vendredi 25 janvier 2013

Libéralisme : quand l'Europe souhaite se tirer une balle dans le pied

D. Cameron & A. Merkel à Davos
Crédits Photo : BPA/Reuters

Bonjour à tous !

Vous n'êtes pas sans ignorer, pour avoir tous vécu cela à un moment ou à un autre de votre vie, que, lorsque vous êtes malade, le médecin vous recommande de rester bien au chaud chez vous. Le but est d'éviter de contaminer les autres mais aussi d'éviter de prendre un coup de froid qui viendrait aggraver le mal dont vous souffrez déjà.
Quand on traduit cette pratique de bon sens en langage économique, il faut comprendre : la crise vous a plus touché qu'un autre, instaurez une dose de protectionnisme histoire de protéger la force vive de votre économie : votre industrie ! Celle-la même qui, lorsqu'elle est compétitive par ses innovations et la qualité de sa main d'oeuvre, assure à tous les coups des rentrées de devises fraîches et une croissance solide. Et c'est encore plus vrai dans un monde ouvert aux quatre vents comme aujourd'hui. Tellement ouvert que notre cher pays est devenu le refuge privilégié de malades atteints de la forme la plus grave de la tuberculose en provenance du grand Caucase russe, soit dit en passant.
Alors que la crise a largement démontré que le monde de la finance était largement responsable de cette catastrophe économique, sociale et humaine, alors, justement, que le monde de la finance n'est que la forme la plus perfide, parce que la plus dématérialisée du capitalisme, de la mondialisation et du libéralisme échevelé, Angela Merkel vient de décréter qu'il s'agissait là du remède miracle ! Eh oui, vous avez bien lu.
Désireuse de connaître les raisons exactes du questionnement existentiel britannique quant à son futur au sein de l'Union Européenne, notre chère Angie, jamais avare d'un sale coup, s'est entretenue avec son homologue insulaire, David Cameron. Celui-ci a plaidé, ô surprise quand on connaît le bonhomme, l'orientation de son parti et même l'inclination de son pays, à plus de libéralisme. Sans ciller outre mesure, la Terminator de l'Europe du Sud a aussitôt déclaré qu'il conviendrait en effet de faire baisser les dépenses sociales de l'ensemble de l'Union et de conclure des accords de libre-échange privilégiés avec le Japon, l'ensemble des pays de l'ASEAN (sorte de marché commun de l'Asie-Pacifique), le Canada et, rêve suprême, l'Oncle Sam. 
Autant injecter le virus H1N1 à un malade de la grippe. Ces inconscients semblent pourtant oublier que l'Histoire n'est qu'un éternel recommencement et qu'il y a environ 30 ans, lorsque les premières failles apparurent dans l'Empire soviétique, le Politburo s'était empressé de réclamer encore et toujours plus de communisme. On sait ce qu'il en est advenu finalement. 
L'Allemagne se croit autorisée à parler au nom de toute l'Union, suscitant la joie des très libéraux pays du Nord, y compris ceux qui sont encore un genou à terre comme l'Irlande. Le Danemark s'est empressé de rejoindre cette troupe de joyeux drilles. Pourtant Mme Merkel devrait lire Spiderman plus souvent. On y apprend que : "Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités." Elle devrait donc, plutôt qu'opérer cette sorte de fuite en avant égoïste et irresponsable, chercher à comprendre d'où vient le mal profond dont souffre l'Europe. Et commencer par instaurer un véritable protectionnisme européen, en attendant que les pays qui n'en peuvent plus finissent par l'appliquer à l'échelon national.
Il est plus que temps que ces messieurs-dames qui gouvernent avec des oeillères se penchent sur le bas-peuple. Sinon un vent populiste soufflera sur les prochaines élections. Et il sera trop tard pour venir se plaindre. D'autant que les électeurs ne seront plus dupes du : "C'est pas notre faute, ce sont ces démagos de populistes qui jouent aux incendiaires !"
Lui qui rêvait des Etats-Unis d'Europe, je n'ose penser à la réaction de Victor Hugo si il voyait son rêve devenu réalité dans la peine, la souffrance et la paupérisation des masses.

mardi 22 janvier 2013

Renault, l'entreprise qui déchaîne les passions

Louis Renault en 1926/Crédits Photo : Wikicommons

Bonjour à tous !

