samedi 27 septembre 2014

Etat Islamique : l'Orient compliqué avec des idées simples ?

Bonjour à tous !

Difficile de faire l'impasse sur la mort d'Hervé Gourdel, cette semaine. Son exécution soulève évidemment pléthore de questions qu'il convient d'aborder parce que la démocratie, c'est d'abord le questionnement permanent.

Une guerre pour quoi faire ?

L'assassinat d'Hervé Gourdel en Algérie a achevé de convaincre Hollande le va-t-en-guerre de joindre ses forces militaires à celles, entre autres, de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis. On notera au passage avec une certaine délectation que le Nobel de la Paix Obama a le treillis qui le démange depuis quelques années, notamment depuis le début de la Guerre civile en Syrie.
Le problème, malheureusement, est au moins double : d'abord, la France n'a plus tellement les moyens humains, financiers et techniques pour mener un conflit. L'appauvrissement de notre armée est à l'oeuvre depuis 1995 et la volonté de Jacques Chirac d'en finir avec la conscription, avant de voir ses successeurs fermer des casernes et baisser sans cesse les crédits alloués à celle qui fut longtemps considérée comme la meilleure armée européenne. L'autre problème, c'est que depuis la guerre de vengeance déclenchée par les Américains suite aux attentats du WTC en Afghanistan et en Irak, on a, systématiquement, l'arrivée d'un pouvoir pire encore que le précédent. L'Afghanistan et l'Irak sont ainsi en proie à des conflits internes incessants, notamment entre Chiites et Sunnites. Le Printemps arabe a donné les résultats que l'on sait avec l'émergence d'islamistes en Tunisie et le retour aux affaires de l'armée en Egypte. Le parti d'Erdogan en Turquie a montré son vrai visage et la Syrie bascule dans l'horreur depuis que l'Occident a décrété qu'il voulait la tête de Bachar. Et, par volonté de ne pas tirer sur une ambulance, je passe sous silence les conséquences catastrophiques de la chute de Kadhafi en Libye. Alors la question, posée d'ailleurs par Dominique de Villepin ou Eric Zemmour, s'ouvre à nos yeux, s'impose avec force : si d'aventure nous entrons en guère avec l'Etat Islamique, que se passera-t-il ? Aurons-nous droit au même bourbier qu'en Afghanistan, où nos soldats tombent régulièrement sous les ogives des talibans encore en vie et en fuite ? Si d'aventure nous l'emportons, aurons-nous droit à une nouvelle résurgence, encore plus violente, de la guerre entre Chiites et Sunnites ? Ou bien cela sera-t-il le chaos absolu ? Bref, il paraît bien aventureux d'aller jouer au petit soldat sans avoir un minimum de certitude sur les conséquences.

La diplomatie française, reine de l'hypocrisie

Le plus délirant finalement, c'est que dans tout ce chambardement, le Quai d'Orsay trouve respectables Qataris et Saoudiens qui appliquent chez eux la Charia, décapitant sans coup férir toute personne contrevenant à leur propre sens des valeurs. Et je ne vois pas au nom de quoi décapiter Hervé Gourdel est plus grave que de décapiter des gens qui ne respectent pas un code juridique que nous autres Occidentaux, considérerions comme strict, étouffant et dépassé s'il était appliqué sous nos latitudes. Nous avons même cherché à attirer l'Iran dans notre giron, pays voué aux gémonies il y a encore peu de temps parce qu'il était déterminé à se doter de l'arme atomique. Aux dernières nouvelles, il cherche toujours à l'avoir...
En vérité, il aurait été plus sage de renoncer à mener une offensive militaire et se contenter d'envoyer des soldats chargés de protéger les minorités yazzidies, kurdes et chrétiennes sur place ainsi qu'à veiller à un acheminement humanitaire pour les nécessités d'usage (nourriture, eau, médicaments). Et en parallèle, ne pas avoir peur de négocier directement avec les représentants de l'EI de manière à ce qu'ils s'engagent à ne plus s'en prendre à ces populations fragiles en échange d'une politique de non-agression. Cela aurait épargné des vies, des frais, cela aurait également permis d'éviter, peut-être, l'épée de Damoclès au-dessus de nos têtes de voir un attentat perpétré sur notre sol ou bien de voir un de nos ressortissants décapité en direct sur Internet...

L'Islam doit faire son auto-critique

Enfin il est plus que temps d'appeler les Musulmans de France à mener une introspection sur eux-mêmes. Pour qui a lu le Coran (et a, accessoirement, été en cours d'Histoire en classe de 5e), on sait qu'il y a deux périodes dans la vie de Mahomet, reconnu comme seul rapporteur du texte sacré : la période de La Mecque, où l'on trouve les plus belles sourates, la paix, la tolérance, etc. Et après l'Hégire (622), où il est contraint de fuir vers Médine, des textes appelant à la guerre, à l'intolérance et à la haine des infidèles (Juifs et Chrétiens). Ces deux périodes cohabitent dans le Coran qui est la seule et même loi pour l'Islam et donc les Musulmans. Il n'y a donc pas plusieurs Islams, mais un Islam. Seules les interprétations diffèrent, l'EI se bornant à son application littérale. Contrairement à la Torah chez les Juifs, ou à l'Ancien Testament chez les Chrétiens, qui connurent de nombreuses exégèses via des commentaires à foison, le Coran n'a jamais été commenté, discuté, interprété, ou contredit car le Coran est considéré par les Musulmans comme entièrement immanent, c'est-à-dire comme venant de Dieu (Allah) et qu'il ne peut donc être sujet à caution.
Or, ce que l'on est en droit d'attendre de la communauté musulmane française, c'est de se constituer en Islam de France où elle rejette en bloc toute cette partie haineuse du Coran pour n'en garder que les extraits universels appelant à la fraternité entre les hommes. 
On a bien vu, et on les remercie pour cela d'ailleurs, que quelques centaines de nos compatriotes musulmans condamnaient fermement le meurtre d'Hervé Gourdel. Mais quelques centaines ne font pas une majorité, loin s'en faut. Et puis, cela a fait long feu car on a très vite eu droit, de nouveau, à la tirade anti-raciste sur les amalgames à éviter, l'islamophobie rampante, la libération de la parole, etc. Ne faisons pas d'amalgame entre les musulmans et les terroristes, mais ne nous gênons pas pour faire des amalgames entre les Français et les gros beaufs racistes évidemment ! La cerise sur le gâteau venant de M. Plenel qui dans son livre Pour les musulmans se prend pour Zola qui avait écrit en son temps Pour les Juifs afin de s'élever contre l'antisémitisme ordinaire de l'époque. Sauf que je n'ai jamais vu de Juifs décapiter des gens en direct sur Internet ou s'envoyer en l'air dans des buildings.... Et que, contrairement aux musulmans, les Juifs avaient déjà accepté, eux, le compromis d'un judaïsme de France suite au Grand Sanhédrin de 1807 convoqué par Napoléon Ier. "Not in my name", disent-ils ? Chiche !

vendredi 19 septembre 2014

Non Monsieur Sarkozy, la France n'a pas besoin de vous !

Nicolas Sarkozy/Crédits Photo : Taamallah - Bestimage - LeFigaro.fr

Bonjour à tous !

Evidemment, l'événement politique du jour c'est le retour de Nicolas Sarkozy aux affaires politiques, à la suite d'un suspense tout sauf intenable. 

