mercredi 17 avril 2013

Quinquennat Hollande : et si on se mettait enfin au boulot ?

Bonjour à tous !

Avec l'arrivée du Printemps, deux événements notables se sont déroulé en ce début de semaine : la première, c'est l'attentat à Boston qui rappelle à tous que le terrorisme n'est pas derrière nous, loin de là. La vigilance reste de mise et l'on voit, avec cette guerre de l'ombre et des ennemis invisibles, que la Défense doit rester un poste de dépense important dans le budget de chaque nation, la nôtre a fortiori.
La seconde, c'est le retour pour adoption définitive du projet de loi "mariage et adoption pour tous". Bien qu'étant personnellement farouchement opposé au projet, je ne suis pas fondamentalement contre l'idée qu'il revienne si tôt devant la chambre basse du Parlement, avec un temps programmé de 25h. D'abord parce qu'il a été assez peu modifié au Sénat, donc il n'y a pas lieu d'ergoter encore pendant des heures. Et ensuite parce qu'une fois qu'il sera voté, Hollande et ses petits copains ne pourront plus se cacher. Finies, les mesurettes pseudo-progressistes. Il n'aura plus de lapin dans son chapeau et il va devoir nous montrer en quoi il était absolument légitime de voter pour lui, au détriment de son malheureux rival, Nicolas Sarkozy. Et cela permettra peut-être aussi de couper l'herbe sous le pied des factions fascistes violentes qui commencent à se constituer à droite et à gauche, contribuant à décrédibiliser encore davantage les opposants à ce projet, déjà systématiquement qualifiés d'homophobes par des gens qui se croient plus malins que les autres, comme Audrey Pulvar par exemple. Alors soyons intelligents et acceptons la décision républicaine, quand bien même elle marque à tout jamais une cicatrice inaltérable dans notre pacte républicain.
Pour en revenir au travail qui attend notre cher Président, le moins que l'on puisse dire, c'est qu'une fois qu'on retire la génoise de cette loi qui a mis la moitié du pays, au mieux dans l'embarras, au pire en colère et dans la rue, il n'y a rien, pour l'instant. Petroplus-Rouen va malheureusement fermer pour de bon, aucune offre de reprise n'ayant été validée par la Justice. L'accord sur la flexi-sécurité a été voté avec le blanc-seing de l'opposition, montrant que d'un point de vue économique, les deux font la paire. Ce sera plus facile de licencier, de baisser les salaires et d'imposer une productivité plus forte ou une délocalisation du salarié. En échange, ces derniers n'obtiennent rien, ou pas grand chose. Les banques, les financiers, les actionnaires ont poussé des millions d'entre nous à la ruine et ils continuent de s'en tirer à bon compte. Où en est la plus forte taxation des entreprises du CAC 40 afin d'alléger les PME, véritable tissu économique de notre pays ? Nulle part. Où en est la taxation sur les opérations boursières ? Nulle part. La législation sur les parachutes dorés, l'actionnariat rentier ? Nulle part. On fait des effets d'annonce, des effets de manche, on passe encore pour des rigolos de service avec cette stupide mise à nue de nos élus. Ce qu'ils ont sur leur compte en banque n'intéresse pas les Français, seuls comptent les actes. 
Et qu'on ne s'y trompe pas : en disant "non" au référendum sur la collectivité alsacienne, les Français ont, une fois de plus, montré leur attachement à leurs valeurs : le département, ils y tiennent, la région est le cadet de leurs soucis. La plupart d'entre elles ne correspondent pas aux provinces historiques de notre nation de toute façon. Notre pays est et demeure une république jacobine avec un pouvoir central fort qui protège les citoyens. Tant que nos dirigeants n'auront pas compris que tel est l'ADN de l'Hexagone, ils feront fausse route, s'attirant l'ire toujours plus difficilement contenue des électeurs et citoyens de ce pays. 
On voit que Hollande freine des quatre fers à l'idée de se confronter aux vrais problèmes. L'idée de la salle de shoot est, en ce sens, une nouvelle façon de contourner l'obstacle. Mais il va pourtant devoir s'y résoudre, il a voulu l'Elysée, il va devoir l'assumer. Et montrer qu'il n'est pas qu'un simple valet de Merkel et de Bruxelles. Osera-t-il relever le gant ?

mercredi 10 avril 2013

Bye Bye Maggie !

Margaret Thatcher, décédée à l'âge de 87 ans
Crédits Photo : Suzanne Plunkett/AFP

Bonjour à tous !