C'est tombé cette semaine, Renault va supprimer 7500 postes en France. Il n'y aura aucun licenciement sec ni départ volontaire a assuré la direction du groupe, mais plutôt des non-remplacements de départ à la retraite. Et l'on attend ici avec amusement que M. Montebourg se manifeste. L'attente risque d'être longue. Car il est plus facile de taper sur PSA, entreprise essentiellement française et qui possède la majeure partie de ses usines dans l'Hexagone : un non-sens économique dans la compétition entre constructeurs automobiles, mais une pratique vertueuse - à saluer - de patriotisme économique. Tout le contraire de sa rivale historique dirigée par l'international Carlos Ghosn. Le cost killer, comme on l'appelle, ne transige pas : on s'aligne sur les petits voisins d'à côté concernant les conditions de travail ou on délocalise. Tout le charme de la mondialisation chère à tous nos amis européistes, de quelque bord qu'ils soient. Ils se reconnaitront. Notre ministre de la désindustrialisation progressive (et surtout agressive d'ailleurs...) sait pertinemment qu'il est inutile de s'en prendre à Renault : d'abord parce que l'entreprise est totalement internationalisée et que Ghosn s'en moquerait comme de son premier jeu de boutons de manchettes, et ensuite parce que l'Etat est actionnaire à 15%. Si il prenait la parole, cela mettrait en fâcheuse posture notre fabuleux trio Hollande-Ayrault-Moscovici !
Et puisqu'on parle de la participation de l'Etat dans la marque au Losange, il est bon de faire un petit récapitulatif historique de la façon dont cela s'est produit. C'est donc Louis Renault qui a fondé l'entreprise avec ses frères en 1899. L'usine historique se trouvait à Billancourt. Malheureusement, il se révéla être un patron sans pitié avec ses employés, licenciant sans ménagement ceux d'entre eux qui étaient syndiqués. Cela prit des proportions dramatiques en 1938 : d'abord bloquée par les militants CGT et communistes, l'usine est évacuée par les forces de l'ordre manu militari. Il faut dire que la police de l'époque ferait passer celle d'aujourd'hui pour une escouade de boy-scouts ! Après cet éclat, tous les délégués du personnel et la plupart des ouvriers syndiqués furent renvoyés et Renault s'arrangea même pour qu'ils ne trouvent pas de travail ailleurs dans la région !
1945, fin de la Guerre. Nombreuses furent les entreprises françaises à avoir collaboré, bon gré mal gré, avec les Nazis : Renault, mais aussi Peugeot et Citroën. Une seule va payer les pots cassés. Car, alors qu'ils avaient commencé la Guerre dans le camp des collabos et des antisémites de premier ordre, les Communistes ont, entretemps, tourné casaque et font même partie du Gouvernement à la Libération. L'occasion est trop belle de se débarrasser du cruel Louis Renault. Ni une, ni deux, l'entreprise est nationalisée. L'entrepreneur ne s'en remettra jamais et mourra en 1946. Il y a une haine si viscérale envers lui qu'aujourd'hui encore les leaders syndicaux de l'entreprise veillent à ce que son portrait ne figure même pas dans la salle du conseil d'administration ! 
Que les Communistes aient voulu se venger d'un être si brutal et si veule, cela peut se comprendre aisément. Mais il aurait été préférable de le dire honnêtement plutôt que d'essayer de nous livrer une vision tronquée de l'Histoire où seule l'entreprise Renault aurait collaboré avec l'ennemi. C'est décidément une sale manie de la Gauche que de nous livrer une version de l'Histoire tiédasse à sa sauce. Il en va de même pour son rôle dans la colonisation et pendant la Seconde Guerre Mondiale, comme je l'ai mentionné plus haut. Cet exemple parlant d'une entreprise emblématique française qui se retrouve être au centre d'enjeux politiques nationaux nous montre qu'il ne faut jamais hésiter à questionner l'Histoire. Même si ce que l'on trouve n'est pas toujours très beau à voir...

vendredi 18 janvier 2013

Intervention française au Mali : la peur des mots ?