Revenir après avoir juré de ne pas le faire : un bien mauvais départ

Il l'avait pourtant promis, juré, craché par terre : si il perdait les Présidentielles de 2012, il ne reviendrait plus en politique. Comme attendu, Sarkozy a perdu, après une campagne de deuxième tour en forme de baroud d'honneur. Alors il est parti. Avant de faire en sorte qu'on ne parle quasiment que de son retour. Mauvais perdant l'ancien Président ? Visiblement. Lorsqu'il déclare (sur son compte Facebook !) que son retour est motivé par les appels incessants de très nombreux Français qui souhaitent son retour, on sourit (jaune) en imaginant de quels compatriotes il s'agit. Ceux qui viennent le voir dans son QG haussmannien de Paris ? Ceux de la loge d'honneur du Parc des Princes (que je sache, la Prince, elle est pas encore français comme dirait l'ami Leonardo) ? Ou bien ceux qu'ils croisaient vraiment par accident lors de ses voyages à l'étranger où il donnait des conférences monnayées plusieurs dizaines de milliers d'euros ? Dans un cas comme dans l'autre, on peut sincèrement questionner les motivations de ces Français-là par rapport au tout-venant qui va mendier un échelonnement pour payer ses impôts auprès du Trésor Public. Et puis si c'est pour devoir supporter la même cacophonie des médiocres qu'entre 2007 et 2012, entre Nadine Morano et Luc Châtel, pour ne citer qu'eux, on peut sans problème se passer de votre retour, Monsieur le Membre du Conseil Constitutionnel. D'autant qu'un homme politique est jugé sur les promesses qu'il tient, et revenir quand on a promis de ne pas le faire, ça fait d'emblée tâche dans le tableau.

Revenir avec quel programme ?

Ne nous leurrons pas : quand Sarkozy a gagné en 2007, c'est parce qu'il avait fait une campagne inspirée par Patrick Buisson, qui avait largement trouvé écho auprès de la classe populaire. La preuve, c'est que le vote FN avait été totalement siphonné. En 2012, et après cinq années où Nicolas Sarkozy s'était beaucoup agité, avait beaucoup vociféré, l'ancien Président avait senti le vent du boulet siffler très près de ses oreilles. L'immigration était restée toujours aussi élevée, il avait choisi de ne pas tenir compte du "Non" au référendum de 2005 en utilisant une entourloupe politique, et il avait joué au bon petit soldat des Etats-Unis en s'engageant dans le conflit en Géorgie, en soutenant le Printemps arabe et mettant à bas le régime Kadhafi. Finalement, Sarkozy était devenu le parfait "neo-con" à l'anglo-saxonne : libéral sur le plan économique et entreprenant à l'excès en politique extérieure. 
Aujourd'hui, Bruno Le Maire et Alain Juppé se sont officiellement déclarés candidats à la présidence de l'UMP. Deux centristes d'un point de vue idéologique, qui sont pour l'Europe, la réduction des déficits et un rapprochement avec le Centre, là où règne un véritable désert en terme de bulletins de vote. Deux idiots qui mourront donc avec leurs idées. Plus encore pour M. Juppé qui, après avoir été Premier Ministre 6 mois en 1995, avait réussi l'exploit de jeter une bonne partie de la France laborieuse dans la rue avant d'être l'initiateur de la vaste blague de la dissolution de 1997. Visiblement, et si l'on décrypte ses prises de parole depuis 2 ans, on se rend compte que Nicolas Sarkozy, qui a coupé les ponts avec Patrick Buisson, ne se positionnera plus sur une droite réelle, forte, patriotique. Mais il souhaite également se démarquer quelque peu de Juppé et de Le Maire. Bref, il va se retrouver coupé en deux et en voulant "rassembler", il sera donc incapable de choisir. Et à force de ne pas choisir, il se retrouvera le bec dans l'eau. Nicolas Sarkozy ne sera jamais Bonaparte, ni le Général de Gaulle. Quand Napoléon revient, il crée le Code Civil. Quand Charles de Gaulle revient, il offre la Constitution de la Ve République à son pays. Et surtout, ces deux hommes ne reviennent pas avec de nouvelles idées comme autant de coups marketing démagogiques. Ils restent fidèles à leurs principes et c'est tout à leur honneur. Dans ces conditions, le retour de Nicolas Sarkozy est donc inutile car il n'a rien à apporter à notre pays.

Un coup d'orgueil mal placé

Entre l'acharnement judiciaire dont je reconnais volontiers qu'il est victime et sa défaite de 2012 toujours pas digérée, on a là tout le nuancier de raisons véritables qui poussent l'ancien Président à vouloir revenir en politique. Il est vrai que cette opération est largement facilitée par le mandat catastrophique de son successeur, Président le plus impopulaire de la Ve République. Mais à l'instar des électeurs qui avaient voté pour Hollande par anti-sarkozysme en 2012, il en sera de même en 2017, si d'aventure l'UMP devait le désigner comme candidat du principal parti de Droite pour les Présidentielles à venir. 
Toujours est-il que cette pathétique réaction d'orgueil plonge un peu plus la France dans le désarroi : notre pays ne mérite-t-il donc pas mieux ? Est-on condamné à passer d'un loser à l'autre, de Charybde en Scylla ? On ne peut que s'attrister d'un tel devenir politique. Et ceux qui, parmi les journalistes et les politiques mainstream, se lamentent d'une telle décision devraient d'abord, et en premier lieu, s'interroger sur leur responsabilité. On ne peut pleurer sur une telle médiocrité de la vie politique, surtout dans une situation économique et sociale aussi grave, tout en fustigeant le pouvoir et son exercice. En se prosternant devant l'Europe, mécaniquement, on diminue, on affaiblit, on ridiculise la fonction présidentielle qui perd de sa prestance. On a alors les Présidents, et les candidats à la Présidence, que l'on mérite. Comme le disait Bossuet "Dieu se rit des hommes qui pleurent sur les conséquences dont ils chérissent les causes."

mardi 16 septembre 2014

Crise de régime : en politique comme en foot, quand les acteurs sont mauvais, il est vain de changer de système

Bonjour à tous !

J'avais eu l'occasion, il y a de cela quelques mois, de critiquer la Commission Jospin sur la VIe République. Or le serpent de mer a réapparu il y a de cela quelques jours, profitant, si j'ose dire, de l'inédite impopularité du chef de l'Etat. 

Ce que veulent les détracteurs de la Ve République

Ce qu'ils réclament, c'est la possibilité de virer un Président et un Premier Ministre notoirement impopulaires pour convoquer de nouvelles élections. Ce qui est très amusant, c'est que ceux qui réclament ce changement se trouvent à gauche, voire très à gauche de l'échiquier politique et qu'en cas de nouveau scrutin, je ne suis pas certain qu'ils trouveraient beaucoup d'électeurs à convaincre. Ces personnes dénoncent notamment les scandales à répétition qui entachent le personnel politique. Je trouve qu'ils n'ont aucun sens de l'humour : la phobie administrative est, sans doute, la meilleure excuse à la noix trouvée par un politique depuis des années pour se dédouaner. Digne d'un Paul Deschanel éjecté de son compartiment de train en pyjama contraint de demander assistance auprès d'un garde-barrière. Culte ! La satisfaction suprême intervenant quand cet arracheur de dents de Cahuzac vient faire la morale à Thévenoud devant les caméras. Un magnifique numéro de duettistes. En ces temps difficiles, avoir des hommes politiques qui se donnent la peine de faire rire les Français, je trouve que ça mérite un hommage... Plaisanterie mise à part, quel que soit le régime, il y a toujours eu des scandales politiques : le collier de la Reine sous la monarchie, le scandale de Bismarck qui utilisait la presse pour ridiculiser la France sous le Second Empire, le scandale de Panama et les emprunts russes sous la IIIe République... Le problème n'est pas inhérent au système politique, mais à la politique elle-même : l'ivresse du pouvoir affecte certains hommes plus que d'autres, prouvant ainsi leur humanité par leur faiblesse. Ils méritent, bien sûr, d'être sanctionnés, mais il est inutile de jeter le bébé avec l'eau du bain.

