Crédits Photo : L'Express
Bonjour à tous !
Il a gagné. Tel César défilant triomphalement dans Rome. Il écume les plateaux de télévision, dispensant sa morale à la manière d'un évangéliste du Haut-Moyen-Âge. Le discours est rôdé, la mécanique bien huilée.
Lui, c'est Edwy Plenel. Journaliste de presse écrite depuis près de 40 ans, il a décidé, depuis qu'il a fondé Mediapart, de taper dur sur ceux qui, à ses yeux, ne correspondent pas à ses canons de la démocratie.
Sa dernière victime, Jérôme Cahuzac, peut témoigner de l'acharnement du personnage. 600.000€ en Suisse dénoncés par un enregistrement foireux ? Tel un vautour, Saint Plenel accourt et accuse. Et gare à qui ne le suit pas dans sa croisade, il est aussitôt pointé du doigt. Jean-Michel Apathie a pris cher, et je ne parle pas de François Hollande, pourtant Président de la République (il est bon de le rappeler, de temps à autre). Ledit Président s'est fait tancer pour ne pas avoir viré le malotru sitôt le pot aux roses dévoilé par Mediapart.
Cela en dit long sur ce qu'il reste de la puissance qui incombe au Chef de l'Etat et sur l'équilibre des pouvoirs. A l'instar de ce qui se passe chez nos amis anglo-saxons, américains notamment, ce ne sont plus le législatif ni l'exécutif qui prévalent. Mais le 4e pouvoir : les médias.
Et cela a une première conséquence d'importance : celle d'inverser la charge de la preuve. Car en France toute personne inquiétée par la Justice est innocente jusqu'à preuve du contraire. Pas selon M. Plenel. D'après lui, si son canard sort une casserole, l'incriminé est aussitôt décrété coupable. Ceux-là même qui, autrefois, se réjouirent de l'abolition de la peine de mort, se gargarisent aujourd'hui d'avoir établi la peine de mort de médiatique. Qui peut avoir de graves conséquences. L'entourage de Pierre Bérégovoy s'en souvient encore...
Qui est Edwy Plenel pour faire la leçon ? N'a-t-il pas appris de ses précédentes erreurs ? N'a-t-il rien retenu de l'affaire Noriega où il accusait faussement le PS d'avoir touché des commissions occultes de la part du dictateur nicaraguayen dans les années 80 ? A-t-il volontairement oublié l'affaire Baudis, où il accusa à tort l'ancien maire de Toulouse d'organiser des soirées sordides à son domicile ? Etrangement, après ces deux fautes professionnelles et déontologiques, il fut finalement amené à quitter Le Monde. Différences de points de vue argue-t-il ? C'est cela, oui...
Il a donc repris, avec force acharnement, son travail de fouineur dans un média en ligne qu'il veut indépendant afin que chaque citoyen puisse se faire sa propre opinion. A condition que le citoyen en ait les moyens, car accéder à Mediapart réclame abonnement et donc écus sonnants et trébuchants. Cet ancien trotskyste a donc décidé que tout le monde ne peut avoir accès à sa vision orthodoxe de l'information. A l'instar des révolutionnaires d'autrefois qui choisirent d'établir...le suffrage censitaire.
En tout cas, on saura gré à Edwy Plenel de rester constant dans ses vieilles lunes : la presse d'information prévaut sur la presse d'analyse, et tant pis si ce n'est pas la culture française et si cela induit des effets pervers, exposés ci-dessus. Et puis de persister et signer dans sa perception de la démocratie, c'est-à-dire un régime parlementaire avec un Président dont les attributions seraient réduites à la portion congrue. Tout cela en faisant fi du fait que la France a connu ça sous les IIIe et IVe Républiques et que cela rendit le pays ingérable, d'une part. Et que notre pays n'a jamais mieux fonctionné qu'avec un chef facilement identifiable et au charisme indiscutable, d'autre part.
Enfin, si l'on veut s'opposer à notre Super Mario du journalisme, il faut avoir le coeur bien accroché. Elisabeth Lévy, directrice de publication chez Causeur, Zemmour & Naulleau, présentateurs de l'émission éponyme, s'y sont cassés les dents. Réponse immuable d'Edwy Plenel : "Vous avez des a priori sur moi, lisez-moi, lisez mon livre, lisez Mediapart."
On ne sait pas trop si le travail du directeur de Mediapart est à ce point indispensable à notre démocratie mais on ne doute plus d'une chose : il a pris un tel melon qu'il en est sorti encore plus convaincu que lui seul a raison. Et c'est peut-être ça, le danger, finalement...

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