dimanche 30 décembre 2012

Bilan 2012 (2/2) : Monde

Bonjour à tous !

Comme promis, mais avec un peu de retard tout de même (il s'agit de digérer le chapon farci !), voici la 2e partie du bilan de l'année 2012, mais qui concerne cette fois l'international. Il y aurait beaucoup de choses à dire, comme pour la France du reste. Il faut néanmoins, à mon sens, retenir deux choses essentielles : 
- la première, sur un plan géopolitique, c'est que les révolutions arabes sont allées droit dans le mur. Comme on pouvait s'y attendre, ces mouvements de protestation venues de populations urbaines, modérées et occidentalisées ont été récupérés par ces rapaces que sont les islamistes : frères musulmans, salafistes, etc. Résultat, la situation s'enlise en Egypte et en Tunisie. On ne parle même plus de la Libye. Le Maroc échappe à la vague islamiste grâce à un monarque populaire et habile tandis que l'Algérie concentre ses rancoeurs contre la France qui a pourtant quitté le pays avec pertes et fracas il y a...50 ans ! Et Bouteflika de boire du petit lait... En Syrie, la rébellion s'enlise, Al-Assad n'est pas prêt de lâcher le morceau. De toute façon, tout le monde sait que les islamistes prendront là aussi le pouvoir, et que les minorités chiite, alaouite et chrétienne du pays connaîtront le même sort peu enviable que les Coptes de l'autre côté du Canal de Suez ;
- la seconde, sur un plan économique cette fois, c'est que la crise n'est pas derrière nous, mais peut-être bien devant nous. D'abord parce que la politique intérieure américaine n'a sans doute jamais été aussi médiocre entre un Obama qui préfère raconter des blagues lors de dîners de charité et une opposition républicaine qui s'enlise dans un puritanisme anti état fédéral dénué d'idées parfaitement ridicule. Ensuite parce que l'Union Européenne continue d'aller joyeusement dans le mur. On touche le fond mais on creuse encore. En espérant s'en sortir par une intégration fédérale toujours plus forte au mépris de la souveraineté des peuples, et donc de la démocratie la plus élémentaire. L'Euro, qui étouffe par sa valeur trop appréciée la plupart des économies désindustrialisées d'Europe, n'est jamais remis en question, pas plus que cette ridicule ouverture des frontières aux quatre vents. Et dire qu'après on traite un acteur de minable parce qu'il ose justement profiter du système voulu par ceux qui l'ont mis en place. Comme disait Bossuet (je sais je me répète, mais il faut croire que ça ne rentre pas) : "Dieu se rit des hommes qui se plaignent des conséquences dont ils chérissent les causes". 
Le bilan n'est donc guère réjouissant. Le monde panarabe est prêt à s'embraser à tout instant. La bonne nouvelle éventuelle, c'est que ça laissera Israël un peu respirer. A moins qu'on ne les tienne aussi pour responsables du chaos ambiant dans ces pays à l'avenir incertain, allez savoir. Et puis les Russes pourront tranquillement continuer d'écouler leurs invendus de la Guerre Froide en prenant soin de fermer les yeux sur l'identité des "clients" : c'est de la realpolitik où je ne m'y connais pas ! Quant à l'économie, étant donné la baisse massive de la production mondiale pour ramener l'offre au niveau - faible - de la demande, on va certainement aboutir à une déflation, autrement dit : baisse des prix, baisse des cours des matières premières, mais donc, mécaniquement, baisse des salaires voire licenciements et délocalisations toujours plus nombreux dans des pays qui se vendront comme des paradis du dumping, l'idéal pour des IDE (1) toujours plus volatiles et incontrôlables ! La dernière fois qu'un tel scénario s'est produit, avec une déflation entraînant des drames sociaux à n'en plus finir, c'était en Allemagne, sous la République de Weimar. On sait ce qu'il est advenu par la suite.
Un espoir ? Il y en a un qui, et ça me fait mal de le dire, s'appelle la Chine. Maintenant qu'ils se sont bien gargarisés de la mondialisation en s'enrichissant au-delà de toute décence, ils pourraient d'abord réévaluer leur monnaie, le Yuan, afin d'offrir une concurrence plus loyale sur le marché des exportations, et ensuite ils pourraient injecter leurs immenses réserves de liquidité (on parle de 3,000 Mds $ !) dans l'économie internationale. De toute façon, à plus ou moins long terme, ils n'auront pas le choix si ils ne veulent pas que leur clientèle s'étiole et que cela mette en péril leur jolie croissance à 8% par an...

(1) IDE = Investissements Directs à l'Etranger

lundi 24 décembre 2012

Bilan 2012 (1/2) France

Bonjour à tous !

