jeudi 19 juin 2014

Une Histoire de la Coupe du Monde (4) Les Années 70

Bonjour à tous !

4e volet de notre épopée à travers l'Histoire de la Coupe du Monde avec les années 70, qui virent l'apogée de Pelé, la malédiction de Cruyiff et l'avènement de Platini.

1970 : le sacre d'une équipe de rêve

Ils l'avaient mauvaise, les Brésiliens, après leur élimination en 1966 au premier tour de la Coupe du Monde anglaise. Résultat : des mois de préparation en altitude pour se préparer à un Mundial mexicain qui s'annonce éreintant avec un redoutable combo chaleurs et altitude. Personne encore ne se doute vraiment de ce que les Brésiliens préparent à leurs adversaires. On annonce plutôt la RFA parmi les favorites, avec le redoutable Gerd Mûller en pointe, et toujours Beckenbauer en guide tactique. Une RFA revancharde après la finale perdue dans les circonstances rocambolesques déjà évoquées ici contre l'Angleterre. Cette édition regroupe 9 équipes européennes (sans la France), 2 équipes de l'Amérique du Nord et Centrale, 3 équipes d'Amérique du Sud (sans l'Argentine !), 1 équipe d'Asie (Israël, qui n'a pas encore demandé son rattachement à la zone Europe) et une équipe africaine, le Maroc en l'occurrence.
Au premier tour, le Brésil ne fait pas de détails, avec trois victoires en trois matchs, dont une fameuse victoire 1-0 contre l'Angleterre et l'arrêt du siècle de Gordon Banks sur une tête de Pelé. En 1/4 de finale, le Mexique est sorti par l'Italie sans ménagement, l'Uruguay et le Brésil se qualifient également. Les Allemands obtiennent leur revanche en éliminant les Anglais 3-2 après prolongations. 
Les demi-finales offrent un superbe spectacle, notamment avec le légendaire RFA-Italie, gagné 4-3 après prolongations par les Transalpins (1-1 après 90 minutes). Un match de folie qui verra Beckenbauer tenir bon malgré...un bras en écharpe. Dans l'autre demi-finale, les Brésiliens gagnent 3-1 et prennent une petite revanche sur la défaite de 1950. Pelé tente un grand pont sans contact sur le gardien adverse, Mazurkiewicz, mais manque de marquer de peu. Le Brésil est en feu et on voit mal comment le titre pourrait lui échapper. Et effectivement, en finale, les Brésiliens finissent par prendre la mesure physique et technique des Italiens, même si ces derniers ont vaillamment résisté. 4-1, score final, avec un but exceptionnel du capitaine Carlos Alberto. Le Brésil de 1970 est à ce jour la seule équipe à avoir à la fois su concilier son statut de favori avec un jeu offensif ambitieux et de grande qualité. 

1974 : malheureux Bataves

1971, 1972, 1973 : trois années, et trois victoires de suite de l'Ajax Amsterdam en finale de la Coupe des Clubs champions. Un triplé encore inédit, réalisée par une équipe parfaite en tout point et qui met sur pieds un projet de jeu jamais vu alors : le football total. Un schéma qui permet à n'importe quel joueur de jouer à n'importe quel poste grâce à un coéquipier systématiquement au soutien. De quoi faire tourner chèvre n'importe quelle équipe adverse. En 1974, et bien que le Bayern ait remporté, lui aussi, le premier titre d'une nouvelle trilogie européenne, les Oranje sont favoris, emmenés par le magnifique Johann Cruyiff. Le célèbre numéro 14 va faire rendre gorge à tous ses adversaires sans coup férir. 
Lors de cette édition, la France est toujours absente, l'Argentine est de retour et l'Afrique Noire est présente pour la première fois avec la qualification du Zaïre, l'année (est-ce une coïncidence ?) où Ali a mis KO Foreman lors du plus grand combat de boxe de l'Histoire à Kinshasa, chez Mobutu. 
8 stades, pas moins, sont retenus pour cette compétition qui expérimente pour la première fois une nouvelle formule : 4 poules de 4 équipe, et les 2 premières de chaque poule sont qualifiées pour un deuxième tour où les 8 survivants sont répartis en 2 nouvelles poules de 4. Le vainqueur de chaque poule joue la finale, les deux deuxièmes jouent la finale 3e place. 
le 1er tour est marqué par l'étonnante défaite, sans conséquence toutefois, de la RFA face à la RDA sur le score de 1-0. Dans le groupe 2, trois équipes terminent avec 4 points (2 victoires, 1 défaite) : la Yougoslavie, le Brésil et l'Ecosse. Mais à la différence de buts, les Highlanders sont éliminés. Les tenants brésiliens ont eu chaud. Dans le groupe 3, les Néerlandais, qui participent pour la 1e fois depuis 1938, ne se qualifie qu'au 3e match, après avoir concédé le nul 0-0 contre la Suède. Enfin dans la poule 4, l'Italie est éliminée, l'Argentine se qualifie de justesse derrière la Pologne qui a survolé les débats. 
Au deuxième tour, les Pays-Bas se retrouvent aux prises avec le Brésil, la RDA et l'Argentine : 3 victoires en 3 matchs, et une différence de buts de +8. Les malheureux Brésiliens ne peuvent suivre le rythme et terminent 2e. Dans l'autre groupe, c'est la RFA qui mène la danse avec 3 victoires en 3 matchs et une différence de buts de +5, devant la courageuse Pologne. Ces derniers termineront d'ailleurs 3e en battant les Brésiliens. 
En finale, les Pays-Bas obtiennent un pénalty après 1 minute de jeu, sans que les Allemands aient réussi à toucher le ballon ! But de Neeskens. Les Oranje ont alors le tort de gérer leur avantage. A la 26e, les Allemands obtiennent un pénalty, lui aussi transformé par un homme d'une grande délicatesse, Paul Breitner. Finalement,, la délivrance arrive pour les Blancs juste avant la pause où le magicien Müller arrive à transformer une passe pourrie en balle de but. 2-1, le score ne bougera plus en 2e mi-temps et les Allemands, pour la 2e fois après 1954, gâchent les espoirs des amoureux du ballon rond.