Crédits Photo : Rémy de la Mauvinière/AFP

Bonjour à tous !

Ca y est, il l'a fait ! François II, François le Mou est devenu Président de la République : inflexible sur le mariage gay (après tout il est fidèle à ses idées et à ses engagements, ça se respecte), instaurateur de la flexisécurité adulée par nos "amis" anglo-saxons (ça ne marche plus ailleurs, mais en France on a toujours un train de retard) et passant outre le Parlement pour lancer les hostilités au Mali, Hollande a enfin compris que nous étions en plein dans la Ve République. Celle qui consacre le Président comme seul véritable référent pour les citoyens du pays. Fini d'envoyer au front Ayrault l'incapable, Taubira et Vallaud-Belkacem les grandes gueules ou Valls le séducteur. La fin de la récré a été sifflée. Et on y voit plus clair.
Agacé par les prises d'otages à répétition dans le Sahel, notre bon président a donc tapé du poing sur la table. Il faut dire qu'il n'y a pas à chercher bien loin pour connaître les intérêts de la France dans cette intervention : la protection des réserves d'uranium au Niger. Et il est inutile de compter sur l'armée malienne pour intervenir : elle est en pleine déconfiture dans un pays qui ne regroupe pas une nation pleine, entière et indivisible comme c'est le cas dans notre chère "vieille Europe" que d'aucuns dans le monde moquent avec une pédanterie effrontée. Quand la France a été chassée du continent africain, elle a pris une règle et une équerre et a mis des noms dans les cases, point. On savourera tout de même au passage l'énième contrepied de la Gauche dans cette histoire : "La Françafrique, c'est fini !" nous a-t-on répété à l'envi. Ben oui, on voit ça. 
En tout cas cette intervention est une bonne chose car elle protège les intérêts de la France. C'est de la géostratégie. Quant à savoir ce que ces islamistes font là... On serait bien tenté de dire que si les vilains colons français n'étaient pas partis, on n'en serait pas là car cela a freiné l'islamisation galopante d'une Afrique subsaharienne animiste et chrétienne, mais on nous rétorquerait encore une fois que la colonisation c'est très mal ! Alors, gardons le silence et ne prononçons pas le mot qui fâche.
L'ennui, dans toute cette histoire, c'est que ni le Président, ni aucun autre membre du Gouvernement, ne nomme précisément l'ennemi : ce sont des "terroristes". Mais pourquoi, nom d'un petit bonhomme, ne pas les dénommer correctement ? Ce sont des djihadistes, des islamistes qui ne rêvent que d'une chose : ridiculiser le monde occidental pour mieux propager leur indigeste charia. Et dans ces cas-là, évidemment, inutile d'attendre un mot de ce cher M. Boubakeur ou du CFCM, le Conseil Français du Culte Musulman. Rien, nada, silence radio. Comme cela est pratique. Par contre, pour arrondir les angles et appeler à "éviter tout amalgame" durant l'affaire Merah, là, il y avait du monde. Des gens bien courageux dites-moi. Et pendant ce temps-là, les petits copains des islamistes maliens ont pris des dizaines d'étrangers en otage en Algérie, navrante histoire qui s'est terminée dans un bain de sang. Auront-ils un mot pour les victimes, ces responsables musulmans français ? Je crains que non. 
On ne sait pas encore trop ce que donnera ce conflit en plein Sahel, et il est déjà trop tard pour sauver ce que ces ignares ont saccagé à Tombouctou et qui faisait pourtant partie du patrimoine mondial de l'UNESCO. Mais il est encore temps, pour la France, d'appeler un chat, un chat et d'appeler le monde occidental à enfin prendre ses responsabilités. Et aux musulmans qui vivent dans nos contrées de choisir leur camp. Alors, messieurs, qui aura du cran ?

lundi 14 janvier 2013

Non à la médecine de confort !