Un régime parlementaire inapplicable

Comme il faut TOUJOURS faire comme ses voisins selon la nouvelle doxa (j'attends que l'un de nos partenaires européens décide d'organiser un saut de la falaise collectif, qu'on rigole), on nous explique qu'ailleurs en Europe il n'y a pas de régime présidentiel, et que c'est le Parlement issu du peuple qui gouverne avec un scrutin proportionnel. Le Président, en quelque sorte, inaugure les chrysanthèmes. Autant dire que les contribuables de nos voisins européens payent un type à se tourner les pouces pendant la durée de son mandat : pourquoi pas ? 
Je rappelle toutefois qu'il me paraît dangereux de permettre à des sondages de nous gouverner. Or, s'il faut destituer tous les chefs d'Etat qui passent en-dessous d'un certain seuil de popularité, on n'a pas fini de retourner aux urnes. Par ailleurs, le régime parlementaire a bel et bien existé en France, sous la IIIe puis sous la IVe République. Outre les changements de conseil (l'ancien nom de l'ensemble d'un gouvernement) incessants, avec un Président qui faisait effectivement davantage figure de symbole qu'autre chose, rappelons que la IIIe République a abouti à la Débâcle de 40 et l'instauration du Régime de Vichy, tandis que la IVe a laissé place à la crise de l'indépendance algérienne. Vu sous cet angle, j'ai quelques difficultés à saisir l'intérêt nous aurions à retourner à de tels régimes politiques. Quant à la démocratie participative et les référendums d'initiative populaire, avec lesquels on nous rebat les oreilles à longueur de journée, je me permets de rappeler qu'à l'Hiver dernier, une pétition rassemblant pas moins de 700.000 signatures (mazette !) et qui s'opposait à la Loi Taubira au mariage dit pour tous fut remise au Conseil Economique, Social et Environnemental, sorte de 5e chambre d'autorité de notre pays (en sus de l'Assemblée Nationale, du Sénat, de la Cour de Cassation et du Conseil Constitutionnel) : elle fut purement et simplement jetée à la poubelle, sans autre forme de procès. Je ne vois donc pas bien ce qui changerait sur ce point avec une nouvelle constitution. A moins bien sûr que l'on encourage exclusivement les référendums de la Gauche bien pensante. Mais je vous vois déjà froncer les sourcils et agiter l'index en me mettant en garde d'un procès d'intention de ma part : vous avez bien raison.

La Ve République et la Constitution de 1958 : un modèle indépassable

Ce que nos adversaires patentés de la Ve République (dont Montebourg, qui n'est pourtant pas un idiot) oublient dans leurs conclusions, c'est que le système a été parfaitement pensé. En effet, le Président peut consulter le peuple à tout moment sur des questions d'importance. Et estimé qu'une défaite à un tel référendum équivaudrait à une obligation de démission pour convoquer à nouveau le peuple aux urnes en vue d'élire un nouveau Président. C'est dans cet esprit que Michel Debré et le Général de Gaulle ont rédigé ce texte, et c'est dans cet esprit qu'elle se doit d'être interprétée. Lorsque le Général de Gaulle, alors Président de la République, organise un référendum en 1969 qu'il perd (relatif à la créations de régions et à la réforme du Sénat), il démissionne sans demander son reste. Petite parenthèse : on s'aperçoit d'ailleurs en consultant les archives que l'abstention à cette époque était inférieure à 20%, comme quoi la culture civique, ça a du sens. Fin de la parenthèse. 
Or, quand Jacques Chirac organise le référendum sur la Constitution Européenne, c'est le "Non" qui l'emporte. Pourtant il termine son mandat sans sourciller. Il s'agit d'une violation manifeste de l'esprit de la Constitution. Et là les Français peuvent se sentir légitimement trahis. Tout comme les Français peuvent aussi se sentir trahis de ne pas avoir été appelés aux urnes concernant cette fameuse Loi Taubira : un changement de civilisation vaut bien une consultation du peuple non ? Alors quand aujourd'hui on vient me chanter les louanges d'une nouvelle Constitution, qui ne serait finalement que la résurrection de vieux textes déjà usés jusqu'à la corde (c'est fou d'ailleurs comme les progressistes sont finalement atrocement passéistes...), je me permets d'être dubitatif, pour ne pas dire sceptique. Encore un peu et ce sera toute la France qui s'y retrouvera, dans la fosse sceptique !

samedi 6 septembre 2014

La France traînée dans la boue

Bonsoir à tous !

Je dois vous avouer que cette fois, c'est avec une certaine colère que je rédige ce billet. La France, notre pays, riche de 1500 ans d'Histoire, de grands Hommes, de campagnes militaires tantôt héroïques, tantôt désastreuses, phare du monde et de la civilisation occidentale des siècles durant, vient de se prendre une balle en pleine tête, tirée par...un livre !!!

Du revenge porn au revenge book

Ah, la grande gloire du Monde moderne : chacun est normal, chacun est l'égal de l'autre, strictement. C'est beau les grandes rondes égalitaires où l'on se tient par la main... Mais on perd de vue l'essentiel : le respect dû à celui qui le mérite. Quoi qu'on pense, François Hollande mérite ce respect par sa victoire dans les urnes, au suffrage universel direct, un soir de Mai 2012. Oh, c'est un bien piètre président, c'est un petit homme, cynique, faussement drôle, atrocement calculateur et qui ne cherche qu'à rassembler une courte majorité pour gouverner a minima, au sein du PS qu'il a dirigé pendant 11 ans (1997-2008), ou bien maintenant au Coeur de la République, depuis l'Elysée. Mais voilà, le président, si critiquable soit-il, mérite le respect dû à son rang, à sa fonction. Un "détail" qu'a sûrement omis Mme Trierweiler lorsqu'elle a décidé de rédiger son brûlot. 
Peu importe qu'elle ait souffert de sa rupture avec François Hollande, sa vie privée ne nous regarde en rien, la vie privée d'un Président ne concerne en rien les Français qui, eux, se sentent seulement concernés par l'économie, le social et la diplomatie, les trois fonctions régaliennes du Chef de l'Etat définies par la Constitution de 1958. 
En mettant en avant sa relation avec François Hollande, en outrepassant son rôle avec son tweet encourageant M. Falorni lors des Législatives de Juin 2012, en mettant sans cesse dans l'embarras les protocoles des pays où le couple sulfureux était invité car ils n'étaient pas mariés (elle n'avait donc aucun statut officiel et aucune raison de le suivre partout dans ses déplacements), Mme Trierweiler a confondu public et privé, remettant encore une fois sous les feux des projecteurs la désagréable habitude des journalistes de coucher avec des hommes politiques. Dernièrement, Marie Drucker avec François Baroin, Anne Sinclair avec DSK ou Béatrice Schönberg avec Jean-Louis Borloo. Cette confusion des genres relativement inédite dans les autres pays est malsaine et tend à provoquer une paranoïa à la fois malvenue et compréhensible chez le tout-venant qui a l'impression qu'il n'y a plus de séparation des pouvoirs, que la politique et le corps de métier qui est censée la critiquer, l'analyser, marchent main dans la main pour mieux l'enfumer.
Notre pays, qui subit de plein fouet depuis au moins François Mitterrand la "normalisation" de la vie politique, entre féminisation et dictature des communicants, sans compter la dangerosité et l'impact des réseaux sociaux, vivait depuis trop longtemps avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête : le jour où le Président de la République serait ridiculisé est finalement arrivé, dans un vulgaire règlement de compte, dans une banale scène de ménage. Seul problème : le Président encaisse, la France se rabaisse.

