Libre de droits
Bonjour à tous !
Aujourd'hui je me permets de vous inviter à une petite réflexion digressive philosophique sur la place de l'Amour dans notre société (le choix du "A" plutôt que du "a" est ici, vous l'aurez compris, totalement délibéré !)
Alors que le dernier grand conflit s'est arrêté en 1945, et qu'il s'est ensuivi 45 autres années de peur lorsque l'Ours et le Cowboy se regardaient dans le blanc des yeux, l'Homme (comprenez l'espèce humaine dans sa globalité) s'est légitimement posé la question de savoir ce qui pouvait l'amener à autant de violence, de brutalité, de haine envers autrui. On a alors procédé par raccourcis, dans l'urgence, sans demander à sa pensée de s'inscrire en quatre dimensions, à se projeter dans l'avenir. Deux choses en furent décidées, une bonne fois pour toutes, deux paradigmes qui furent consacrés par le mouvement contestataire des années 60-70 : 1-tous les êtres humains doivent être égaux à tous les niveaux (et sus au méchant capitaliste américain !) et 2-on doit aimer son prochain même si il nous cause les pires ennuis (et sus au nazisme honni !) Voilà comment, en deux coups de cuillère à pot, on venait de régler son compte au capitalisme et au fascisme. Trop facile. Ou presque....
Vous trouvez ce raisonnement simpliste ? Ouvrez et lisez, au hasard, Les Inrockuptibles, Télérama, Le Monde, Libération, Le Nouvel Obs... Quand vous aurez fini de les éplucher, vous vous rendrez compte que cela fait des années qu'on nous bourre le mou avec des sentiments mièvres, de l'égalitarisme de bas étage, du raisonnement à la petite semaine et, plus grave, avec des anathèmes prononcés sans discernement contre tel ou tel penseur, idéologue, savant qui sortirait un tant soit peu du moule ! Vous voulez des exemples ? Regardez ce qui s'est passé pendant le "Printemps arabe" qui a eu tôt fait de se transformer en hiver islamiste : soit vous souteniez les révolutionnaires, soit vous étiez rétrograde et raciste, sous-entendant, par votre scepticisme, que la démocratie, c'est pas pour les Arabes (copyright Elisabeth Lévy). Vous vous interrogez sur les tenants et les aboutissants du mariage gay ? On vous tourne en ridicule, vous qualifie de catho (même si vous ne l'êtes pas) extrémiste et d'homophobe (même si vous êtes homo, Bongibault et Duteurtre en savent quelque chose). Et quand vous dites que vous craignez, à terme, la légalisation de la PMA, pour les lesbiennes, et de la GPA, on vous répond que ce n'est pas le sujet et que vous affolez les foules pour rien (alors même que Mme Taubira délivre une circulaire indiquant clairement le contraire et que, avec la bonne mémoire qui vous caractérise, vous vous souvenez du gros mensonge de Mme Guigou qui avait juré ses grands dieux en 98 que le PACS ne mènerait pas au mariage gay).
Et les sujets "sensibles" sont légions, le plus fameux étant sans aucun doute la fameuse droitisation supposée de l'UMP. Alors que n'importe quel politologue un peu honnête sait pertinemment qu'il s'agit d'un retour aux fondamentaux du gaullisme (cf 1990 et la scission entre Pasqua-Séguin d'un côté, Chirac, Juppé, Sarko de l'autre). Mais bon, la presse de Gauche (c'est-à-dire la presse française dans sa quasi-intégralité) n'aime pas beaucoup le Général. Il faut rappeler qu'elle n'a pas aimé se prendre des leçons de Résistance pendant que ses idoles communistes se révélaient de fieffés collabos pendant la 2e Guerre Mondiale.
J'ai déjà eu l'occasion d'exprimer ici ce que je pensais de l'amour, et de la notion très subjective de Bien et de Mal, dans mes billets sur Magnotta et Breivik, notamment. L'être humain est un animal comme un autre qui a la grande chance de pouvoir rationaliser et raisonner son instinct. Mais pas toujours. Pourquoi ? C'est un mystère. Néanmoins, empiriquement, cela demeure une nécessité. Car l'obscurité la plus sombre rend toujours plus éclatante la plus faible des lumières. Il n'y a pas de dualité Bien/Mal, les deux se complètent pour nous faire avancer, progresser, nous amener à transgresser l'acquis, à le questionner et à, finalement, progresser. On a déjà réfléchi à la façon d'éradiquer le Mal, on y arrivera jamais : c'est une soupape de sécurité, un signal d'alarme utile qu'il faut écouter plutôt que combattre, sans discernement.
