lundi 25 février 2013

Hommage à Daniel Day-Lewis

Crédits Photo : Mario Anzuoni, Reuters

Bonjour à tous !

Une fois n'est pas coutume, il ne sera pas question ici de politique ou d'économie, mais de culture. En effet, les Césars et les Oscars avaient lieu ce week-end, l'occasion de faire un petit bilan et de rendre hommage au plus grand acteur de sa génération, Daniel Day-Lewis.
Commençons donc par les Césars. Visiblement, Antoine De Caunes n'était pas au mieux de sa forme. S'inspirer du mini-sketch de Billy Crystal consistant à s'insérer dans les scènes des films en compétition (qui date d'il y a 10 ans de cela !) n'est sans doute pas la meilleure façon de rentrer dans la soirée. En fait, c'est la profession dans son ensemble qui semblait tendue et nerveuse depuis l'affaire Maraval, qui dénonçait les émoluments des acteurs dans une tribune de presse. Autre personne à en avoir pris pour son grade à longueur de soirée, Gérard Depardieu. Il fallait s'y attendre. Pas très original. Ni très courageux de tirer sur une ambulance à plusieurs dizaines contre un seul. Kevin Costner, très ému de sa récompense du reste, s'est ennuyé ferme toute la cérémonie. Bref, rien à retenir de cette soirée, si ce n'est les justes récompenses pour Amour et De Rouille et d'os. Fort heureusement, Holy Motors de Leos Carax n'a rien reçu, et rien qu'à lire le synopsis et voir la bande annonce, ça ne donne pas envie de le voir. Tant pis si ça fait grincer des dents chez Télérama, l'Obs ou Les Inrocks. Ce sera une jubilation supplémentaire me concernant.
Et puis hier soir (enfin la nuit dernière, pour nous, en France), s'est déroulée la Cérémonie des Oscars, 85e du nom. On voit la différence. Aux USA on aime le show, quitte à en faire trop. L'hôte de la soirée, Seth McFarlane, s'est répandu en vannes de mauvais goûts, de son fait ou par l'intermédiaire de l'ours qu'il a créé, Ted. Antisémitisme, allusion à la drogue omniprésente à Hollywood, tout y est passé. Même si c'est une façon un peu maladroite de donner un coup de pied dans ce protocole aseptisé. On a quand même eu quelques moments intéressants qui auront su apporter de l'entrain à une soirée décidément trop longue, comme toutes celles du genre d'ailleurs. Adele a ainsi chanté Skyfall, Barbra Streisand lui a rendu la pareille en faisant trembler la salle avec The Way we were, en hommage aux disparus de l'année passée (Ernest Borgnine et Michael Clarke Duncan pour ne citer qu'eux). Jennifer Lawrence, Oscar de la meilleure actrice, est tombée et Michelle Obama, en duplex de la Maison Blanche, a consacré Argo meilleur film. De quoi faire oublier quelque peu les récompenses de mauvais goût attribuées aux Misérables, énième itération du genre qui doit faire regretter à Hugo d'avoir écrit ce livre, de là où il nous regarde. Quant à l'Oscar du meilleur réalisateur pour Ang Lee, je veux bien, mais il ne faut pas oublier que son film - sans vouloir lui retirer ses qualités - a été tourné à 75% sur fond vert, sans dialogues ou presque et avec très peu de jeu d'acteur à diriger. A ce moment-là, autant récompenser la météo de Nathalie Rihouet. Michael Haneke est reparti, sans surprise, avec la statuette du meilleur film étranger. On aurait aimé qu'il en fût de même pour Emmanuelle Riva d'autant que la concurrence n'était pas exceptionnelle cette année. On appréciera, enfin, que Bigelow ne reparte sans aucune statuette principale, parce que nous faire le coup de Démineurs 2, faut pas exagérer. Jessica Chastain aura, quant à elle, d'autres occasions de remporter une récompense.
Enfin, il y eut, pour moi, le moment fort de la soirée. Fort parce qu'historique. Nicholson a, par le passé, il est vrai, remporté 3 Oscars, dont deux comme meilleur second rôle. Mais voilà, Daniel Day-Lewis a fait mieux hier soir. 3 Oscars du meilleur acteur, cela n'était jamais arrivé. Sur trois décennies différentes en prime. Il remporte sa première récompense en 1990 pour My left foot, de Jim Sheridan, enchaîne en 2008 pour There will be blood de Paul Thomas Anderson et enfin cette année pour Lincoln. Cet acteur a tourné pour quelques-uns des plus grands cinéastes (Stephane Frears, James Ivory, Michael Mann, Martin Scorsese, Paul Thomas Anderson et bien sûr, donc, Spielberg. En 1998, il avait pourtant décidé de prendre sa retraite, s'installant comme cordonnier. C'est Scorsese qui avait été le chercher pour lui offrir un rôle dans Gangs of New York. Bien lui en avait pris. Car on ne saurait se passer du talent d'un acteur qui interprète ses rôles à l'ancienne, en s'en imprégnant jusqu'à la moelle. Sur le tournage de Lincoln, tout le monde était prié de l'appeler "Mister President", y compris entre les scènes. Il échangeait par SMS en langage du XIXe siècle avec ses partenaires de jeu et avait été jusqu'à reproduire les inflexions et la démarche de celui que les Américains surnomment affectueusement Abe. Les critiques de cinéma ont unanimement loué son talent d'acteur depuis qu'il hante les plateaux de tournage (son premier film date de 1971, il avait alors 14 ans.) Lui qui confie toujours ressentir une immense tristesse et un grand vide à la fin de chaque tournage, tant il y met de l'intensité et de l'authenticité, pourrait bien nous faire le même effet le jour où il arrêtera définitivement. See you soon, Daniel !

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