lundi 15 octobre 2012

L'arlésienne Sarkozy

Crédits Photo : Reuters/Le Monde/Andrew Kelly

Bonjour à tous !

On en parle beaucoup, c'est le couplet à la mode du moment : Sarkozy va-t-il faire son retour en politique ? Et, si oui, cela aura-t-il une réelle répercussion positive ?
Le fait est que si les médias parlent beaucoup de l'ancien Président de la République, aujourd'hui devenu conférencier, ce n'est que pour mieux souligner l'incapacité du Gouvernement actuel à imposer une ligne directrice qui emballe le pays.
Le couple exécutif connaît une chute vertigineuse et ultra-rapide dans les sondages, digne de la descente historique de Baumgartner, hier. Ayrault ne parvient pas à tenir ses ministres : Valls et Taubira se détestent, Peillon joue son petit va-tout, Duflot agit en franc-tireuse...n'en jetez plus, la coupe est pleine ! Et ce alors qu'il n'aura pas fallu longtemps aux Socialistes pour se désavouer ou pour mentir aux Français : "Le traité 'Merkozy', en l'état, je n'en veux pas, je le renégocierai" clamait haut et fort François Hollande pendant sa campagne. Résultat : il n'a pas été modifié du tout (confession faite par le Premier Ministre sur un plateau de TV) et a été voté en catimini à l'Assemblée Nationale, privant encore un peu plus le peuple français de souveraineté. Même le vote de la loi sur le "mariage pour tous" et l'adoption des enfants par des couples homosexuels prend une figure de long chemin de croix : entre ceux qui réclament, comme Bruno Le Roux, chef du groupe PS à l'Assemblée, un amendement sur la procréation médicalement assistée (ben voyons...) et un net recul des Français sur la question dans les sondages, ce n'est pas gagné d'avance. Loin de là. D'ailleurs, les voix toujours plus nombreuses s'élèvent pour réclamer au moins un débat sur le sujet tandis que le PS oublie la promesse faite en 1999 par Elisabeth Guigou : celle-ci avait promis qu'on adoptait le PACS mais que "jamais" on ne ferait voter de loi pour le mariage des homosexuels. Un beau mensonge de plus !
Tout cela pour dire qu'il était bien beau de taper sur Sarkozy pendant la campagne, mais qu'une fois au pouvoir, nos amis de Gauche ne font guère mieux, quand ils ne font pas pire ! On voit aujourd'hui à quel point ce parti d'énarques n'était pas prêt à prendre le pouvoir car son seul programme était de faire la peau de l'ancien président.
Pour autant, celui-ci peut-il, et doit-il, revenir ? Pas si sûr... Tout d'abord, l'UMP s'est trouvé un sous-Sarkozy en la personne de Jean-François Copé : oh, bien sûr, il reprend des idées qui ne sont pas faites pour déplaire à la base militante du Parti, mais ces derniers ont compris que si il transgressait dans les paroles, il ne le ferait sûrement pas dans les actes : il demeure un pro-Européen convaincu avec toute la cohorte d'effets secondaires que cela entraîne, notamment une dérégulation totale de l'immigration. Pas dupes, les votants s'apprêtent donc à faire le choix Fillon. Pas très emballant non plus, mais à défaut d'autre chose...
Quant à l'intéressé lui-même, qu'en est-il ? Il se murmure avec insistance que Carla Bruni ne veut plus entendre parler de l'Elysée, et qu'elle compte bien élever sa fille loin des troubles du pouvoir. Et ce que femme veut... L'ancien Président, lui, n'est sans doute même pas très sûr de ce qu'il souhaite. Il faudrait pour cela qu'il prenne le temps d'analyser en profondeur sa défaite : si la "ligne Buisson" lui a permis de recoller à Hollande et d'éviter de prendre une fessée, son comportement atlantiste et pro-Européen durant son mandat a montré aux électeurs qu'il n'était pas prêt à passer de la parole aux actes. 
En conclusion, si Nicolas Sarkozy souhaite revenir, il faudra qu'il revienne avec un fond modifié, un vrai programme davantage axé sur le souverainisme, la réindustrialisation, la recherche et le développement ainsi qu'une profonde réflexion sur la compétitivité des entreprises (qui peut être une compétitivité hors-coût) et pourquoi pas une sortie programmée de l'Euro et une dénonciation des conventions stupides du type Schengen. Bref, un profond travail de remise en question. Pas sûr qu'à 62 ans (son âge en 2017), avec sa femme réticente, sa fille qui grandit, et cinq ans passés en dehors de la vie politique, cela constitue un calcul très malin de sa part. Et il ne faudrait pas oublier que le peuple français est à la fois monarchiste et régicide : monarchiste en sa foi dans l'homme providentiel, ce qui constitue la base de la permanence de la Constitution de 1958, régicide en ce qu'il rejette le retour d'un homme tombé de son piédestal : demandez donc à Giscard ce qu'il en pense, lui qui prend la poussière au Conseil Constitutionnel. Le seul qui a réussi un retour vainqueur auprès du peuple, ce fut Napoléon pendant le Vol de l'Aigle, qui fut acclamé tout au long du chemin par une foule en liesse. Mais c'était parce qu'il avait été destitué par les oligarques au pouvoir, non par le peuple lui-même.
Alors Sarkozy peut-il réécrire l'Histoire ? Affaire à suivre....

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