1978 : à la gloire des généraux argentins

En 1976, le coup d'état permet au Général Videla de prendre le pouvoir en Argentine, désignée pour organiser la Coupe du Monde de 1978. Cette édition voit le retour de la France pour la 1e fois depuis 1966 après une qualification au couteau contre la Bulgarie. L'avènement de la génération dorée de Platini. C'est également la première apparition de l'Iran, 1 an avant la révolution islamique qui emportera le Shah d'Iran. 
Pour cette Coupe du Monde, la formule est la même que lors de la précédente édition et les Français se retrouvent dans un groupe dantesque, avec la Hongrie (qui n'est alors plus ce qu'elle était), l'Italie et l'Argentine. Les Pays-Bas quant à eux, se rendent en Argentine sans Cruyiff, victime d'une prise d'otages à son domicile en Espagne et gravement traumatisé. 
La France se montre généreuse mais perd malgré tout 2-1 contre l'Italie et l'Argentine avant de battre la Hongrie 3-1 pour l'honneur dans le dernier match. Un match que les Bleus disputeront en maillots rayés blancs et verts, tuniques prêtées par une équipe locale après que l'arbitre eut jugé de la trop grande proximité entre les équipements tricolores et magyars. Dans la poule 2, la Pologne continue sur sa lancée de 1974, en se qualifiant devant la RFA. L'Autriche, dans la poule 3, termine 1e devant le Brésil à la différence de buts tandis que la grosse cote vient de la poule 4 où les Péruviens dominent nettement les débats devant de pâles Néerlandais, pas encore vraiment dans leur compétition. 
En revanche, au 2e tour, c'est une autre affaire : les Pays-Bas écrasent l'Autriche 5-1 et battent l'Italie 2-1, mais ne réussissent pas à prendre leur revanche sur la RFA (2-2). Sans conséquences. Les Néerlandais arrivent nettement en tête et joueront leur 2e finale d'affilée. Dans l'autre groupe, c'est beaucoup plus confus. Le Brésil est en tête avant le dernier match opposant l'Argentine au Pérou, dont le gardien est d'origine...argentine. L'Albiceleste doit marquer quatre fois pour se qualifier. 90 minutes plus tard, les Andins sont passés au laminoir (6-0) dans une ambiance de suspicion générale délétère. 
En finale, après que le Brésil remportât la 3e place 2-1 contre la Squaddra, les Argentins mirent une pression d'enfer sur les Néerlandais, afin de les laisser le plus longtemps possible soumis à la pression d'un public particulièrement hostile. Les Argentins s'imposent finalement 3-1 après prolongations laissant vierge de sacre mondial la plus belle équipe des années 70, dans une ambiance déplorable. Une grande défaite pour le football...

lundi 9 juin 2014

Une Histoire de Coupe du Monde (3) Les années 60.

Bonjour à tous !

Avec un peu de retard, voici ma nouvelle mouture sur l'Histoire de la Coupe du Monde. 2 éditions simplement ont eu lieu dans les années 60 : en 62 au Chili et en 66 en Angleterre.

Chili 1962 : le Brésil confirme

Cette édition marque un tournant dans le jeu puisque on s'oriente alors vers un jeu à la fois plus défensif et plus dur, même si certaines équipes feront, heureusement, valser cette constatation. 16 participants, 32 rencontres sur la 2e quinzaine de Mai, qui voit aussi Thierry Roland débuter comme commentateur. Encore une fois, l'Afrique et l'Asie sont absentes des débats. Dans le groupe A, la belle surprise est soviétique, avec notamment la présence dans ses buts du meilleur gardien de l'Histoire, Lev Yashin. L'équipe termine 1e de son groupe, devant la Yougoslavie. L'Uruguay est éliminé. Dans la poule B, si la RFA se qualifie sans coup férir, la polémique vient plutôt du Chili, partie prenante de la "Bataille de Santiago" contre l'Italie, un match d'une rare violence qui vit la victoire des locaux 2-0. Pourtant c'était l'arbitre anglais Aston, réputé pour sa sévérité, qui devait arbitrer le match. Mais deux journalistes italiens ont cru bon d'aviver la colère des Andins en les moquant sévèrement dans un article quelques jours avant le match, évoquant notamment un dramatique tremblement de terre ayant fait des milliers de morts en 1960. Les deux comparses ont dû quitter le pays et ont remonté les 11 Chiliens qui devaient jouer contre la Squaddra. Les Italiens sont réduits à 9 mais le match était si violent que les policiers ont dû entrer plusieurs fois sur le terrain, que ce soit pour séparer les protagonistes ou pour faire respecter la décision de l'arbitre. Coups de pied, coups de poing,...tout y est passé. L'Italie est finalement éliminée et personne ne la regrettera pendant la suite du tournoi.
Dans la poule C, le Brésil rencontre son futur adversaire de la finale, la Tchécoslovaquie du formidable Josef Masopust (ballon d'or à la fin de l'année), contre laquelle les Auriverde ne font pas mieux qu'un triste 0-0. A noter que l'Espagne de Di Stefano et Puskas (oui, oui, vous avez bien lu : un transfuge de nationalité) a perdu 2 matchs sur 3 pour finir à la dernière place de la poule. Enfin dans la poule D, la Hongrie, qui garde encore un peu de sa superbe, finit à la 1e place devant l'Angleterre, éliminant l'Argentine. L'Union soviétique est éliminée en 1/4 de finale par le pays hôte qui finit à la 3e place finale, seulement éliminé par le Brésil en 1/2. Le meilleur parcours chilien à ce jour.  En finale, le Brésil s'impose 3-1 et pourra remercier Garrincha, Vava et le néophyte Amarildo, qui aura su brillamment remplacer Pelé, rapidement blessé dans le tournoi.

1966 : la Coupe du Monde de toutes les bizarreries

Durant la 2e quinzaine de Juillet, 16 participants s'affrontent à nouveau. Le Brésil, double tenant du titre, est favori logique à sa propre succession, lui qui revient en Europe, terre de ses premiers exploits (cf Suède 1958). Cette fois-ci la France revient aux affaires et l'Asie envoie un unique participant, qui va faire beaucoup parler de lui : la Corée du Nord. Placé dans le même groupe que l'Italie et l'URSS, les Asiatiques perdent 3-0 contre les Soviétiques, mais réussissent l'exploit de battre l'Italie 1-0. Les Anglais finissent par prendre fait et cause pour ce petit pays alors que la Corée du Nord n'est officiellement pas reconnue par le Royaume depuis la fin de la Guerre de Corée (1953). Qualifiés pour les quarts, les Nord-Coréens mènent rapidement 3-0 contre le Portugal d'Eusebio ! Mais les Lusitaniens finissent par retourner la situation en s'imposant 5-3.
Cette Coupe du Monde est également un scandale généralisé de l'arbitrage où tout aura été fait pour que les Anglais gagnent : c'est bien connu, si les Britanniques ont inventé le fair-play, ils sont toujours les derniers à l'appliquer. Ainsi des "mesures" ont été prises pour défavoriser les rivaux des Anglais. Les Brésiliens ont été laissés à l'abandon par l'arbitre contre le Portugal, Pelé finissant par baisser pavillon. Tant et si bien que le double tenant du titre est éliminé dès les phases de poule !
En 1/4, l'Angleterre rencontre l'Argentine, première étape d'un long contentieux footballistique entre les 2 pays. Les Anglais s'imposent, mais il y aura eu de nombreux coups tout au long de la rencontre, si bien que les hôtes de la compétition refuseront de serrer la main des vaincus, allant jusqu'à les traiter d'animaux ! La RFA continue son petit bonhomme de chemin dans la compétition et arrivera en finale sans problème majeur avec déjà dans ses rangs Franz Beckenbauer. L'Union Soviétique finit 4e de la compétition, battue pour la 3e place par le Portugal d'Eusebio, meilleur buteur du tournoi avec 9 buts et futur ballon d'or. 
Finalement en finale, l'Angleterre l'emporte 4-2 après prolongations face à des Allemands combattifs mais abattus après le célébrissime but de Geoff Hurst à la 100e minute, valable aux yeux de l'arbitre, mais dont on ne sait toujours pas si il a, ou non, franchi la ligne de but. Toujours est-il que les Anglais réussissent leur pari d'être enfin sacrés champions du monde, sur leur sol, et se voient remettre le trophée Jules Rimet par Sa Majesté Elisabeth II. Un trophée retrouvé peu de temps auparavant car...il avait été volé ! Quand je vous dis que cette Coupe du Monde était étrange...

mardi 3 juin 2014

Haïssons l'Europe pour mieux l'aimer !

La façade occidentale de Notre-Dame de Paris
Crédits Photo : Wikipedia

Bonjour à tous !

Alors que les élites médiatico-politiques sont encore sonnées des résultats de Dimanche dernier, il est temps de faire le bilan de près de 60 ans de construction européenne et d'en tirer les conclusions qui s'imposent.

Le peuple "réel" n'est pas le Peuple fantasmé

Il en avait des trémolos dans la voix et la larme à l'oeil, Mélenchon, lorsqu'il a commenté les résultats des Européennes. Il pensait pourtant faire un meilleur score, lui qui a habilement fait campagne en se centrant sur la critique du Traité Transatlantique. Si l'on ne peut que saluer son engagement contre ce texte inique qui lâchera totalement la bride au libéralisme le plus échevelé, on ne peut que constater les résultats : le Front de Gauche fait 6.5%. Le FN critique l'immigration : il fait 25%. Le fait est qu'il y a aujourd'hui un véritable mépris de classe de la part d'une petite partie de la population qui, parce qu'elle a les bons réseaux, qu'elle habite dans les grandes métropoles mondialisées et/ou parce qu'elle bénéficie de revenus pécuniaires conséquents, n'est pas victime de la mondialisation et de ses effets pervers : acculturation, délocalisation, désindustrialisation. Ce sont des personnes qui trouveront toujours un poste appréciable en cas de coup dur. Prenons l'exemple des membres des cabinets ministériels qui sont vite recasés, une fois leur mission achevée, dans la haute fonction publique ou au sein des entreprises privées. La France "d'en bas", elle, se retrouve sans filet : une usine qui ferme, et ce sont plusieurs centaines de salariés, leurs familles y compris, qui se retrouvent sur le carreau. Un tribunal, une caserne militaire lâchée par l'Etat, et on se retrouve avec un village ou une petite ville bons pour sombrer dans les affres de l'oubli. Mais comme c'est moins glamour que Paris, Strasbourg, Lille ou Bordeaux, tout le monde s'en contrefiche. On envoie Montebourg faire ce qu'il peut, sincèrement engagé dans son combat sur la démondialisation, avant de s'apercevoir qu'en dépit de ses imprécations, une fois de plus, il a été la marionnette de Valls et de Hollandes. Comment, dès lors, espérer que le Peuple, celui que l'on fantasme, celui qui a soif de démocratie et de pouvoir d'achat, puisse "bien" voter ? Surtout quand on lui impose de cohabiter avec des immigrés qui n'ont absolument pas la même culture qu'eux et qui, en prime, pour faire le même travail qu'eux, sont payés bien moins cher. Quand ils ne sont pas carrément payés au black sous la menace de confiscation de leur passeport. Alain Finkielkraut déclarait à ce sujet dans la dernière diffusion de Zemmour & Naulleau, sur Paris Première, que l'ultra-libéralisme d'aujourd'hui vantait, entre autres choses, les vertus de l'immigration pour remplacer une population européenne vieillissante et que cela permettrait tout à la fois de combler des emplois laissés à l'abandon et de payer nos retraites. Le nouvel Immortel fustigeait cette posture, expliquant de manière assez logique qu'on ne peut attendre d'un Marocain qu'il se comporte comme un parfait Ibère lorsqu'il arrive en territoire espagnol. Un homme n'oublie pas sur commande sa nature, sa culture, son héritage, pour adopter un nouveau mode de vie comme l'on enfile un nouveau vêtement. Et l'on pourrait rajouter qu'on se demande comment il pourrait payer la retraite de l'Espagnol qu'il est supposé remplacer numériquement sur le marché du travail si il est payé moins cher que ce qu'il ne devrait, et alors même que le taux de chômage du royaume hidalgo dépasse allègrement les 20%.