Bruno Le Roux, patron des députés PS, et
principal revendicateur de la PMA pour les couples homosexuels
Crédits Photo : Fred Dufour/AFP

Bonjour à tous !

Alors que la "manif pour tous" a fait beaucoup parler ce week-end, il est un débat sous-jacent qui mérite d'être posé : celui de la médecine de confort.
Qu'entendre par là ? L'on définira, ici, la médecine de confort comme toute forme de recherche médicale ayant pour finalité le confort et le bien-être de chacun dans un but lucratif plutôt que curatif. Je mettrai dans ce lot, et à titre d'exemple, la chirurgie esthétique (que l'on différenciera de la chirurgie réparatrice), ou bien la recherche visant à promouvoir une gestation et une filiation bricolées. Car il n'y a pas d'autre mot. On pourra aussi inclure les recherches sur le clonage dans ce domaine, toujours à titre d'exemple. 
On a longtemps taxé l'Eglise d'obscurantisme dans les domaines de la science et de la médecine, lui reprochant de freiner le progrès médical et l'épanouissement de chacun. Sauf qu'en agissant de la sorte, même si Rome a agi sans discernement et avec abus, la hiérarchie ecclésiale protégeait la société de dérives marchandes et capitalistes comme on les vit aujourd'hui.
Car il est loin, l'âge d'or de la médecine, celui des Fleming, Pasteur, Paré, où la recherche médicale permit de faire reculer la mortalité, couplée à de grandes avancées en matière d'hygiène. Aujourd'hui, la médecine a été mise en coupe réglée par les grands laboratoires pharmaceutiques, qui ne sont pas réputés être des enfants de choeur. Ces groupes ne cherchent rien d'autre que le profit maximal à court terme en défiant l'éthique. L'affaire du Mediator, dernière en date les concernant, est bien là pour le prouver. Et alors que la PMA et la GPA sont agitées tels un chiffon rouge par les tenants du "mariage pour tous", on enchaîne aussitôt avec un débat sur l'euthanasie. Une belle blague quand on sait que les mêmes qui proposent une réflexion sur ce sujet sont opposés à la peine de mort...
Au nom du sacro-saint progrès, on essaie de nous faire avaler des couleuvres toujours plus grosses. On a de plus en plus de mal à cacher que l'on veut faire du corps humain une marchandise comme une autre, car il faut toujours offrir des sacrifices au Dieu Dollar (ou Euro, il a plusieurs noms...)
Avec le débat sur le "mariage pour tous", c'est aussi l'avenir que l'on souhaite pour nos enfants qui est en ligne de mire : car on met toujours en avant ce qui s'est fait dans d'autres pays comme les Pays-Bas ou la Belgique. Eh bien la PMA et la GPA sont appliquées dans ces pays, l'enfant et le ventre d'une mère se retrouvant être des biens de consommation courante, suivant que l'on soit dans un cas ou dans l'autre. Pierre Bergé, président du directoire du Monde, entre autres choses, a récemment déclaré : "Je ne vois pas de différence entre un ouvrier qui loue ses bras et une femme qui loue son ventre." Tout est (tristement) dit.
Demain, si on laisse faire sans réagir, ce sera la voie vers l'eugénisme : on pourra choisir son enfant sur commande, et le paramétrer comme on paramètre une voiture avant un achat. Il y a quelques décennies, une certaine doctrine voulait promouvoir la race aryenne par ce biais. Sauf qu'évidemment, on refusera toujours ce parallèle, arguant qu'on agit pour "l'égalité", la "liberté" et que, "de toute façon ça ne me dérange pas, qu'ils fassent ce qu'ils veulent après tout." Ou comment l'inconséquence, le "après moi, le déluge", est érigée en nouvelle religion. 
La vérité, c'est que tout cela répondra à un impératif qui est sans doute la plus vieille angoisse au monde : la peur de la mort. Pour soi et pour ses proches. Alors on met toutes les chances de son côté, et tant pis pour les conséquences désastreuses que cela a sur notre société. Alors qu'il serait bien plus simple de s'accepter comme l'on est, que nos différences, sexuelles, culturelles, ou physiologiques sont justement ce qui nous caractérisent aux yeux des autres. S'accommoder de kilos en trop, d'un diabète, ou du fait d'être homo avec les conséquences biologiques que cela implique seraient autant de démonstrations d'une grandeur d'âme, car cela démontrerait enfin que l'être humain a besoin de l'altérité pour exister. Et ce serait bien mieux que de permettre d'enrichir quelques profiteurs sans scrupules. De là à aboutir à un extrême fictif comme dans The Island ou Bienvenue à Gattaca ? Espérons que non. Mais cela ne dépend que de nous. Le progrès, oui, mais avec raison et réflexion.