En cette fin d'année, et juste avant la distribution des cadeaux sous le sapin, je vous propose une petite rétrospective commentée de l'année qui s'achève. Cela aura lieu en 2 parties : une partie pour la France, une autre pour l'international.
Commençons donc par notre beau pays dont la principale information est bien sûr que la sortie de crise n'est pas pour tout de suite. Avec un taux de chômage tutoyant allègrement les 10% (et encore, sans tenir compte des emplois précaires : intérimaires, CDD de moins de 6 mois et temps partiels), la croissance est nulle, la dette atteint 90% du PIB (soit 1900 Mds € en valeur) et 2 grandes agences de notation sur 3 ont décidé de nous retirer notre AAA, sésame parmi les sésames pour emprunter à taux préférentiel sur les marchés financiers.
Si la situation économique n'est pas rose, que dire de la situation politique ? A crise exceptionnelle, nous étions en droit d'attendre une campagne présidentielle à la hauteur et nous fûmes déçus. Déçus par le manque d'idées et par les programmes creux partout sur l'échiquier politique. Les Verts se sont tiré une balle dans le pied en désignant Eva Joly candidate. Le Front de Gauche, regroupant le PCF et le Parti de Gauche, a misé sur un Mélenchon gouailleur et hargneux pour mieux masquer ses incohérences et ses insuffisances. Fidèle à son habitude, l'extrême-gauche s'est prétendue la voix du peuple et des miséreux et, fidèle à son habitude, a vu son électorat prendre la poudre d'escampette pour l'extrême-droite et le FN. Un FN dont la candidate, Marine Le Pen, a fait preuve d'insuffisances sur le plan économique pour faire un score beaucoup plus important d'autant qu'une partie de son score est due, mathématiquement, à l'écroulement de François Bayrou : leurs scores étaient inversés à la Présidentielle de 2007. Enfin, Sarkozy avait bien mal commencé sa campagne en voulant se recentrer et en se présentant comme un libéral et un européiste convaincu. Se voyant dévisser dans les sondages (-10 pts par rapport à Hollande à quelques semaines des élections), il a fort heureusement redressé la barre en montrant l'image d'une droite souverainiste, sociale et indépendante de Bruxelles et des marchés. Malheureusement pour l'ancien Président, nul n'était dupe, notamment à cause de son bilan qui montrait qu'il n'avait pas tenu parole : l'immigration légale n'a jamais été aussi forte que sous son mandat (200.000 entrées par an, plus encore que sous Jospin : la presse avait bien tort de dénoncer son soi-disant populisme), il a finassé pour faire adopter sous une autre forme le projet de Constitution européenne pourtant rejetée par les Français lors du référendum de 2005 et il a clairement abandonné les classes populaires pour aller fricoter avec la Merkel. Donc il a perdu, logiquement, tout en limitant la casse. 
Et puis il y a François. Ah, François, l'homme qui croit que les Français ont voté pour lui par choix, par envie alors qu'ils ont juste voté contre le candidat sortant. Il nous a promis du changement pour finalement nous faire de l'UMP de Gauche : on signe le traité avec Merkel qui avait été négocié par Sarkozy, on augmente la TVA comme Sarkozy l'avait envisagé alors qu'on le dénonçait pendant la campagne, etc, etc. Et pour faire passer la pilule, on met la France sans dessus dessous en promettant le mariage et l'adoption pour tous. Ne manquent plus que l'euthanasie et la dépénalisation du cannabis pour vivre dans un paradis de la jouissance immédiate, sans contraintes ni responsabilités. Pourquoi pas ? Après tout, puisqu'on nous fait bien comprendre que de toute façon on ne sortira pas de la crise à moins d'un miracle c'est une façon (lâche !) de voir les choses. Oh, bien sûr, on envoie les courageux Montebourg et Valls en première ligne se faire allumer par la critique alors qu'ils se démènent comme des beaux diables. Mais rien n'y fait. On n'y croit plus. Peut-on s'en sortir ? Reste-t-il des raisons d'y croire ? Peut-être. Mais ça passera de toute façon par une autre politique, et en arrêtant de prendre les Français pour des idiots. Car viendra le temps où ça ne fonctionnera plus. Et là, Marine Le Pen, en dépit de ses carences et de son opportunisme sera au second tour en 2017. On viendra taper sur la Droite car elle aura, prétendument, attisé le feu de la haine. Sauf que cette excuse éculée ne fonctionnera plus, car il y aura de fortes chances pour que l'UMP, après son spectacle lamentable qu'elle donne depuis 6 semaines, ait littéralement implosé. On se demande comment Hollande et Ayrault se sortiront de cette ornière...

A suivre, début 2013 : les prospectives pour la France


mardi 18 décembre 2012

La Chine, colosse aux pieds d'argile

Lao Tseu par ETC Werner en 1922

Bonjour à tous !