Oui, une autre Europe est possible

De nombreux textes témoignent de l'aversion profonde du Général de Gaulle envers Jean Monnet, architecte de l'Europe du traité de Rome en 1957. On comprend en substance que Monnet veut passer outre le peuple, qu'il méprise, et qu'il juge responsable des deux précédentes guerres mondiales. Ce qui est une grave erreur : la Première Guerre Mondiale est due à la crainte anglaise de voir revivre une puissance continentale, en l'occurrence l'Allemagne, après l'Empire napoléonien. Quant à la Seconde Guerre Mondiale, elle est tout autant le fruit de l'esprit de revanche des Allemands et de l'impérialisme mortifère des Nazis qui s'est imposé au détriment des nations européennes, avec les conséquences que l'on sait : Shoah, extermination des handicapés, des homosexuels, des communistes, racialisation de la société, etc.
Sitôt le Général parti, Jean Monnet et ses sbires ont donc réussi à imposer petit à petit une Europe bureaucratique, oligarchique qui pouvait se passer du peuple. Michel Onfray, dans la même émission citée plus haut, disait, en invoquant Hegel, que la civilisation européenne approchait de son terme, et que c'était donc une grave erreur que de vouloir construire à ce moment précis une Union Européenne déshumanisée et désincarnée. Si l'on peut discuter son opinion sur la fin de la civilisation européenne, on ne peut que s'accorder sur le désenchantement permanent qu'est cette Europe des 28. 
L'Europe existe dans l'esprit des Européens, mais c'est bien autre chose que ce monstre froid : c'est une culture judéo-chrétienne, un héritage gréco-romain et c'est, quoi qu'on en pense, le christianisme. Le christianisme apportait l'unité et l'espoir au peuple européen, ce qui a notamment permis des miracles comme la victoire face aux Ottomans lors de la bataille navale de Lépante en 1471. L'Europe a toujours su se souder autour de la Papauté et de la figure du Christ. Avec la laïcisation progressive du Continent, c'est son âme que l'Europe a perdue.
La IXe symphonie de Beethoven paraît loin aujourd'hui pour ceux qui se sentent européens, parfois même avant de se sentir français. Cela tombe bien, à titre personnel, j'ai toujours préféré la Ve. Plaisanterie mise à part, il faut aujourd'hui considérer l'Europe sous un angle bien différent : celui d'une coopération possible, sur de grands projets ponctuels, entre Etats-Nations souverains, dans une Europe à la civilisation préservée qui sait tout à la fois s'ouvrir au monde extérieur quand il le faut, et défendre ses intérêts quand cela est nécessaire. Je ne reviendrai pas ici sur les bienfaits d'un protectionnisme ciblé, à la carte, que j'ai déjà moultes fois expliqué sur ce blog. 
Mais il convient de garder ceci à l'esprit : une Europe politique, fédérale, n'est et ne sera jamais possible car il n'y a pas de nation européenne à proprement parler. En revanche il y a une spiritualité, une âme, un génie européen qu'il convient de mettre en avant pour permettre au Vieux Continent de faire briller son étoile encore longtemps. 

mardi 27 mai 2014

Europe : la fin de la chimère

Infographie : LeMonde.fr

Bonjour à tous !

J'avoue que je suis pris d'une schizophrénie soudaine, en ce lendemain d'élections européennes : je jubile de voir les partis européistes s'être pris une juste raclée, mais je suis extrêmement triste que cette même raclée soit infligée par le FN, que je ne porte pas dans mon coeur. 

Souverainistes, réveillez-vous !

Cependant, il est dit qu'on retient plus facilement une leçon quand celle-ci est d'autant plus amère à avaler. Depuis au moins 2005, et la farce du référendum sur la Constitution Européenne, qui avait été rejetée par le peuple, mais validée en catimini par les gouvernants (merci Sarkozy...), l'Europe est sous le feu des projecteurs : entre son fonctionnement opaque (3 capitales européennes : Bruxelles, Luxembourg, Strasbourg), des institutions aux rôles mal définis et une gouvernance qui s'exécute finalement à Bruxelles au sein de la Commission dont les membres ne sont pas élus, on ne pouvait qu'aller dans le mur. Et je ne parle pas des élargissements successifs complètements crétins (imaginer que Chypre et l'Italie peuvent apporter autant à l'Europe, franchement, ça relève de l'arnaque intellectuelle, au mieux) et de la crise qui a mis en lumière ce qu'est l'UE : une machine à déréguler, à vider les états-nations de leur moelle, ouvrir le continent à tous les vents, servir la soupe à des banquiers déjà bien gras pendant que le peuple se meurt.... Cette Europe ne peut et ne doit que mourir. Si les anti-européens ne seront pas forcément en mesure de constituer un groupe parlementaire à Strasbourg (25 députés d'au moins 5 pays différents, si les règles n'ont pas changé d'ici là...), ils doivent être en mesure de faire entendre leur voix et de dire qu'il est temps de mettre fin à cette mascarade. En France, on attend un réveil des authentiques souverainistes, gaullistes (Dupont-Aignan, Guaino, Wauquiez peut-être) qui se font pour l'instant siphonner par la Le Pen Corporation, dont le patriarche fut un véhément opposant du Général quant à sa gestion de la Guerre d'Algérie.

