Crédits Photo : Guillaume Paumier/Wikipédia
Bonjour à tous !
Dans le cadre tendu d'une nouvelle Manif' pour tous qui semble avoir conduit à des dérapages (la presse s'en fait l'écho, mais à chaud il est difficile d'avoir une analyse objective du fait), il me paraît plus que temps d'évaluer Christiane Taubira. Car c'est elle qui mène cette réforme tambour battant et, à travers elle, c'est tout le Ministère de la Justice qui mérite qu'on s'attarde sur son travail depuis le changement de majorité. Et le bilan n'est guère brillant.
En premier lieu, et je passerai vite dessus car tel n'est pas le but de ce post, Mme Taubira conduit cette réforme anti-républicaine qu'est le mariage pour tous, en confondant la Loi, le Droit, avec les libertés individuelles. Ce qui est dangereux et pousse à toutes les dérives. En outre, en adoptant cette fameuse circulaire demandant aux juges compétents de se montrer magnanimes envers les enfants nés d'une GPA que leurs commanditaires (comment les appeler "parents" en ce cas ?) souhaitent rapatrier de l'étranger, elle a clairement indiqué à ses détracteurs que nous n'en resterions pas là. A l'instar de sa collègue, Mme Guigou, qui avait effrontément menti lors du débat sur le PACS à l'Assemblée en promettant qu'on n'irait jamais jusqu'au mariage gay, elle tente également de prendre les Français pour des abrutis : "Vous verrez, la PMA et la GPA, ça ne se fera jamais, vous n'avez rien à craindre." Pour le moment. Et dans 10, 15 ou 20 ans, on rouvrira le dossier. Parce que le sacrosaint Progrès l'exigera. Encore un concept qui a bon dos, au passage. On connaîtra enfin le prix d'un être humain. Personnellement, ça me fait froid dans le dos. Mais il semble que je sois l'un des rares à m'en offusquer...
En deuxième lieu, le budget du ministère n'a pas connu d'augmentation significative. Si bien que les juges d'instruction, qui constituent le noeud du système judiciaire français, sont toujours autant débordés. Surtout lorsqu'ils se prennent pour des stars médiatiques. Les intéressés se reconnaîtront. Les procédures judiciaires ne sont donc pas prêt de raccourcir, et c'est bien dommage pour les administrés qui en sont les premières victimes. Notons, pour être juste, que ce n'est que la continuité d'une politique qui s'exerce malheureusement en France depuis des décennies. La Justice a beau être une manifestation régalienne primordiale, elle est traitée misérablement. Et ce n'est pas l'état de nos prisons qui risque de s'arranger, continuant de maintenir certains établissements pénitentiaires dans des états de délabrement avancé.
En troisième lieu, Mme Taubira paraît être "victime" d'une crise aigüe de mégalomanie. Il semble qu'avoir déclamé quelques mauvais vers à l'Assemblée Nationale lui ait donné des ailes au point qu'elle n'occupe que rarement son bureau de la Place Vendôme. Excédés, nombreux sont ses collaborateurs à faire leurs cartons tant l'ambiance de travail est délétère. Jusqu'à son directeur de cabinet, M. Vigouroux. Et, chose amusante, il semble que sa remplaçante soit une farouche opposante à l'homoparentalité. En 1996, alors Conseillère d'Etat, elle avait soutenu une décision judiciaire refusant le droit d'adopter à un homme homosexuel, invoquant, dans un texte très bien argumenté, le principe de précaution et le droit de l'enfant. Voilà qui promet des heures délicieuses entre les deux femmes. J'aimerais être une petite souris pour les entendre se lancer des insanités au visage.
Enfin, en quatrième lieu, c'est sans doute le point le plus important qu'il convient d'évoquer ici. Mme Taubira entend clairement vider les prisons. Nicolas Sarkozy avait déjà commencé en rendant systématique la non-exécution des peines de prison inférieures à 2 ans. Mme Taubira entend continuer de plus belle. Fin des peines planchers, fin des périodes de rétention de sûreté pour les prisonniers ayant purgé leur peine mais représentant malgré tout une vraie menace pour la société (cas des prédateurs sexuels notamment), multiplication du bracelet électronique, etc. L'argument tient en une phrase : la prison est une école du crime qui fabrique des délinquants, criminels et récidivistes. Sauf que c'est faux ! Les prisonniers condamnés le sont pour de bonnes raisons. Lorsqu'ils sont incarcérés, ils sont DEJA délinquants ou criminels. La prison ne peut pas les transformer en ce qu'ils sont déjà. Un délinquant, ou un criminel, va en prison car la société l'a reconnu responsable des faits qui lui sont reprochés. Il doit donc être extrait de cette communauté qu'il a mise en souffrance. Ce n'est pas de l'idéologie, mais de la logique. La Nation, la République, n'a pas à payer ou à s'inquiéter du futur de ses prisonniers. Elle doit se contenter de leur fournir un endroit et des conditions décents où purger la peine déterminée et les maintenir à l'écart du reste des citoyens. Point. Or, aujourd'hui beaucoup trop de condamnés n'effectuent plus la totalité de leur incarcération, à cause de remises de peine bien souvent trop généreuses notamment, et d'un certain laxisme dû à un angélisme béat. On a renversé les rôles : désormais, ce sont les coupables qui sont victimes : on les rejette, on les stigmatise. Pauvres d'eux. Un comble, vous en conviendrez ! Pour éviter de fabriquer des récidivistes, prenons enfin des vraies mesures : une perpétuité réelle pour les crimes les plus graves (dont les victimes seraient les mineurs et les forces de l'ordre), faisons exécuter réellement les peines et rendons les libérations conditionnelles réellement exceptionnelles. Ce n'est pas un hasard si La France, orange mécanique de Laurent Obertone connaît un réel succès : certes, son auteur commet quelques erreurs et quelques raccourcis, mais les faits sont là. Les gens ont peur, le sentiment d'insécurité grandit et l'un des premiers rôles de l'Etat est de garantir la sécurité de ses citoyens. Manuel Valls semble l'avoir compris. Il serait temps que Mme Taubira ouvre enfin les yeux, plutôt que de se chamailler avec lui. Car les associations de victimes sont scandalisées. A raison. Et elles, elles n'ont rien demandé à personne...

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