mardi 5 mai 2015

Fermeture du blog et remerciements

Bonjour à tous !

C'est avec une certaine émotion que je rédige ce message. En effet, après mûre réflexion, j'ai décidé de clôturer mon blog, sans doute de manière définitive. Explications.

Genèse du projet, engagement citoyen et décision d'arrêt

J'ai toujours eu une passion pour la politique, au sens large du terme, c'est-à-dire la vie dans la cité. Par mon histoire personnelle, j'ai été imprégné de l'amour de la France, auquel j'ai tâché de mêler un désir de comprendre le monde actuel, économiquement morose et socialement inquiet. De là est venue l'idée du blog. Je n'ai jamais eu l'intention d'en faire un outil de propagande pour tel ou tel parti. Mes opinions sont ce qu'elles sont, et n'appartiennent qu'à moi. Et je ne veux pas faire de sectarisme au point de dire que tel mouvement politique a raison tandis que l'autre a tort. Le seul clivage qui prévale selon moi, c'est celui opposant les souverainistes aux libéraux, en schématisant.
L'idée de ce blog, pour revenir à mes moutons, était donc de réagir à l'actualité hebdomadaire. Hélas le projet était chronophage et demandait une rigueur de traitement de l'information que mes moyens limités et mes activités annexes n'ont pas pu, n'ont pas su résoudre. En conséquence, et afin de ne pas risquer de glisser vers la malhonnêteté intellectuelle, je préfère m'arrêter là. Peut-être reprendrai-je en 2017, mais rien n'est moins sûr. J'espère juste que la France gardera sa vigilance républicaine et citoyenne, celle qui lui confère le talent extraordinaire de l'amour du débat et de la contradiction.

Remerciements 

Bien sûr, je tiens à remercier tous ceux qui m'ont lu, même d'un oeil, ceux qui ont aimé ma prose laborieuse et plus encore ceux qui m'ont critiqué, même de manière virulente. La démocratie, l'échange et le respect ne peuvent naître que du débat d'idées, fut-il violent. 
Bonne route à tous, et encore merci. Et surtout gardez à l'esprit que la liberté d'expression est un bien très chèrement acquis.

Je dédie ce dernier post à la mémoire des victimes des attentats des 7,8 et 9 Janvier 2015.

mardi 7 avril 2015

Journal de Bord : Mars 2015

Bonjour à tous !

Retour aujourd'hui sur un mois de Mars qui fut malheureusement placé sous le signe du deuil. Une pensée, donc, pour les victimes de l'A320 de la GermanWings qui s'est écrasé près de Barcelonette, ainsi que pour nos trois jeunes champions partis trop tôt.

Le fait marquant : le PS enchaîne les raclées électorales

C'était écrit depuis si longtemps que c'en serait presque un non-événement. Le PS a une nouvelle fois pris le bouillon au cours d'élections départementales qui ont eu du mal à mobiliser un électeur sur deux. 

Le PS, futur perdant en 2017 du nouveau ménage à trois de la vie politique française ?

Le PS n'a su faire campagne qu'à un seul niveau : tirer à nouveau la sonnette d'alarme contre la montée du FN. Manuel Valls en est même devenu rouge, transpirant, avec la main qui tremble pour faire bonne mesure. Dire que beaucoup se réjouissent encore de la défaite de Nicolas Sarkozy en 2012... Evidemment cela n'a pas suffi. Il faut dire que quand on laisse planer un gros doute sur la pérennité des départements suite à la réforme territoriale, et qu'en plus, semaine après semaine, on continue à décevoir ses électeurs ainsi que les vrais militants de Gauche, il ne faut pas s'étonner d'une telle avoinée.
Les candidats sur le terrain ont tenté de mobiliser les électeurs, de défendre leur bilan pour ceux qui se représentaient, de localiser le scrutin, rien n'y a fait. C'était inéluctable. Et alors que le PS baisse, le FN monte, inexorablement. Alors, oui, on dira qu'il a été battu par l'alliance UMP-UDI. C'est une façon de voir. Mais quand on prend les résultats en nombre de voix et par parti unique, le FN l'a encore emporté. C'est un fait. Avec plus de 5 millions d'électeurs. Il n'a pas su remporter de cantons, ce qui est normal compte tenu de nos institutions, par ailleurs si décriées. Elles sont peut-être insatisfaisantes pour MM Plenel, Placé et autres Mélenchon, mais en attendant, si le FN se voit la bride tenue, c'est grâce à la Constitution de 1958. 
Mais attention, parce qu'en 2017, la mobilisation des électeurs sera autrement plus forte. Et comme le premier tour sert souvent de défouloir, le PS devrait sérieusement se remobiliser, proposer à nouveau un vrai programme de Gauche, colbertiste, anti-libéral pour séduire des électeurs toujours plus désabusés. Ce ne sont pas la Loi Macron, la remise en question du Code du Travail et du CDI ainsi que le manque de soutien envers le parti Syriza en Grèce qui vont leur donner de bons points en ce sens.

Le FN, bloqué par son plafond de verre

Dura Lex, Sed Lex. La Loi est dure, mais c'est la Loi. Incapable de mobiliser une majorité d'électeurs pour battre au second tour un opposant PS ou UMP, le FN ne remporte aucun département. Mais continue néanmoins à s'implanter localement. Une nouveauté pour un parti dont c'était le cadet de ses soucis du temps de Le Pen père. Quand on pense que Bruno Mégret, ancien paria du parti, avait milité en ce sens, il doit être bien amer aujourd'hui en constatant la réussite du duo Marine Le Pen - Florian Philippot. Le chevènementiste désabusé a beau ne pas être apprécié par les militants du parti, il n'en demeure pas moins un tacticien hors pair à qui le FN doit beaucoup dans sa progression dans les urnes. Dommage que d'autres, comme Marion Maréchal-Le Pen et Le Pen père ne le comprennent pas. C'est d'ailleurs la vraie limite de ce parti. Plus qu'un quota d'électeurs prétendument déjà atteint et qui ne saurait être dépassé, c'est surtout la présence gênante et honteuse du patriarche qui empêchera le FN d'accéder un jour aux responsabilités. Sa sortie chez Bourdin allait dans ce sens. Il ne veut pas voir son parti prendre le pouvoir, sans doute pour deux raisons : la première, c'est qu'il a la trouille d'assumer les responsabilités du pouvoir, et la seconde c'est qu'il continue à vouloir se positionner en parti anti-système et donc, par définition, à part de l'Elysée, Matignon ou d'une majorité à l'Assemblée. Il est dommage que les analystes médiatiques n'aient pas creusé davantage lorsque Jean-Marie Le Pen a de nouveau commis son horreur, plutôt que de pousser des cris d'orfraie avec le vulgus : cela aurait été autrement plus constructif que d'enfoncer des portes ouvertes...