jeudi 10 janvier 2013

2013 dans le monde : un chaos en préparation ?

Bonjour à tous !

Pour conclure cette chronique en plusieurs volets sur le bilan de l'année passée et les prospectives sur l'année qui débute, voici donc mon opinion sur ce qui risque de se passer dans le monde en 2013.
Les sources d'inquiétude sont nombreuses. Tout d'abord la Chine, dont la croissance ralentit imperceptiblement, et dont les aspirations démocratiques de son peuple sont toujours plus nombreuses, semble déterminée à rassembler tout son petit monde derrière le drapeau avec un ennemi tout désigné : le Japon. Une façon assez symbolique de vouloir obtenir la passation du témoin après que l'archipel dominât économiquement l'Asie pendant des décennies. Le problème c'est que les Chinois ne connaissent pas trop la manière douce, ce dont les Tibétains peuvent attester. Ils ne plaisantent pas avec l'impérialisme et ont donc décidé de faire leurs les îles Senkaku, obscurs petits territoires perdus en Mer de Chine et que le traité de San Francisco (en 1951) a laissés face à l'abandon du vide juridique. Si le dragon chinois s'éveille, cela risque de faire du bruit.
Autre signe inquiétant, bien sûr, c'est la situation tendue en Europe où les plans d'austérité qui se succèdent au mépris des peuples risquent de finir par causer des révoltes. Les Italiens, les Grecs, les Espagnols et les Portugais grondent tant et plus. Certains, comme Alain Minc, préfèrent nous persuader que ces réformes seront adoptées et acceptées par les habitants. Mais rien n'est moins sûr. L'Europe peut-elle voler en éclats pour enfin se rebâtir sur des fondations plus saines, c'est-à-dire sur une Europe des Nations ? Le chemin pour y parvenir semble douloureux mais les signaux pour une désagrégation de l'Union se multiplient : la Grande-Bretagne n'a jamais été aussi près de sortir, la Grèce ne pourra pas rester exsangue éternellement (et le retour à la Drachme semble être son unique échappatoire) tandis qu'aujourd'hui c'est Chypre qui menace de faire faux bond tant l'île est ravagée par la crise économique et politique, puisque la question de sa dépendance envers Athènes ou Ankara n'a jamais été véritablement tranchée !
Enfin la question du Moyen-Orient reste trouble. Leurrés par les promesses de démocraties et les belles paroles de quelques idiots utiles tels BHL, nos dirigeants ont laissé faire en Tunisie, en Egypte, en Libye avant de procéder certainement de la même façon en Syrie. Et pourtant, les trois premiers  pays nommés sont en train de sombrer dans un chaos islamiste sans fin. Cela dit, la situation en Libye est légèrement différente puisque l'on est en train de s'apercevoir que ce pays construit de toutes pièces ne pourra certainement pas survivre à la poigne de fer de Kadhafi. Et je ne parle même pas de la menace nucléaire représentée par l'Iran qui pourrait finir par faire sortir Israël de ses gonds, ce qui ne serait profitable à personne : ni aux populations du Moyen-Orient, qui n'arrivent pas à sortir de décennies guerrières, ni aux Israéliens dont la cote de popularité côtoie les bas-fonds atteints par le couple infernal Hollande-Ayrault.
C'est dans ce genre de situation chaotique que le monde a besoin d'un leader. Car l'Humanité est ainsi faite que dans les moments difficiles, elle s'en remet toujours, au moins provisoirement, à un chef charismatique capable de transcender les difficultés pour les résoudre manu militari. Ce fut César dans la Rome antique, ou bien ce fut le Général de Gaulle, à Londres, en 1940, mais l'un comme l'autre avaient la sagesse et la capacité à trancher dans le vif. Oh, bien sûr, les grincheux objecteront qu'il s'agissait là d'un déni de démocratie. Moi je préfère y voir un acte de courage de la part de personnes qui avaient la hauteur de vue nécessaire pour prendre les décisions qui s'imposaient et que nul ne voulait prendre de peur de se salir les mains.
Ce rôle, les Américains l'assumaient parfaitement jusqu'en 2000. Et puis il y eut le tournant qui transforma profondément le pays, au point qu'il ne s'en remît jamais complètement. Nous non plus d'ailleurs. Le 11 Septembre. 2 avions dans des tours et le monde occidental perd la boule, à commencer par l'homme le plus puissant du monde qui se révèle être aussi incompétent que dangereux. Son successeur, plein de bonne volonté, ne peut masquer ni ses lacunes, ni la volonté toujours plus farouche de la volonté d'états chaque jour plus nombreux à vouloir s'émanciper de l'ombre encombrante de l'Oncle Sam. 
Chacun veut être libre, chacun veut son indépendance. Mais pendant ce temps-là le monde court la menace du chaos. Un bateau sans personne à son gouvernail finit toujours par sombrer. Alors, allons-nous nous entêter ou nous montrer pragmatique. Telle est la question...