Il plane comme un parfum d'années 80 depuis ce 8 Avril, date à laquelle la Dame de Fer a entamé son dernier voyage. On avait presque oublié cette discrète vieille femme, atteinte de la maladie d'Alzheimer depuis bon nombre d'années et vivant à l'abri des regards avec son époux dans sa petite résidence londonienne. Si Meryl Streep a su brillamment lui rendre hommage dans un film sorti en 2012 (La Dame de Fer, réalisé par Philippa Lloyd) en l'incarnant dans toutes ses qualités et ses turpitudes, le Royaume de Sa Majesté s'est soudainement souvenu de son passage au 10, Downing Street, suite à son décès.
Née en 1925, elle est fille d'épiciers. Elle a connu les affres de la Guerre et est ressortie de cette épreuve avec un état d'esprit volontaire et un caractère franc, direct, trop peut-être. De ses origines, elle a gardé et développé un sens pratique qui ne l'a jamais quitté durant sa carrière politique : un sou est un sou ! Chef du Parti Conservateur depuis 1975, elle se fait connaître en remportant les Législatives de 1979 au détriment des Travaillistes qui laissent le pays en piteux état : dette colossale, emprunt au FMI en 1976, Livre Sterling à la baisse et industrie moribonde. Ni une, ni deux, la première femme à diriger une puissance occidentale va renverser les tables : on ferme ce qui n'est pas rentable, on privatise tout ce qu'on peut privatiser, on contrôle l'inflation, on baisse les impôts et on diminue la masse globale des prestations sociales en les ciblant mieux et en les rendant donc plus efficaces. Le retour du libéralisme dans son pays d'origine a bien lieu : Adam Smith et David Riccardo peuvent se réjouir. 
Les syndicats ont été affaiblis, le droit de grève encadré : sale temps pour les pauvres me direz-vous ? Sans doute, d'autant que l'écart de richesse entre les plus pauvres et les plus riches s'est accru. Et qu'en axant le renouveau du pays sur la finance et les services, Thatcher a laissé une industrie toujours en peine aujourd'hui. Quant au chômage, sa proportion a augmenté globalement d'un point entre 1979 et 1990. Oui mais voilà, le pays est devenu entretemps la locomotive d'une Europe qu'il regarde toujours avec dédain, quand ce n'est pas du mépris. Sa croissance dépasse les 4% annuels, l'inflation est contenue (- 11% sur 10 ans) et, finalement, c'est un beau succès politique pour elle puisque Cameron aujourd'hui et Blair, le travailliste, hier, n'ont jamais renié son héritage. Bien au contraire.
Sur le plan international, son bilan est à son image : limpide mais direct. Les sécessionnistes de l'IRA s'en sont rendus compte à leurs dépens. Dans le sang, assez souvent. Mais La Dame de Fer ne voulait pas voir démanteler son pays. A tort, à raison ? Toujours est-il que l'Ulster est aujourd'hui pacifiée, l'IRA ayant fini par comprendre que cette guerre était perdue d'avance. Et puis il y a eu les Malouines. Buenos Aires doit être en liesse en ce moment. Car on peut trouver ridicule de défendre avec tant d'acharnement un archipel à l'autre bout du monde mais il s'agit malgré tout d'un acte d'agression des Argentins à l'encontre des Anglais, d'une part, et d'un coup de pied dans cette fourmilière malsaine qu'était la dictature gaucho à l'époque, d'autre part. La locataire de Downing Street proposa jusqu'au bout une solution pacifique, y compris un référendum d'auto-détermination auprès des Malouins. Rien n'y a fait. Et les Anglais ont gagné. Irrémédiablement.
Au final, que dire de Maggie qui n'ait été dit ? Elle fut une belle peau de vache, sans doute. Mais elle a surtout montré que la place d'une femme en politique ne se négociait pas avec des sournoiseries du type discrimination positive, mais au mérite et au caractère. Une leçon pour toutes les féministes tiédasses d'aujourd'hui, notamment en France. L'autre leçon, elle s'adresse à François Hollande : certes, le contexte n'est pas le même, le Bloc de l'Est s'est effondré, Bruxelles a la haute main sur l'économie et la mondialisation renverse tout. Mais avec la volonté politique de faire quelque chose, d'avancer, on fait bouger les lignes. Mais cela demande du courage, notamment celui d'être impopulaire, voire détesté. C'est un choix. Quant aux Anglais qui rêvent d'aller danser sur la tombe de cette brave vieille femme, je leur rappellerai deux choses : la première, c'est que finalement ils ont voté pour elle 3 fois et que son héritage politique et économique est intact depuis son départ, aucun de ses successeurs n'ayant profondément remis en cause sa ligne directrice. La clouer au pilori relève donc d'une certaine forme d'hypocrisie. La seconde, c'est que tous les morts, quels qu'ils soient et quoi qu'ils aient pu faire, méritent le repos éternel. 
Bye Bye Maggie ! Et merci, au passage, d'avoir su involontairement susciter autant de lyrisme et de talent parmi les musiciens de ton île !

jeudi 4 avril 2013

Affaire Cahuzac : tant de tapage est-il nécessaire ?

Crédits Photo : Lionel Bonaventure/AFP

Bonjour à tous !