Le fait international : les USA instaurent la monarchie à mots couverts

On avait eu George Bush, père et fils. On a eu Bill Clinton puis sa femme, Hillary, comme Secrétaire d'Etat, candidate déclarée à l'investiture démocrate pour 2016. Voilà que Jeb Bush, ancien gouverneur de Floride, respectivement fils et frère cadet des deux autres, entend se lancer dans l'investiture républicaine pour la course au 1600 Pensylvannia Avenue, Washington DC. Ah, les USA et leurs paradoxes. On instaure une démocratie, mais on peut être élu Président en ayant moins de voix que son adversaire. On défend le libre-échange à tout crin mais on pose de forte barrières économiques de protectionnisme. Et on proclame fièrement la République dès l'indépendance pour finalement instaurer des dynasties politiques. Le pire, c'est qu'Hillary Clinton est donnée largement favorite pour 2016, dans tous les cas de figure. Les Etats-Unis doivent-ils s'attendre à voir Chelsea, la fille unique du couple Clinton, pas connue pour être la jeune personne la plus brillante de sa génération, se présenter dans dix ou vingt ans également ? Les Bush présenteront-ils à leur tour une troisième génération côté républicain ? Doit-on s'attendre à voir un hypothétique Kennedy ou un improbable rejeton Nixon dans les prochaines années ? Voilà un détail qui a plus d'importance qu'il n'y paraît car il souligne finalement à quel point les élites sont verrouillées désormais dans un pays qui s'est toujours présenté comme étant celui qui donnait la chance à chacun d'y arriver, quel que fût son parcours. On peut même dresser un parallèle avec Hollywood, qui n'est pas tant hors de propos, où l'on voit de plus en plus de "fils/filles de" faire tranquillement leur trou sur les plateaux de tournage, le plus naturellement du monde. Où est l'égalité des chances dans tout cela ? Qu'en est-il de l'ascenseur social ? 
Ou bien faut-il voir, pour en revenir à la politique, une telle dévaluation de la fonction présidentielle, qu'aujourd'hui, la course pour la Maison Blanche n'est plus qu'un passage obligé quelconque pour être invité chez Oprah Winfrey et Ellen DeGeneres. La "plus vieille démocratie du monde", comme elle se plaît à le rappeler, est bel et bien malade. House Of Cards est finalement la fiction qui risque d'être le plus en phase avec son époque.

Le fait économique : la Grèce à la croisée des chemins

J'avais évoqué, il y a deux mois de cela, mon espoir en la victoire de Syriza, aux Législatives grecques. Aujourd'hui, le jeune parti de ce petit pays de l'UE est en difficulté : l'augmentation du SMIC n'a pas eu lieu, le port du Pirée sera finalement démantelé pour se voir en partie confié à des capitaux chinois et le FMI ainsi que Bruxelles et Berlin ne lâchent pas la bride. Tsipras joue la montre mais il sent malgré tout le noeud coulant se resserrer. Il lui reste une carte à jouer : convaincre la Russie de sortir la Grèce de ce bourbier en rachetant sa dette ou en prenant le pays sous sa protection. Ce serait assez malin compte tenu de la crainte qu'inspire toujours l'Ours de l'Oural aux Occidentaux. On pourrait aussi imaginer que, de guerre lasse, les Européens laissent filer la Grèce hors de la Zone Euro. Mais pourraient-ils alors empêcher la fuite programmée des autres pays en difficulté en dehors de cette zone ? Rien n'est moins sûr. Il est juste triste de constater que la France, l'Italie, l'Espagne et tous les autres pays en difficulté économique ne soutiennent pas davantage le courage des Grecs. Au contraire, la presse française, L'Opinion notamment, tire à boulets rouges sur Athènes. Et dire qu'on voulait bâtir une Europe solidaire. Or, c'est bien connu, pour avoir des partenaires solidaires, il faut être dans le camp des vainqueurs.

jeudi 5 mars 2015

Journal de bord : Février 2015

Bonjour à tous

C'est avec un certain plaisir que je vous retrouve afin de partager, avec vous, mon point de vue quant à l'actualité de ce mois de Février 2015.

Le fait marquant : l'Europe redécouvre l'antisémitisme

On avait pensé que les images des camps libérés presque par hasard par l'armée rouge avaient suffi. On avait pensé que le fait de rendre aux survivants juifs la terre d'Israël près de 2.000 ans après les en avoir chassés avait suffi. On avait pensé que la production artistique, pléthorique, sur le sujet de la Deuxième Guerre Mondiale (mon pragmatisme m'empêche de la qualifier de "Seconde") avait suffi. Et puis on a finalement oublié. Il y a eu Carpentras, en 1990. Et puis plus récemment la machine s'est emballée : Ilan Halimi et le gang des barbares en 2004, Merah qui massacre en scooter dans un remake morbide de Easy Rider en 2007, Nemmouche à Bruxelles, Charlie Hebdo avant l'Hyper Cacher et pour finir Copenhague. Pour renforcer le malaise, il y a eu évidemment les manifestations pro-Gaza ou plutôt anti-israéliennes et antisémites de l'Eté dernier où on pouvait lire "Juifs de France rentrez chez vous", "Netanyahou = Hitler" (sic), ou encore "Mort aux Juifs". 

Antisémitisme et islamophobie, même combat ?