dimanche 6 janvier 2013

2013 en France : une année charnière.

Bonjour à tous !

C'est avec joie que je vous retrouve, chers lecteurs, en cette nouvelle année. L'occasion pour moi de vous présenter mes voeux et de vous souhaiter de découvrir ou d'entretenir la même passion que votre serviteur : réfléchir, beaucoup, dans le but de ne jamais se satisfaire des vérités établies. Ne vous contentez jamais de ce que l'on vous dit : contestez, argumentez, apprenez, protestez... Bref, n'ayez jamais peur de pousser la réflexion par-delà les sentiers battus, même lorsque l'on vous dit que vous êtes bien fous de vous engager sur ce genre de piste. Car telle est la richesse de la démocratie : le débat ! A condition qu'il soit courtois (toujours) et qu'il repose sur de solides arguments (c'est préférable). D'ailleurs, je profite de cette occasion pour signaler plus particulièrement à ceux qui me lisent et qui ne sont (presque) jamais d'accord avec moi que je suis encore plus heureux de les retrouver !
Cette parenthèse étant close, j'en reviens maintenant au coeur de mon sujet : ce qui attend la France pour 2013. Il paraît déjà probable que l'on va assister à un premier remaniement ministériel. Difficile de prédire avec exactitude ce qu'il en sera mais certains bruits de couloir relevés par des journalistes bien informés font, par exemple, état d'un départ de Christiane Taubira vers le Conseil Constitutionnel. Comment imaginer également que le trio infernal de Bercy puisse continuer à travailler ensemble ? Le brave Cahuzac est embringué bien malgré lui dans un "Plenel-gate" (pardon mais je répugne à qualifier ce monsieur de journaliste...) qui n'est pas le premier du genre ! Quant à Moscovici, l'européiste acharné, et Montebourg, le porte-parole de la démondialisation, on se demande encore comment ils font pour ne pas s'étriper. Si Ayrault est maintenu à son poste, difficile d'imaginer que l'ex d'Audrey Pulvar restera encore longtemps en poste, désavoué qu'il fut par l'ancien maire de Nantes dans l'affaire de Florange. Ce sera alors un aveu de Hollande : lui qui disait vouloir mener une véritable politique de Gauche pour rendre la voix aux humbles et aux modestes montrera enfin son vrai visage, celui d'un "social-libéral" (oui, la politique est passionnée par les oxymores) pro-européen et pro-mondialisation. Et l'éventuelle nomination de Pascal Lamy, Monsieur OMC, dans le gouvernement ne ferait que renforcer cette condition. Ou comment faire plaisir à Merkel et Obama tout en se mettant toute la population à dos ! 