Aujourd'hui, j'ai décidé de me faire l'avocat du Diable. Eh oui, je vais prendre la défense de l'ambulance médiatique qui ne cesse de se faire tirer dessus depuis environ 48 heures. Je veux bien entendu parler de Jérôme Cahuzac.
Rappel des faits : en fin d'année 2012, Mediapart, le site journalistique qui prône la démocratie mais qui n'est pas à la portée de toutes les bourses, et qui est dirigé par l'exemplaire Edwy Plenel (le même qui avait reconnu avoir participé à un scandale médiatique impliquant faussement le PS dans une affaire de financement occulte à la fin des années 80, et qui avait obligé son employeur d'alors, Le Monde, à s'excuser publiquement) révèle que notre sémillant Ministre du Budget, chirurgien de formation, détiendrait un compte en Suisse.
Comme par hasard, l'accusé plaide non-coupable et comme par hasard, il attaque son détracteur en Justice pour diffamation. L'affaire fait des hauts et des bas dans les journaux, selon l'humeur des éditorialistes.
Finalement, après un débat pas très clair autour d'un enregistrement téléphonique sur lequel on reconnaîtrait la voix dudit Cahuzac, celui-ci finit par démissionner pour "laver son honneur". Rapidement, il demande à être auditionné par le juge en charge de l'enquête et lui balance tout. Audiard en aurait fait une scène d'anthologie. Oui il aurait un compte en Suisse. Il a menti. La belle affaire !
Et alors me direz-vous ? Et alors je ne comprends pas un tel lynchage de la part de la classe politique, et de la sienne en particulier. Si il y a bien un monde où il vaut mieux ne pas trop compter sur ses amis, c'est celui-ci. A peine a-t-il avoué que le coupable se retrouve en place de Grève, avec décapitation de sa carte de membre du PS. Ce qui, vu l'ambiance sinistre qui règne autour du parti avec les prouesses de ses deux duettistes, n'est finalement pas une grande perte.
Bref, revenons à nos moutons. Enfin, à nos fromages suisses. Premièrement, Hollande, Ayrault et toute la clique des Pieds Nickelés jurent avoir cru leur "copain". Et le pire, c'est que moi je les crois. Ils sont tellement idiots, naïfs et bouffis d'orgueil que je veux bien leur accorder le bénéfice du doute sans problème. Hollande est assez niais pour avoir cru le grand argentier de son Gouvernement sans même avoir demandé aux RG de suivre le dossier. Chapeau l'artiste. Deuxièmement, l'argent et le pouvoir ont toujours fonctionné de concert. Surtout en France. C'est comme ça, c'est une réminiscence, sans doute, des privilèges que l'on achetait au Roi pendant la Monarchie. La France a toujours marché au piston, au pot de vin, à la cooptation et au népotisme. C'est moche mais c'est dans notre culture. Le Pen, Mélenchon, Duflot, Désir, Copé... Ils peuvent tous jouer les vierges effarouchées. N'empêche que Cahuzac n'est sûrement pas le dernier à tomber pour avoir été surpris le doigt dans le pot de confiture. Tous les partis ont des brebis galeuses. Tous ! Pourquoi ? Parce que nous sommes une démocratie représentative, et que nos élus représentent donc leurs électeurs. Et dans le peuple, il y a une majorité de gens bien et quelques crapules. Aucune raison que cela soit différent chez nos édiles. Tous pourris ? Non, seulement quelques-uns. Comme pour mieux nous rappeler à toujours plus d'humilité, nous, êtres humains qui aimons à nous penser meilleurs que les autres. Surtout à gauche.