Soyons clairs d'emblée, la réponse à cette question est : non ! Pareille manifestation à l'encontre des Musulmans n'a, heureusement, jamais eu lieu en France. Et certainement pas avec de telles pancartes. En France, enfin, aucun Juif ne s'est baladé dans des lieux de rassemblement de la communauté musulmane pour y semer la mort. C'est un fait et Roger Cukierman a eu raison de l'affirmer, moins de se dédire : les actes antisémites sont aujourd'hui le fruit d'une frange dure de l'islam, trop mollement condamnée par les autorités représentatives de l'islam en France, et minorées par les dirigeants de notre pays. Il ne s'agit pas de pointer du doigt l'ensemble des Musulmans de France, c'est entendu ; mais il est plus que temps que cette dernière fasse le ménage chez elle sous peine de tensions irrémédiables au sein de la République. Et puis la scène hallucinante du soutien au terroriste musulman ayant commis l'attentat contre des Juifs à Copenhague doit interpeller. Comment 500 personnes peuvent-elles ainsi venir à son enterrement saluer son action de mort ?
Quant à l'islamophobie, qui est un terme qui ne veut rien dire ou qui, du moins, est employé à mauvais escient, elle ne peut se comparer à l'antisémitisme. Littéralement, cela veut dire "avoir peur de l'islam". Si par "peur", on qualifie le fait de s'interroger sur cette religion, alors nous avons un grave problème. Camus disait : "Mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde." Personne ne s'est gêné pour critiquer et questionner la religion catholique, qui est pourtant la religion historique et culturelle de la France. Encore aujourd'hui, on n'hésite pas à la pointer du doigt sur des questions qui, le plus souvent d'ailleurs, relèvent davantage de l'anecdote que de la vraie problématique. Pourquoi ne peut-on agir de même avec l'islam ? Y a-t-il un tabou ? Doit-on éternellement se voir reprocher la colonisation, qui est du reste le fait de la Gauche de la IIIe République (Ferry, Jaurès) ? Une colonisation qui n'a d'ailleurs jamais concerné le Danemark. Il s'était contenté du Groenland et on peut affirmer sans crainte que le terroriste de Copenhague n'était pas inuit. Allons, soyons sérieux ! La France est un pays qui se passionne et qui vit du débat : s'interdire un débat sur un sujet aussi sérieux relève de la fraude intellectuelle.

Que faire ?

Il s'agit d'abord d'ouvrir le débat, vraiment, sans rien s'interdire. Ensuite il faut obliger l'islam à se comporter en islam DE France et non plus comme un islam EN France. Enfin, mettons un terme à cette ineptie humaine, sociale et économique qu'est le regroupement familial qui permet de faire venir en France des familles déracinées, perdues, sans repères. N'importe qui dans cette situation se tournerait vers sa culture d'origine, ce qui est normal, humain. Mais quand on atteint de pareils chiffres, il convient de mettre un terme à ce qui devient un danger larvé pour la communauté nationale où tout le monde sera perdant. Enfin, souvenons-nous des leçons de l'affaire Dreyfus, et de la Deuxième Guerre Mondiale dans son ensemble, sans pour autant non plus verser dans le pathos. L'Holocauste est un fait historique majeur, certes, mais il reste néanmoins un fait historique. Au sens positif du terme, si l'on en suit l'enseignement de l'éminent Auguste Comte, l'Histoire est une science et tous les faits qui la constituent sont donc autant de faits scientifiques. Dès lors, il convient de les traiter avec honnêteté, objectivité, mais aussi distance et sang-froid. Les sentiments n'ont jamais fait une politique. Par contre ils peuvent abattre un pays, l'exemple du coup de sang de Napoléon III contre les Prussiens en est un parfait et pathétique exemple.

Le fait éco : rumeurs partout, croissance nulle part

En regardant les boys de BFM TV ou la bande de Happy Few du journal L'Opinion emmenée par le si peu charismatique Nicolas Beytout, on se dit que l'économie se porte bien, qu'avec les réformes, la croissance est là, sous nos pieds, avec les emplois et les réductions de déficits qui vont avec. C'est tellement simple qu'on se demande comment et pourquoi on n'y a pas pensé avant. Ah, les libéraux et leurs idées simples, remplies de chiffres et de formules mathématiques. Avec un petit hic cependant, tout petit : le paramètre humain. Chicanerie que cela me direz-vous et pourtant. L'Homme est ainsi fait qu'il aime à s'emballer, s'émoustiller pour un rien. Prenons par exemple le gaz de schiste aux USA. Ca y était, l'Oncle Sam avait pleinement assuré son indépendance énergétique et pouvait enfin faire la nique à l'embarrassant fournisseur historique saoudien, pressé qu'il était de faire des mamours avec l'Iran chiite. Manque de bol, la bulle est déjà en train d'éclater : la grogne monte chez les petits propriétaires excédés d'être spoliés de leurs terres pour y installer des puits de forage, les ressources - si coûteuses à exploiter - s'épuisent à une vitesse folle provoquant la fermeture des commerces et services champignons qui suivent le gaz de schiste à la trace comme le chat suivant la lumière du laser. Alors, en attendant, le chômage baisse et la croissance est bonne outre Atlantique. C'est vrai, mais ça ne durera pas. D'abord parce que le Dollar se renchérit face à l'Euro, ce qui va freiner les exportations. Ensuite parce que les Saoudiens, pas idiots pour deux sous, maintiennent un cours du baril excessivement bas, obligeant les Américains, qui n'ont pas les mêmes frais, à s'aligner sur les prix du Golfe si ils veulent écouler leur marchandise, ce qu'ils font à perte donc. Et puis enfin parce que les emplois créés sont précaires, payés une misère. Point de postes d'ingénieurs, d'architectes, ou autres CSP + à forts salaires, susceptibles de doper la consommation et de fournir des rentrées fiscales. La méfiance est donc de mise, d'autant que si la croissance américaine ralentit de nouveau, l'Union Européenne, qui cherche désespérément à se faire trousser par son volage amant américain, risque fort de plonger dans une vraie récession type années 30. Et cette fois, la Russie, à qui l'on tourne honteusement le dos parce qu'on la juge sans la connaître, ne pourra pas nous sauver la peau comme elle l'a fait à partir de 1941 en résistant héroïquement à l'armée du Reich. Pas plus que la Chine, dont la croissance réelle, établie en tenant compte de la faible demande intérieure et des très fortes disparités de ressources entre les différentes classes sociales du pays, ne vaut en réalité pas plus de 2%. Pour un pays de cette taille, de cette importance, et qui détient dans ses coffres pour plusieurs centaines de milliards de dollars de dettes des autres pays du Monde, il convient de se méfier grandement car 2% de croissance réelle, ce n'est pas assez.

