mardi 22 janvier 2013

Renault, l'entreprise qui déchaîne les passions

Louis Renault en 1926/Crédits Photo : Wikicommons

Bonjour à tous !

C'est tombé cette semaine, Renault va supprimer 7500 postes en France. Il n'y aura aucun licenciement sec ni départ volontaire a assuré la direction du groupe, mais plutôt des non-remplacements de départ à la retraite. Et l'on attend ici avec amusement que M. Montebourg se manifeste. L'attente risque d'être longue. Car il est plus facile de taper sur PSA, entreprise essentiellement française et qui possède la majeure partie de ses usines dans l'Hexagone : un non-sens économique dans la compétition entre constructeurs automobiles, mais une pratique vertueuse - à saluer - de patriotisme économique. Tout le contraire de sa rivale historique dirigée par l'international Carlos Ghosn. Le cost killer, comme on l'appelle, ne transige pas : on s'aligne sur les petits voisins d'à côté concernant les conditions de travail ou on délocalise. Tout le charme de la mondialisation chère à tous nos amis européistes, de quelque bord qu'ils soient. Ils se reconnaitront. Notre ministre de la désindustrialisation progressive (et surtout agressive d'ailleurs...) sait pertinemment qu'il est inutile de s'en prendre à Renault : d'abord parce que l'entreprise est totalement internationalisée et que Ghosn s'en moquerait comme de son premier jeu de boutons de manchettes, et ensuite parce que l'Etat est actionnaire à 15%. Si il prenait la parole, cela mettrait en fâcheuse posture notre fabuleux trio Hollande-Ayrault-Moscovici !
Et puisqu'on parle de la participation de l'Etat dans la marque au Losange, il est bon de faire un petit récapitulatif historique de la façon dont cela s'est produit. C'est donc Louis Renault qui a fondé l'entreprise avec ses frères en 1899. L'usine historique se trouvait à Billancourt. Malheureusement, il se révéla être un patron sans pitié avec ses employés, licenciant sans ménagement ceux d'entre eux qui étaient syndiqués. Cela prit des proportions dramatiques en 1938 : d'abord bloquée par les militants CGT et communistes, l'usine est évacuée par les forces de l'ordre manu militari. Il faut dire que la police de l'époque ferait passer celle d'aujourd'hui pour une escouade de boy-scouts ! Après cet éclat, tous les délégués du personnel et la plupart des ouvriers syndiqués furent renvoyés et Renault s'arrangea même pour qu'ils ne trouvent pas de travail ailleurs dans la région !
1945, fin de la Guerre. Nombreuses furent les entreprises françaises à avoir collaboré, bon gré mal gré, avec les Nazis : Renault, mais aussi Peugeot et Citroën. Une seule va payer les pots cassés. Car, alors qu'ils avaient commencé la Guerre dans le camp des collabos et des antisémites de premier ordre, les Communistes ont, entretemps, tourné casaque et font même partie du Gouvernement à la Libération. L'occasion est trop belle de se débarrasser du cruel Louis Renault. Ni une, ni deux, l'entreprise est nationalisée. L'entrepreneur ne s'en remettra jamais et mourra en 1946. Il y a une haine si viscérale envers lui qu'aujourd'hui encore les leaders syndicaux de l'entreprise veillent à ce que son portrait ne figure même pas dans la salle du conseil d'administration ! 
Que les Communistes aient voulu se venger d'un être si brutal et si veule, cela peut se comprendre aisément. Mais il aurait été préférable de le dire honnêtement plutôt que d'essayer de nous livrer une vision tronquée de l'Histoire où seule l'entreprise Renault aurait collaboré avec l'ennemi. C'est décidément une sale manie de la Gauche que de nous livrer une version de l'Histoire tiédasse à sa sauce. Il en va de même pour son rôle dans la colonisation et pendant la Seconde Guerre Mondiale, comme je l'ai mentionné plus haut. Cet exemple parlant d'une entreprise emblématique française qui se retrouve être au centre d'enjeux politiques nationaux nous montre qu'il ne faut jamais hésiter à questionner l'Histoire. Même si ce que l'on trouve n'est pas toujours très beau à voir...

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