Troisièmement : est-ce si grave ? Franchement, non. Qu'on en fasse un tel fromage (le fil rouge du texte) me paraît démesuré. D'abord parce que, encore une fois, pendant qu'on se préoccupe de cette histoire de gros sous, on ne parle pas des vrais sujets. Une sale manie de ce gouvernement depuis le début de son mandat. Et ensuite parce que Cahuzac n'a quand même tué personne ! Et il semble en plus qu'il n'ait pas détourné d'argent public dans cette histoire. Les quelques 600.000 € dont il serait question sont les siens, qu'il aurait placés à gauche durant son activité de chirurgien. Pas de quoi s'alarmer. Je rappelle d'ailleurs à MM Copé et Borloo que Gaston Flosse, proche de Chirac et membre de l'UDI, se représente aujourd'hui à la Présidence de la Polynésie française sans être inquiété par la Justice alors qu'il s'est fait construire un palais présidentiel, qu'il s'est payé un bateau, une île et un jet, tout ça avec l'argent du contribuable. Et qu'il utilise cette même source illégale de revenus pour payer les pensions alimentaires de ses différentes ex-femmes. Lui, on le laisse tranquille par contre. Il est vrai que tout ce qui se passe en Outre-Mer indiffère la Métropole. Une vieille manie parisienne.
Quatrièmement, il est aujourd'hui d'usage d'embrasser les orteils de M Plenel. Je m'y refuse. D'abord pour la raison précédemment mentionnée. Ensuite parce que si il s'acharne sur Cahuzac, il laisse tranquille Marisol Touraine. Un comble quand on sait qu'en tant que Ministre de la Santé, elle doit superviser le scandale des pilules contraceptives, qui ont fait quelques morts ces derniers mois. Et, étrangement, entre un type qui cherche à mettre un peu de beurre dans ses épinards, et une incompétente en connivence avec les laboratoires pharmaceutiques pour permettre à ces derniers d'écouler leur poison sur le marché, je préfère condamner la seconde. Mais là, on n'entend pas Mediapart. C'est bien connu, l'argent en France, c'est sale. Tuer des gens, bah, c'est pas bien grave finalement. Laurent Fabius exerce même des responsabilités ministérielles alors qu'il a copieusement trempé dans l'affaire du sang contaminé. Par contre, à Cahuzac, on lui a bien signifié que ce n'était plus la peine de se repointer Rue de Solférino. Alors que cette triste histoire mise à part, il a été l'un des rares à faire le boulot au Gouvernement. Et que ses administrés de Villeneuve-sur-Lot lui sont tous reconnaissants de son travail effectué au sein de la ville. Si il finit comme Bérégovoy, les sinistres lâcheurs qui se prétendirent ses amis pourront toujours dire qu'ils sont "désolés qu'il en soit arrivé là." Le pire aura été commis. Mais leur carrière et leur honneur seront saufs. Un moindre mal pour ces égoïstes qui disent jouer collectif.
Cinquièmement, que va devoir faire François Hollande ? Moi je ne vois qu'une chose : il est plus bas dans les sondages qu'aucun président de la Ve au même stade du mandat. Le déficit est 0.3 point plus élevé que prévu. La dette continue d'augmenter. Comme le chômage. La grande réforme fiscale qu'on était en droit d'attendre de la part d'un homme dont c'est la spécialité, le coeur de métier, ne vient pas. Les entreprises continuent de délocaliser. On privilégie les prisonniers au détriment des victimes, le lobby gay au profit de la République, l'Europe au profit de la France. On divise et on se comporte en voyou, montrant par là aux naïfs et aux idiots que la Gauche ne vaut pas mieux que la Droite, loin de là. La seule solution, M. le Président, c'est la dissolution de l'Assemblée Nationale. Il faut convoquer les Français dans les isoloirs. En espérant pour tout le monde qu'ils aient encore envie de se déplacer. La vraie responsable, c'est la classe politique, et spécifiquement celle qui exerce le pouvoir. Le vin est tiré, il faut le boire. Alors, M. le Président, aurez-vous ce courage ? Les Français attendent. Mais la patience n'a jamais été leur fort...