Le fait en plus : Ribéry et Noah, ces sportifs qui se donnent l'importance qu'ils n'ont pas

Ribéry fut le premier à dégainer, affirmant qu'il voulait devenir allemand, ne plus vouloir revenir en France et même soutenir l'hypothétique candidature de sa progéniture au maillot de la Mannschaft si jamais l'occasion se présentait un jour. On se demande qui conseille ce garçon, si souvent taclé et mis à l'index pour son manque d'investissement au sein de l'équipe de France, son amour du maillot flageolant et son comportement de racaille. Au lieu de faire bonne figure, de battre sa coulpe, et émettre simplement des regrets sur un gros malentendu concernant sa carrière en équipe de France, il a préféré en rajouter une couche. L'orgueil n'a jamais grandi les hommes...
Quant à Joakim Noah, le problème est encore plus simple. Le jeune homme, brillant pivot de la non moins brillante équipe des Chicago Bulls a assuré, plein d'aplomb, que sa carrière importait plus que l'équipe de France et qu'en conséquence, il doutait de répondre favorablement à une sélection pour l'Euro 2015. Rappelons que la compétition se déroulera essentiellement dans l'Hexagone, que les Bleus ont un titre à défendre et que l'Euro est qualificatif pour les Olympiades de Rio de l'an prochain. L'occasion aurait été si belle pour "Jooks" de revenir avec le maillot bleu 4 ans après son excellente prestation à l'Euro lituanien. Las, son contrat avec les Bulls doit être renégocié cet Eté. De gros billets verts en perspective. C'est tellement plus intéressant que d'aller jouer avec les copains (Parker, Batum, Gobert) qui, eux aussi, ont un rôle important dans leurs franchises NBA respectives et qui, pourtant, seront là à n'en pas douter cet Eté, sauf blessure ou gros coup de pompe. Vincent Collet, le coach français a été clair : sauf raison valable, tout refus de venir cet Eté équivaudra à un forfait d'office pour les JO 2016. Espérons que tout le monde saura s'en souvenir. Quant à Joakim Noah, je ne saurais que trop lui conseiller de demander de l'aide à son père, devenu très bon en tant que gestionnaire de fortune, surtout quand il s'agit de planquer l'argent hors des yeux du Fisc français...

dimanche 1 février 2015

Journal de bord, Janvier 2015

Bonjour à tous !

Nouvelle année, nouvelles résolutions, cela vaut pour moi aussi. J'ai décidé de me faire plus rare sur ce blog, car mon agenda exige autre chose de moi désormais. Néanmoins, ces nouveaux rendez-vous, mensuels, seront aussi plus denses. Et je ne m'interdis pas de faire un post supplémentaire lorsque j'estimerai que l'actualité l'exigera. Ceci étant dit, passons maintenant au vif de notre sujet.

Le fait marquant : la série d'attentats de la première quinzaine de Janvier

Tout s'est déroulé en quelques jours. Une litanie de drames, ponctués par des meurtres et des coups de feu. Des journalistes, des caricaturistes, un économiste, une policière et des Juifs. Tous sacrifiés sur l'autel d'une idéologie obscurantiste venue du tréfonds du Golfe Persique. Tués pour la nécessité d'une vengeance aveugle. Exécutés pour une fatwa, dans le cas des malheureux de Charlie Hebdo, pour protéger une fuite dans le cas de la jeune policière ou simplement parce qu'ils étaient juifs concernant les morts de l'Hyper Cacher. Cela devait finir par arriver. Notre pays était presque devenu trop calme, comme endormi dans une sorte de léthargie, pensant que les attentats de 1995 étaient les derniers d'une longue série qui touchait à sa fin. Pourtant nous n'avons jamais été à l'abri. Mohamed Merah fut un premier sérieux avertissement. Tous les Français qui partent comme des moudjahidines en Syrie sont autant de membres constitutifs d'une cinquième colonne qui n'interpelle pas les pouvoirs publics. Bien sûr, on est encore plus surpris et meurtri parce que ce sont des journalistes qui sont morts, dans le but bien précis de venger un Prophète soi-disant offensé, mais le résultat est là : la menace terroriste est bien présente sur notre territoire.

Quelles leçons tirer de ces atrocités ?

Il y aura, peut-être, un avant et un après. Seul le temps long permettra de le dire. Dans une société qui privilégie l'immédiateté à la réflexion, à la dialectique et aux problématiques multiples, il convient de garder la tête froide. Cependant, si il devait y avoir de profondes conséquences après cette série d'attentats, il faudrait alors garder à l'esprit que notre pays, décidément bien différent des autres, connaît régulièrement de profondes modifications après un bain de sang : la Guerre de Cent Ans déboucha sur la Renaissance, la Révolution Française fit chuter la monarchie et les deux guerres mondiales aboutirent à la chute de l'Empire colonial ainsi qu'à la Ve République. 
Cette atteinte profonde à notre liberté d'expression a eu une première saine réaction, celle du 11 Janvier. Il y a eu des couacs, je ne reviendrai pas dessus, car il convient d'en garder l'image résolument positive qu'elle souhaitait véhiculer. Et puis il y a eu toutes les discussions d'après. La police qui perd un peu la tête avec toutes ces procédures ouvertes pour "apologie du terrorisme", une école qu'on remet à nouveau au centre de toutes les interrogations et un islam qui pose toujours question. 