D'où l'importance capitale, finalement, de faire des réformes cosmétiques soi-disant sociétales, soi-disant progressistes et modernes, soi-disant égalitaires : droit de vote des étrangers (même si ce projet semble mort et enterré, je vous renvoie à mes explications dans l'article que j'ai consacré à ce sujet), mariage et adoption pour tous et pourquoi pas euthanasie, dépénalisation du cannabis et autres salles de shoot. Remarquez, vu ce qui nous attend, il faudra peut-être sérieusement songer à se procurer de quoi s'anesthésier le cerveau. Cependant ces réformes ont un point commun : elles sont toutes de potentielles nouvelles niches de consommation pour un capitalisme toujours plus sauvage et avec toujours moins de scrupules. Demain, après avoir - légalement - commandé votre stock de drogue pour le mois, vous pourrez aller dans une clinique privée avec votre conjoint, homme ou femme ou trans ou bi, peu importe (tant que vous pouvez vous abîmer en sa compagnie dans une sexualité toujours plus débridée et glauque) et choisir avec votre médecin-conseil-personal-shopper jusqu'à la couleur des yeux de votre futur bébé dont l'embryon sera implanté dans l'utérus d'une malheureuse indonésienne rémunérée 10.000 euros, ce qui lui suffira pour nourrir sa famille pendant toute une année ! Et quand vous en aurez marre de cette vie finalement bien morne, vous irez à la pharmacie vous procurer votre petite pilule pour en finir, toujours en toute légalité.
Mais on va me dire que je noircis le tableau. Peut-être que Hollande, que j'ai connu plus malin, va se rendre compte qu'il court droit à la catastrophe lors des élections intermédiaires. Auquel cas il prendra les mesures qui s'imposent. Faire moins de sociétal et plus d'économique, non pas pour augmenter les impôts, mais au moins pour redonner envie à l'esprit entrepreneurial des Français de se manifester à nouveau. Un début de ré-enchantement industriel qui, couplé à une véritable TVA sociale et à une véritable réforme du travail (abrogation des 35h, recul de l'âge de la retraite, mais avec renégociations salariales et heures supp' défiscalisées en contrepartie à la clé) pourrait permettre enfin de sortir de l'ornière et d'éviter de se faire matraquer par les agences de notation et les marchés. Parce qu'il est inutile de rêver : les Italiens et les Espagnols ne feront plus diversion très longtemps, et avec une dette à 92% du PIB, je vous laisse deviner la volée de bois vert qu'on risque si jamais le pot aux roses est éventé... Mais, chut ! Que cela reste entre nous !

dimanche 30 décembre 2012

Bilan 2012 (2/2) : Monde

Bonjour à tous !

