ouvriers syndiqués furent renvoyés et Renault s'arrangea même pour qu'ils ne trouvent pas de travail ailleurs dans la région !
1945, fin de la Guerre. Nombreuses furent les entreprises françaises à avoir collaboré, bon gré mal gré, avec les Nazis : Renault, mais aussi Peugeot et Citroën. Une seule va payer les pots cassés. Car, alors qu'ils avaient commencé la Guerre dans le camp des collabos et des antisémites de premier ordre, les Communistes ont, entretemps, tourné casaque et font même partie du Gouvernement à la Libération. L'occasion est trop belle de se débarrasser du cruel Louis Renault. Ni une, ni deux, l'entreprise est nationalisée. L'entrepreneur ne s'en remettra jamais et mourra en 1946. Il y a une haine si viscérale envers lui qu'aujourd'hui encore les leaders syndicaux de l'entreprise veillent à ce que son portrait ne figure même pas dans la salle du conseil d'administration ! 
Que les Communistes aient voulu se venger d'un être si brutal et si veule, cela peut se comprendre aisément. Mais il aurait été préférable de le dire honnêtement plutôt que d'essayer de nous livrer une vision tronquée de l'Histoire où seule l'entreprise Renault aurait collaboré avec l'ennemi. C'est décidément une sale manie de la Gauche que de nous livrer une version de l'Histoire tiédasse à sa sauce. Il en va de même pour son rôle dans la colonisation et pendant la Seconde Guerre Mondiale, comme je l'ai mentionné plus haut. Cet exemple parlant d'une entreprise emblématique française qui se retrouve être au centre d'enjeux politiques nationaux nous montre qu'il ne faut jamais hésiter à questionner l'Histoire. Même si ce que l'on trouve n'est pas toujours très beau à voir...