Non, il n'y a pas eu d'erreur de scrutin

Libération, qui n'en est pas à son premier coup d'éclat, titrait ce matin La France FN. Rien que ça. Sachant donc qu'arithmétiquement, 25% de 40% de votes exprimés font 10% du corps électoral, cela veut donc dire que les 90% restants sont mis dans le même sac. Ils apprécieront... Sans compter les 10% sus-nommés qui vont à nouveau se faire gourmander pour avoir mal voté. C'est vraiment mal fichu les élections : on a beau reculer l'échéance, il faut quand même finir par y aller, et cet abruti de peuple s'évertue à nous décevoir à chaque fois. On comprend mieux pourquoi ces belles âmes préfèrent l'UE et l'ONU, des organismes où on ne demande rien aux électeurs : on choisit à leur place comme ça, on a toujours bon.... Révoltant !
De même, j'entends çà et là que les Français se sont trompés de scrutin. Erreur, et pour deux raisons : d'une, les Français, qui ne sont pas des idiots, ont parfaitement compris que la politique de l'UMP-UDI-PS-EELV était à la botte de Bruxelles : austérité, Euro fort, frontières ouvertes et ce qui va avec (forte immigration, délocalisation). Ils ont donc fait d'une pierre, deux coups : on sanctionne François Hollande et on fracasse l'UE. Et la seconde raison, c'est que les anti-européens font des scores élevés partout ailleurs, sans toutefois arriver en tête, il est vrai, mais avec des résultats qui ne peuvent passer à l'as : le M5S italien envoie 25 députés à Strasbourg (1 de plus que le FN, soit dit en passant), l'UKIP anglais qualifie 23 des siens, le Danemark envoie également 4 eurosceptiques, leaders de leur scrutin. Et la liste est longue : Hongrie, Autriche, Suède...et même l'Allemagne, où le très récent AfD (Alternativ für Deutschland) arrache 5 strapontins. Et puis il ne faut pas oublier l'extrême-gauche, très présente en Grèce où Syriza arrive en tête devant le parti au gouvernement, et l'Espagne, qui connait également une belle percée des marxistes. Tous ces pays-là se seraient-ils, eux aussi, trompé de scrutin...?
Attention toutefois, ces partis n'ont pas les mêmes motivations, la même histoire, les mêmes objectifs. Mais ils sont unis par un dénominateur commun : le rejet de l'Europe et de l'immigration de masse. Exemple éclatant en France, où le Front de Gauche de Mélenchon a le même programme économique que Marine Le Pen, mais soutient l'immigration. Résultat ? Mélenchon fait 6.5, Le Pen, 24,8. Un enfant de 6 ans comprendrait d'où vient le problème.

Des résultats marquants, et après ?

Le FN a mis 40 ans pour obtenir ce résultat, après avoir frôlé la déflagration sarkozyste entre 2007 et 2010 (Sarkozy reste, quoi qu'on en dise, le seul président à avoir fait baisser les scores du FN depuis 40 ans). Le léger regain de participation sur ces Européennes de 2014 en comparaison des résultats de 2009 laisse penser que le réservoir de voix est plus élevé qu'il n'y paraît pour Marine Le Pen, d'autant que sa base électorale se confirme : les classes populaires et les jeunes. Une base solide, qui ne risque pas de s'étioler. Espérons que les Gaullistes (re-)naissants ne mettront pas autant de temps à s'imposer dans le paysage politique français.
Le PS a deux choix : dissoudre pour se représenter devant le peuple, tel que l'aurait fait De Gaulle. Mais il ne faut pas rêver. Ou bien changer radicalement de cap, tourner le dos à l'Europe et se recentrer sur une politique de Gauche. Eh bien au vu des déclarations (enregistrées, qui plus est - un vrai scandale de mépris envers le peuple !) de Valls et de Hollande, il semble qu'ils aient opté pour une troisième solution, la pire, à savoir : continuer, en opérant des changements à la marge, noyés dans des termes techniques et nappés d'une fausse marque de volontarisme.
Quant à l'UMP, les pauvres... Copé va sauter, reste à se demander quand. Et pour mettre qui, surtout ?! Parce qu'en entendant Juppé hier soir déclarer que la solution se trouve dans un rapprochement avec le Centre, sans un mot pour les gens qui souffrent de cette Europe inhumaine et pesante, c'est presque criminel. Ce parti est au bord de l'explosion. Reste à savoir ce que cela produira. 
Et pendant que ce joli petit monde fait sa cuisine, les crève-la-faim restent au bord de la route et assistent, horrifiés et désabusés, au spectacle d'un monde qui les écrase de toute sa condescendance la plus méprisante...

mardi 20 mai 2014

Une Histoire de la Coupe du Monde (2) Les années 50

Bonjour à tous !

On poursuit notre remontée dans le temps à travers l'Histoire de la Coupe du Monde de football. Aujourd'hui, je vous propose de nous intéresser à la décennie des années 50, capitale puisqu'il s'agissait de participer, à hauteur de ce que pouvait faire le football, à la reconstruction de l'après-guerre.

1950 : l'Uruguay fait pleurer tout un peuple

Comme un symbole, ce sont de nouveau 13 équipes qui mettent le cap sur le Brésil, grandissime favori de la compétition. La France n'est pas représentée mais l'Angleterre daigne enfin se mesurer à ses concurrents. La Turquie et l'Ecosse sont forfaits, mais l'Europe a d'autres arguments à faire valoir : la Yougoslavie, la Suède et l'Espagne sont de la partie, ainsi qu'une grande partie des équipes d'Amérique du Sud. L'Afrique est absente, tout comme l'Asie, l'Inde étant forfait de dernière minute à l'instar des Highlanders et des Ottomans. On se retrouve ainsi avec 4 poules déséquilibrées : les poules A et B comptent 4 équipes chacune, la poule C n'en compte que 3 et la poule D, simplement 2. Le règlement est simple : le premier de chaque groupe est qualifié pour le tour final, un mini-tournoi à 4 équipes dont le vainqueur remportera le trophée. On assiste alors à deux surprises : la première, c'est l'élimination du double-champion du Monde en titre italien, la seconde, c'est l'élimination des orgueilleux Anglais, battus deux fois en trois matchs dont une cinglante défaite contre leurs cousins Américains. 
Lors du tour final, les Brésiliens se baladent contre l'Espagne et la Suède (6-1 et 7-1) et se retrouvent en position de force avec 4 points avant le dernier match contre l'Uruguay. La Celeste, quant à elle, ne compte que 3 points après une victoire et un nul. Seule une victoire contre le Brésil, au Maracana, devant 200 000 personnes, peut lui permettre de ramener le trophée à la maison. Las, le Brésil perdit 2-1 dans le dernier quart d'heure après avoir pourtant mené 1-0 depuis la 44e minute. 2 buts de Ghiggia et Schiaffino, le second nommé devenant rapidement une légende du foot, étant une des premières vedettes d'Amérique du Sud à venir exercer ses talents sur le Vieux Continent, à Milan notamment. Pour l'anecdote, les règlements étant plus souples à l'époque, il porta même le maillot de la Squaddra Azzura en fin de carrière avec 4 sélections, mais aucun but. 
On raconte beaucoup de choses sur ce qui s'est passé après la finale, notamment que des gens seraient montés sur le toit du Maracana pour se suicider, ne supportant pas de voir leur équipe de coeur perdre ainsi. Ce n'est pas avéré mais ce qui est certain, c'est que le Brésil fut un pays en deuil des jours durant, surtout dans un contexte de déprime économique et de conflits politiques internes. Sans compter que l'Uruguay était une ancienne colonie brésilienne. Enfin, Barbosa, le malheureux gardien auriverde porta toute sa vie le poids de cette défaite, l'un des deux buts uruguayens étant considéré comme pouvant lui être imputé.