L'image de la France à jamais écornée

Qui pourrait croire un seul instant que Mmes De Gaulle, Pompidou, Giscard d'Estaing ou Mitterrand eussent l'envie un seul instant de dénoncer les errements de leurs époux respectifs ? Dans la France d'avant, passéiste, anti-moderne et anti-progressiste, celle que le Grand Journal de Canal + et ses vassaux aiment tant brocarder pour mieux la haïr, cela ne serait jamais arrivé. Pas parce qu'une femme devait se taire, mais parce que dans la France d'avant on connaissait encore la pudeur et la vergogne. On taisait les petites affaires délicates qui tenaient de la vie privée pour donner l'image de l'union, de la détermination et du sens du service de l'Etat. 
Aujourd'hui, Mme Trierweiler a commis un acte odieux d'atteinte à la République en s'en prenant, de cette façon aussi mesquine, à son symbole le plus fort, son chef de l'Etat. Mais le plus triste, c'est que ce torchon va être un succès de librairie, les gens étant visiblement devenus assez fourbes et rapaces pour se repaître de ce genre de racontars, dont la vérité ne pourra, de surcroît, jamais être avérée pour certains d'entre eux ! (L'exemple des sans-dents est ici parlant).
Le plus tragique, c'est que cela intervient dans une semaine où la France s'est couchée face à Obama et Cameron en refusant de conclure la vente du premier navire Mistral à la Russie (ce qui n'a pas empêché le même Cameron de vendre, lui, des armes à Poutine : no comment), où François Hollande, avec 13% d'opinions favorables, devient officiellement le Président le plus honni de l'Histoire de la Ve République et où le dénommé Thévenoud, obscur Secrétaire d'Etat, s'est fait virer au bout de neuf jours...pour avoir "oublié" de payer ses impôts, tout ça après avoir été l'un des principaux chasseurs de tête de Cahuzac. N'en jetez plus, la coupe est pleine.

Le cas Najat Vallaud-Belkacem, éclairant au possible sur la stratégie de com' de l'Elysée

Alors que la presse se fait la gorge chaude depuis environ 72h des tourments littéraires, si j'ose dire, de François Hollande, on remerciera tout de même le 20H de France 2 d'avoir minimisé sa couverture du sujet, tant le procédé de Mme Trierweiler respire la mesquinerie. Pendant ce temps-là, les duettistes Hollande-Valls, jamais à l'abri d'une entourloupe, ont remanié en quatrième vitesse le gouvernement après avoir mis à la porte le trio Montebourg-Hamon-Filippetti. Non qu'on les regrettera, surtout pour les deux derniers nommés qui furent en-dessous de tout, mais ils ont été remplacés par pire qu'eux. Si, c'est possible ! Et puisque le bouquin de Trierweiler occupe le devant de la scène médiatique, la voie est libre pour jouer encore aux apprentis-sorciers avec le Gouvernement. Le richissime banquier Macron est nommé à Bercy, où il s'occupera de continuer à veiller à ce que les investisseurs du CAC 40 perçoivent annuellement leurs 10% de bonus et à ce que les PDG puissent partir à la retraite les poches pleines grâce aux dons généreux de leurs salariés les plus pauvres qui auront été foutus à la porte lors d'un énième plan social. Quant à la cerise sur le gâteau, elle vient du Boulevard de Grenelle où l'omnipotente Najat Vallaud-Belkacem prend les rênes de l'Education Nationale. A-t-elle une compétence particulière pour gérer ce ministère ? Non. Comme Hamon. Pauvres gosses, condamnés à persévérer dans l'ignorance. A-t-elle un passé d'élue qui justifie une nomination aussi prestigieuse ? Non, elle n'a que 36 ans, mais il est vrai qu'il faut du sang neuf, car les vieux, c'est ringard. Est-elle appréciée de l'opinion publique ? Difficile à dire, une partie l'adule, l'autre l'exècre, un peu comme Taubira. Et c'est le danger avec les personnes qui ne laissent pas indifférentes, c'est qu'elles sont "clivantes", selon le nouveau mot à la mode. Alors quand une personnalité de droite est "clivante", on la voue aux gémonies (Zemmour par exemple), quand c'est une personnalité de gauche, on la hisse au pinacle. Aucune compétence, mais c'est une jeune femme d'origine marocaine : même si elle est archi-nulle (et elle sera au moins aussi nulle que ses prédécesseurs), on ne pourra pas la critiquer sous peine de tomber sous la double lame : racisme-sexisme. Un peu comme Taubira. 
Dans cette tempête infernale que traverse le staff de François Hollande, on en vient presque à regretter qu'il n'ait pas plus de femmes issues de l'immigration à mettre au gouvernement, ça permettrait à Libé, au Monde, aux Inrocks, à Télérama et à Canal + de rééduquer le peuple en le forçant à admirer ses ministres issues de la diversité et des minorités, symbole de progrès, d'épanouissement, d'ouverture... Tout un programme de félicité qui me met l'eau à la bouche, pas vous ?

samedi 23 août 2014

Immigration : Renaud Camus, Edwy Plenel, ils ont tous tort !

Bonjour à tous !

Pratiquement pas une semaine ne se passe sans qu'une énième polémique ne vienne alimenter l'actualité concernant l'immigration. Entre les partisans d'une immigration de masse "humaniste" et ceux qui tremblent en craignant "le grand remplacement", il est peut-être bon de faire quelques mises au point.

Non, la France n'est pas un pays d'immigration

Certains vont tomber de leur chaise en lisant ça (je leur conseille une application de Voltarène, ça rendra le bleu moins douloureux), mais la France n'est pas un pays d'immigration, un pays généreusement ouvert ou je ne sais quelle autre bêtise.
La France est un pays divers dans sa composition intrinsèque, entre Français du Nord héritiers d'un droit germanique, et Français du Sud héritiers d'un droit romain. Ici, on se sert la main, ailleurs on signe un contrat écrit pour marquer un accord réciproque. Il y a des Corses, des Bretons, des Alsaciens, et bien d'autres fruits d'un agrandissement régulier du pays : nombre des "populations diverses" de la France n'y ont donc pas immigré, ils y ont été politiquement intégré. La différence est de taille.
Par ailleurs, si les Romains, les Celtes, les Grecs, les Germains, les Vikings et pour finir les Normands ont tour à tour choisi de venir s'installer dans nos vertes contrées, c'était par petites touches successives, pas plus de quelques milliers. Et la dernière immigration "massive", qui était d'ailleurs une implantation militaire, une prise de guerre, date de l'arrivée des Normands scellée par le Traité de Saint-Clair-sur-Epte, en 911. Il y a 11 siècles de cela...
Vous remarquerez que, volontairement, je ne mentionne pas l'arrivée de la diaspora juive, celle-ci ayant été plus ou moins bien acceptée selon les époques, quand elle n'a pas été carrément chassée du Royaume (St Louis) ou persécutée dans un but génocidaire (Régime de Vichy qui, je le rappelle en passant, ne représentait pas la France).
Les vagues d'immigration, toujours dans des proportions mesurées, ont repris au XIXe siècle avec l'avènement de la Révolution Industrielle (Polonais, Belges) et les persécutions liées tant au fascisme (Italiens) qu'au franquisme (Espagne). 9 siècles plus tard, c'est donc d'abord une immigration de travail, puis une immigration politique, qui a poussé nos voisins européens à venir chercher asile en France.

Une proximité culturelle aide à une meilleure assimilation

Depuis la Loi de Séparation de l'Eglise et de l'Etat en 1905, la France a enfin apaisé ses tensions internes dues à de nombreuses guerres de religion. On pense évidemment aux persécutions envers les Protestants, particulièrement au XVIe siècle, mais également à celles envers les Juifs, évoquées ci-dessus. Napoléon avait déjà pris les devant en 1807 en convoquant le Grand Sanhédrin, sorte d'assemblée oecuménique des Juifs de France, pour les inviter à pratiquer un judaïsme qui soit compatible avec les lois de notre pays. Notons au passage que la Loi de 1905 est finalement la longue conséquence d'un gallicanisme acté dès 1516 par le Concordat de Bologne, voulu et obtenu par François 1er auprès du Pape Léon X. La France gérait donc à sa manière la doctrine catholique jusqu'à la confiner strictement au privé et aux lieux de culte, but recherché de cette fameuse Loi appliquant la laïcité républicaine.
Ce petit rappel - fastidieux j'en conviens - est nécessaire pour comprendre la problématique de l'immigration en France. Les Belges, les Polonais, les Italiens ou les Espagnols étaient tous des immigrés européens d'obédience, sinon catholique, du moins chrétienne. Ils n'ont donc eu aucune difficulté à s'intégrer en France, cherchant avant tout un pays calme, qui pourrait leur fournir du travail et un asile. Evidemment, la donne a changé avec l'immigration africaine...

Les erreurs de Plenel et Camus

Présentons rapidement ces messieurs : Edwy Plenel est un ancien rédacteur en chef du Monde, notoirement impliqué dans un scandale dans les années 90 lorsqu'il avait avancé, à tort et sans preuves, que le PS avait été en partie financé par le Général Noriega, alors dictateur attitré du Panama et dont les fonds provenaient notamment du trafic de drogue. Ce Monsieur se présente aujourd'hui bien propre sur lui comme justicier non masqué avide de scoops judiciaires pour nourrir sa nouvelle feuille de chou, Mediapart, dont la quasi-totalité des articles est payant (c'est un journal exclusivement en ligne) : ballot quand on se pose en défenseur des "petites gens". Ils ne peuvent même pas lire les articles où on ne dit que du bien qu'eux... Evidemment M. Plenel se présente en grand humaniste (comprendre : ces adversaires ne le sont pas, ce sont des ogres bouilleurs d'enfants) et, comme pour le reste, fait la morale en expliquant à qui veut bien l'entendre qu'il faut accueillir tous ces pauvres gens, nouveaux damnés de la Terre : Maghrébins, Syriens, Erythréens, Bengalis et j'en passe. Comme on peut s'y attendre, M. Plenel bafouille quand il s'agit de lui demander comment notre pays peut accueillir tous ces gens qui n'ont pas besoin de passer de Charybde en Scylla, d'une misère à une autre, dans un pays économiquement exsangue, et qui accueille 200.000 immigrés légaux par an (soit 1 million sur 5 ans, sans compter les illégaux. Ces immigrés, qui plus est, n'ont aucune proximité linguistique avec notre pays et sont en tout point culturellement éloignés de nous. Et puis, reconnaissons-le honnêtement, ces nouveaux arrivants ont tôt fait de se réfugier dans des ghettos communautaires sitôt leur arrivée sur notre sol acquise. Enfin, on n'a pas entendu du tout M. Plenel prendre la parole quand il s'est agi, pour le coup, de soutenir l'accueil provisoire des Chrétiens persécutés au Levant.
Renaud Camus, quant à lui, est un essayiste d'extrême-droite qui est, il faut bien le reconnaître, passablement perturbé, se signalant par une paranoïa notoire. Il a théorisé le "grand remplacement" c'est-à-dire qu'à terme la population française sera intégralement remplacée par une population hétéroclite issue de l'immigration de masse et qui, évidemment, chamboulera complètement notre pays. Un peu comme les Hispaniques sont en train de le faire aux USA. Sauf que notre pays n'est pas un pays artificiel bâti sur un génocide comme le sont les USA. Notre pays a une histoire et des valeurs profondément ancrées qui l'empêcheront de connaître cette bascule. Ses deux penseurs de notre temps ont donc tort, l'un comme l'autre, et empêchent de mener une réflexion pertinente sur le sujet de l'immigration.

En finir avec la culpabilité de la colonisation

La vérité, c'est qu'en France nos belles âmes qui défendent l'immigration sous toutes ses formes continuent de penser que notre pays est responsable de ce qui lui arrive, du fait de l'épisode colonial. Or cet épisode est clos depuis 52 ans (signature des accords d'Evian en 1962). Cette culpabilité n'a plus lieu d'être, si tant est qu'elle n'ait jamais eu raison d'exister par ailleurs. Au moins, nous, on n'a pas éradiqué les autochtones chaque fois que nous débarquions dans un pays, et nous en partions en laissant des routes, des écoles, des hôpitaux... Tout ce qu'il faut pour qu'un jeune pays (l'Algérie, par exemple, n'existait pas à l'arrivée des Français en 1830) puisse se développer dans de bonnes conditions. Hélas, aujourd'hui il apparaît comme un devoir d'accueillir tous ces "pauvres gens" qui ne seraient pas là où ils en sont si nous n'avions pas commis l'impudence de les coloniser. Ben voyons !
Renversons le problème : l'Algérie passe son temps à élire Bouteflika en dépit du bon sens. La Tunisie a renversé Ben Ali qui était certes un dictateur, mais qui avait permis l'essor de son pays par le tourisme. Les pays d'Afrique Noire colonisés par la France se tapent dessus entre ethnies plutôt que de chercher à construire de vrais états capables d'exploiter leurs extraordinaires ressources en sous-sol. Quand ils ne se font pas la guerre, ils mettent à leur tête des dirigeants tellement corrompus qu'ils font passer Berlusconi pour un enfant de choeur. Dans la vie, on a que ce que l'on mérite. Les Africains comme les autres. Pourquoi eux échapperaient-ils au fait de prendre leurs responsabilités ? N'est-ce pas les infantiliser, voire faire preuve de néo-colonialisme, quand on pleure sur leurs misères ? Si on veut montrer qu'on respecte ces personnes, il faut les considérer en tant qu'adultes responsables. Comme les autres.
Enfin, je conclurai en disant que le plus gros problème pour l'immigration ne se situe pas dans les pays d'arrivée des migrants mais dans leurs pays de départ : en effet, ce sont autant d'esprits contestataires, d'ouvriers qualifiés aux mains en or, et de cerveaux en ébullition qui quittent leurs contrées qu'ils jugent inhospitalières estimant avoir de meilleures ressources sous nos latitudes. Comment les pays d'émigration, que l'on présente toujours comme les perdants du capitalisme, les pays du "quart-Monde", "en Développement", peuvent-ils espérer se développer si leurs meilleurs citoyens sont des candidats permanents à l'exil ? Là encore, ce brain drain malsain est un énième tour de passe-passe des élites mondialisées : non seulement elles exploitent la main d'oeuvre des pays industrialisés mais en plus elles font venir, sous des prétextes fallacieux dignes de mauvais romans à l'eau de rose, des petites mains en provenance de pays "émergents", pillant ainsi sans vergogne des ressources pourtant vitales. En plus, ils peuvent exercer un odieux chantage sur les dirigeants des pays dits "du Nord" sur les salaires et les conditions de travail.
Il est donc plus que temps de mettre un terme définitif à cette politique migratoire absurde et dangereuse pour tout le monde. Quoi qu'on en dise. Il en va de l'équilibre de la planète. Et de chacun des pays qui sont partie prenante de ce circuit perdant-perdant.

samedi 16 août 2014

Libéralisme ou Etatisme, l'heure du choix !

Bonjour à tous !

L'idée de cette chronique m'est venue en lisant un éditorial de Gaspard Koenig sur le site du Point ( http://www.lepoint.fr/invites-du-point/gaspard-koenig/ ). Pour ceux qui ne connaîtraient pas ce Monsieur, il s'agit d'un essayiste français d'obédience ultra-libérale de 32 ans. Il a écrit les discours de Christine Lagarde lorsqu'elle fut ministre de l'économie et des finances et collabore dans de nombreux périodiques, de Gauche comme de Droite (de Libé à Atlantico), ce qui prouve au moins une chose, c'est qu'il n'a pas peur de manger à tous les râteliers.

Libéralisme et libertarisme : 2 faces d'une même pièce

L'idée de cet article est ici d'établir deux vérités : primo, c'est que le libéralisme est le responsable de la crise majeure qui s'est déclenchée en 2007-08, et plus encore, de la Crise telle qu'on la connaît depuis 1973 et le premier choc pétrolier ; secundo, c'est que le libertarisme demandé, exigé même par la Gauche moderne (depuis qu'elle a laissé tomber le marxisme il y a de cela au moins 20 ans), est le corollaire direct du libéralisme, qu'elle ne se gêne pourtant pas pour critiquer tant et plus. Il s'agit donc de rétablir une cohérence.
En 1974, en France, Valéry Giscard d'Estaing, 48 ans, accède à la Présidence de la République. S'inscrivant en rupture de l'époque gaullo-pompidolienne, il décide de s'orienter résolument dans une posture pro-européenne. Que ce soit un hasard ou non, c'est aussi à ce moment-là que la France va commencer à présenter des budgets en déficit. Depuis lors, la dette de la France n'a cessé de croître, plus aucun budget n'a été présenté à l'équilibre. Nos présidents successifs ont continué dans cette voie, l'aggravant même avec l'Acte Unique (1986), Maastricht (1993), Nice ou encore Lisbonne dernièrement, sous Sarkozy, qui a taillé des croupières à un référendum, donc à une expression directe du peuple, qui avait pourtant clairement exprimé son refus de poursuivre plus avant l'intégration européenne. Devenue cheval fou incontrôlable, elle était alors génératrice de dérives, de réglementations iniques, d'usines à gaz (la PAC). Cherry on the cake, l'Euro, monnaie clairement surévaluée pour notre économie basée sur l'industrie moyenne et innovatrice dans des secteurs de niche (fibre optique, aérospatiale, luxe, artisanat ancestral...) a rempli les caisses du rival allemand (on ne peut considérer ce pays comme un partenaire économique compte tenu de son arrogance et de notre histoire commune). Elle a, dans le même temps, appauvri notre pays en déclenchant un processus, jusque là inédit dans nos vertes contrées, de déficit commercial : le début d'une croissance molle qui, avec les frontières ouvertes depuis l'entrée en vigueur de Schengen, nous a exposés au premier plan de la crise de 2007-08.
Cet effondrement économique a cristallisé l'échec d'un système, le libéralisme anglo-saxon : celui-ci s'est cru tout-puissant après l'effondrement du Mur de Berlin. Il a alors vu tous les nouveaux pays nés de l'explosion du Bloc de l'Est comme de potentiels nouveaux marchés sans prendre en compte les aspirations spécifiques de ces derniers. Les USA ont clairement sous-estimé également la fierté russe : humiliée par Eltsine, cette outre à vodka ivre du matin au soir avait en effet, pendant 8 ans et 2 mandats successifs, soldé son pays aux Américains. Rabaissés et revanchards, les Russes ont alors appelé un homme à poigne au Kremlin, Vladimir Poutine. Celui-ci, avec tous les défauts qu'il possède et qu'on ne niera pas ici, a alors posé sa patte ferme sur l'Ours, redressant spectaculairement l'économie du pays et en revenant à toute vapeur sur le concert diplomatique international. Avec l'émergence brutale de la Chine et de l'Inde et l'éveil de l'Amérique du Sud, les USA se sont retrouvés, si l'on osait un grossier parallèle, comme TF1 après le lancement de la TNT : inadaptés, patauds, et surtout, surtout, trop sûrs de leur force. Trop fiers pour se ré-adapter, ils ont alors laissé s'enflammer un système dont la bulle inflationniste était déjà au bord de l'explosion, à savoir le système immobilier et son pendant, le système bancaire.
Dans un monde ouvert comme le nôtre, cela n'a pas tardé à faire tâche d'huile, tous les pays étant touchés les uns après les autres et on est arrivé au bout du compte à la finalité cynique de ce drame : les états ont été sommés de renflouer des banques privées qui, par la suite, n'ont pas remboursé un centime et dont les dirigeants demandent aujourd'hui que les chefs de ces mêmes états fassent des efforts drastiques de gestion budgétaire. Un comble !
Alors, pour faire passer la pilule, on s'est tourné vers les idiots utiles : ceux que j'appelle d'une manière volontairement méprisante les Gauchistes. Ils n'ont plus du tout les valeurs de Gauche, ancrées autour de la solidarité, de l'Etat protecteur et de la défense de l'authentique prolo ouvrier d'usine. Aujourd'hui, ils sont individualistes (ils demandent constamment le respect de la liberté individuelle) et, avec les fermetures d'usines, de mines et la mort programmée de l'agriculture paysanne, ils se trouvent de nouveaux damnés à défendre : les homosexuels, les immigrés, l'islam, Gaza, demandent la libéralisation du cannabis, des villes vertes (eh oui, ils ne comprennent pas vraiment le principe d'une ville), n'hésitant pas à bétonner à tout-va (autre paradoxe que l'on doit à Mme Duflot notamment) pour loger leurs malheureux, comprenez leurs électeurs. On notera que parmi ces clients (on se croirait revenu à l'époque de la République romaine corrompue), les Musulmans sont régulièrement soutenus par le NPA ou les Ecolos, ce qui ne manque pas de sel : ces derniers auraient-ils oublié que Marx voyait en la religion l'opium du peuple ? 
Ces gens qui donnent des leçons à longueur de journée (voir la dernière polémique en date autour de Marcel Gauchet) défendent ici clairement un communautarisme échevelé : les immigrés (qui font pression à la baisse sur les salaires pour le plus grand bonheur du patronat), les femmes (qui doivent travailler, ça fait de la main d'oeuvre supplémentaire à exploiter, toujours pour le plus grand bonheur du patronat), les homos (les wedding-planners, agences d'adoption, cliniques privées se remplissent les poches), les fumeurs de joint (le cannabis ne rapportera bientôt plus assez, donc on demandera la légalisation de la cocaïne, en attendant celle des armes à feu) sont autant de nouveaux marchés à conquérir pour les libéraux. Le pire, c'est qu'ils vont y arriver. Pourquoi ? Parce que critiquer ces nouvelles mesures, ces nouvelles "évolutions de la société" c'est être réactionnaire, conservateur, sentir le souffre et rappeler les heures sombres de notre Histoire. Couplet bien rôdé qui disqualifie automatiquement l'interlocuteur. Circulez, y a rien à voir et vive le Progrès. Le piège s'est refermé.