Pour un Islam de France

En 1807, Napoléon convoqua le Grand Sanhédrin, sorte d'assemblée oeucuménique des religieux juifs, leur intimant l'ordre de prendre les mesures nécessaires afin que le judaïsme soit solvable dans la Nation française. L'Empereur obtint gain de cause et aujourd'hui la pratique de la religion juive ne pose guère de problèmes. Alors que la religion musulmane est numériquement bien plus importante en France que la religion juive (deuxième religion de France aujourd'hui), on se demande pourquoi il n'y a pas de mesures concrètes pour la création d'un Islam de France. Cela montrerait la bonne volonté des musulmans de France à s'assimiler dans la République et permettrait d'identifier plus clairement nos adversaires, qui sont les fondamentalistes de cette religion. Sans compter que former des imams qui respectent la République n'aurait que des avantages.
Au lieu de cela, on préfère entraîner la confusion : "pas d'amalgames" a-t-on aussitôt crié après les attentats. "Les premières victimes sont les musulmans" a-t-on répété à l'envi (1). Autant de slogans qui sèment le trouble, les premières victimes de ces horreurs étant bien évidemment ces pauvres gens victimes des attentats. Quant au "pasdamalgamisme", il donne la nausée à force d'être répété en boucle. Lorsque l'on crie "Allahu Akabar" et "On a vengé le prophète", on agit en tant que musulman, qu'on le veuille ou non. Nul n'est accrédité pour dispenser des brevets de bonne ou de mauvaise pratique de l'Islam. A contrario, un musulman qui boit de l'alcool ou mange du porc parce qu'il en a fait le choix est-il un mauvais musulman ? Non. Quand la guerre civile en Irlande du Nord a éclaté, a-t-on demandé à ne pas faire d'amalgames entre les catholiques et les protestants d'un côté, et les soldats anglais protestants et les terroristes de l'IRA, catholiques, de l'autre ? Non. S'est-on demandé si on commettait des amalgames l'an passé avec la Manif pour Tous en traitant d'extrémistes ceux qui, parmi les manifestants, se réclamaient du catholicisme ? Pas davantage. Il est grand temps d'appeler un chat, un chat. Ces terroristes sont musulmans, point. Une fois qu'on aura compris ça, on aura fait un grand pas dans le combat contre la récidive de ce genre de drame.

Des enfants déboussolés

L'autre question soulevée est celle de la réaction des élèves dans les établissements scolaires. Fort heureusement, l'écrasante majorité d'entre eux s'est associée au deuil national. Mais pas tous. Entre ceux qui croyaient à la théorie du complot et ceux qui disaient que c'était mérité, eu égard à ce qu'ils estimaient avoir été des offenses répétées envers le Prophète, certains enseignants ont eu de mauvaises surprises. Ne minimisons ni n'aggravons pas ces incidents. Ils restent des cas isolés et les élèves restent des mineurs, des enfants. Il est connu, inévitable même, qu'un enfant va avoir tendance à répéter comme un réflexe ce qu'il entend autour de lui, notamment dans sa famille, à la télévision ou sur Internet.
Et c'est là qu'il faut réellement intervenir. D'abord, il faut que les parents prennent conscience de ce qu'ils inculquent à leurs enfants. Ensuite, il faut redonner à nos bambins l'innocence qui sied si bien à leur jeune âge. Il n'est pas sain de laisser un enfant constamment derrière un écran, de même qu'il paraît problématique de le laisser s'aventurer sur tel ou tel réseau social face auquel il ne peut être armé pour s'en protéger. Les cas répétés de suicide d'adolescent suite à un harcèlement sur ces fameux sites sont là pour en attester. Un enfant doit être sensibilisé au sport, à l'art, à la vie sociale réelle, tangible, physique, au respect de l'autorité, à la valeur de la transmission... Autant de choses qui lui permettront de s'ouvrir au monde avec du recul, de la mesure, et un vrai bagage intellectuel. Dans cette optique, faire de l'enseignement numérique la panacée de l'enseignement de demain ne me paraît pas une bonne idée. Les écrans ne se substitueront jamais aux livres et à l'enseignant. Il ne me paraît pas pertinent de permettre aux élèves de passer encore plus de temps devant des écrans qui vont leur abîmer les yeux. Et je ne parle même pas du coût prohibitif de l'opération qui se fera au détriment du recrutement d'un personnel qualifié, dévoué, et décemment rémunéré.(2)

Le point éco : Draghi hors-jeu

Il s'est passé d'autres choses ce mois-ci qui méritent d'être évoquées. Mario Draghi, le directeur général de la Banque Centrale Européenne, a décidé de racheter de la dette des états membres. Pour cela, il fait donc tourner la planche à billets, faisant baisser la valeur de l'Euro. Jusque là, du tout bon : les dettes nationales sont garanties par la BCE et la baisse de l'euro doit permettre aux entreprises européennes, françaises notamment, d'exporter davantage. Sauf que... L'Euro est déjà en chute libre face à un Dollar qui reprend du poil de la bête. C'est quelque chose que l'on apprend dans ses premiers cours d'économie : on ne fait JAMAIS tourner la planche à billets quand le cours de la monnaie est déjà en baisse, sinon on risque un effet d'entraînement qui débouche sur une inflation non contrôlée. C'est quand le cours de la monnaie s'apprécie qu'il faut au contraire multiplier les billets comme les petits pains, afin de laisser l'économie respirer. Décidément, Draghi a tout faux. Rappelons qu'il avait participé au trucage des comptes de la Grèce ayant permis à cette dernière d'entrer dans l'Europe.

Le point international : bravo Syriza

Alexis Tsipras a réussi son pari : passer en quelques années du statut de trouble-fête à celui de premier parti de Grèce. En s'alliant avec les Grecs indépendants, il montre que l'important pour ce parti de la Gauche radicale n'est pas de prendre des mesures sociétales mais bien d'assurer l'indépendance souveraine de son pays. Alors que l'Allemagne continue de faire pression pour être remboursée des différentes dettes qu'elle finance, oubliant l'argent qu'elle doit aux victimes des deux guerres mondiales dont elle porte la responsabilité (3), ce retournement politique peut permettre de poser enfin le débat du devenir de l'Europe. Veut-on une Europe uniquement financière qui ne s'intéresse qu'au bonheur du marché au détriment des Nations, de leurs aspirations ? Ou bien veut-on une Europe de coopérations, dans le domaine de la science, de la R & D, tout en laissant libres les pays de décider de leur destin économique et politique ? Voilà le débat, et gageons que Syriza n'est que la première étape de la reconquête de l'Europe par ses peuples. Podemos est également en situation de créer un séisme en Espagne. Si certains se demandent pourquoi l'extrême-gauche progresse à ce point en Europe du Sud, rappelons que ce sont des pays qui, il y a encore 30-40 ans, étaient sous le joug de dictatures fascistes et que, contrairement à la France, la Gauche radicale n'y a encore jamais gouverné. Chez nous en revanche, les Communistes ont participé à de très nombreux gouvernements, les Verts également. Et le chevènementisme prononcé de Marine Le Pen lui permet de ratisser toujours plus d'électeurs. Il n'est donc pas étonnant de la voir dorénavant projetée à 30% dans les sondages...