1954 : la Hongrie, symbole brisé

La Coupe du Monde revient en Europe, en Suisse plus précisément. Et cette année-là, une équipe terrifie ses adversaires : il s'agit de la Hongrie, emmenée par celui qui fut sans doute le meilleur joueur européen de l'Histoire, Ferenc Puskas (surnommé le Major Galopant) et par l'élégant et efficace buteur Sandor Kocsis. Sur les 16 partants, 12 sont européens (seuls le Brésil, l'Uruguay, la Corée du Sud et le Mexique viennent s'immiscer). 
La FIFA, qui n'en était déjà pas à un règlement alambiqué près, décida encore d'innover après l'originalité du tour final de 1950. Dans chacune des 4 poules de 4 équipes, deux sélections sont désignées tête de série, en fonction de leurs résultats des dernières années. Ceci a pour effet de limiter le nombre de matchs à deux par équipe, sauf éventuel match d'appui pour déterminer une place qualificative (la différence de buts n'entrait pas encore en compte.) Vous n'avez rien compris ? Je doute que beaucoup de gens aient compris, même à l'époque. Toujours est-il que nos Bleus, désignés têtes de série, n'eurent pas à affronter le Brésil. Néanmoins, cette équipe en construction autour de Raymond Kopa ne put se qualifier en raison d'une défaite face aux Yougoslaves. Leur victoire face au Mexique ne suffit pas à les sauver et ils durent rentrer à la maison plus tôt que prévu. De son côté, la Hongrie se balade comme prévu, écrasant les Coréens 9-0 et la RFA 8-3 !!! (autre chose que les 1-0 ou les 2-1 de maintenant). A noter que l'Angleterre sort aussi des poules, mais se fera battre par l'Uruguay en quart, comme le Brésil, balayé 4-2 par...la Hongrie, évidemment. Finalement, en finale, la Hongrie retrouve la RFA et ouvre rapidement le score. Mais Puskas est blessé et ne peut jouer à 100%. Les remplacements ne sont pas encore autorisés et le Major trottine plus qu'il ne galope. La Hongrie ouvre le score, mais la RFA réplique et ne lâche pas, emportant la victoire, 3-2, à la surprise générale. A deux bémols près : primo, Puskas réussit malgré tout à marquer dans les arrêts de jeu, mais son but fut refusé pour un hors-jeu imaginaire et secundo, les Allemands étaient dopés à la pervitine pour cette finale, aussi appelée "drogue du soldat". Cela s'explique par la présence sur le banc de touche de Sepp Herberger, ancien dignitaire nazi. 
Pour l'anecdote, la Hongrie se retrouva pour la dernière fois à ce niveau de maîtrise. La sélection perdit petit à petit de son lustre. Il faut dire qu'à cette époque, elle était le symbole de la résistance de tout un peuple contre l'impérialisme soviétique. On ne peut que déplorer que les Allemands mirent fin au rêve des supporters de foot de voir triompher cette équipe sublime. On ne le savait pas encore, mais les Allemands allaient, en quelque sorte, récidiver 20 ans plus tard, dans un contexte géopolitique heureusement plus léger.

1958 : La France pour une première ; et le foot découvrit son Dieu

On se retrouve cette fois en Suède, dont l'équipe nationale est l'une des favorites du tournoi, avec des joueurs du calibre de Gunnar Nordhal ou de Niels Liedholm, qui font les beaux jours du Milan AC. La RFA est la tenante du titre, et la France a un coup à jouer avec ses Rémois, Jean Vincent, Raymond Kopa (futur Madrilène) et bien sûr Just Fontaine. Enfin le Brésil fournit une belle équipe également dont Didi, Zagalo, ou encore Garrincha, petit ailier formidable dribbleur. 
16 équipes sont sur la ligne de départ, 4 américaines et 12 européennes. Cette fois-ci, pas de tête de série : les 4 équipes se rencontrent dans chacun des 4 groupes et les deux premières jouent les quarts de finale. Le Brésil est la seule équipe non-européenne à s'être extirpée du 1er tour. C'est alors qu'un génie de 17 ans va faire son apparition sur le terrain, dans un match difficile contre le Pays de Galles. Pelé, c'est son nom, va inscrire le seul but du match. Conservé en réserve de la patrie par son coach, il va être l'élément-clé de son équipe. En demie, contre une vaillante équipe de France, il va ridiculiser nos malheureux Bleus : il marque un triplé et la Seleçao s'impose 5-2, avant de l'emporter sur le même score en finale contre la Suède, Pelé se contentant cette fois d'un doublé. 
Le monde découvre alors, émerveillé, les facéties d'un gamin qui ne doutera jamais de rien, habité d'une pleine confiance en ses capacités footballistiques. Si beaucoup d'observateurs du ballon rond lui préféreront Maradona, notamment pour son côté rebelle, n'oublions pas que Pelé a joué à une époque où les matchs de foot étaient fort rares sur le petit écran, et qu'ils étaient diffusées en noir et blanc. Coincé dans son pays, il ne pourra jamais jouer en Europe du fait de la dictature militaire. Tout juste finira-t-il sa carrière au Cosmos de New York. 
Concernant nos Bleus, ils jouèrent crânement leur chance : Jonquet, victime d'un attentat en demie contre le Brésil, ne pourra être remplacé, à cause du règlement empêchant les remplacements en cours de match. La France joua donc à dix tout le match avant de se défouler en match pour la 3e place, 6-3 contre le tenant allemand. Just Fontaine marqua 13 buts en 6 matchs, en faisant le meilleur buteur de la Coupe du Monde en une seule édition, un record qui ne sera sans doute jamais battu.