Les vertus de l'Etatisme

Evidemment, les libéraux voient en l'Etat un ennemi à abattre. Surtout l'Etat français qu'ils estiment trop lourds, trop à cheval sur des principes périmés (dont le Code du Travail, mais oui !), trop interventionniste, bref... Tout aussi naturellement, lorsqu'un chantre du libéralisme-libertarien publie une chronique, aussitôt tout le monde lui baise les pieds sur Facebook ou Twitter "Bouh l'Etat, bouh le pays archaïque, inhumain que voilà, bouh laissez-nous vivre". Le lendemain, on se mobilise dans la presse pour Gaza : "Mais que fait la France, pourquoi la France n'intervient-elle pas, etc etc ?" L'Etat que l'on déteste un jour est aussitôt appelé à la rescousse le jour suivant.
Voilà où en est réduit aujourd'hui la vision de l'Etat qui a pourtant permis l'essor et la grandeur de notre pays. Je répète une énième fois ici que la France est un pays étatique, jacobin, au moins depuis la Grande Charte de St Louis en 1254, sinon depuis le baptême de Clovis à la Noël 499 (année soumise à débat). La France s'est construite dans l'unité grâce à l'omniprésence d'un Etat tout-puissant jusqu'à l'apogée du Premier Empire. Suivirent 150 ans d'incertitude, marquée par plusieurs Restaurations désastreuses, la Seconde Guerre Mondiale et le retour d'un Etatisme glorieux grâce au Général de Gaulle, en 1958. Cette période va lancer les Trente Glorieuses en France, une diplomatie originale et unique, qui n'est alignée ni sur les USA ni sur l'URSS, la sortie de l'OTAN, une industrialisation grandiose, l'indépendance énergétique du pays avec le nucléaire, etc. Voilà ce que l'Etatisme a fait à notre pays. Il lui a fait le plus grand bien et a toujours permis, surtout, de garder uni un pays en proie à des déchirements qui, potentiellement, ont pu menacer son existence. Un déchirement culturel, d'abord, entre un Nord d'inspiration germanique et un Sud d'inspiration romaine. Un déchirement territorial, ensuite, avec une très longue présence anglaise et de ses alliés sur nos terres : l'Aquitaine, le Maine, la Bourgogne notamment. Un déchirement religieux, enfin, avec des guerres de religion dévastatrices, notamment au XVIe siècle entre Catholiques et Protestants. 
Non, mesdames et messieurs les libéraux, la France n'a jamais eu de comportement dirigiste comme ce fut le cas à l'Est du Mur de Berlin. Oui, conserver des services publics de grande qualité est la gloire de notre pays car cela permet de protéger tous les citoyens, quelle que soit leur condition, leurs difficultés du moment, sans compter que cela permet de garder en vie des milliers de communes rurales qui mourraient sans cela. La France, son génie, ses paradoxes et ses difficultés ont toujours trouvé en l'Etat de quoi la conforter, la réconforter même. L'Hexagone n'a pas à prendre modèle sur la Suède (dont le taux de suicide est le plus élevé d'Europe), la Suisse (au coût de la vie bien plus élevé qu'en France et donc la protection sociale est absente) ou les USA (classés loin derrière nous à l'Indice de Développement Humain et qui doit sa réussite au Génocide de la population amérindienne - Génocide dont on ne parle curieusement jamais d'ailleurs...) Il n'y a pas de modèle parfait, il y a sa propre voie, à suivre ou à créer, mais pour cela il faut un Etat fort et bienveillant dirigé par une personne clairvoyante, avisée et qui ait une parfaite connaissance de notre pays et de son Histoire.
L'heure du choix entre libéralisme et étatisme a sonné, pour ma part c'est déjà fait. Amis lecteurs, à vous de choisir !

samedi 9 août 2014

Relire Durkheim et Weber pour comprendre le monde d'aujourd'hui

Bonjour à tous !

Si la sociologie est une jeune science - qui date du XIXe siècle, elle occupe aujourd'hui le devant de la scène. Il ne se passe pas une semaine sans qu'un sociologue intervienne sur un médium ou un autre pour décrypter telle pensée politique, tel phénomène social. Je cherche donc aujourd'hui à remettre sur le devant de la scène les deux fondateurs de cette discipline qui, finalement, sont devenus des modèles indépassables tant leur analyse sur le monde est toujours aussi juste. Tentative de démonstration :

Emile Durkheim : division sociale du travail, anomie et suicide

En ce qui me concerne j'ai découvert Durkheim un peu brutalement au lycée, en classe de sciences économiques et sociales où notre professeur, tout guilleret, nous annonça tout de go que cet universitaire austère avait accompli un travail majeur sur le suicide. Et ce n'est qu'avec le temps que j'ai compris que ce travail s'inscrivait dans un ensemble plus vaste, d'une remarquable cohérence. 
Commençons par le commencement : Durkheim naît en 1858 et meurt en 1917. Il est, avec Auguste Comte, le père de la sociologie française qui forme, avec les sociologies américaines et allemandes, les trois piliers de cette discipline. Dreyfusard de la première heure, ami de Jaurès (décidément, il est dans toutes les discussions du moment le pauvre), il se fait connaître avec deux oeuvres majeures : De la division du travail social en 1893 et, donc, le fameux Le Suicide en 1897, deux ouvrages à la méthodologie radicalement différente.
Durkheim, et la sociologie en général, cherche à comprendre les mutations d'un monde soumis à la révolution industrielle. Alors que les économistes ont ouvert la voie au siècle précédent avec Adam Smith ou David Riccardo, la sociologie analyse, ou tente d'analyser, comment les mutations techniques influent sur le quotidien des gens. Dans son premier ouvrage, Durkheim explique remarquablement cette évolution, parlant d'un passage d'une solidarité mécanique à une solidarité organique. D'une solidarité organisée autour d'une petite communauté hiérarchisée où jamais personne n'était laissé à l'abandon, où chacun se serrait les coudes à condition de respecter les règles, à une solidarité différente, plus diffuse et plus fragile, où les individus sont interdépendants les uns des autres, sans rattachement à un groupe d'origine. Ainsi l'individu est séparé de sa famille, de ses amis, de sa région natale (fait particulièrement avéré avec l'exode rural) et, pour vivre, pour survivre même, devient entièrement dépendant du hasard qui se présentera sous l'aune du bon vouloir d'autres individus inconnus : un patron qui voudra bien lui trouver du travail, un propriétaire qui voudra bien lui fournir un toit. 
Dans son essai sur le suicide, quatre ans plus tard, Durkheim compile cette fois-ci des données statistiques à foison pour dresser le portrait-type du candidat au suicide qui s'avère, à l'époque, être un homme vivant seul entre trente et quarante ans avec un travail peu motivant ou au chômage. En un mot, les laissés pour compte de la solidarité organique, car ils n'ont pas eu la bonne fortune de trouver d'autres individus lambdas avec lesquels lier solidarité. Ou bien ce sont des individus qui, passés sous la coupe de patrons peu scrupuleux, travaillent plus que de raison pour un salaire toujours plus bas, en font toujours plus pour toujours moins, de peur de perdre leur job. Ces gens perdent peu à peu leurs repères à la vie, ils versent dans ce que Durkheim appelle l'anomie. Et survient le drame.
Comment ne pas retrouver aujourd'hui un tel écho dans les propos du Vosgien ? Comment ne pas être aujourd'hui frappé en pleine face par la justesse de son analyse ? La société post-moderne dans laquelle nous vivons avec toujours plus d'allégresse délie encore plus les liens de solidarité mécanique, qui sont les plus solides parce que ce sont les liens du sang, les liens de l'ancienneté, de la tradition, des racines. Aujourd'hui, non content d'avoir exploité les hommes pendant des décennies, de les avoir arrachés à leurs champs, à leurs villages, le capitalisme fait travailler les femmes en les exploitant tout aussi impunément. Et pour que chacun trouve cela formidable, on nous le sert sous couvert de l'égalité homme-femme. Et tant pis si les enfants sont laissés au soin de tiers, qu'ils soient nounous, instituteurs devenus éducateurs, aide-soignants dans les crèches et compagnie. Et après on s'étonne d'avoir à faire à des enfants insolents et mal élevés. Aujourd'hui, le lien entre générations n'existe plus. Le grand-père se déplace difficilement ou il ne reconnaît plus très bien ses petits-enfants ? Au mouroir ! Pardon : à la maison de retraite. Les scandales de maltraitance envers les personnes âgées fleurissent ? Aucune importance, on invente le droit à mourir dans la dignité (sous-entendant qu'il y aurait donc des morts indignes, allez savoir lesquelles...) et on appellera ça euthanasie et on dira que c'est faire preuve d'humanité. Papy piqué comme Felix, le pauvre vieux chat aveugle et incontinent. C'est l'aïeul qui va être content... Et au passage, on affirme quand même bien fort être contre la peine de mort pour se donner bonne conscience. Ouvrons les yeux : on pousse les gens à se défier les uns des autres, on rompt avec nos traditions, notre force étatique, qui ne peut plus donner l'impulsion dont nous avons besoin, nous ne sommes plus que des consommateurs atomistiques nés et élevés pour vénérer Apple, Nike, Coca et McDo pour leur faire faire toujours plus de fric. Ca valait bien le coup de se détourner de Dieu, tiens... Nous avons juste opté pour une divinité plus cynique et malfaisante.