Si la crise économique est toujours prégnante au quotidien, il est un pays où, en surface, tout va bien dans le meilleur des mondes. Ce pays, bien sûr, c'est la Chine. Nouvellement classée 2e puissance économique mondiale derrière les USA, mais devant le voisin japonais honni, le pays dispose, pour beaucoup, de nombreux atouts qui doivent faire d'elle, à terme, la puissance dominante du monde contemporain.
Comment ce pays, chantre du communisme et qui abandonna son régime impériale sous la férule féroce et charismatique de Mao, s'est-il converti avec un tel succès à l'économie de marché ? Cette réponse peut tenir en deux mots : autoritarisme étatique. Cela a commencé dans les années 90, puis s'est accéléré dans les années 2000. Ce fut une prise de conscience politique que la paix sociale devait s'acheter par une exceptionnelle réussite économique à même de doper la croissance et de développer un fort sentiment de fierté nationale à l'ensemble des Chinois. Car c'est bien connu, dans une dictature, seul un nationalisme exacerbé permet de faire diversion. 
Cela a commencé d'abord par un dumping social, économique et environnemental féroce afin d'attirer les différentes enseignes internationales. C'est, hélas, la face la plus noire de la mondialisation. Mais au-delà de cette image d'Epinal, les Chinois sont passés à l'échelon supérieur. Les grandes entreprises  internationales devaient, pour ouvrir une succursale en Chine, signer un contrat spécifique que l'on appelle dans le jargon un joint-venture, c'est-à-dire l'obligation pour le signataire occidental de s'associer à une entreprise chinoise et de lui enseigner ce qu'elle sait par le biais d'un transfert de technologie. Car c'est là le talent chinois : avoir su se rendre indispensable pour les grands groupes afin de les inciter à s'installer chez eux tout en apprenant leurs technologies, ou comment faire d'énormes économies en Recherche et Développement. Problème : ils copient, beaucoup (la contrefaçon est, avec la corruption, le sport national), mais évidemment n'arrivent pas à ressembler à l'original. C'est pour cela qu'à moins d'être passablement inconscient, acheter une voiture ou un téléphone portable chinois s'avère particulièrement hasardeux. L'autre volet de la puissance chinoise, c'est bien sûr son économie. Ayant flairé l'appétit consumériste de la cigale américaine et, dans une moindre mesure, de la cigale européenne, la plupart des Occidentaux vivant à crédit, la fourmi chinoise a acheté de la dette à l'Ouest en s'en goinfrant tant et plus. Le tout grâce à une réserve de trésorerie unique au monde (on parle de 3.000 Milliards $), si bien que l'on assiste du coup à une gigantesque partie de "je te tiens par la barbichette" : les Occidentaux peuvent faire revenir l'Empire du Milieu 30 à 50 ans en arrière en retirant leurs investissements, tandis que les Asiatiques peuvent plonger la plupart des pays occidentaux en faillite en décrétant soudain qu'ils veulent se faire rembourser leurs dettes. 
On assiste là à une vaste partie de poker menteur, qui a pris une autre dimension depuis l'adhésion récente de la Chine à l'Organisation Mondiale du Commerce. Là, les plaintes contre l'ogre extrême-oriental poignent avec timidité contre la concurrence déloyale chinoise. Mais personne n'ose vraiment mettre les pieds dans le plat, de peur de déclencher la fureur de cet allié aussi puissant qu'énigmatique. Car ce pays possède également une grande puissance militaire, détient l'arme nucléaire et est même capable d'envoyer des taïkonautes dans l'espace ! 
Le point de discorde le plus prononcé entre Chinois et Occidentaux, c'est la dévaluation compétitive du Yuan, la monnaie du pays. En maintenant sa monnaie à un niveau artificiellement bas, la Chine permet ainsi à ses exportations d'inonder le monde, et de renforcer encore son dumping. Et, en l'état, ce n'est pas près de changer. 
Toutefois, on peut se demander combien de temps cela va durer. Quelques signes tendent à démontrer que l'embellie chinoise tient plus de la parenthèse qu'à une inscription dans la durée. Tout d'abord, comme je l'ai évoqué plus haut, cette dépendance technologique qui fait que les Chinois ne sont rien sans les entreprises étrangères. Ajoutons à cela une grogne intérieure de plus en plus forte, le pays étant l'un des plus inégalitaires du monde. Les tensions sont palpables, dans un pays que l'on peut grossièrement couper en deux entre un Ouest très pauvre et rural et un Est de Cocagne et à la forte densité urbaine. Il y a aussi le problème du Tibet qui accroît chaque jour les remontrances de la communauté internationale. Et les revendications territoriales indues contre Taïwan et les Iles Senkaku. Si un conflit devait éclater avec les Japonais à propos de ces îles, inutile de dire que cela pourrait très vite dégénérer, tant les liens entre l'archipel nippon et ses alliés occidentaux sont forts. En outre, le pays commet une grosse erreur en voulant se moderniser à tout prix, quitte à massacrer son patrimoine : les images de la vieille ville de Pékin grandement rasée pour permettre la construction des infrastructures olympiques sont restées dans les mémoires. Et que dire de cet événement inattendu dont on a parlé il y a quelques jours : une maison encastrée dans une autoroute parce qu'un couple de braves personnes âgées avaient refusé de vendre leur bien avant d'y être contraint tant la situation était devenue intenable pour eux ! Enfin la Chine n'est pas épargnée par la crise économique : la croissance de son PIB annuel décroît légèrement. Oh, bien sûr, il ferait rêver n'importe quel autre pays avec un chiffre tournant autour de 8% par an, mais ce n'est plus la croissance à deux chiffres d'il y a quelques années. 
En se tournant d'ores et déjà vers l'Afrique, non pas comme partenaire, comme les Chinois voudraient le faire croire, mais comme territoire à exploiter, notamment sur le plan des matières premières, on constate tristement que le pouvoir en place est prêt à ne reculer devant aucune alternative pour asseoir son leadership. Du moins, tant que le peuple sera prêt à l'accepter. Car après tout, l'Histoire est là pour rappeler qu'une puissance qui étouffe son peuple finit souvent par le payer un jour ou l'autre au point de disparaître totalement des écrans radars...