A suivre...

dimanche 18 mai 2014

Reprendre en main notre économie et notre industrie

Bonjour à tous !

Le feuilleton Alstom continue. Et cette fois, Arnaud Montebourg a décidé de taper du poing sur la table : il a publié un décret dans lequel il a établi qu'une entreprise française dans le domaine de l'énergie, et visée par un rachat en provenance d'une entreprise étrangère, ne pouvait être vendue sans l'accord du gouvernement. 

Eviter un démantèlement complet de notre industrie

Il faut garder en mémoire qu'Alstom est à la base de la construction de nos centrales nucléaires. Vendre Alstom reviendrait donc peu ou prou à revendre Areva. Outre le fait, comme je l'ai déjà expliqué, que cette société fabrique des tramways et des TGV vendus à travers le monde. Monsieur Kron, le PDG de cette entreprise, a beau déployer des trésors d'imagination pour prendre le ministre de l'économie pour un idiot, celui-ci a néanmoins tenu à défendre ses positions. Il faut dire qu'au vu des enjeux, on ne peut tolérer un démembrement et une vente de cette entreprise stratégique. Ce serait une catastrophe, car nous perdrions alors notre indépendance énergétique. Un nouveau coup dur alors que nous avons déjà perdu notre indépendance militaire au profit de l'OTAN, et donc des Américains.

La décision de Montebourg, une fausse polémique

Ils ont été nombreux à fustiger le décret du Ministre, oubliant qu'il n'était qu'une prolongation d'un décret déjà existant depuis une dizaine d'années mais qui concernait moins de domaines. Il a également été dit que cela empêcherait les investisseurs étrangers de placer leur argent en France et que cela ne faciliterait pas la reprise de la croissance. Un faux problème, puisque les Américains sont les champions du monde du protectionnisme, ou que les Chinois contournent le problème avec les fameux joint-venture. Or comme chacun sait les investissements étrangers sont très nombreux dans ces pays. Non, le problème des investissements étrangers en France est plutôt le fait de l'instabilité fiscale de notre pays. Non qu'elle soit forcément trop élevée, mais qu'elle change trop souvent, au gré du vent et des élections. 

L'irresponsabilité des actionnaires

Le vrai problème en France, finalement, c'est la gourmandise, la goinfrerie pourrait-on même dire, des actionnaires, qui ne lâchent pas leurs 15% de rentabilité. Raison pour laquelle l'investissement en France est mort, et raison pour laquelle plus personne dans notre pays ne se dévoue pour racheter les parts d'Alstom détenues par Bouygues. Et c'est fort regrettable. La présidence du MEDEF détenue par M Gattaz donne d'ailleurs le ton : plus de sous pour les entreprises et moins pour les salariés. Privilégier à ce point la politique de l'offre et le libéralisme quand on sait que c'est à cela que l'on doit la crise économique actuelle est d'un cynisme nauséeux. Si la France était maîtresse de son destin, qu'elle était souveraine, on pourrait établir une fiscalité plus intelligente ou les gros actionnaires seraient taxés fortement au-dessus d'un certain pourcentage de rentabilité. Et l'on pourrait également alléger la pression fiscale intolérable sur les PME, seules aujourd'hui à faire de la recherche et développement, qui constitue le coeur d'une industrie ambitieuse. L'argent est très mal employé et personne ne dit rien. De même que personne n'a rien dit non plus sur le scandale des banques dans la crise financière, que ce soit dans leur gestion des produits toxiques ou leur rôle dans la prolongation de la crise, puisqu'en plus elles refusent désormais de prêter à moins d'avoir des garanties tellement exigeantes qu'on se demande bien qui peut emprunter aujourd'hui. A ce titre, je recommande vivement l'article paru sur Marianne.fr où le périodique explique avec quelle complicité et quelle mansuétude la presse a traitées les banques depuis 2008 : un véritable scandale ! Ah pour dénoncer tous les "-phobes", il y a du monde. Mais pour dénoncer les affameurs de peuple, ceux qui ont piqué les économies des Chypriotes ou mis la Grèce en coupe réglée et qui maintiennent une pression d'austérité sur la France, là, tout le monde baisse son froc. Et ça se dit journaliste... Curieusement, on n'entend pas M Plenel nous dire qu'il a un scoop sur ce sujet. C'est bien dommage pour un journaliste d'investigation comme il prétend l'être.

Puisque le privé n'investit plus, relançons l'investissement public

Au sortir de la Guerre, le Général de Gaulle avait décidé de nationaliser nombre de secteurs-clés de l'économie. Avec Pompidou, ces deux grands visionnaires avaient su donner une vision à la France pour gérer à merveille les défis de la reconstruction d'un pays ruiné par 3 guerres en 75 ans. La France lança nombre de grands chantiers qui firent du pays la 5e puissance mondiale, un membre permanent du Conseil de Sécurité de l'ONU et le leader d'une Europe affaiblie. Si il accepta la construction européenne, c'était d'abord et avant tout pour gérer les matières premières dont la France avait besoin pour son énergie avant qu'elle ne se lance dans le nucléaire, mais également pour garder un contrôle étroit sur l'Allemagne. 
Las, la Gauche mit un terme à tout ça en privatisant en masse dans les années 80. Un comble pour un gouvernement de Gauche. Et aujourd'hui, au nom de l'orthodoxie budgétaire appelant au contrôle de la dette, plus personne n'ose exprimer la nécessité de renationaliser certains secteurs de notre industrie. Or on ment aux Français quand on dit que la dette devrait être notre seule préoccupation. Rappelons que l'Allemagne est plus endettée que nous en valeur absolue, et que, contrairement à nombre de pays anglo-saxons, seul notre pays est endetté, pas les citoyens. Donc notre situation économique est bien meilleure que prévue. Bien plus saine que l'économie américaine, endettée à hauteur de 10 000 milliards de dollars, plus de 5 fois supérieure à notre dette à nous, et dont ses citoyens sont également profondément endettés. Le scandale des subprimes en fut la triste illustration. Quant au Japon, il est endetté à plus de 200% et n'est pas spécialement mis en difficulté par les marchés, pour une raison simple : l'écrasante majorité de la dette est détenue par les Japonais. On sait donc ce qu'il reste à faire : solliciter l'épargne conséquente des Français pour reconstituer des capitaux et investir dans les secteurs-clés de notre industrie. Mais cela demande du courage, et cela demande de dire au revoir à une Europe toujours aussi inutile et toujours moins démocratique. Qui relèvera le gant ?

dimanche 11 mai 2014

Une Histoire de la Coupe du Monde (1) les années 30

Jules Rimet, ancien Président de la FIFA et créateur de la coupe du Monde
Crédits photo : Mondial Photo-Presse-BNF-Wikipedia

Bonjour à tous !

J'ai décidé, à quelques semaines de l'ouverture de la coupe du Monde de football, de me lancer dans une petite rétrospective des 19 éditions précédentes. Parce que c'est un événement unique, le rendez-vous sportif le plus suivi au monde avec les JO d'été, que le football revêt une importance sociale capitale et qu'à l'instar des Olympiades, les coupes du Monde ont souvent été en prise directe avec l'Histoire.

1930 : une première édition sous domination sud-américaine

Un siècle à peine après son indépendance du Brésil, l'Uruguay est désigné pour organiser cette grand-messe du ballon rond. Et ce, en toute légitimité puisque la Céleste est double-championne olympique en titre (1924-1928). Quatre courageuses équipes européennes ont fait le déplacement (parmi les 13 participants, tous sur invitation) : la France, la Yougoslavie, la Roumanie et la Belgique. L'Angleterre, patrie du football, déclinera la proposition pour d'obscures raisons. A l'époque, on fait le voyage en bateau, bien sûr. Les Européens partagent donc le même navire. Les règles étaient très laxistes : les sélections comptaient entre 15 et 25 joueurs et l'âge de beaucoup d'entre eux était sujet à débat.
Sur le terrain, le Français Lucien Laurent est le premier buteur de l'Histoire de la compétition avec une victoire 4-1 contre le Mexique, mais deux défaites contre l'Argentine et le Chili enterrent les espoirs français. L'Argentine et l'Uruguay se retrouvent finalement dans une finale attendue, gagnée 4-2 par la Céleste. Pour l'anecdote, le dernier buteur uruguayen, Castro, avait perdu sa main droite plusieurs années auparavant. La victoire est célébrée comme il se doit à Montevideo et le 31 Juillet, lendemain de la finale, est déclaré Fête Nationale.

1934 : La Squaddra aux mains du fascisme

Cela fait déjà douze ans que l'Italie est aux mains de Mussolini lorsque la Coupe du Monde débarque dans la Botte. Pour l'occasion, huit stades sont rénovés ou construits. Cela n'empêche pas de nombreux journalistes de faire le déplacement, ni les radios de payer des sommes considérables pour l'époque afin de retransmettre les matchs. Sur le terrain, les matchs sont rugueux, certains atteignant des sommets de violence, symptôme d'une époque meurtrie qui ne demandait qu'à basculer dans un chaos sans limites. On compte 16 participants, essentiellement européens, toujours pour des raisons logistiques. L'Uruguay ne vient pas défendre son titre, seuls le Brésil, l'Argentine et les USA traversent l'Atlantique. La France est présente et l'Egypte est le premier pays africain de l'Histoire à jouer la compétition. Il n'y a pas de poule, tous les matchs sont à élimination directe. La France est éliminée par l'Autriche après prolongation et il ne reste que des équipes européennes en 1/4 finale. L'Allemagne nazie perdra en 1/2 finale contre la Tchécoslovaquie qui, elle-même, chutera en finale face à l'Italie. Pour l'anecdote, quatre ans avant l'Anschluss, l'Allemagne battra l'Autriche pour la petite finale d'une petite coupe du Monde. On retiendra quand même, côté italien, l'émergence d'un grand Monsieur du football : Giuseppe Meazza.

1938 : dernière lueur avant la Nuit

Pour la première fois, on joue des éliminatoires afin d'accéder au tour final, organisé en France. Pour pas grand chose finalement puisque beaucoup de pays déclareront forfait, notamment l'Argentine et l'Uruguay. Les Brésiliens organisent une tombola pour financer leur voyage. Et grand bien leur en a pris puisque ils assureront le spectacle tout au long du tournoi. 16 équipes auraient dû prendre part aux 1/8 finale, mais l'Autriche est contrainte de déclarer forfait par l'Allemagne...qui récupérera des joueurs autrichiens dans son équipe ! La Suède est donc qualifiée d'office pour les 1/4. Stade auquel les Bleus sont éliminés par les Italiens. Ces derniers éliminent en 1/2 finale, à Strasbourg, la plus belle équipe de la compétition : le Brésil du prodige Leonidas, meilleur buteur avec 7 buts en 4 matchs (blessé au pied alors qu'il jouait pieds nus, il ne peut jouer la demi-finale contre l'Italie). Le Brésil remportera la 3e place et l'Italie doublera la mise face à la Hongrie, en finale, à Colombes, sur le score de 4-2. Pour l'anecdote, la Suisse éliminera l'Allemagne dès le 1e tour, et en 2 matchs, les tirs au but étant encore inconnus à cette époque (1-1 ; 4-2). Un exploit qui prendra finalement tout son sens quelques années plus tard. Il faudra attendre douze ans avant que le football ne reprenne ses droits, et que ce sport puisse panser ses plaies après deux éditions particulièrement amères...

A suivre...