(1) Lire à ce sujet la tribune de Michel Onfray sur le site du Point
(2) Lire à ce sujet le dernier post de Loys Bonod sur son blog
(3) Les réparations auxquelles l'Allemagne fut condamnée après le traité de Versailles ne sont toujours pas payées. L'Allemagne a, par ailleurs, vu sa dette effacée 4 fois au XXe siècle, la dernière fois en 1953 de la main même des Américains. Les Allemands ont la mémoire courte...


mercredi 7 janvier 2015

Nous nous relèverons !



Ils s'appelaient Charb, Cabu, Tignous, Volinski... Ils étaient journalistes, dessinateurs, humoristes... Charmants parfois, mal élevés de temps en temps, parfois lourds, parfois subtils... Mais tellement drôles ! Avec eux, sont morts des gens moins connus mais aussi des policiers qui devaient les surveiller. Car oui, en 2015, s'exprimer librement en France exige une protection policière. Parfois ce n'est pas assez. Espérons que cela suffira pour Michel Houellebecq, au sujet duquel la presse nous informait dans le courant de la journée qu'il serait dorénavant, à son tour, placé sous protection policière.
1789-2015. 226 ans pour rien. Parce qu'en France, dans notre pays, certaines personnes refusent d'intégrer notre droit à rire, discuter, argumenter, se chamailler, s'engueuler. Cela ne se finit pas forcément par un banquet de sangliers sous les étoiles (65 millions de convives, trop de vaisselle après), mais on finit toujours par retomber sur nos pieds. Pourquoi ? Parce que nous sommes Français. Cela fait des décennies entières, au moins depuis la Révolution au fond, que les pays étrangers nous regardent avec cet air mi-amusé mi-craintif. Ils nous voient comme des râleurs impénitents, bons vivants, patauds, fainéants... Bref l'image d'Epinal rabelaisienne qui, comme toutes les rumeurs, repose sur un fond de vérité, convenons-en. Mais ils admirent aussi notre Histoire, notre patrimoine, notre culture, nos héros et, quelque part, notre capacité à faire fi de tous les dangers pour tenter notre chance, vaille que vaille : impossible n'est pas français.
Le génie français, le french flair, cette capacité à renverser la table, c'était aussi Charlie Hebdo qui, à sa façon bien particulière, a toujours su dire merde aux autres, et aux cons surtout.
Oh, bien sûr, politiquement, votre serviteur ne partageait pas toujours les mêmes idées qu'eux. Mais comme le dit si bien et avec tant de passion Elisabeth Lévy, cela nous donne justement le droit à la dispute civilisée.
Debout, les deux pieds dans la merde, le coq gaulois n'a pas fini de chanter messieurs les terroristes de tout poil. Allahu Akbar avez-vous osé crier ? Certes, Dieu - s'il existe - est grand ; mais vous, vous êtes petits, tout petits, minables, insignifiants.
Nous vous écraserons. Pas forcément par les armes. Mais par notre indifférence, notre verbe, notre élégance et notre génie. 
Le Président a parlé d'unité nationale : c'est une locution qui doit être suivie d'effets. Remercions messieurs Chalgoumi et Boubakeur d'avoir pris la parole en ce sens. Veillons, ensemble, à la sécurité de nos concitoyens. Et demandons à nos pouvoirs publics de réhausser les budgets de défense et de sécurité. Pas pour faire la guerre, encore une fois. Mais pour notre sécurité, droit élémentaire dans une démocratie comme la nôtre.
Ils veulent nous diviser : restons unis. Ils veulent nous mettre à genoux : restons debout. Ils pensent avoir tué Charlie Hebdo : ils l'ont rendu immortel.
Nous sommes la France, nous sommes les Français, et ensemble, nous nous relèverons !

Requescant In Pace...

mardi 30 décembre 2014

Bilan de l'année 2014 (2) : le retour du génie français

Bonjour à tous !

Deuxième et dernier volet de notre bilan consacré à l'année 2014. Aujourd'hui, il ne s'agit plus simplement de s'intéresser aux personnalités qui ont fait l'année mais à ce qui a marqué la société dans un ensemble plus global. Voici pourquoi je considère que le retour du génie français est l'événement de 2014.

Sport : le beau soleil bleu-blanc-rouge

Le sport français a brillé de mille feux cette année. Cela a commencé fort dès le mois de Janvier avec nos handballeurs qui ont récupéré le titre de champion d'Europe sur les terres de leur nouveau Nemesis, le Danemark. 60 minutes et une raclée plus tard, ceux que l'on présentait comme moribonds ont fait taire les plus sceptiques. Et puis que dire du record du monde du saut à la perche battu par Renaud Lavillenie, sous les yeux du Tsar en personne ? Grandiose. On saluera aussi la razzia de médailles de Florent Manaudou en natation, le retour d'une équipe de France de foot solide et sérieuse à défaut d'être à nouveau géniale, et puis le beau parcours de l'équipe de France de tennis en Coupe Davis, échouant en finale face à une équipe de Suisse simplement mieux armée.

Sciences : et Philae entra dans l'Histoire

On a beau dire, on a beau faire, l'Europe ne fonctionne que quand elle snobe Bruxelles et qu'elle unit ses forces intellectuelles autour de grands projets pilotés par la France. Avant Philae, Ariane et Airbus avaient été le parfait exemple de cette réussite scientifique où l'Europe des Nations, celle qui fait que chacun met à la disposition du collectif des ressources à hauteur de ses moyens avec un succès qui bénéficie à tous. Philae n'échappe pas à la règle, damant le pion à une NASA aujourd'hui moribonde. Sans compter le projet de développer le nouveau lanceur Ariane. De beaux projets et de belles perspectives d'avenir sur lesquels les technocrates de Bruxelles n'ont aucune prise tant cette manifestation d'intelligence pure leur inflige une claque monumentale et une magnifique leçon d'humilité.

Société : le réveil des consciences citoyennes et l'affirmation de nouveaux intellectuels

Les manifestations furent très nombreuses, pour des raisons très variées en cette année 2014. Une curiosité sous un gouvernement de Gauche qui démontra, à tout le moins, la grande fébrilité d'une classe politique et d'un exécutif qui ne savent plus trop où ils habitent. Cela a révélé de nouvelles fractures politiques qui semblent révéler les véritables affrontements idéologiques en France : à gauche, les "Frondeurs" coupent l'herbe sous le pied de leur propre gouvernement emmenant dans leur sillage un Mélenchon qu'on n'avait plus vu à pareille fête depuis 2012 et un parti écolo qui sait mieux que personne profiter des institutions de la Ve République pour parasiter son monde (rappel : ils bénéficient d'un groupe parlementaire en ayant à peine atteint les 3% aux dernières Législatives quand le FN avait flirté avec les 20% pour ne récupérer que 3 sièges de députés dans son escarcelle). 
Revenons sur ces manifestations : la Manif pour Tous fut celle qui mobilisa le plus de monde et qui jeta au visage de la France des Villes mondialisées et libérales sur tous les plans (économique et sociétal) la réalité de la "France profonde", appelée périphérique par Guilluy. Une France catholique qui ne va plus forcément à l'Eglise mais qui, néanmoins, n'en a oublié ni les valeurs ni l'héritage. Une France de la classe moyenne chassée des villes qui ne veulent plus d'elles, massacrée par les nouveaux impôts, dont on critique sans cesse la ringardise, les familles nombreuses et la culture trop franco-française, préférant sans doute Mais qu'est-ce qu'on a fait au bon Dieu ? à La Vie d'Adèle. Une France qui regroupe, toujours selon Christophe Guilluy, 60% de la population et que, d'habitude, on n'entend jamais tant elle sait faire preuve, au contraire des communautés à la capacité de mobilisation et de lobbying inversement proportionnelle au nombre de leurs affiliés, de vergogne, de retenue et de pudeur.
Mais il faut une classe intellectuelle pour donner la parole à ces oubliés du système et de la globalisation soi-disant heureuse. Trois se sont particulièrement distingués cette année, dans des domaines et des champs de réflexion très distincts cependant. Thomas Piketty fit comme les Anglais à la bataille de Fontenoy en tirant le premier. Son ouvrage, Le Capital au XXIe siècle, tente un grand coup de pied dans la fourmilière des spéculateurs et des nouveaux riches qui amassent des richesses au détriment d'une part malheureusement toujours plus grande de déshérités et de laissés pour compte. Son ouvrage a connu un succès d'envergure à travers le Monde, y compris aux USA. Cependant, précisons que l'ouvrage en question revêt un fort caractère utopiste et un peu trop empirique pour bénéficier du qualificatif d'incontestable. Mais il a au moins eu le mérite de poser le débat, en espérant qu'il fera date durablement. Autre intellectuel de gauche à avoir fait parler de lui, Christophe Guilluy dont je parlais justement. Auteur du très remarqué La France périphérique, il approfondit sa thèse développée 4 ans plus tôt dans Fractures françaises. Il y explique comment la France "des petits blancs", des "Français de souche" vit de plus en plus à l'écart des villes-mondes, qui concentrent l'essentiel des richesses et qui ne bénéficient qu'aux bobos, aux classes dirigeantes et aux classes immigrées. Concernant ces dernières, il explique que, bien que vivant dans des banlieues, elles ont bien plus de chance de bénéficier de la mondialisation car elles récupèrent, d'une part, la manne colossale des "plans-banlieue", au nombre d'au moins un par mandature gouvernementale et, d'autre part, de la proximité géographique de centres économiques stratégiques qui n'hésitent pas à recourir aux banlieusards pour des métiers à faible qualification (ménages, sécurité). De la sorte, les "Français de souche" se retrouvent chassés de toute une série d'emplois et les salaires subissent une pression à la baisse, les immigrés acceptant souvent de faire n'importe quel travail pour un salaire défiant toute concurrence. Ou comment ce soi-disant magnifique geste d'humanité appelé immigration vire en fait au néo-colonialisme et au cycle perdant-perdant.
Enfin, le dernier intellectuel à avoir fait entendre sa voix fut Eric Zemmour, véritable porte-parole métapolitique d'une frange considérable d'oubliés du système. Dans son ouvrage, il propose une synthèse d'événements qui, ces 40 dernières années, ont amené la France dans le marasme dans lequel elle se trouve plongée aujourd'hui. D'une critique au vitriol de Louis Schweitzer à un éloge appuyé de Georges Marchais, en passant par la madeleine de Proust de l'auteur (un chapitre consacré aux Rolling Stones) et le drame feutré qui se joua en coulisses du débat Séguin-Mitterrand en 92 quant au traité de Maastricht, l'auteur donne tout ce qu'il a pour pousser les Français à une prise de conscience. Bien sûr, l'ouvrage n'est pas parfait, loin de là, mérite des critiques aussi, mais certainement pas les torrents de boue qu'il reçut de la part de gens à l'esprit formaté qui démontrèrent, à la façon dont ils firent le procès de Zemmour, qu'ils n'avaient pas lu le livre. Ou pas complètement. Ce qui prouve la malhonnêteté intellectuelle chronique de la part d'une vaste part de la classe médiacratique. Mais ceci est un autre débat.

Politique : le retour triomphant des idées au détriment des communicants et des technos ?

