mardi 27 novembre 2012

Ces sports d'un autre âge !

Sebastian Vettel / Crédits Photo : Yasuyoshi Chiba - AFP

Bonjour à tous !

C'est l'un des événements sportifs du week-end : le 3e sacre mondial consécutif de l'Allemand Sebastian Vettel en Formule 1. L'occasion pour moi de vous proposer une réflexion sur les sports que j'estime appartenir à un autre âge.
Petit retour en arrière : il y a quelques semaines de cela, c'était la corrida qui était au centre des débats. Cette activité, qui participe, j'en conviens, d'une culture régionale vivace, a été soumise à la saisine du Conseil Constitutionnel. Sans surprise, les Sages ne se sont pas prononcé en défaveur de cette activité. Car cela dépasse sans doute quelque peu leur champ de compétences. Il me semble que ce serait plutôt au pouvoir législatif de régler définitivement son compte à cette boucherie institutionnalisée où, soyons francs, le taureau n'a aucune chance de s'en sortir vivant face à un zébulon vêtu comme le héros navrant d'une médiocre opérette. Curieusement, les écologistes, qui disposent pourtant d'un groupe à l'Assemblée grâce aux petites combines peu amènes de mon meilleur ennemi, Jean-Vincent Placé, ne saisissent pas l'opportunité de soumettre une loi en ce sens aux députés. Il faudra que l'on m'explique cela... A moins que le massacre de taureaux ne soit pas considéré comme un acte contraire à leurs principes de préservation de l'environnement. Mais ils ne sont pas à une contradiction près !
Plus récemment, donc, mon questionnement porte sur les sports mécaniques. Un chiffre a aiguisé ma circonspection : 21400. C'est le nombre de pneus utilisés en pure perte par l'ensemble des écuries de F1 sur l'année 2012. Un produit manufacturé particulièrement difficile à recycler et qui est essentiellement fabriqué à partir de pétrole dont on ne nous cesse de nous rabattre les oreilles sur sa prochaine pénurie. Et je passe donc, évidemment, sur le goudron nécessaire à la fabrication de circuits et à l'essence sans laquelle ces bolides ne pourraient nous assourdir.
C'est d'autant plus inique qu'à l'époque, les sports de vitesse, et la F1 en particulier, avaient pour but de tester des avancées technologiques majeures pour l'automobile de tourisme de demain. Ce n'est plus le cas aujourd'hui. En effet, alors que les voitures grand public se tournent de plus en plus vers les moteurs hybrides ou l'alimentation électrique, on constate que c'est loin d'être le cas chez les monoplaces de compétition. 
Pour corser le tout, le règlement est extrêmement technique et modifié chaque année, pour une équité supposée renforcée (sauf que cela fait 3 ans que c'est le même qui truste les titres mondiaux) : à moins d'avoir fait des études d'ingénieur, difficile de comprendre les subtilités de cette réglementation très complexe. 
La légitimation de ce sport peut, et doit, être remise en question. D'autant que l'industrie automobile, jadis fleuron de la technologie d'un pays, est en net déclin partout dans le monde : General Motors a été nationalisé, PSA va fermer une usine, Renault-Nissan s'internationalise toujours plus, délocalisant de concert, Toyota connaît des problèmes de fiabilité... A part pour voir des Ferrari un dimanche sur deux à la télé parce que le quidam n'aura jamais les moyens d'en approcher une dans la réalité, l'intérêt de ce sport, les risques qu'il pose en matière de sécurité, et les problèmes d'environnement dont il est la cause, doivent faire l'objet d'une critique sans tarder !
Et cela vaut également pour les autres sports mécaniques : combien de morts lors des différents Paris-Dakar ? Combien de dunes saccagées et de paysages détériorés pour le plaisir égoïste de quelques pédants aux relents colonialistes ? Tout ça pour laisser l'Afrique de l'Ouest se démener finalement seule avec ses problèmes quand l'épreuve aurait pu servir à désenclaver cette région de la montée de l'islamisme ! Et aller répéter les mêmes erreurs en Amérique du Sud. Quel gâchis de temps, d'argent, d'énergie humaine ! Et quelle pollution ! A l'heure où les pays se réunissent à Doha pour une conférence sur le climat (oui je sais, c'est un magnifique oxymoron !), voilà une mesure simple à mettre en oeuvre. Oh, bien sûr, il y aura toujours des voix pour s'élever contre la suppression de ces sports mais quand on voit le nombre de constructeurs qui, au fil des années, se désengagent à cause du retour sur investissement peu élevé, surtout en termes de résultats, on se dit que c'est une piste à creuser. D'autant que la performance sportive est forcément diminuée par rapport à des sports où l'homme ne bénéficie d'aucun support, motorisé de surcroît, pour faire se soulever les foules.
Voilà un progrès qui, une fois n'est pas coutume, me satisferait au-delà de toute mesure !

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire