samedi 26 juillet 2014

Réforme territoriale : dessinez, c'est perdu !

Bonjour à tous !

Après deux ans d'atermoiements, on sait enfin pourquoi François Hollande a été élu : pour faire du découpage-collage. Mais comme ça, comme pour le reste, la réussite n'est hélas pas au rendez-vous.

Au petit bonheur la chance

Jaloux maladif de ce qui se passe en Allemagne, croyant de la manière la plus orthodoxe possible que la success story d'outre-Rhin doit être soigneusement retranscrite en France, notre bon président a sorti un nouvel atout de sa manche : redécouper les régions à la façon des Lânder. Et ça ne peut pas marcher... D'abord parce que l'Allemagne, dont la superficie est moindre que celle de notre territoire, compte 16 Lânder ; nous, nous devrions nous contenter de 13 régions... Qui plus est, les fusions ne répondent à aucune logique ou presque. Si l'Ile-de-France et la Corse conservent leur indépendance, l'Alsace va se voir affublée de la Lorraine et de la Champagne-Ardennes... Pas de quoi se réjouir, tant l'histoire et l'économie de ces différents territoires sont dissemblables.
D'autre part, le fédéralisme allemand est un héritage direct de son histoire complexe, celle du Saint-Empire romain germanique, qui était un agrégat de principautés autonomes et dont l'Empereur se contentait de gérer les affaires courantes. En France, notre pays est un état central depuis l'Empire de Charlemagne, au moins ! Agglomérant avec soin l'héritage gallo-romain, les influences grecques en Méditerranée, les invasions germaines et normandes, notre pays a vite compris que seul un pouvoir central fort rayonnant sur l'ensemble du territoire pouvait faire marcher tout le monde dans le même sens. Si notre pays fut de nouveau réduit à la portion congrue lorsque Hugues Capet reprit le trône en 987, il avait déjà repris toute sa vigueur lors de la Grande Ordonnance de Saint-Louis en 1254, établissant une première organisation de l'administration du royaume sur différents échelons afin de concerner l'ensemble du territoire.
Plus tard, lorsque l'Empire de Napoléon fut au maximum de sa puissance et de son étendue, l'Empereur avait divisé notre pays en 130 départements, de la Wallonie à la Corse du Nord au Sud, et de la Bretagne à la Rhénanie-Palatinat, de l'Ouest à l'Est (on notera au passage une curieuse similitude géographique avec la France carolingienne, ce contour du territoire étant sans nul doute la France historique telle qu'elle devrait encore exister aujourd'hui, mais c'est un autre débat). Le principe du département tel qu'il avait été voulu était que le chef-lieu se trouvât à une journée de cheval maximum de l'administré : la volonté était donc forte de rapprocher l'Etat des habitants. Les régions, telles qu'elles ont été développées en 1982 après la première loi de décentralisation (Lois Deferre) n'avaient aucune justification historique, à quelques exceptions près, qui concernaient essentiellement les extrémités du territoire (Alsace, Bretagne notamment). A plus forte raison, quelle identité aura un territoire créé artificiellement sur un coin de table si, dans une proportion plus petite, il n'avait déjà pas d'identité propre ?

Un foutoir mémorable en préparation pour des économies inexistantes

Si, au moins, François Hollande avait le courage d'aller au bout de sa logique et de supprimer les départements, pour faire des économies sur un échelon administratif : mais non, il ne le fera pas. En réalité, il ne fait que créer de puissantes baronnies qui vont affaiblir le pouvoir central au profit de l'Union Européenne qui rêve de pouvoir s'adresser directement à des régions voulant sauter le centralisme d'Etat, comme c'est le cas pour la Catalogne, la Flandre, ou l'Ecosse. On va se retrouver avec un pays dans la même configuration que pendant la Guerre de Cent Ans où un Roi diminué était moins puissant que certains de ses vassaux, quand ces derniers n'étaient pas carrément à la solde des Anglais (comme ce fut le cas des Bourguignons). En plus, c'est la porte grande ouverte pour un triomphe du FN aux prochaines élections territoriales en Nord-Pas-de-Calais-Picardie, où on ne voit pas bien qui pourrait empêcher Marine Le Pen de l'emporter. Une nouvelle occasion pour la Gauche au pouvoir de dénoncer la libération de la parole, la présence prégnante dans les médias d'intellectuels réactionnaires et tutti quanti... Tout plutôt que de parler du fond, et une stratégie électoraliste de bas étage supplémentaire pour s'assurer de la présence de Marine Le Pen au deuxième tour en 2017 afin de s'assurer d'une victoire à la Pyrrhus...
Pendant que François Hollande et le PS se débattent pour nous pondre cette énième mauvaise idée, c'est le citoyen qui, une fois de plus, sera le grand perdant de l'Histoire : avec cette réforme, on pourra en effet justifier la fermeture supplémentaire de casernes militaires, d'hôpitaux, de lycées, de bureaux de poste, de tribunaux ou de gares SNCF... Bref, une nouvelle désagrégation du service public qui bénéficiera encore davantage aux grandes métropoles, éternelles gagnantes d'une mondialisation qui n'a pas fini de paupériser chaque jour davantage la France péri-urbaine chère à Christophe Guilly, Eric Zemmour et à votre humble serviteur. 
Il faudrait plutôt s'inspirer de la réflexion de Nicolas Dupont-Aignan, qui prône une suppression pure et simple des régions et la création de 70 départements d'1 million d'habitants environ, afin de pouvoir proposer au même nombre de personnes le même service public de qualité en matière d'énergie, de sécurité, de Justice, d'éducation, de santé et de transports. Et cela permettrait alors au peuple des campagnes de se sentir un peu moins abandonné à son sort. 
Mais bon, quand il s'agit de se mobiliser sur les territoires perdus de la République et des vrais laissés-pour-compte, on n'entend pas Benjamin Biolay composer une chanson, et on ne voit pas Les Inrocks faire un reportage sur la question : c'est bien connu, le prolo ça pue, c'est raciste et ça n'aime pas la bobo-culture parisiano-parisienne. Sauf que le prolo, il est comme tout le monde : il a son bulletin de vote, et lui il se rend fidèlement et scrupuleusement à l'isoloir. Et tant pis si ça gâche le brunch des hipsters de la Butte Montmartre...

lundi 21 juillet 2014

Gaza : la France donneuse de leçons prise dans ses contradictions

F. Hollande et L. Fabius en pleine discussion à l'Elysée
Crédits Photo : Abaca/Orban Thierry/ABACA/Le Figaro

Bonjour à tous !

"L'été sera chaud" disait la chanson. On en a la démonstration en France avec un moment de tension hallucinant, comme seul notre pays peut nous en offrir : alors qu'Israël a décidé d'intervenir militairement dans la bande de Gaza, le conflit "israélo-palestinien" est une nouvelle fois importé sous nos latitudes, provoquant des scènes d'une rare violence, comme en fut victime la ville de Sarcelles hier, et plus particulièrement sa communauté juive, l'une des plus importantes de France.

Dire tout et n'importe quoi sur ce conflit par "humanisme", "fraternité" et "solidarité"

A force d'employer des grands mots à tout-va sans même plus se soucier de leur sens, on en arrive à justifier tout et n'importe quoi. Trois jeunes Israéliens sont enlevés, torturés et abattus sommairement, Netanyahou décide d'une riposte qu'il a cherché à rendre la plus proportionnée possible (et provoquer l'ire de son aile droite), et pourtant on est reparti dans le sempiternel discours de "Israël assassin", "Génocide palestinien", j'en passe et des pires. Or, il est difficile de parler d'assassinat quand un état souverain agressé riposte : en bon droit, cela s'appelle de la légitime défense. Qu'il y ait plus de victimes côté gazaoui depuis le début du conflit n'est pas un argument valable pour dénoncer la politique d'Israël, au contraire. Ce n'est pas la faute de l'Etat hébreu si le Hamas, organisation unanimement reconnue comme terroriste par l'ensemble de la communauté internationale, utilise les civils comme boucliers humains. Et puis, un état n'a pas à s'excuser d'être technologiquement en avance sur un autre. Quand César a conquis la Gaule, il ne s'est pas excusé par la suite de nous amener les routes, les aqueducs, la langue latine,... 

Une importation du conflit en France totalement inacceptable

En France, on assiste depuis une quinzaine de jours à une nouvelle importation du conflit sur notre territoire. Evidemment, ces manifestations sont l'occasion de montrer une nouvelle fois la crise identitaire de ce pays : l'écrasante majorité des manifestants sont des jeunes issus de l'immigration qui brandissent des drapeaux palestiniens, algériens, marocains,... Aucun oriflamme tricolore dans les cortèges. Quant aux couleurs israéliennes, elles ne sont brandies que pour être brûlées, au vu et au su de tous. A Sarcelles, ce sont des magasins tenus par des commerçants juifs qui ont été attaqués : épicerie casher, bureau de tabac et pharmacie notamment. Une mini nuit de cristal en 2014. Vraiment charmant au lendemain de la commémoration de la déportation du Vel' d'Hiv'. Quant à nos politiques, ils sont muets sur le sujet : François Hollande défend très mollement Israël en expliquant que le pays a le droit de se défendre contre les tirs de roquette, Valls et Cazeneuve expliquent qu'ils ne toléreront aucun débordement antisémite (trop tard)...pour mieux se faire déborder sur leur aile gauche par des députés socialistes qui disent ne pas comprendre l'attitude du Président. Encore une belle preuve d'autorité. Quant aux écolos, ils ont la palme avec les tweets d'un de leur membre les plus éminents qui justifiait, par une pirouette rhétorique, l'attaque de synagogues en plein Paris la semaine dernière. Et évidemment, les éternels losers de NPA soutiennent systématiquement toute initiative contre "l'impérialisme" israélien. Sans se douter que les impérialistes dans la région sont, depuis le VIIIe siècle, les Arabes qui mettent à leur botte les Coptes, Mésopotamiens, Juifs, Alaouites...et autres peuplades diverses qui bariolaient joyeusement la région du Golfe Persique. .

L'hypocrisie des anti-racistes

"Halte aux amalgames", "Ne confondez pas la minorité islamiste avec la majorité qui vit l'Islam pacifiquement dans le respect de la République", "Ce ne sont pas leur faute, ils subissent encore aujourd'hui la discrimination de la France, puissance coloniale : il faut les aider"... Tous ces refrains, vous les connaissez mieux que moi, ils sont le fruit des sempiternels hérauts de l'antiracisme, depuis ses fondateurs Julien Dray et Harlem Désir, jusqu'à la "classe biberon" portée par Clémentine Autain, Rhokaya Diallo et compagnie sans oublier leur maître à penser, l'obscur Tariq Ramadan qui s'est quand même fait remettre à sa place...par le rappeur Booba. La preuve de sa soi-disant maîtrise intellectuelle. 
En France, depuis le début de l'ère Mitterrand, l'anti-racisme est un fond de commerce bien commode visant à transformer le prolo français en gros beauf raciste et réactionnaire dans le but double de gagner des voix chez les populations immigrées et de faire culpabiliser la Droite car, avec ce procédé, l'Extrême-Droite gagne mécaniquement des voix. La Droite "traditionnelle" est donc embourbée dans le piège socialiste, parti qui n'hésite jamais, lui, à faire des amalgames selon le vieux principe du "Faites ce que je dis, pas ce que je fais" et en respectant à la lettre la vieille antienne de Staline "Taxez vos adversaires de nazis : pendant qu'ils seront occupés à se justifier, ils ne pourront pas argumenter contre vous"
Si la sauce a plutôt bien fonctionné pendant 20 ans, et malgré l'échec retentissant de 2002 où le stratagème s'est brutalement retourné contre le PS, force est de constater que l'opinion a basculé depuis que de nouveaux intellectuels ont réussi à se faire entendre, tant par leur rhétorique exceptionnelle, que par leur culture et leur patience : Eric Zemmour, Alain Finkielkraut notamment, mais aussi Pascal Bruckner, Natacha Polony, Denis Tillinac, Elisabeth Lévy, Michel Maffesoli, Jean-Claude Michéa, Michèle Tribalat ou encore Christophe Guilluy. En réussissant à démasquer le loup "bobo" méprisant des classes populaires, ils ont écorné l'image pourtant si policée de l'anti-racisme. Cette même idéologie qui en a d'ailleurs pris un sacré coup lors d'un événement télé pourtant si anodin à la base, lorsque Aymeric Caron s'en est pris à Alexandre Arcady, tentant de justifier le meurtre horrible d'Ilan Halimi par Youssouf Fofana et sa bande de sauvages en y transposant la grille de lecture du conflit "israélo-palestinien". Cela provoqua un tel choc que Laurent Ruquier et Catherine Barma décidèrent de couper la séquence au montage. 
Ah, Aymeric Caron, sa chevelure flamboyante, sa barbe bien taillée, son look de gendre idéal, caricature de tout ce qui éveille aujourd'hui de l'antipathie envers la caste médiatique. Le même qui, dans son dernier ouvrage, s'en prend à Finkielkraut, non pas sur le terrain des idées, mais en moquant son physique, ses mimiques, sa posture comme les Nazis le faisaient dans les années 30 pour montrer à quel point un Juif, par ses prétendues caractéristiques physiques, devait être considéré comme un Untermensch, un "sous-homme". Il pourfend chaque semaine les idées réactionnaires de ces intellectuels qu'il honnit, commençant toutes ses interventions par son anaphore préférée :"Moi, j'ai les chiffres..." A-t-il, ce brave M. Caron, les chiffres concernant le nombre d'appels au meurtre de Juifs dans l'Hexagone rien que sur ces quinze derniers jours ? Nous donnera-t-il les chiffres également sur le nombre de boutiques tenues par des Juifs qui ont été vandalisées, les chiffres concernant le nombre de drapeaux israéliens brûlés, les chiffres nous indiquant combien de fois on a demandé aux Juifs de quitter la France ou le nombre de fois où on a comparé Israël aux Nazis, expliquant que Tsahal commettait un "génocide" à Gaza, prouvant par la même occasion l'ignorance que les gens ont de ce mot, de sa signification, de sa portée ?
La vérité, c'est que ce sont les associations anti-racistes dans leur ensemble qui sont en situation d'échec : elles qui vivent grassement de nos impôts, et sous l'oeil bienveillant de l'ensemble de la Gauche française, sont les premières à élever la voix pour défendre les pauvres petits malheureux musulmans chaque fois que les islamistes font tristement parler d'eux. En revanche, on n'entend personne dénoncer l'antisémitisme quand ces mêmes pauvres petits malheureux profèrent des injustes profondément racistes envers les Juifs, sans parler des actes de violence qui les accompagnent souvent. L'hypocrisie est démasquée. Ces associations devraient avoir le cran de reconnaître leur parti pris, et le pouvoir devrait prendre ses responsabilités en appelant à leur dissolution immédiate. Parce que la vérité est ainsi : la haine du Juif, malgré 25 siècles qui auraient dû nous servir de leçon, persiste dans notre société comme un peu partout dans le monde, chaque fois qu'on compare Netanyahou à Hitler. 
Aujourd'hui, j'ai mal à ma France. Ce n'est pas la première fois. Et je crains que ce ne soit pas la dernière. Mais aujourd'hui plus qu'un autre jour, je demande une prise de conscience collective pour dénoncer cette gigantesque hypocrisie. Et pendant qu'on pleure sur quelques centaines de Palestiniens tués par leur faute (il en sera ainsi tant qu'ils n'auront pas décidé de se débarrasser définitivement du Hamas), le conflit syrien a fait 160.000 morts. Chacun ses priorités, sans doute...

mardi 15 juillet 2014

Une Histoire de la Coupe du Monde (7e et dernier chapitre) : les années 2000

Bonjour à tous !

On en termine avec notre rétrospective footballistique sur la Coupe du Monde avec les années 2000.

2002 : La Coupe du n'importe quoi

Première édition co-organisée par deux pays, la Corée du Sud et le Japon, cette Coupe du Monde restera un mauvais souvenir pour de nombreux amateurs de foot. En premier lieu, venons-en au principal grief : l'élimination sèche de la France au premier tour avec aucun but marqué en 3 matchs et deux défaites. Une équipe de France qu'on annonçait comme une équipe de rock-stars et qui se sera plantée dans les grandes largeurs. Elle aura traîné comme un boulet la blessure de Zidane en match de préparation contre la Corée quelques jours avant le début de la compétition. Ajoutez à cela les innombrables poteaux et l'expulsion injustifiée de Henry contre l'Uruguay et vous comprendrez que la coupe était pleine pour nos Bleus. Mais ce n'est pas la seule équipe à avoir subi les foudres du hasard. L'Italie, en 1/8e, et l'Espagne, en 1/4, seront successivement sorties par la Corée du Sud après de nombreuses et invraisemblables erreurs d'arbitrage. Une Corée qui sera d'ailleurs sortie sans encombres de son groupe, où les favoris européens (Portugal et Pologne) ont coulé, là encore avec un arbitrage, disons, surprenant ! Parmi les éliminés qu'on attendait pas au premier tour, citons également l'Argentine, sortie par la Suède et l'Angleterre.
Finalement, à l'issue d'une Coupe du Monde qu'on s'empressera bien vite d'oublier, l'Allemagne de Miroslav Klose et Oliver Kahn, ainsi que le Brésil du trio Ronaldo, Rivaldo, Ronaldinho tirent leur épingle du jeu en offrant un choc inédit en Coupe du Monde entre ces deux géants. Le Brésil s'impose logiquement avec un doublé de Ronaldo qui, avec 8 buts, aura marqué la compétition de son empreinte et décrochera d'ailleurs le Ballon d'Or à la fin de l'année.

2006 : Un Géant par la petite porte

Voilà une édition qui fera date : cette Coupe du Monde en Allemagne, XVIIIe du nom, restera dans les annales comme l'une des plus réussies de l'Histoire. Entre des stades ultra-modernes et magnifiques, du spectacle sur le terrain, du jeu et du suspense, les spectateurs et téléspectateurs auront été gâtés. Quelques surprises à la marge, dont l'élimination de la Croatie par l'Australie, ou de la République tchèque par le Ghana. La France de Domenech avance masquée avec le retour inespéré de trois grognards : Zidane, Makélélé et Thuram. La France sortira par un trou de souris de son groupe, grâce à une victoire 2-0 contre le Togo. En 1/8e, c'est l'Espagne qui s'avance face aux Bleus. Et à l'issue d'un match superbe de maîtrise et de joie de jouer, les Français s'imposent 3-1. Dans un autre 1/8e, l'Italie éliminera l'Australie 1-0 grâce à la bienveillance de l'arbitrage. En 1/4, on aura droit à un chef d'oeuvre : France-Brésil, classique du genre avec un maestro à son meilleur niveau : Zizou aura fait danser les Brésiliens tant et plus jusqu'au tournis. En 1/2, de manière assez surprenante, les Italiens élimineront les Allemands au terme des prolongations et après un match plein de suspense.
En finale, la France ouvre le score rapidement sur une panenka de Zidane. Materrazzi égalise sur corner. Une 2e mi-temps âpre n'offre pas de vainqueur. On en vient aux prolongations. Tête de Zidane. Miracle de Buffon sur sa ligne. Avant le coup de théâtre de la 109e minute et l'expulsion rocambolesque et controversée de Zidane. Si son geste mérite sanction, que dire du comportement de Materrazzi à son adresse tout au long de la rencontre ? Et de l'arbitre, M. Elizondo, qui décidera d'expulser le Français parce que le 4e arbitre aura vu les images sur un ralenti vidéo ? Vidéo d'ailleurs toujours refusée pour arbitrer... Touchés au coeur, les Français ne s'en remettront pas vraiment et les Italiens, portés par un magnifique Buffon dans les cages, finiront par s'imposer 5-3 aux tirs au but. Une fin amère pour une bien belle équipe et un si grand joueur. De la lumière à l'ombre...

PS : reprise des posts traditionnels d'ici quelques jours. Vos avis sont les bienvenus. En attendant, passez un bel été.

jeudi 3 juillet 2014

Une Histoire de la Coupe du Monde (6) Les années 90

Bonjour à tous !

Avant-dernière étape de notre petit voyage dans le temps. La Coupe du Monde marque aujourd'hui un arrêt dans les années 90, qui vont bien mal commencer avant de finir, pour nous Français, en apothéose.

1990 : une coupe du Monde à oublier

Des stades mal adaptés, des tribunes souvent vides, peu de buts... La coupe du Monde 1990 fait étape pour la 2e fois, après 1934, en Italie. Et le moins que l'on puisse dire c'est que la fête ne fut pas au rendez-vous. La France est absente de ce rendez-vous qui donne l'occasion à l'Argentine de Maradona de doubler la mise. Fort heureusement, une magnifique surprise va égayer ce Mundiale sans âme : le Cameroun de Roger Milla. Celui-ci va ouvrir les hostilités dès le match d'ouverture en cueillant les Argentins sur le score de 1-0 (et une magnifique boulette de Nery Pumpido, le portier albiceleste au passage). C'est aussi la révélation d'un joueur, un "tube" de l'été : Salvatore "Toto" Schillaci, qui marquera 6 buts (sur les 7 de sa carrière internationale qui s'arrêtera dès 1991). Au premier tour, dans le groupe A, l'Italie se qualifie facilement et le monde découvre la future pépite du ballon rond, Roberto Baggio. La Tchécoslovaquie la suit de près. Dans le groupe B, l'Argentine ne se qualifie qu'en tant que meilleure 3e, derrière le Cameroun et la Roumanie. Dans le groupe C, le Brésil se qualifie devant le courageux Costa Rica, dont c'est la 1e apparition en Coupe du Monde. Dans le groupe D, la RFA (dont c'est la dernière apparition en compétition officielle sous cette dénomination) domine la Yougoslavie et la Colombie. Dans le groupe E, Espagne, Belgique et Uruguay s'imposent tandis, enfin, que le groupe F voit l'Angleterre et l'Eire devancer les Pays-Bas, champions d'Europe en titre, à la surprise générale. Les 1/8e offrent quelques affiches, dont un alléchant Brésil-Argentine qui tourne à la farce à cause de l'empoisonnement des boissons brésiliennes par les Argentins. Branco, le latéral gauche, se plaindra tout le match de ne pas se sentir bien après s'être abreuvé d'une boisson prise au hasard sur le banc de touche et disposée par un soigneur argentin. Les Auriverde finiront même le match à 10 dans une parodie de football. Les Pays-Bas sont éliminés par les Allemands et l'Espagne l'est par la Yougoslavie de Dragan Stojokovic, Robert Prosinecki et Dejan Savicevic. En quart de finale, cette magnifique équipe, composée de joueurs qui feront rêver l'Europe jusqu'à la Coupe du Monde 98 pour certains, est éliminée aux tirs au but par l'Argentine, qui a changé de gardien entre-temps. Quant au Cameroun, son parcours s'arrête à ce stade, après une élimination par l'Angleterre aux prolongations. Les demi-finales se terminent toutes deux de la même façon : 1-1 après prolongations et séance de tirs au but. Et à ce petit jeu-là, les Argentins sont plus forts que les Italiens, tandis que les Allemands le sont tout autant face aux Anglais. Pour l'anecdote, le match Italie-Argentine a lieu à Naples où joue Maradona. Celui-ci sera célébré tandis que la Squadra sera huée toute la partie. Ambiance... On retrouvera ce même genre d'atmosphère à Rome, pour la finale, lorsque l'hymne argentin sera sifflé et que Maradona sera hué chaque fois qu'il apparaîtra sur l'écran géant du stade. Finalement les Allemands s'imposent 1-0 sur un pénalty discutable et dans un fouillis indescriptible, l'arbitre expulsant deux Argentins. Un triste visage du football...

1994 : une fête réussie

Pour la première fois, le monde du ballon rond fait étape chez l'Oncle Sam. En dépit des grandes distances entre certains stades (des sites se trouvent aussi bien en Californie que dans le Massachussetts) et de températures parfois élevées, résultant notamment de choix d'horaires discutables pour faciliter la retransmission télévisée en Europe, le spectacle fut grandiose...sans la France. Pour les fans de foot qui me lisent, je ne préciserai pas le pourquoi du comment de cette nouvelle absence. On sait ce qu'il adviendra par la suite. C'est la dernière coupe du Monde à 24 équipes, la dernière aussi pour Maradona qui, à 34 ans, entend encore démontrer qu'il en a sous la semelle. La Colombie, que beaucoup annoncent comme favorite avec des joueurs du calibre de Faustino Asprilla ou Carlos Valderrama, est éliminée au premier tour. Ce drame sportif précédera un drame humain puisque l'un des malheureux joueurs, auteur malheureux d'un but contre son camp, sera abattu par balles à son retour au pays. Les Cafeteros sont tristement éliminés par la Roumanie, la Suisse et la belle surprise américaine de Tony Meola, Coby Jones et Alexi Lalas. Dans le groupe B, le Brésil montre les dents même si la Suède de Brolin et consorts montre les dents. A noter dans ce groupe que Milla devient le buteur le plus âgé de la coupe du Monde à 42 ans, même si cela intervient lors d'une défaite amère 6-1 contre la nouvelle Russie (et un quintuplé, autre record, de l'inconnu Salenko). Dans le groupe C, l'Allemagne réunifiée et l'Espagne se font des politesses et se qualifient sans problème. Dans le groupe D, le Nigéria, la Bulgarie et l'Argentine se qualifient devant une faible Grèce. Le Nigéria nous montre sa génération dorée (Amokachi, Yekini...) qui sera sacrée championne olympique à Atlanta deux ans plus tard. L'Argentine finit 3e après que Maradona sera attrapé le nez dans le flacon d'éphédrine. Une nouvelle qui va durablement affecter son équipe, qui ne s'en remettra jamais vraiment. Le groupe E offrira une curiosité : c'est la seule fois dans l'histoire de la Coupe du Monde que les 4 équipes terminent à égalité de points. C'est donc le goal average qui départage tout ce petit monde, une situation qui profite, comme souvent, aux Italiens, qui emmènent les Irlandais et les Mexicains dans leurs bagages. Les Norvégiens se retrouvent les dindons de la farce, eux qui avaient éliminé les Anglais en phase éliminatoire. Enfin le groupe F voit les cousins Néerlandais et Belges passer, ainsi que la belle surprise saoudienne. En 1/8e, l'Allemagne passe à l'arraché face à une Belgique accrocheuse, la Roumanie de Hagi sort l'Argentine et l'Italie manque de se faire éliminer par le Nigéria. Le plus beau match intervient en quart, où les Pays-Bas remontent deux buts de retard face au Brésil avant de se faire crucifier par un maître coup franc de Branco en fin de match. La Suède élimine la Roumanie aux tirs au but, la Bulgarie élimine sèchement l'Allemagne et l'Italie domine l'Espagne en toute fin de match grâce à Roberto Baggio. Celui-ci récidive en 1/2 en marquant deux fois contre une Bulgarie trop limitée, tandis que le Brésil s'impose sur une tête stratosphérique du minuscule Romario. Enfin, en finale, et au bout de l'ennui sous la chaleur accablante de Los Angeles, Italiens et Brésiliens doivent se départager aux tirs au but. Une première dans l'histoire de la Coupe du Monde. Baresi et Baggio manquent leur essai, Dunga marque et c'est le Brésil qui l'emporte. Une 4e étoile pour le pays de Pelé. 

1998 : enfin !

La France organise une Coupe du Monde pour la première fois depuis 1938 dans un flou général sur son jeu. En effet, bien que l'équipe ait battu son record d'invincibilité, l'équipe de Jacquet peine à séduire sur le plan offensif. Il faut faire appel à deux jeunes prodiges de 20 ans en provenance de Monaco, Thierry Henry et David Trézéguet, pour donner des motifs d'espoir à une nation qui doute sérieusement, d'autant qu'elle sort d'une période de vache maigre (non-qualification pour l'Euro 88 et pour les Coupes du Monde 90 et 94, élimination au premier tour de l'Euro 92). Seule une belle place de demi-finaliste à l'Euro 96 a donné un peu de baume au coeur à un pays qui doute, L'Equipe en tête. Mais la France va offrir un joli récital lors de cette première Coupe du Monde à 32. Elle va remporter ses 3 matchs de poule très facilement. Un premier tour qui verra tous les favoris se qualifier à l'exception notable de l'Espagne, sortie comme une malpropre par le Nigéria (formidable victoire 3-2 des Super Eagles contre les Ibères) et le Paraguay de Chilavert. Paraguay que la France retrouve en 1/8e et qu'elle élimine fort difficilement, au but en or, sur une frappe de Laurent Blanc, défenseur courage et homme de mérite s'il en est. L'Argentine et l'Angleterre offriront la plus belle rencontre de ces 1/8e à St-Etienne, l'occasion pour les amateurs de foot de découvrir le prodigieux Michael Owen, 18 ans et auteur d'un but d'anthologie ce soir-là. Insuffisant toutefois puisque les Anglais sont sortis aux tirs au but. En quart de finale, c'est une sacrée surprise qui nous attend puisque la Croatie bat l'Allemagne, championne d'Europe en titre, 3-0. La France élimine l'Italie aux tirs au but après un match insipide et quelques frayeurs. Le Brésil bat difficilement une belle équipe danoise tandis que les Pays-Bas s'imposent 2-1 face à l'Argentine sur un autre but d'anthologie, signé Bergkamp celui-ci. Et dire que les Argentins ont trouvé le poteau plus tôt dans le match. Du reste, cette flamboyante équipe batave commence à trouver son public grâce à un jeu résolument offensif et spectaculaire et des joueurs qui brillent dans l'Europe entière, de Bergkamp à Overmars en passant par Kluivert et Davids. Malheureusement, l'os brésilien se présente sur la route orange. Après un nouveau beau match où Kluivert répondit à Ronaldo, les tirs au but sont défavorables aux Néerlandais. Dans l'autre rencontre, la Croatie est sortie par la France 2-1 après avoir pourtant ouvert le score. C'était sans compter sur le flamboyant Thuram, auteur d'un doublé inattendu. Enfin, en finale, et alors que les Croates terminent finalement 3e, c'est l'apothéose. Les matchs à élimination directe furent laborieux mais la fin est magnifique. 3-0, doublé de Zidane, but de Petit, sans Blanc suspendu et malgré l'expulsion de Desailly. Le jour de gloire du football français. Un souvenir impérissable.

dimanche 29 juin 2014

Une Histoire de la Coupe du Monde (5) Les années 80

Bonjour à tous !

A quelques encablures du terme de notre voyage dans le passé à la rencontre des stars du ballon rond, petite plongée dans les années 80, riches en émotions.

1982 : les Allemands, voleurs de poules

En faisant étape en Espagne, la Coupe du Monde retourne en Europe. 24 équipes, et 2 tours de qualification seront nécessaires pour accéder aux 1/2 finales. Le Brésil de Télé Santana est le grandissime favori avec Zico, Socrates ou Careca. L'Argentine, elle, se présente avec son nouveau prodige, Diego Maradona. La France de Platini a de solides arguments à faire valoir. La RFA opère dans l'ombre, comme à son habitude, tout comme l'Italie, qu'on n'imagine pas à pareille faire, prise en plein dans un scandale de matchs truqués incluant l'attaquant vedette de l'équipe Paolo Rossi. L'Afrique est notamment représentée par l'Algérie de Mustapha Dahleb et Rabah Madjer et par le Cameroun de Roger Milla. 17 stades sont retenus pour l'événement, ce qui a de quoi représenter une jolie facture pour une Coupe du Monde à 24 équipes. Dans le groupe 1, l'Italie se qualifie miraculeusement avec 2 buts marqués et 3 matchs nuls en 3 matchs derrière la grande Pologne de Boniek. Dans le groupe 2, la RFA, battue d'entrée par l'Algérie, a besoin d'une victoire contre l'Autriche (déjà qualifiée) lors du dernier match pour aller au 2e tour. Et l'impensable va se produire : les Allemands vont gagner 1-0 et les deux équipes vont s'arrêter de jouer, pour le plus grand drame de l'équipe du Maghreb. Dans le groupe 3, l'Argentine et la Belgique de Gerets et Ceulemans se qualifient. A noter le record de buts inscrits par une seule équipe battu par la Hongrie, qui pulvérise le Salvador 10-1. Dans le groupe 4, la France se qualifie de justesse devant la Tchécoslovaquie après une défaite initiale contre l'Angleterre. A noter que lors du match contre le Koweit, Giresse va marquer un but qui sera refusé...parce qu'un émir du petit état du Golfe descendra sur la pelouse faire pression sur l'arbitre. Sans conséquences puisque la France s'imposera finalement 4-1.Dans le groupe 5, l'Irlande du Nord termine à la première place après avoir battu les hôtes ibériques. La Yougoslavie est éliminée de manière surprenante. Enfin dans le groupe 6, le Brésil et l'URSS ne rencontrent aucune difficulté particulière. 
Lors du 2e tour, un groupe se distingue : celui composé de l'Argentine, du Brésil et de l'Italie. Seul le vainqueur ira en demi-finale. Et avec deux victoires en deux matchs, et un fabuleux triplé de Rossi contre le Brésil, l'Italie se qualifie. Dans le groupe 1, la Pologne se qualifie, de même que la RFA dans le groupe 2 et la France dans le groupe 4. Arrive alors la 1/2 finale de légende entre la France et la RFA et un drame : cet attentat de Schumacher, le gardien d'outre-Rhin, sur le malheureux Battiston qui sortira KO sur civière. L'agresseur ne prendra même pas un carton jaune. Révoltés, les Français poussent les Allemands en prolongations, où ils mènent rapidement 3-1. Et puis il y a la transversale d'Amoros. Et puis 3-2. Et 3-3. Et la terrible séance de pénaltys où notre gardien, Ettori, réussira le maigre exploit d'être le seul gardien au monde à avoir, à ce jour, stoppé un pénalty allemand lors d'une séance de tirs aux buts. Stielike manque, la France mène, encore. Mais Six rate à son tour. Puis Bossis. Et c'est la fin. Terrible. Reste une finale pour la 3e place jouée dans la confusion totale et perdue face à la Pologne et la victoire des Italiens de Zoff, 40 ans, en finale, 3-1. Et toujours ce diable de Rossi, sacré ballon d'Or cette année-là. Une belle coupe du Monde. Mais dans de sinistres conditions.

1986 : pour toujours dans l'Histoire

"Quieremos frijoles, non quieremos la Copa". Nous voulons des haricots, pas de la Coupe. C'est en ces mots que le Mexique reçoit le gratin du football mondial en 1986, sur un air de défiance qui n'est pas sans rappeler celui de la population brésilienne aujourd'hui. Un important tremblement de terre avait en effet touché le pays l'année d'avant. Mais sans conséquences sur les stades. Et heureusement pour la FIFA, car elle avait déjà dû faire face au forfait colombien pour raisons économiques concernant l'organisation de cette édition. Cette fois-ci, on instaure un seul tour de poules et des 1/8e de finale. Comme il y a 4 ans, le Brésil et la France sont les grandissimes favoris. D'autant que la bande à Platini dispute sa dernière compétition internationale ensemble, 2 ans après avoir régné sur l'Europe et apporté son premier trophée à la France du football. 12 stades sont retenus dans des conditions particulières puisqu'on joue en altitude. C'est la seule coupe du monde sud-américaine où les Français ont brillé. En attendant peut-être celle de 2014. 
On qualifie donc pour les 1/8e, les deux premiers de chaque poule et les quatre meilleurs 3e. Aucune surprise au 1er tour. La France termine 2e et invaincue, rétrogradée simplement à la différence de buts par l'URSS. A noter cette fois l'élimination sans coup férir de l'Algérie, dernière de son groupe. Et ce en dépit de la présence en son sein d'un certain...Djamel Zidane. Lors des 1/8e, la France se défait sans coup férir de l'Italie 2-0, sa première victoire en Coupe du Monde sur la Squaddra. En 1/4, trois des quatre matchs se terminent aux tirs aux buts. Seule l'Argentine s'en sort grâce, ou plutôt à cause de la tricherie de Maradona. Il aura beau signer un but de génie par la suite, cet acte impardonnable restera pour toujours en travers de la gorge de la Perfide Albion. La Belgique élimine l'Espagne au bout du suspense, de même que la RFA face au Mexique. Et puis il y a ce match. LE match. Les deux plus belles équipes du monde face à face. Quasiment pas une sortie du ballon hors des limites, peu de fautes, un engagement technique et tactique de tous les instants et ce score de 1-1, Platini ayant répondu à Careca. Et cette séance de tirs aux buts où Platini et Socrates manquent. Mais Julio Cesar manquera aussi, pas Fernandez. Le "petit bonhomme" cher à Thierry Roland envoie la France au Paradis et le Brésil en enfer. Malheureusement, en 1/2, c'est encore la RFA qui se dresse sur la route de la France. Des buts de Brehme et Völler plient rapidement l'affaire face à une France fatiguée qui se contentera de la 3e place obtenue face à la Belgique. La finale est un festival de buts, les Allemands remontent de 2-0 à 2-2 avant que Burruchaga ne marque le but de la victoire en fin de match. Beckenbauer et ses joueurs attendront quatre années supplémentaires pour soulever la Coupe. Et Maradona, qui aura porté son équipe à bout de bras, peut soulever son trophée entaché à tout jamais du sceau de la honte...

jeudi 19 juin 2014

Une Histoire de la Coupe du Monde (4) Les Années 70

Bonjour à tous !

4e volet de notre épopée à travers l'Histoire de la Coupe du Monde avec les années 70, qui virent l'apogée de Pelé, la malédiction de Cruyiff et l'avènement de Platini.

1970 : le sacre d'une équipe de rêve

Ils l'avaient mauvaise, les Brésiliens, après leur élimination en 1966 au premier tour de la Coupe du Monde anglaise. Résultat : des mois de préparation en altitude pour se préparer à un Mundial mexicain qui s'annonce éreintant avec un redoutable combo chaleurs et altitude. Personne encore ne se doute vraiment de ce que les Brésiliens préparent à leurs adversaires. On annonce plutôt la RFA parmi les favorites, avec le redoutable Gerd Mûller en pointe, et toujours Beckenbauer en guide tactique. Une RFA revancharde après la finale perdue dans les circonstances rocambolesques déjà évoquées ici contre l'Angleterre. Cette édition regroupe 9 équipes européennes (sans la France), 2 équipes de l'Amérique du Nord et Centrale, 3 équipes d'Amérique du Sud (sans l'Argentine !), 1 équipe d'Asie (Israël, qui n'a pas encore demandé son rattachement à la zone Europe) et une équipe africaine, le Maroc en l'occurrence.
Au premier tour, le Brésil ne fait pas de détails, avec trois victoires en trois matchs, dont une fameuse victoire 1-0 contre l'Angleterre et l'arrêt du siècle de Gordon Banks sur une tête de Pelé. En 1/4 de finale, le Mexique est sorti par l'Italie sans ménagement, l'Uruguay et le Brésil se qualifient également. Les Allemands obtiennent leur revanche en éliminant les Anglais 3-2 après prolongations. 
Les demi-finales offrent un superbe spectacle, notamment avec le légendaire RFA-Italie, gagné 4-3 après prolongations par les Transalpins (1-1 après 90 minutes). Un match de folie qui verra Beckenbauer tenir bon malgré...un bras en écharpe. Dans l'autre demi-finale, les Brésiliens gagnent 3-1 et prennent une petite revanche sur la défaite de 1950. Pelé tente un grand pont sans contact sur le gardien adverse, Mazurkiewicz, mais manque de marquer de peu. Le Brésil est en feu et on voit mal comment le titre pourrait lui échapper. Et effectivement, en finale, les Brésiliens finissent par prendre la mesure physique et technique des Italiens, même si ces derniers ont vaillamment résisté. 4-1, score final, avec un but exceptionnel du capitaine Carlos Alberto. Le Brésil de 1970 est à ce jour la seule équipe à avoir à la fois su concilier son statut de favori avec un jeu offensif ambitieux et de grande qualité. 

1974 : malheureux Bataves

1971, 1972, 1973 : trois années, et trois victoires de suite de l'Ajax Amsterdam en finale de la Coupe des Clubs champions. Un triplé encore inédit, réalisée par une équipe parfaite en tout point et qui met sur pieds un projet de jeu jamais vu alors : le football total. Un schéma qui permet à n'importe quel joueur de jouer à n'importe quel poste grâce à un coéquipier systématiquement au soutien. De quoi faire tourner chèvre n'importe quelle équipe adverse. En 1974, et bien que le Bayern ait remporté, lui aussi, le premier titre d'une nouvelle trilogie européenne, les Oranje sont favoris, emmenés par le magnifique Johann Cruyiff. Le célèbre numéro 14 va faire rendre gorge à tous ses adversaires sans coup férir. 
Lors de cette édition, la France est toujours absente, l'Argentine est de retour et l'Afrique Noire est présente pour la première fois avec la qualification du Zaïre, l'année (est-ce une coïncidence ?) où Ali a mis KO Foreman lors du plus grand combat de boxe de l'Histoire à Kinshasa, chez Mobutu. 
8 stades, pas moins, sont retenus pour cette compétition qui expérimente pour la première fois une nouvelle formule : 4 poules de 4 équipe, et les 2 premières de chaque poule sont qualifiées pour un deuxième tour où les 8 survivants sont répartis en 2 nouvelles poules de 4. Le vainqueur de chaque poule joue la finale, les deux deuxièmes jouent la finale 3e place. 
le 1er tour est marqué par l'étonnante défaite, sans conséquence toutefois, de la RFA face à la RDA sur le score de 1-0. Dans le groupe 2, trois équipes terminent avec 4 points (2 victoires, 1 défaite) : la Yougoslavie, le Brésil et l'Ecosse. Mais à la différence de buts, les Highlanders sont éliminés. Les tenants brésiliens ont eu chaud. Dans le groupe 3, les Néerlandais, qui participent pour la 1e fois depuis 1938, ne se qualifie qu'au 3e match, après avoir concédé le nul 0-0 contre la Suède. Enfin dans la poule 4, l'Italie est éliminée, l'Argentine se qualifie de justesse derrière la Pologne qui a survolé les débats. 
Au deuxième tour, les Pays-Bas se retrouvent aux prises avec le Brésil, la RDA et l'Argentine : 3 victoires en 3 matchs, et une différence de buts de +8. Les malheureux Brésiliens ne peuvent suivre le rythme et terminent 2e. Dans l'autre groupe, c'est la RFA qui mène la danse avec 3 victoires en 3 matchs et une différence de buts de +5, devant la courageuse Pologne. Ces derniers termineront d'ailleurs 3e en battant les Brésiliens. 
En finale, les Pays-Bas obtiennent un pénalty après 1 minute de jeu, sans que les Allemands aient réussi à toucher le ballon ! But de Neeskens. Les Oranje ont alors le tort de gérer leur avantage. A la 26e, les Allemands obtiennent un pénalty, lui aussi transformé par un homme d'une grande délicatesse, Paul Breitner. Finalement,, la délivrance arrive pour les Blancs juste avant la pause où le magicien Müller arrive à transformer une passe pourrie en balle de but. 2-1, le score ne bougera plus en 2e mi-temps et les Allemands, pour la 2e fois après 1954, gâchent les espoirs des amoureux du ballon rond.

1978 : à la gloire des généraux argentins

En 1976, le coup d'état permet au Général Videla de prendre le pouvoir en Argentine, désignée pour organiser la Coupe du Monde de 1978. Cette édition voit le retour de la France pour la 1e fois depuis 1966 après une qualification au couteau contre la Bulgarie. L'avènement de la génération dorée de Platini. C'est également la première apparition de l'Iran, 1 an avant la révolution islamique qui emportera le Shah d'Iran. 
Pour cette Coupe du Monde, la formule est la même que lors de la précédente édition et les Français se retrouvent dans un groupe dantesque, avec la Hongrie (qui n'est alors plus ce qu'elle était), l'Italie et l'Argentine. Les Pays-Bas quant à eux, se rendent en Argentine sans Cruyiff, victime d'une prise d'otages à son domicile en Espagne et gravement traumatisé. 
La France se montre généreuse mais perd malgré tout 2-1 contre l'Italie et l'Argentine avant de battre la Hongrie 3-1 pour l'honneur dans le dernier match. Un match que les Bleus disputeront en maillots rayés blancs et verts, tuniques prêtées par une équipe locale après que l'arbitre eut jugé de la trop grande proximité entre les équipements tricolores et magyars. Dans la poule 2, la Pologne continue sur sa lancée de 1974, en se qualifiant devant la RFA. L'Autriche, dans la poule 3, termine 1e devant le Brésil à la différence de buts tandis que la grosse cote vient de la poule 4 où les Péruviens dominent nettement les débats devant de pâles Néerlandais, pas encore vraiment dans leur compétition. 
En revanche, au 2e tour, c'est une autre affaire : les Pays-Bas écrasent l'Autriche 5-1 et battent l'Italie 2-1, mais ne réussissent pas à prendre leur revanche sur la RFA (2-2). Sans conséquences. Les Néerlandais arrivent nettement en tête et joueront leur 2e finale d'affilée. Dans l'autre groupe, c'est beaucoup plus confus. Le Brésil est en tête avant le dernier match opposant l'Argentine au Pérou, dont le gardien est d'origine...argentine. L'Albiceleste doit marquer quatre fois pour se qualifier. 90 minutes plus tard, les Andins sont passés au laminoir (6-0) dans une ambiance de suspicion générale délétère. 
En finale, après que le Brésil remportât la 3e place 2-1 contre la Squaddra, les Argentins mirent une pression d'enfer sur les Néerlandais, afin de les laisser le plus longtemps possible soumis à la pression d'un public particulièrement hostile. Les Argentins s'imposent finalement 3-1 après prolongations laissant vierge de sacre mondial la plus belle équipe des années 70, dans une ambiance déplorable. Une grande défaite pour le football...

lundi 9 juin 2014

Une Histoire de Coupe du Monde (3) Les années 60.