samedi 30 mars 2013

Bruits de bottes en Corée du Nord : doit-on s'inquiéter ?

Bonjour à tous !

Alors qu'en France la question se pose autour du budget de la Défense pour le quinquennat 2014-2019, le monde regarde avec circonspection le jeune Kim Jong-un jouer au généralissime en Corée du Nord. 
Rappelons que la péninsule coréenne est divisée en deux depuis 1953 et la fin de la Guerre de Corée. La Corée du Nord de Kim Il-Sung avait alors choisi la voix du communisme de sa grande soeur chinoise, alors dirigée par Mao. La Corée du Sud, quant à elle, s'était tournée vers l'Occident et l'Oncle Sam. Les deux pays sont séparés par une zone démilitarisée...surveillée par 1 million de soldats !!!
La Corée du Nord est dirigée selon la doctrine du Juche, qui prône une société sans classes, reposant sur l'indépendance politique, l'auto-suffisance économique et l'autonomie militaire. Evidemment, cela s'est rapidement transformé en une cruelle autocratie où la plupart des Nords-Coréens meurent de faim et où seuls l'armée et les dignitaires du Parti vivent décemment.
Depuis que Kim Jong-un a succédé à son père, Kim Jong-Il, en fin dernière, celui-ci cherche à imposer son autorité. En effet, son jeune âge et le fait d'avoir passé une bonne partie de son enfance à l'étranger suscitent la méfiance de la part des têtes pensantes du pays.
Le hasard étant ce qu'il est, la Corée du Sud a changé de dirigeant il y a quelques semaines avec l'arrivée de sa nouvelle présidente, Park Geun-hye. Ajoutons à cela la réélection d'Obama et voilà l'occasion rêvée pour le dictateur en herbe de faire des effets de manche et de rouler des mécaniques. Le téléphone rouge entre Pyongyang et Séoul a été coupé, le peuple a été prié de venir manifester contre "l'impérialisme américain", et le moindre prétexte suffit à faire monter la tension d'un cran. 
La question est de savoir si les Nord-Coréens passeront à l'action. Et, fort heureusement, le doute est permis. D'abord parce que la Russie, qui a toujours son mot à dire dans la région, est contre. Ensuite parce que la Chine a déjà assez à faire avec le Japon concernant les Îles Shenkaku et que l'Empire du Milieu traînera sûrement des pieds pour aider son petit et remuant voisin. En outre, il semble que le pays soit en manque de missiles de croisière intercontinentaux : dans ces conditions, frapper Guam ou Hawaii pour mettre à mal les positions américaines dans la région, comme cela est évoqué à Pyongyang, paraît technologiquement improbable. Toutefois, les missiles balistiques Scud stockés au Nord du 38e parallèle ont de quoi faire souffrir les Japonais, eux aussi régulièrement dans le viseur de cette monarchie stalinienne. 
Enfin, il reste deux raisons essentielles pour lesquelles il y a peu de chances de voir la situation dégénérer : la première, c'est que si Kim est doté d'un minimum de bon sens, il sait qu'emmener son pays à la guerre équivaudrait à un suicide. Car il n'a aucun espoir de gagner, quand bien même il disposerait de l'arme nucléaire. Et la seconde, c'est qu'il risquerait de voir ses soldats, souvent mal nourris et sûrement peu ou pas payés, faire défection, le ridiculisant aux yeux du monde entier. Impensable pour ce genre d'homme à l'ego sur-dimensionné. Mais cela aurait le mérite, au moins, d'éviter un bain de sang.
Cependant, il ne faut pas perdre de vue que Kim est un facteur X. Comme son père et son grand-père avant lui. Ce n'est pas la première fois, depuis 60 ans, que la tension s'accroît d'un coup entre le Nord et le Sud de la Péninsule coréenne. Il se pourrait, malheureusement, qu'un jour cela soit la fois de trop. Il n'y a donc plus qu'à espérer que Kim garde la tête froide. Même si, paradoxalement, cela maintient de facto son peuple dans la misère et le dénuement...

lundi 25 mars 2013

La Justice française en panne sèche

Crédits Photo : Guillaume Paumier/Wikipédia

Bonjour à tous !