Comme promis, mais avec un peu de retard tout de même (il s'agit de digérer le chapon farci !), voici la 2e partie du bilan de l'année 2012, mais qui concerne cette fois l'international. Il y aurait beaucoup de choses à dire, comme pour la France du reste. Il faut néanmoins, à mon sens, retenir deux choses essentielles : 
- la première, sur un plan géopolitique, c'est que les révolutions arabes sont allées droit dans le mur. Comme on pouvait s'y attendre, ces mouvements de protestation venues de populations urbaines, modérées et occidentalisées ont été récupérés par ces rapaces que sont les islamistes : frères musulmans, salafistes, etc. Résultat, la situation s'enlise en Egypte et en Tunisie. On ne parle même plus de la Libye. Le Maroc échappe à la vague islamiste grâce à un monarque populaire et habile tandis que l'Algérie concentre ses rancoeurs contre la France qui a pourtant quitté le pays avec pertes et fracas il y a...50 ans ! Et Bouteflika de boire du petit lait... En Syrie, la rébellion s'enlise, Al-Assad n'est pas prêt de lâcher le morceau. De toute façon, tout le monde sait que les islamistes prendront là aussi le pouvoir, et que les minorités chiite, alaouite et chrétienne du pays connaîtront le même sort peu enviable que les Coptes de l'autre côté du Canal de Suez ;
- la seconde, sur un plan économique cette fois, c'est que la crise n'est pas derrière nous, mais peut-être bien devant nous. D'abord parce que la politique intérieure américaine n'a sans doute jamais été aussi médiocre entre un Obama qui préfère raconter des blagues lors de dîners de charité et une opposition républicaine qui s'enlise dans un puritanisme anti état fédéral dénué d'idées parfaitement ridicule. Ensuite parce que l'Union Européenne continue d'aller joyeusement dans le mur. On touche le fond mais on creuse encore. En espérant s'en sortir par une intégration fédérale toujours plus forte au mépris de la souveraineté des peuples, et donc de la démocratie la plus élémentaire. L'Euro, qui étouffe par sa valeur trop appréciée la plupart des économies désindustrialisées d'Europe, n'est jamais remis en question, pas plus que cette ridicule ouverture des frontières aux quatre vents. Et dire qu'après on traite un acteur de minable parce qu'il ose justement profiter du système voulu par ceux qui l'ont mis en place. Comme disait Bossuet (je sais je me répète, mais il faut croire que ça ne rentre pas) : "Dieu se rit des hommes qui se plaignent des conséquences dont ils chérissent les causes". 
Le bilan n'est donc guère réjouissant. Le monde panarabe est prêt à s'embraser à tout instant. La bonne nouvelle éventuelle, c'est que ça laissera Israël un peu respirer. A moins qu'on ne les tienne aussi pour responsables du chaos ambiant dans ces pays à l'avenir incertain, allez savoir. Et puis les Russes pourront tranquillement continuer d'écouler leurs invendus de la Guerre Froide en prenant soin de fermer les yeux sur l'identité des "clients" : c'est de la realpolitik où je ne m'y connais pas ! Quant à l'économie, étant donné la baisse massive de la production mondiale pour ramener l'offre au niveau - faible - de la demande, on va certainement aboutir à une déflation, autrement dit : baisse des prix, baisse des cours des matières premières, mais donc, mécaniquement, baisse des salaires voire licenciements et délocalisations toujours plus nombreux dans des pays qui se vendront comme des paradis du dumping, l'idéal pour des IDE (1) toujours plus volatiles et incontrôlables ! La dernière fois qu'un tel scénario s'est produit, avec une déflation entraînant des drames sociaux à n'en plus finir, c'était en Allemagne, sous la République de Weimar. On sait ce qu'il est advenu par la suite.
Un espoir ? Il y en a un qui, et ça me fait mal de le dire, s'appelle la Chine. Maintenant qu'ils se sont bien gargarisés de la mondialisation en s'enrichissant au-delà de toute décence, ils pourraient d'abord réévaluer leur monnaie, le Yuan, afin d'offrir une concurrence plus loyale sur le marché des exportations, et ensuite ils pourraient injecter leurs immenses réserves de liquidité (on parle de 3,000 Mds $ !) dans l'économie internationale. De toute façon, à plus ou moins long terme, ils n'auront pas le choix si ils ne veulent pas que leur clientèle s'étiole et que cela mette en péril leur jolie croissance à 8% par an...

(1) IDE = Investissements Directs à l'Etranger