Et quand je parle de manque de discernement, jugez plutôt : je considère qu'il y a là main basse, dans une discrétion plus ou moins efficace, d'un lobby féministe pour inverser les codes de la société jusqu'à l'absurde. Je vous renvoie au fameux épisode de l'école maternelle dont on devrait changer l'appellation. Pendant des siècles, les femmes se sont senties, sans doute à juste titre, soumises aux hommes, à leur violence, leur colère. En faisant ce raisonnement, on notera qu'elles oublient, volontairement ou non, que l'homme devait faire face à ses propres responsabilités et que les hommes n'étaient sans doute pas tous des salauds, loin s'en faut. Toutefois, la 2e Guerre Mondiale a marqué un "point Godwin" dans la violence qui, il faut bien le dire, est une manifestation peu reluisante de la virilité. La société qui, comme en 1918, s'est dit "plus jamais ça" a laissé libre champ aux femmes pour prendre le pouvoir : on a opposé alors la douceur à la violence, le consensus et le dialogue aux prises de décisions tranchées et ainsi de suite. Mais cela ne pouvait pas fonctionner si l'homme conservait son essence, à savoir sa virilité. Et peu importait si il était désormais en mesure de la contrôler ou non. On l'émasculait, symboliquement du moins. On a donc décidé de procéder à l'indifférenciation des êtres. L'homme devait ressembler à la femme pour que le stratagème soit pleinement efficace. La théorie des genres importée par Simone de Beauvoir en fut le cheval de Troie. Et petit à petit s'est mise en place une société pacifiée par la force (un comble !), encore une fois sous peine d'anathème. Désormais, les hommes s'épilent, se mettent de la crème, partagent les tâches ménagères, se lèvent la nuit pour calmer le petit, vont aux réunions parents-profs... Consciente de cela, la société de consommation a décidé de réagir pour susciter le désir chez cet homme qui n'en est plus un. Pour le faire bander à nouveau, on sexualise les campagnes de pub, on met des femmes nues partout. Le comble du glauque et du morbide. L'évolution inquiétante de la pornographie est un autre indice. Finie l'époque du libertinage gentiment transgressif à la Brigitte Lahaie. Place au gonzo le plus violent et le plus macabre possible, comme si les jeunes garçons, qui en sont friands, cherchaient à reprendre le dessus sur des filles toujours plus inaccessibles, intransigeantes. Tout ça, finalement, pour que les femmes puissent, elles aussi, goûter aux délices de l'exploitation au travail et en découvrent toute l'amertume : le temps partiel, la discrimination à l'embauche, la rémunération moindre par rapport à leurs collègues masculins et, bien entendu, les drames sociaux qui s'ensuivent : fermetures d'usine, licenciements de masse, chômage.
Comprenons bien ici qu'il ne s'agit pas de dire que les femmes doivent rester enfermées à la maison. Simplement, leur entrée dans le monde du travail aurait dû être mieux préparée. En Allemagne, on a fait un choix en renonçant à une politique nataliste pour que les femmes puissent travailler. Cela me semble plus cohérent. En France, on n'a pas mené de concertation sur le partage équitable du temps de travail ou des congés parentaux. Alors quand la femme qui a accouché revient travailler 6 mois plus tard, elle subit parfois des conséquences désastreuses : mise au rencard, dégringolade dans la hiérarchie quand ce n'est pas le licenciement. Mais c'est un débat qui mériterait un billet d'humeur à part entière.
Ce qu'il est essentiel ici de comprendre, ce sont deux choses :
-la première, c'est que ce n'est pas en indifférenciant les individus qu'on sera tous traités sur un même pied d'égalité. Il s'agit d'un leurre dangereux qu'il convient d'éviter. D'autant que la richesse de l'espèce humaine provient de ses différences qui, chacune, amènent leur pierre à l'édifice d'un vrai patrimoine mondial de l'Humanité ;
-la seconde, c'est qu'il est très aléatoire, voire suicidaire, de ne s'en remettre qu'à l'Amour. Car quand il est présent, c'est que la haine n'est jamais loin. Et avec elle, son cortège de malheurs.
Il est donc temps d'apprendre à se parler à nouveau, sans taxer celui qui pense différemment de réactionnaire menaçant. Le débat d'idées, la diversité des opinions sont une nécessité pour parvenir à remettre la société sur le chemin de la Raison. Car à force de vouloir chasser le naturel, on finirait par en oublier qu'il a tendance à revenir au galop !

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