vendredi 14 décembre 2012

La malédiction de la Place Vendôme

Bonjour à tous !

Elles sont deux. Deux pasionarias de la politique-spectacle à démontrer, ou à avoir démontré, dans leurs dires et dans leurs actes, à quel point la Justice est mal en point dans notre pays.
Commençons les présentations : à ma droite, l'actuelle Maire du VIIe Arrondissement de Paris, députée européenne à ses heures perdues (c'est-à-dire pas très souvent), ancienne protégée de Nicolas Sarkozy : Rachida Dati, qui occupa le portefeuille ministériel de 2007 à 2009. Son principal fait d'armes politique : avoir réussi à se mettre à dos l'ensemble de la magistrature pour la réforme de la carte de la Justice. Le seul problème, c'est qu'elle n'était qu'un bouc-émissaire du duo Sarkozy-Guéant. Mais ça, les médias n'en ont eu cure. Elle a pris. Cher. Au point de sauter comme le fusible idéal qu'elle était à la première occasion et d'être remplacée par la plus expérimentée et plus consensuelle Michèle Alliot-Marie. A ma gauche maintenant, l'ancienne candidate à la Présidentielle du Parti Radical en 2002, Christiane Taubira, celle que l'on accusa à l'époque d'avoir fait perdre Jospin en créant une inutile dispersion des voix au 1er tour, revient en force de sa Guyane natale pour s'installer Place Vendôme après la victoire de François Hollande, pourtant ami de longue date de l'infortuné Rétais. A se demander ce qui a pu motiver un tel pardon. Son principal fait d'armes depuis son arrivée : pèle-mêle vider les prisons en mettant notamment fin aux peines-planchers (les familles des victimes apprécieront), s'occuper du fumeux mariage pour tous (en même temps, si le PS compte sur Mme Bertinotti pour mettre en place cette réforme, elle ne verra jamais le jour, tant elle brille par son incompétence) ou encore faire en sorte que Patrick Buisson, ancienne éminence grise de Sarkozy, soit trainé devant les tribunaux. Anticor, association créée en 2002 et visant à éradiquer la corruption, reproche en effet à celui-ci d'avoir commandité illégalement certains sondages, auprès du même institut qui plus est, et ce durant la durée de la mandature du Président UMP. Le seul petit problème, c'est que Mme Taubira fait partie du comité de parrainage d'Anticor, la rendant à la fois juge et partie dans cette affaire et niant sciemment le principe pourtant élémentaire de la séparation des pouvoirs chère à Montesquieu. Et qu'elle oublie aussi de jeter l'opprobre sur Mitterrand, pourtant spécialiste de ce genre d'exercice lorsqu'il effectua ses deux septennats rue du Faubourg Saint-Honoré. 
Alors voilà, elles ne laissent pas indifférentes, ces deux personnes. Elles brillent par leur incompétence, leur capacité à attirer le buzz médiatique sur elles. Même quand elles ne sont plus en poste : ainsi Mme Dati remue-t-elle ciel et terre pour subitement trouver un père à sa fille. Et s'offusque, après avoir cherché pathologiquement à se mettre en avant, que la presse se permette de juger son attitude. Le monde à l'envers. Si on veut se faire l'avocat du diable et chercher la raison profonde de leur nomination, elle se résume sans doute en un mot : diversité. Eh oui, au nom de la sacro-sainte diversité, dorénavant, lorsque l'on compose une équipe gouvernementale, on ne regarde plus les CV, les mérites, les hauts faits, non on regarde le sexe et la couleur de peau, l'origine. Pour s'assurer de ne vexer personne, de ne pas se faire sauter à la gorge par les trop nombreuses associations anti-racistes (grassement subventionnées par le contribuable qui plus est). Et après l'on s'étonne que dans un monde où l'éphémère triomphe, de l'obsolescence programmée des machines électroniques, aux couples que l'on dissout à la première occasion, entraînant les enfants dans le chaos du divorce, on s'étonne donc que ces personnes cherchent à se placer dans la lumière plutôt qu'à faire leur travail dans l'ombre de leur ministère. Pour le bien de l'Etat et de la République. A l'ère de Facebook, Twitter, des chaînes d'infos en continu, des smartphones, des tablettes... (n'en jetez plus, la couple est pleine !) ce phénomène devient de plus en plus persistant. Le tout-numérique n'a fait que mettre en lumière le caractère très éphémère du portefeuille ministériel, qui dure cinq ans dans le meilleur des cas. Alors pour faire parler de soi, exister après avoir été effacé des résultats d'une recherche Google, on tente de capter l'attention autant que possible pour laisser une trace dans la nébuleuse médiatico-numérique. 
Et pourtant, si il est bien un domaine dans laquelle la France, pays des Droits de l'Homme, se doit de progresser, c'est celui de la Justice : on a crié au scandale après l'affaire Raddad, On s'est époumoné de plus belle après le scandale d'Outreau. Et puis...rien ! Le Juge Burgot, symbole de ce naufrage judiciaire, a été à peine sanctionné et exerce aujourd'hui ses "compétences" au sein de la cellule anti-terroriste de Paris. Le néant de notre Justice se résume en cette seule phrase. Alors que le budget de ce poste de dépense ô combien régalien et symbolique est, dans notre pays, comparable à celui de la Slovénie (!!!) rien n'est fait pour y remédier. Et ce n'est pas la constance dans la nomination d'incompétents et de médiocres au sein du Ministère de tutelle que les choses s'arrangeront. Pendant ce temps-là, honte à nous, la Prison des Baumettes à Marseille a révélé ses horreurs, donnant corps et réalité à l'enfer du Midnight Express d'Alan Parker. Mais je suppose qu'on trouvera encore une bonne âme, dans l'équipe gouvernementale actuelle, pour retourner la situation et continuer de faire la leçon. Pour faire le buzz...