Max Weber : lien entre protestantisme et capitalisme

L'autre petit génie qui a tout compris à son temps et qui, encore aujourd'hui, fait figure de prophète politique, c'est Max Weber, né à Erfurt en 1864 et mort à Münich en 1920. Outre le fait qu'il a donné une cohérence académique à la sociologie en la classant dans les sciences dites de la culture, il a travaillé sur l'influence du protestantisme dans la culture capitaliste. L'Ethique protestante et l'esprit du capitalisme (je suis de bonne humeur, je vous épargne le titre en version originale) est sorti en deux parties en 1904 et 1905. Il y explique que la finalité de l'existence d'un individu est le travail dans le cadre d'une profession. Autrement dit le travail, et son pendant, le revenu qu'il procure, devient une fin en soi, un aboutissement personnel. Il puise sa réflexion dans le dogme protestant, notamment calviniste, où le travail est la meilleure chose que l'Homme puisse accomplir ad majorem Dei gloriam, c'est-à-dire pour la plus grande gloire de Dieu. Un homme qui réussit professionnellement se voit ainsi confirmé, dans son esprit, comme élu de Dieu. 
Pour comprendre comment il en arrive à ce point, un peu de théologie catholique s'impose : rappelons que dans le cas du dogme apostolique romain, l'Homme travaille uniquement pour se nourrir et nourrir les siens (on en revient ainsi au principe de la solidarité mécanique). Selon ce principe, donc, l'Homme ne peut s'enrichir, en tout cas pas de manière ostentatoire, et le commerce de l'argent est interdit. C'est dans ce contexte que les Juifs furent aussi longtemps tolérés dans une Europe pourtant hostile à leur sort, afin de devenir les usuriers des différents princes. Cela leur valut aussi de notoires désagréments, les Catholiques n'étant pas de très bons payeurs. Ainsi, le protestantisme, en se libérant de l'axiome "je travaille pour vivre et faire vivre les miens" se plongea dans un autre axiome "je travaille pour la gloire de Dieu et si je réussis, si je m'enrichis, c'est que le Seigneur m'accorde ses bonnes grâces". 
Et c'est là, que si vous êtes un lecteur malin (ce dont je ne doute pas le moindre instant) vous comprenez où je veux en venir : tout est rapidement devenu bon pour faire du pognon, peu importe comment, puisque si on remplit nos poches, c'est parce que nous sommes les élus de Dieu. Evidemment, les Américains sont les très grands promoteurs de ce système, qu'ils ont poussé tant et plus en recourant à des travers que l'Histoire a réprouvés, notamment l'esclavage. Ils ont inventé le taylorisme, le fordisme, on leur doit la vénération du libre-échange et de la mondialisation, puisque c'est comme ça qu'on conquiert de nouveaux marchés, de nouveaux clients et donc, in fine que l'on gagne encore plus d'argent. En Europe, même si la réussite allemande fut davantage basée sur une dimension sociale, l'Allemagne et l'Angleterre sont également les vainqueurs capitalistes de la fin du XXe et du début du XXIe siècle. La City de Londres est la première place financière au monde, et l'industrie allemande exporte à tout-va, remplit ses comptes en banque et appauvrit considérablement l'Europe du Sud (France, Italie, Espagne) étonnamment...catholique ! Ca alors, quelle surprise ! Et naturellement, dans cet esprit libéral-libertaire cher aux Anglo-Saxons, on consacre toujours plus la liberté individuelle et l'ouverture au monde car l'autre est un humain comme toi. Il ne mange pas comme toi, ne s'habille pas comme toi, n'a pas la même histoire que toi, les mêmes coutumes que toi, les mêmes croyances que toi, mais ce n'est pas grave : Dieu Dollar vous réunit sous sa même bannière. Vous ne pouvez pas vous entendre avec toutes ces différences culturelles, ethniques et religieuses ? Alors c'est que vous êtes racistes, et c'est mal ! Le progrès n'aime pas le racisme, il n'aime pas qu'on empêche des homosexuels ultra-minoritaires incapables de fonder une famille sans recourir à la science (et donc de jouer à l'apprenti-sorcier, cf PMA et GPA) de se marier, il n'aime pas qu'on l'empêche de vendre de la drogue (le cannabis soigne plus qu'il ne fait de mal, c'est connu voyons, faites preuve d'ouverture d'esprit)... Bref, le capitalisme protestant devenu ultra-libéral n'aime pas. La seule chose qu'il aime c'est l'argent que vous lui donnez en vous faisant croire que vous êtes totalement libres de le faire. Elle est pas belle la vie ?

En conclusion : se méfier des apparences et rester fidèles à ses racines et à ses valeurs

C'est une belle leçon que nous ont donné Durkheim et Weber il y a un peu plus d'un siècle. Ils nous ont donné les clés pour comprendre les profondes mutations de notre monde induites par la révolution industrielle et le progrès technique. Ils l'ont fait avec objectivité et dans le souci d'une démarche scientifique. On peut faire le choix de les ignorer totalement et de continuer dans cette fuite en avant vers toujours plus de progrès, de libertés... Mais pour quels résultats ? Que deviendrons-nous lorsque nous aurons obtenu tout ce que nous voulions en bons individus capricieux ? Serons-nous plus heureux lorsque nous aurons épuisé les ressources de notre planète à force de progrès technologiques ? Et que dirons-nous à nos enfants lorsqu'ils nous demanderont, immanquablement, qui nous sommes, d'où nous venons, et pourquoi nous avons effectué tel choix plutôt que tel autre ? Prenons garde, ensemble. Il n'y a jamais rien d'écrit à l'avance. Nous le devons, non à nous-mêmes, mais aux générations à venir.