Dans le cadre tendu d'une nouvelle Manif' pour tous qui semble avoir conduit à des dérapages (la presse s'en fait l'écho, mais à chaud il est difficile d'avoir une analyse objective du fait), il me paraît plus que temps d'évaluer Christiane Taubira. Car c'est elle qui mène cette réforme tambour battant et, à travers elle, c'est tout le Ministère de la Justice qui mérite qu'on s'attarde sur son travail depuis le changement de majorité. Et le bilan n'est guère brillant.
En premier lieu, et je passerai vite dessus car tel n'est pas le but de ce post, Mme Taubira conduit cette réforme anti-républicaine qu'est le mariage pour tous, en confondant la Loi, le Droit, avec les libertés individuelles. Ce qui est dangereux et pousse à toutes les dérives. En outre, en adoptant cette fameuse circulaire demandant aux juges compétents de se montrer magnanimes envers les enfants nés d'une GPA que leurs commanditaires (comment les appeler "parents" en ce cas ?) souhaitent rapatrier de l'étranger, elle a clairement indiqué à ses détracteurs que nous n'en resterions pas là. A l'instar de sa collègue, Mme Guigou, qui avait effrontément menti lors du débat sur le PACS à l'Assemblée en promettant qu'on n'irait jamais jusqu'au mariage gay, elle tente également de prendre les Français pour des abrutis : "Vous verrez, la PMA et la GPA, ça ne se fera jamais, vous n'avez rien à craindre." Pour le moment. Et dans 10, 15 ou 20 ans, on rouvrira le dossier. Parce que le sacrosaint Progrès l'exigera. Encore un concept qui a bon dos, au passage. On connaîtra enfin le prix d'un être humain. Personnellement, ça me fait froid dans le dos. Mais il semble que je sois l'un des rares à m'en offusquer...
En deuxième lieu, le budget du ministère n'a pas connu d'augmentation significative. Si bien que les juges d'instruction, qui constituent le noeud du système judiciaire français, sont toujours autant débordés. Surtout lorsqu'ils se prennent pour des stars médiatiques. Les intéressés se reconnaîtront. Les procédures judiciaires ne sont donc pas prêt de raccourcir, et c'est bien dommage pour les administrés qui en sont les premières victimes. Notons, pour être juste, que ce n'est que la continuité d'une politique qui s'exerce malheureusement en France depuis des décennies. La Justice a beau être une manifestation régalienne primordiale, elle est traitée misérablement. Et ce n'est pas l'état de nos prisons qui risque de s'arranger, continuant de maintenir certains établissements pénitentiaires dans des états de délabrement avancé. 
En troisième lieu, Mme Taubira paraît être "victime" d'une crise aigüe de mégalomanie. Il semble qu'avoir déclamé quelques mauvais vers à l'Assemblée Nationale lui ait donné des ailes au point qu'elle n'occupe que rarement son bureau de la Place Vendôme. Excédés, nombreux sont ses collaborateurs à faire leurs cartons tant l'ambiance de travail est délétère. Jusqu'à son directeur de cabinet, M. Vigouroux. Et, chose amusante, il semble que sa remplaçante soit une farouche opposante à l'homoparentalité. En 1996, alors Conseillère d'Etat, elle avait soutenu une décision judiciaire refusant le droit d'adopter à un homme homosexuel, invoquant, dans un texte très bien argumenté, le principe de précaution et le droit de l'enfant. Voilà qui promet des heures délicieuses entre les deux femmes. J'aimerais être une petite souris pour les entendre se lancer des insanités au visage.
Enfin, en quatrième lieu, c'est sans doute le point le plus important qu'il convient d'évoquer ici. Mme Taubira entend clairement vider les prisons. Nicolas Sarkozy avait déjà commencé en rendant systématique la non-exécution des peines de prison inférieures à 2 ans. Mme Taubira entend continuer de plus belle. Fin des peines planchers, fin des périodes de rétention de sûreté pour les prisonniers ayant purgé leur peine mais représentant malgré tout une vraie menace pour la société (cas des prédateurs sexuels notamment), multiplication du bracelet électronique, etc. L'argument tient en une phrase : la prison est une école du crime qui fabrique des délinquants, criminels et récidivistes. Sauf que c'est faux ! Les prisonniers condamnés le sont pour de bonnes raisons. Lorsqu'ils sont incarcérés, ils sont DEJA délinquants ou criminels. La prison ne peut pas les transformer en ce qu'ils sont déjà. Un délinquant, ou un criminel, va en prison car la société l'a reconnu responsable des faits qui lui sont reprochés. Il doit donc être extrait de cette communauté qu'il a mise en souffrance. Ce n'est pas de l'idéologie, mais de la logique. La Nation, la République, n'a pas à payer ou à s'inquiéter du futur de ses prisonniers. Elle doit se contenter de leur fournir un endroit et des conditions décents où purger la peine déterminée et les maintenir à l'écart du reste des citoyens. Point. Or, aujourd'hui beaucoup trop de condamnés n'effectuent plus la totalité de leur incarcération, à cause de remises de peine bien souvent trop généreuses notamment, et d'un certain laxisme dû à un angélisme béat. On a renversé les rôles : désormais, ce sont les coupables qui sont victimes : on les rejette, on les stigmatise. Pauvres d'eux. Un comble, vous en conviendrez ! Pour éviter de fabriquer des récidivistes, prenons enfin des vraies mesures : une perpétuité réelle pour les crimes les plus graves (dont les victimes seraient les mineurs et les forces de l'ordre), faisons exécuter réellement les peines et rendons les libérations conditionnelles réellement exceptionnelles. Ce n'est pas un hasard si La France, orange mécanique de Laurent Obertone connaît un réel succès : certes, son auteur commet quelques erreurs et quelques raccourcis, mais les faits sont là. Les gens ont peur, le sentiment d'insécurité grandit et l'un des premiers rôles de l'Etat est de garantir la sécurité de ses citoyens. Manuel Valls semble l'avoir compris. Il serait temps que Mme Taubira ouvre enfin les yeux, plutôt que de se chamailler avec lui. Car les associations de victimes sont scandalisées. A raison. Et elles, elles n'ont rien demandé à personne...