dimanche 9 décembre 2012

Décès de Niemeyer, Louvre-Lens : de la manipulation politique de la culture

Oskar Niemeyer / Crédits Photo : Sputnik 57-Causeur

Bonjour à tous !

Oskar Niemeyer est mort cette semaine. Pour ceux qui ne le connaissaient pas, il s'agissait d'un architecte brésilien créateur ex nihilo de la capitale de son pays natal, Brasilia, mais aussi architecte du bâtiment de l'ONU, à New York, et du siège du Parti Communiste, Place du Colonel-Fabien, à Paris. Entre autres choses. Spontanément, on se dit que la foi en une utopie conserve. Au-delà du raisonnable. Niemeyer était un communiste convaincu. Et il est mort à 104 ans. Son oeuvre témoigne pourtant, et surtout, du grand écart de la gauche internationaliste et alter-mondialiste telle qu'on la croise trop souvent aujourd'hui : celle qui se dit écolo mais qui saccage des territoires naturels pour créer une ville en quelques mois afin d'asseoir un pouvoir politique ; celle qui critique la mainmise des USA dans la géopolitique internationale mais qui s'empresse de se porter volontaire pour créer le siège de l'ONU à New York ; celle, enfin, qui cautionne les crimes castristes pour mieux se mettre des oeillères sur ce qu'est devenue, au cours du XXe siècle, ce communisme chéri. Que dire également de la construction de Brasilia ? Syndicats interdits, gestion de la construction par une compagnie privée, révoltes réprimées dans le sang...pour que la dictature militaire s'impose finalement, 4 ans plus tard, et oblige Niemeyer à s'exiler durablement. On pourrait dire aujourd'hui, si on faisait preuve d'un tantinet de mauvais esprit, que sa fille spirituelle, celle qui incarne le mieux ces contradictions de la gauche bobo, c'est Cécile Duflot : elle veut sauver la nature et les petits oiseaux, mais en voulant, paradoxalement, construire encore plus d'immeubles dans les banlieues. Et puis surtout, l'oeuvre de Niemeyer, c'est laid : du béton, encore du béton, toujours plus de béton ! De quoi faire pâlir de jalousie Berlin-Est ou le Moscou des années Brejnev. Il nous a donc quittés et avec lui, espérons-le, le mauvais goût architectural !
Une autre atteinte dans la culture, qui nous concerne directement cette fois, a eu lieu cette semaine à Lens : l'inauguration de l'antenne locale du Louvre. Il faut d'abord dire que ce n'est pas ce qu'il y a de plus beau ni de plus fin : cette galerie tout en long éclairée de manière blafarde fait penser à une station de métro parisienne. Mais on peut concevoir que ça peut plaire à d'autres, moins puristes que moi qui n'imagine pas plus bel écrin pour de telles oeuvres que l'ancien palais royal. Passons. Le plus discutable, à mon sens, c'est l'idée saugrenue de construire un musée dans une région qui a d'abord besoin d'usines. Malraux l'avait prédit : quand le religieux aurait disparu, le culturel deviendrait la nouvelle forme de sacré. Les enfants et petits-enfants de mineurs et d'ouvriers vont donc se retrouver serveurs dans le café du musée, ou vendeurs à la boutique-souvenir. Et, horreur, de donner raison à la vision houellebecquienne de la France du futur : un gigantesque parc d'attractions pour touristes nouveaux riches venant des BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) tandis que nous aurons complètement perdu notre tissu industriel, qui fait pourtant la vraie force économique d'un pays. Jadis, on apportait le religieux aux humbles qui travaillaient trop ; aujourd'hui on amène la culture aux humbles qui ne travaillent pas assez. Qu'aurait dit Zola de tout cela ? Se serait-il fait la réflexion que Daniel Percheron, président PS de la région Nord-Pas-de-Calais, a fait une erreur monumentale en voulant suivre la voie du Pays Basque espagnol ? Une région dont l'industrie est aujourd'hui ravagée et qui a construit le Musée Guggenheim à Bilbao. Une réussite touristique...dans un pays plongé dans une faillite économique sans précédent avec ses 25% de chômeurs, ses salaires en baisse et l'éclatement de sa bulle immobilière.
Une fois encore, la Gauche a couru le mauvais cheval. Une fois encore le pouvoir en place, de Hollande à Flilippetti, se réjouit de peu de chose. Et en semble heureux. C'est ça le plus grave ! Les ouvriers veulent du pain (des usines) ? Qu'on leur donne de la brioche (un musée) ! Assistera-t-on à la même mascarade en Lorraine après la fermeture définitive des hauts-fourneaux d'Arcelor-Mittal ? On a déjà un semblant de réponse car, comme un symbole, l'antenne de Beaubourg à Metz tombe en ruines, laissée totalement à l'abandon. Dans la terre d'élection de notre actuel Ministre de la Culture dont le seul fait de gloire ne sera bientôt plus qu'être le sosie officiel d'Amélie Mauresmo. Je doute que ça lui rapporte assez pour nourrir les dizaines d'ouvriers de sa région qui s'apprêtent à aller pointer à Pôle Emploi. Mais bon, si tout le monde est content...

lundi 3 décembre 2012

Florange : les masques tombent !

Arnaud Montebourg, Ministre du Redressement Productif
Crédits Photo : Fred Dufour/AFP

Bonjour à tous !