Bonjour à tous !

Avec un peu de retard, voici ma nouvelle mouture sur l'Histoire de la Coupe du Monde. 2 éditions simplement ont eu lieu dans les années 60 : en 62 au Chili et en 66 en Angleterre.

Chili 1962 : le Brésil confirme

Cette édition marque un tournant dans le jeu puisque on s'oriente alors vers un jeu à la fois plus défensif et plus dur, même si certaines équipes feront, heureusement, valser cette constatation. 16 participants, 32 rencontres sur la 2e quinzaine de Mai, qui voit aussi Thierry Roland débuter comme commentateur. Encore une fois, l'Afrique et l'Asie sont absentes des débats. Dans le groupe A, la belle surprise est soviétique, avec notamment la présence dans ses buts du meilleur gardien de l'Histoire, Lev Yashin. L'équipe termine 1e de son groupe, devant la Yougoslavie. L'Uruguay est éliminé. Dans la poule B, si la RFA se qualifie sans coup férir, la polémique vient plutôt du Chili, partie prenante de la "Bataille de Santiago" contre l'Italie, un match d'une rare violence qui vit la victoire des locaux 2-0. Pourtant c'était l'arbitre anglais Aston, réputé pour sa sévérité, qui devait arbitrer le match. Mais deux journalistes italiens ont cru bon d'aviver la colère des Andins en les moquant sévèrement dans un article quelques jours avant le match, évoquant notamment un dramatique tremblement de terre ayant fait des milliers de morts en 1960. Les deux comparses ont dû quitter le pays et ont remonté les 11 Chiliens qui devaient jouer contre la Squaddra. Les Italiens sont réduits à 9 mais le match était si violent que les policiers ont dû entrer plusieurs fois sur le terrain, que ce soit pour séparer les protagonistes ou pour faire respecter la décision de l'arbitre. Coups de pied, coups de poing,...tout y est passé. L'Italie est finalement éliminée et personne ne la regrettera pendant la suite du tournoi.
Dans la poule C, le Brésil rencontre son futur adversaire de la finale, la Tchécoslovaquie du formidable Josef Masopust (ballon d'or à la fin de l'année), contre laquelle les Auriverde ne font pas mieux qu'un triste 0-0. A noter que l'Espagne de Di Stefano et Puskas (oui, oui, vous avez bien lu : un transfuge de nationalité) a perdu 2 matchs sur 3 pour finir à la dernière place de la poule. Enfin dans la poule D, la Hongrie, qui garde encore un peu de sa superbe, finit à la 1e place devant l'Angleterre, éliminant l'Argentine. L'Union soviétique est éliminée en 1/4 de finale par le pays hôte qui finit à la 3e place finale, seulement éliminé par le Brésil en 1/2. Le meilleur parcours chilien à ce jour.  En finale, le Brésil s'impose 3-1 et pourra remercier Garrincha, Vava et le néophyte Amarildo, qui aura su brillamment remplacer Pelé, rapidement blessé dans le tournoi.

1966 : la Coupe du Monde de toutes les bizarreries

Durant la 2e quinzaine de Juillet, 16 participants s'affrontent à nouveau. Le Brésil, double tenant du titre, est favori logique à sa propre succession, lui qui revient en Europe, terre de ses premiers exploits (cf Suède 1958). Cette fois-ci la France revient aux affaires et l'Asie envoie un unique participant, qui va faire beaucoup parler de lui : la Corée du Nord. Placé dans le même groupe que l'Italie et l'URSS, les Asiatiques perdent 3-0 contre les Soviétiques, mais réussissent l'exploit de battre l'Italie 1-0. Les Anglais finissent par prendre fait et cause pour ce petit pays alors que la Corée du Nord n'est officiellement pas reconnue par le Royaume depuis la fin de la Guerre de Corée (1953). Qualifiés pour les quarts, les Nord-Coréens mènent rapidement 3-0 contre le Portugal d'Eusebio ! Mais les Lusitaniens finissent par retourner la situation en s'imposant 5-3.
Cette Coupe du Monde est également un scandale généralisé de l'arbitrage où tout aura été fait pour que les Anglais gagnent : c'est bien connu, si les Britanniques ont inventé le fair-play, ils sont toujours les derniers à l'appliquer. Ainsi des "mesures" ont été prises pour défavoriser les rivaux des Anglais. Les Brésiliens ont été laissés à l'abandon par l'arbitre contre le Portugal, Pelé finissant par baisser pavillon. Tant et si bien que le double tenant du titre est éliminé dès les phases de poule !
En 1/4, l'Angleterre rencontre l'Argentine, première étape d'un long contentieux footballistique entre les 2 pays. Les Anglais s'imposent, mais il y aura eu de nombreux coups tout au long de la rencontre, si bien que les hôtes de la compétition refuseront de serrer la main des vaincus, allant jusqu'à les traiter d'animaux ! La RFA continue son petit bonhomme de chemin dans la compétition et arrivera en finale sans problème majeur avec déjà dans ses rangs Franz Beckenbauer. L'Union Soviétique finit 4e de la compétition, battue pour la 3e place par le Portugal d'Eusebio, meilleur buteur du tournoi avec 9 buts et futur ballon d'or. 
Finalement en finale, l'Angleterre l'emporte 4-2 après prolongations face à des Allemands combattifs mais abattus après le célébrissime but de Geoff Hurst à la 100e minute, valable aux yeux de l'arbitre, mais dont on ne sait toujours pas si il a, ou non, franchi la ligne de but. Toujours est-il que les Anglais réussissent leur pari d'être enfin sacrés champions du monde, sur leur sol, et se voient remettre le trophée Jules Rimet par Sa Majesté Elisabeth II. Un trophée retrouvé peu de temps auparavant car...il avait été volé ! Quand je vous dis que cette Coupe du Monde était étrange...