mardi 19 mars 2013

Vie privée....vie publique ?

Bonjour à tous !

Alors que le 24 Mars s'apprête à défiler un nouveau cortège de protestataires au "mariage pour tous", il m'est venu à l'esprit que quelque chose, en ce bas-monde, avait changé. Rien de très liturgique, que les plus laïcards d'entre vous soient rassurés, simplement une réflexion profonde qui prend toujours plus sens à mesure que le "progrès" sociétal avance.
Que constatons-nous ? Libérés par Mai 68 et le mouvement hippie des années 70, les moeurs, que l'on tenait jusqu'à présent cachées et secrètes, se sont soudainement emparées de l'espace public. Hier ce furent les femmes. Nombre de leurs revendications étaient légitimes, notamment le recours à la contraception. Et puis on a cru que ça allait s'arrêter là, car la Guerre Froide était toujours prégnante, parce que la figure paternelle du Général de Gaulle s'était évaporée laissant place au consensuel Pompidou et au libéral Giscard avant que la Gauche ne reprenne la main en 1981. Et c'est là que l'erreur fut commise. Celle de croire que le champ des revendications particulières était retournée pour de bon dans la sphère privée. Cette erreur commise s'explique simplement par deux raisons : premièrement, la forte désillusion du mitterrandisme qui laissa les classes populaires sur le carreau et, deuxièmement, la chute du Mur de Berlin qui, couplée à la construction effrénée d'une Europe toujours plus libérale, allait effacer rapidement les frontières. Conséquence inévitable, 20 ans après : le capitalisme sauvage règne en maître, plus encore depuis la crise de 2008, et l'esprit, l'âme des nations, s'est évaporé car il a été imposé avec force par des instances supranationales regroupant un parterre de technocrates non-élus. Celles-ci ont imposé une norme : les pays fréquentables étaient ceux qui se montraient tolérants (pour ne pas dire laxistes) en terme d'immigration, favorisaient la cohabitation d'individus n'ayant rien en commun (induisant par là une corollaire inévitable, le communautarisme) et bien sûr, pratiquaient une économie de marché libérale où le travailleur était la variable d'ajustement au nom de l'équilibre budgétaire. New York a la main concernant les "Droits de l'Homme" et la politique d'ingérence qui va avec, tandis que Bruxelles donne le La en économie : application stricte des principes de la concurrence, absence du principe de précaution, monnaie forte qui condamne les pays besogneux de l'Europe du Sud au profit des retraités toujours plus nombreux Outre-Rhin et tutti quanti. 
Dans ce monde où l'anomie dirige, malheureusement, les rapports humains, et où les individus se côtoient sans jamais plus se parler, où la notion de solidarité à l'échelle du groupe (ce que Durkheim aurait appelé la solidarité mécanique) a disparu, l'Homme recrée des communautés pour tenter de survivre face à une individualisation forcée. C'est ainsi qu'apparaissent les nouvelles revendications dans le domaine des moeurs, aidées par des médias complaisants qui n'hésitent jamais, du fait de l'inculture crasse de la plupart des journalistes qui rabâchent des principes sans même les comprendre (regardez donc les chroniqueurs de Canal + pour vous en rendre compte !), à jouer le rôle de Robin des Bois de causes qu'ils estiment déterminantes pour l'avenir de notre pays. Avec un argument supposé faire mouche à chaque fois et faire passer le Français moyen pour un immonde plouc réac' : "Je ne vois pas pourquoi on ne le ferait pas en France, ça existe déjà dans d'autres pays". Et de nous citer la litanie (très courte) des pays soi-disants plus progressistes que nous : le Canada, les pays scandinaves et, selon les cas, l'Espagne, l'Allemagne, le Bénélux ou certains pays des USA. Autrement dit, quand on y regarde de près : le Canada est un pays qui ferait mieux de s'occuper des minorités indiennes autochtones opprimées ; les USA ont quand même un génocide sur les bras et puis c'est un pays fédéral où habiter le Kansas et habiter la Cité des Anges, c'est comme habiter deux pays différents ; les pays scandinaves, comme je l'ai déjà expliqué précédemment, émasculent consciencieusement leur population masculine ; l'Espagne est un pays ruiné qui continue de flamber envers et contre tout ; enfin le Bénélux et l'Allemagne sont les deux affameurs de l'Europe. Demandez donc aux Irlandais, aux Portugais, aux Espagnols, aux Italiens, aux Grecs et maintenant aux Chypriotes ce qu'ils en pensent ! 
Autant de pays qui feraient mieux de se regarder dans une glace avant de nous faire la leçon. Car quel est l'avenir ? Le pays s'écroule, n'a plus aucun avenir économique ni aucune perspective d'emploi pour ses jeunes, mais on s'en fout parce que les homos pourront se marier ? Vraiment ? Est-ce là la seule et ultime alternative que nous ayons trouvé ? Et la France, qui fut pendant des siècles un formidable générateur d'idées nouvelles, de grandes avancées, se retrouverait contrainte de suivre le train imposé par des pays qui, il y a encore deux siècles, la regardaient avec crainte et respect ?
La question essentielle à se poser est finalement la suivante : nous, Français, sommes-nous coupables d'amnésie ? Je m'explique : toute personne raisonnée, surtout dans l'Hexagone, devrait garder à l'esprit que la religion et la sexualité relèvent strictement du privé. En matière de religion, les guerres civiles qui ont ravagé le pays, surtout au XVIe siècle, sont là pour nous rappeler quotidiennement que la Loi de 1905 est une bénédiction. Et donc qu'il n'y a, par exemple, aucune raison de s'émouvoir de la suppression d'un menu sans porc dans une cantine en Gironde : la France est un pays laïque où les revendications des lobbies religieux n'ont aucune valeur. Qui plus est, l'Histoire de notre pays se définit notoirement par nos racines judéo-chrétiennes. Car, contrairement à l'Espagne notamment, qui a subi l'occupation arabe jusqu'en 1492, l'islam n'a eu aucune incidence sur la constitution de notre identité. De même les mosquées devraient être financées par des fonds privés avec l'aval de la Place Bauveau, pour éviter l'argent en provenance de l'étranger. 
Quant aux revendications homosexuelles, et dans la logique de ma démonstration, elles sont donc déplacées et anti-républicaines : nul ne doit savoir comment tout un chacun régit sa vie sexuelle. Que l'on soit homo ou hétéro ne regarde que nous. Mais force est de constater, malheureusement, que nous vivons désormais dans une société où le voyeurisme est la règle. Un profil Facebook a du succès quand on y étale le plus possible sa vie privée, les émissions de télé-réalité ont un succès qui ne se dément pas et les torchons de la presse people ont la belle vie. D'espace public, il n'y a plus tant la confusion avec l'espace privé s'accroît. On en vient à oublier de se conformer aux lois et aux institutions de la République, dont le mariage fait partie. Car, contrairement à ce qu'en pense le lobby gay, les homos sont traités de manière égalitaire : tout individu a le droit de se marier. Avec une personne de l'autre sexe. Une lecture attentive de la Déclaration des Droits de l'Homme devrait rendre sa lucidité à chacun dans un débat qui a trop duré et qui est devenu bien trop passionnel. 
Il est temps que la France retrouve les valeurs qui la fondent. Notre pays est le fruit d'une lente construction qui s'opère depuis Alésia, il y a de cela 2065 ans. Il serait dommage de tout voir disparaître. Car on sait ce que l'on perd, mais on ne sait jamais ce que l'on gagne...

vendredi 15 mars 2013

Habemus Papam Franciscum

Crédits Photo : Reuters

Bonjour à tous !