C'est sans doute l'épilogue de l'un des feuilletons industriels les plus angoissants et les plus symboliques que nous avons vécu ce week-end : les hauts-fourneaux de Florange, propriété du groupe d'aciérie Arcelor-Mittal, sont sauvés du plan social. Le PDG du groupe, Lakshmi Mittal, a promis d'investir 180 millions d'euros sur cinq ans et de préserver les quelques 600 emplois qui étaient menacés.
Jusque là tout va bien, sauf que Mittal avait déjà fait, peu ou prou, la même promesse il y a quelques années, quelques temps après l'OPA hostile de son groupe sur Arcelor, et on en est arrivé à la situation que l'on connait aujourd'hui. Quant à Gandrange, l'autre site lorrain du groupe, on sait où il en est aujourd'hui, malheureusement. Et l'autre problème, et de taille, c'est que Arnaud Montebourg, qui bataille ferme depuis son arrivée au Gouvernement pour défendre le peu d'industries qui restent encore en France, a été publiquement désavoué par le Premier Ministre, Jean-Marc Ayrault. En effet, son ministre avait menacé de nationaliser temporairement le site de Florange si Mittal ne revenait pas sur sa décision de plan social. Il estimait même avoir trouvé un potentiel repreneur. Las, Ayrault l'a court-circuité en négociant directement cette nouvelle stratégie avec l'entrepreneur indien. 
Ce qui est regrettable dans cette affaire c'est que Montebourg est le seul ministre à avoir cerné les enjeux de la Mondialisation et du libre-échange, le seul dans ce gouvernement à demander de nouveau des contrôles aux frontières, le fait de privilégier le Made In France. Alors, bien sûr, on s'est tous moqué de sa photo en marinière à la une du Parisien Magazine. Mais, lui, au moins, il essaye. Pendant que d'autres sont aux abonnés absents (comme Delphine Batho, Ministre de l'Ecologie, par exemple : heureusement que l'environnement est une priorité de ce gouvernement !), brassent du vent (Taubira, Bertinotti) en voulant légiférer de manière aussi urgente, et sans concertation aucune, sur le "mariage" pour tous, Montebourg se bat : il a déjà filé un sacré coup de main à l'usine Lejaby, puis on l'a vu aussi monter au créneau pour les Fralib. Seulement voilà, dans un gouvernement mené par un Président et un Premier Ministre sociaux-libéraux, qui s'évertuent à sauver l'Euro alors que cette monnaie est bien trop sur-évaluée et plombent nos exportations (en plus de nous créer de nouvelles dettes en renflouant des pays insolvables comme la Grèce), Montebourg est seul, trop seul. Et ce n'est pas Pierre Moscovici, son Ministre de tutelle et européiste convaincu, qui lui apportera un coup de main.
Pourtant, on y a cru, quand le preux chevalier est monté au créneau en menaçant Mittal de nationalisation. Un large consensus s'est créé autour de lui, depuis Mélenchon jusqu'à Borloo. Las, Parisot, présidente du MEDEF, dont on pouvait espérer naïvement qu'elle défendît les intérêts de l'entreprenariat français, a préféré qualifier cette menace de "scandaleuse". Quant à Copé, il a perdu une bonne occasion de se taire, et surtout de montrer qu'il pouvait être l'héritier de la droite sociale, nationale et gaulliste en critiquant, lui aussi, cette idée. Dommage pour lui. Et pour la Droite surtout !
Alors voilà, les masques sont tombés, Montebourg risque de se voir débarquer du gouvernement, sans doute aussi parce qu'il est un peu trop impulsif. Il est vrai qu'en déclarant que la France n'avait plus besoin de M. Mittal, il a potentiellement mis en danger les 20 000 salariés français qui travaillent sur l'ensemble des sites du groupe dans l'Hexagone.
De manière pragmatique, on peut bien sûr se réjouir que les employés de Florange aient sauvé leur emploi. Cela leur fait un cadeau de Noël en avance. Mais pour combien de temps ? Et surtout, qui viendra les défendre la prochaine fois ?...

samedi 1 décembre 2012

Comment repenser le travail ?

Crédits Photo : Reuters / Andrea Comas

Bonjour à tous !

Je ne vous apprendrai rien en vous annonçant que le travail est au coeur des débats depuis le début de la crise qui nous touche, en 2008. Différents articles, différentes études montrent, en plus du chômage qui dépasse aujourd'hui les 11% dans l'Union Européenne, une véritable souffrance au bureau, en France plus particulièrement. Encore une fois, étant un républicain idéologue, je rappelle que je fais le choix éditorial de parler de notre pays sur ce blog.
Nous concernant, le taux de chômage dépasse les 10% de la population active, et encore, en ne comptant que les personnes qui ne travaillent pas du tout. Toutes les personnes ayant travaillé partiellement, effectuant un stage souvent mal rémunéré ou en mission intérim avec toute la précarité que cela induit, ne sont pas comptabilisées. Or ne ne peut que constater l'instabilité de leur situation : sans contrat de travail à durée indéterminée, difficile de louer un bien, sans parler de devenir propriétaire. Difficile également de faire des plans à long terme : prévoir des vacances, réparer la voiture ou autre. Nonobstant ce chômage qui nous gangrène, il y a aussi un autre problème sur lequel je souhaite attirer votre attention : la souffrance professionnelle. Elle se manifeste de différentes façons : manque de moyens pour assurer sa tâche convenablement, harcèlement moral, entretien de l'esprit de compétition au-delà du raisonnable, poste mal adapté entraînant des TMS (troubles musculo-squelettiques), insultes de la part de clients, etc. 
Si l'on cherche à identifier les causes de ce mal-être, j'en retiendrai principalement trois (même si chacun est libre d'en trouver d'autres) :
-tout d'abord, et c'est un topos, la crise économique : les carnets de commande sont vides, beaucoup d'entreprises, notamment les PME, ont le couteau sous la gorge et beaucoup craignent de devoir mettre la clé sous la porte, entraînant avec elles leur funeste cortège de licenciements ;
-la mondialisation qui, avec la libre-circulation des biens et des capitaux, permet aujourd'hui aux grands patrons libéraux de faire jouer la concurrence entre les pays sans aucun scrupule, obligeant ces derniers à recourir au dumping fiscal et social, privilégiant le moins-disant comme terre d'accueil. En outre, cela a facilité aussi l'arrivée de nouvelles méthodes de management qui, présentées comme modernes aux salariés et aux cadres, sont en fait des façons plus pernicieuses de leur mettre un bon coup de pression : l'open space est ainsi fréquemment incriminé comme un vecteur de mal-être dans les entreprises ;
-enfin, les 35h n'ont rien arrangé, bien au contraire ! En diminuant le temps de travail hebdomadaire, sans perte de salaire qui plus est, cette mesure a permis aux entreprises de justifier un énorme tour de vis en matière d'exigences envers ses employés : tu bosses moins mais tu gagnes autant, alors tu vas produire plus ! Et c'est un fait qui se constate dans les chiffres : la France est l'un des pays les plus productif, sinon le plus productif, de l'OCDE. En outre, les économistes sont globalement d'accord pour dire que les 35h ont, notamment pour la raison que je viens d'expliquer, entraîné un gel des salaires.
Si ce mal-être existe et a tendance aujourd'hui à s'amplifier, il existe toutefois, à mon sens, des moyens d'y remédier, dans une relation gagnant-gagnant, tant pour l'entrepreneur que le salarié. On pourrait commencer par abroger les 35h, revenir aux 39h, avec une renégociation salariale branche par branche à la clé. Pour convaincre les patrons de se remettre à la table des négociations concernant cette éventuelle hausse des salaires, on pourrait en profiter pour repousser l'âge de la retraite, sauf pour les métiers véritablement pénibles. Car c'est un fait : avec 35h hebdomadaires, 5 semaines de congés payés par an et un âge de départ légal à la retraite à 60 ans, nous sommes le pays de l'OCDE qui travaillons le moins. Or, si nous voulons préserver notre modèle social et éviter de dépendre de fonds privés pour payer les retraites de nos séniors, il est urgent de réformer en ce sens. Ensuite, je propose d'avoir une politique familiale et paritaire sensée. La France s'enorgueillit aujourd'hui d'une natalité exceptionnelle. Cependant, avec la hausse du coût de la vie et la paupérisation des ménages, la plupart des couples voient les 2 parents obligés de travailler. Un calvaire quand on sait qu'en plus le pays manque de crèches et de nounous qualifiées. Et puis il est dommage, quand on a rêvé toute sa vie d'être parent, de voir d'autres adultes élever son enfant à sa place. Avec les conséquences que l'on sait : rupture du lien familial, perte de repères de l'enfant, manque d'autorité... Le plus regrettable dans cette histoire, c'est que ce sont souvent les femmes qui en payent le prix sur le marché de l'emploi. Les chiffres le montrent : ce sont elles qui détiennent majoritairement les emplois précaires et à temps partiel, leur salaire n'étant perçu que comme un revenu de complément. Sans compter que leur ascension professionnelle et leur fiche de paie se retrouvent plombées. Il y aurait donc ici matière à réfléchir : pourquoi pas un congé parental de 2 à 3 ans accordé à celui des deux parents qui le souhaite, avec maintien intégral du salaire. Cela concernerait indifféremment le mari ou la femme et s'effectuerait dès le 1er enfant. En compensation, et pour éviter une surnatalité qui grèverait globalement les ressources à notre disposition, on envisagerait un arrêt des allocations familiales à toute famille de plus de 2 enfants. 
Enfin, dernière mesure suggérée et non des moindres : le contrat de travail unique. Plus souple que le CDI, plus protecteur que le CDD, il donnerait plus d'assurances à l'entreprise lorsqu'elle embauche un salarié, et ce serait surtout une aubaine pour nos PME, qui sont le véritable socle de notre économie et qui ne sont pas assez protégées dans notre pays. D'un autre côté, le salarié qui n'est pas satisfait de ses conditions de travail, pourrait plus facilement quitter son poste pour espérer trouver mieux ailleurs. Evidemment, une telle loi nécessiterait des garde-fous mais elle mérite qu'on y songe sérieusement. Et puis, bien sûr, une meilleure politique de formation, avec un vrai droit à la formation tout au long de la vie, serait un excellent atout pour former des salariés qui correspondraient véritablement aux besoins de l'économie du pays.
Le travail est véritablement l'enjeu cardinal dans la crise que nous vivons aujourd'hui. Mais il nécessite des réformes courageuses et des concessions importantes, de la part du patronat et des syndicats. Tout cela ne sera possible qu'à la condition expresse d'une réelle volonté politique.