Ad majorem Dei gloriam (1) : telle pourrait être la devise du nouveau Pape, François, puisque issu de la Societas Jesu, l'Ordre des Jésuites. Jorge Maria Bergoglio est le premier pape du genre. Il est également le premier pape des Amériques et le premier pape non européen, au sens moderne du terme, depuis Grégoire III (dont le pontificat se déroula entre 731 et 741). 
Nouvel état-civil, parcours atypique, origine exotique : avant même de faire connaître ses premières mesures ainsi que l'orientation générale de son pontificat, le nouvel évêque de Rome est assuré d'entrer dans l'Histoire. Le moins que l'on puisse dire, c'est que ses confrères du Sacré Collège ont frappé fort en cherchant un symbole, un homme qui pourrait relancer l'intérêt autour du catholicisme. Il n'était pas le favori de ce scrutin (Odilo Scherer, Angelo Scola, Peter Turkson, Luis Tagle ou encore Marc Ouellet avaient les préférences des bookmakers) mais il a su déjouer les pronostics en s'appuyant sur le précédent conclave de 2005 où, vraisemblablement, il avait été le plus sérieux rival de Joseph Ratzinger. 
Le premier point à expliquer, c'est ce que sa formation de jésuite a de spécifique. Cet ordre particulier est sans doute le plus exigeant pour ses membres : 2 ans de noviciat (au lieu d'une année dans les autres ordres) et 10 ans d'études en philosophie, sciences et théologie, entrecoupées de 5 années de professorat. La discipline et la hiérarchie y sont des plus rigoureuses. C'est un ordre prédicateur qui entend supprimer autant que possible les intermédiaires entre les croyants et Rome afin de rendre la religion accessible à tous. Cela s'est traduit concrètement dans la vie quotidienne de l'archevêque de Buenos Aires par sa volonté d'être toujours proche des plus démunis et une volonté d'ordinaire : il a refusé son domaine épiscopal pour un petit appartement près de sa cathédrale et n'hésitait pas à prendre le métro. En résumé, son règne pourrait être celui d'un retour à la simplicité évangélique dans l'Eglise avec la mise au pas de la Curie (le gouvernement du Vatican) et un exil des affaires prononcé à l'encontre de tous ceux qui auront porté atteinte à l'image du catholicisme (on pense aux pédophiles et à tous ceux qui concourent à blanchir de l'argent sale).
Les chantiers qui attendent le Pape François sont immenses : il doit redorer l'image de sa paroisse. Les moqueurs et les grincheux mentionneront notamment les agressions sur les mineurs. Rappelons que cela existe aussi chez les imams et les rabbins. Alors les progressistes qui réclament l'ordonnancement des femmes et, a fortiori, le mariage des prêtes pour mettre fin à ces crimes en seront pour leurs frais. Les curés ne sont finalement que le reflet des hommes, avec leurs qualités et leurs défauts, leurs exploits et leurs horreurs. D'ailleurs, en parlant de progressisme, inutile d'attendre du nouveau Pontife qu'il se montre libéral sur le préservatif, le mariage homosexuel et j'en passe : il est nécessairement le gardien d'un dogme qui a pour but de protéger les Hommes des aléas de la société temporelle : l'Eglise reste, les modes passent. Et aujourd'hui, ces aléas sont la mondialisation, la marchandisation croissante de l'humain et le libéralisme sauvage. Après tout, même ces débauchés de Borgia ont maintenu une rigueur dans la pratique catholique. Cela ne changera pas aujourd'hui. François s'est même violemment pris le bec avec la présidente de son pays natal, Christina Kirchner, à propos du mariage gay. En revanche, soucieux du devenir des plus pauvres et des plus fragiles, il s'est montré favorable au baptême des femmes célibataires et des enfants nés hors-mariage.
Cependant, par honnêteté, il convient de faire état des reproches qui sont faits au successeur de Saint Pierre concernant son rôle supposé en faveur du pouvoir lors de la dictature militaire au pays de Maradona (1976-83). Des témoins apparaissent comme par magie, parlant de documents, de preuves irréfutables, pour établir que Jorge Bergoglio a autorisé l'arrestation de prêtres opposés au régime ainsi qu'à l'enlèvement de centaines de bébés. Soit. Mais on peut légitimement s'interroger sur la validité de ces preuves. Pourquoi ne sortent-elles que maintenant ? Pourquoi Bergoglio n'a-t-il jamais été inquiété par la justice de son pays, ni par la justice de la communauté internationale, toujours prompte à mettre son nez dans des affaires qui ne la regardent pas ? Une fois encore, en France en particulier, on oublie un peu trop souvent l'un des principes fondateurs de notre République : la présomption d'innocence. Puisque le nouveau Pape n'a jamais été mis en examen, arrêté ou condamné, il est innocent des faits qui lui sont reprochés. Point. Mais bon, vous me direz, les Français ont la nouvelle manie de soigneusement défaire tous les acquis républicains pour lesquels nombre de nos ancêtres furent massacrés. Un peu comme Pénélope. En moins sexy...
Pour conclure, évoquons un bref état des lieux de la catholicité dans le monde : l'Asie, l'Amérique et l'Afrique sont les moteurs de la chrétienté moderne. Un prélat issu de l'un de ces continents est donc chose normale. D'aucuns regretteront que le Pape ne soit pas africain : le problème, c'est que la confrontation avec l'Islam est forte sur ce continent, et que le pays qui aurait fourni un pape aurait risqué de basculer dans la guerre civile, notamment au Nigéria. D'autres regretteront, de même, qu'il ne soit pas asiatique : là encore, la prégnance d'un fort contrepoids, la Chine en l'occurrence, ne rend pas la chose aisée. La logique s'est donc tournée vers le Nouveau Monde. Tandis que l'Europe connait un recul constant parmi les croyants du Second Testament. Pourquoi ? Sans doute parce que notre terre de Cocagne nous a détournés d'un besoin constant en l'espoir que pouvait représenter la Bible. Et que notre contrée qui a vu naître tant de philosophes a tellement remis en question la pertinence des Ecritures que les Européens ont fini par s'en lasser. Enfin, les guerres de religion qui ont si souvent émaillé la Renaissance ont achevé de nous rendre sceptiques vis-à-vis d'une pratique abstraite qui exige de croire en quelque chose que l'on ne peut prouver. Logique. Imparable même. Est-ce une bonne chose ? Nul ne saurait le dire...

(1) : Pour la plus grande gloire de Dieu