On l'a évoqué précédemment, intellectuels de Gauche et de Droite ont fait feu de tout bois cette année pour proposer une réelle alternative à des dirigeants politiques usés, fatigués à force de courber le dos face à l'intransigeance de Bruxelles, de Berlin et des lobbys associatifs. Alors que le PS est depuis longtemps noyauté par des associations type SOS Racisme, le CRAN etc, l'UMP s'est vu lui aussi infiltré par Sens Commun, le courant politique issu de la Manif pour Tous. La forte médiatisation de Henri Guaino, à droite, notamment lors de l'affaire du Mariage pour Tous, a démontré qu'il restait encore en France des politiques qui voulaient se battre pour que notre pays retrouve sa souveraineté, seule condition afin qu'il puisse à nouveau exprimer toutes ses capacités, tout son génie. A Gauche, Arnaud Montebourg mit en avant un certain panache, notamment lors de son discours de départ de Bercy. Dans un cas comme dans l'autre, on est encore loin des grandes heures de Séguin et Chevènement, mais on a envie de croire au retour de politiques qui souhaitent faire de la politique autrement, en prenant le temps de la réflexion plutôt que d'être dans la sur-réaction et l'émotion permanente de gens qui manipulent les faits pour masquer leurs propres échecs, notamment Cambadélis, Le Foll ou Le Roux récemment. 
L'occasion est belle car le PS a clairement démontré son allégeance au libéralisme sans aucune modération avec Valls à Matignon et Macron à Bercy. Et le fait de voir Apparu, Juppé et quelques autres lorgner avec appétit et envie sur la Loi Macron ne fait que mettre en lumière l'UMPS dénoncée et moquée par nombre de citoyens. Si l'on ne veut pas voir le FN à 40% en 2017, il convient que d'autres personnes aux responsabilités prennent conscience de cette réalité pour mieux la dénoncer et proposer une véritable alternative programmatique.
La France a certainement connu un bouleversement en 2014, comme s'il s'agissait d'un ultime soubresaut d'un pays pluri-séculaire qui refusait de mourir. Il appartient à chaque Français de démontrer qu'il est un citoyen de ce pays en prenant les bonnes décisions, à la fois aux urnes, aux tribunes et dans la vie quotidienne.

Et aussi... les quelques ratés de l'année

Même s'il faut se réjouir du fort sursaut souverainiste français aux dernières Européennes, voir le FN en recueillir tous les lauriers est très inquiétant ; la loi Taubira sur le mariage pour tous, adoptée sans consultation référendaire et au mépris du bon sens et des conséquences inéluctables qui s'annoncent ; la manifestation "Jour de colère" et les manifestations antisémites de l'Eté, qui démontrent qu'une partie de la population n'hésite jamais à venir importer un conflit étranger sur notre territoire pour mieux mettre à l'index une partie de la population pourtant durement éprouvée par l'Histoire et parfaitement intégrée en France depuis le Grand Sanhédrin de 1807 ; les hausses d'impôts sans relance de l'Etat, qui paralysent la croissance ; la mainmise toujours trop pesante de la finance spéculative sur l'économie du pays.


Pour aller plus loin :

-GUILLUY Christophe, La France périphérique. Comment on a sacrifié les classes populaires, Paris, Flammarion, 2014
-PIKETTY Thomas, Le Capital au XXIe siècle, Paris, Le Seuil, 2013
-ZEMMOUR Eric, Le Suicide français. Les 40 années qui ont défait la France, Paris, Albin Michel, 2014

vendredi 19 décembre 2014

Nouvelle affaire Zemmour ; une polémique en bois

Bonjour à tous !

Il semble qu'en cette trêve des confiseurs, celle-ci ne s'applique pas à tout le monde. Aussi sûrement que la sardine est à l'huile, la polémique colle aux basques d'Eric Zemmour, seul contre tous pour des propos fantômes exprimés en italien par un trostkiste qui ne parle pas un mot d'italien. Incroyable mais vrai.

Le fond de l'affaire

Fin Octobre, Zemmour donne une interview au correspondant parisien du Corriere della Serra, grand journal italien. Celle-ci passe inaperçue en France. Fin de semaine dernière, RTL, débat Zemmour-Mélenchon. Evidemment, ça se crispe, ça se tend, et visiblement le socialiste-communiste-troskiste (tout dépend du sens du vent, comme toujours chez les opportunistes et les mégalos) n'a pas apprécié qu'on ne le laisse pas parler, contrairement à ce qui s'était passé chez Ruquier où il avait presque été reçu en majesté quelques jours auparavant. Alors il farfouille et trouve cette interview, publiée en italien, dont il propose une traduction qui ne peut être qu'approximative car... Mélenchon confesse d'emblée qu'il ne parle pas italien. Et extrapole en expliquant tranquillement que Zemmour demande que l'on déporte les musulmans de France. Rien que ça. Plus c'est gros, plus ça passe remarquez. Ces gens-là ne cherchent jamais à s'embarrasser de vérité et sont les premiers, comme Aymeric Caron, à réclamer des sources, des sources, des sources, en oubliant qu'ils sont tout à fait capables, comme l'atteste cette histoire de fou, de les manipuler à leur avantage.
Plus grave encore, le lendemain, toute la presse - ou presque - s'empare de l'affaire pour tomber sur Zemmour à bras raccourcis. Le Ministre de l'Intérieur, pourtant supposé garantir l'ordre, demande que l'on manifeste par solidarité avec les musulmans et que l'on interdise l'infâme d'antenne. Après la sortie de son livre, Cambadélis dénonçait déjà une "zemmourisation" de la société tandis que Valls décrétait que son livre ne méritait pas d'être lu, alors que Le Point révélait que les deux hommes sont amis dans la vie. Avec des amis comme ça, plus besoin d'ennemis ! Aujourd'hui, des journalistes et des personnalités de la société civile (cela va du "citoyen engagé" - sic - à l'artiste en mal d'attention médiatique) demandent à ce que Zemmour soit interdit d'antenne. Comme si le priver de son travail, de ses revenus, allait le faire disparaître du paysage, ses idées avec. Evidemment, le CRAN et SOS Racisme sont derrière tout ça, plaintes au tribunal à l'appui : l'argent n'a pas d'odeur parait-il, alors elles prendront bien celui de Zemmour quand il sera condamné à verser des dommages et intérêts (nos impôts ne gavent sans doute pas encore suffisamment ces oies grasses d'association). Quant aux personnes qui ont lu son livre, dont votre serviteur, je suppose qu'elles n'ont plus qu'à se rendre au commissariat pour délit d'opinion. Même si, dans ce livre justement, on n'est pas d'accord avec tout ce qui y est écrit...

Zemmour, dépassé par les événements

A entendre ces gens aujourd'hui, il se figure que le polémiste serait responsable de la faim dans le monde, de l'Ebola, de la dictature en Corée du Nord et j'en passe. Et la moindre étincelle suffit à lui tomber dessus. Tous contre lui, il finira bien par craquer, et tant pis si on emploie pour ça des mensonges énormes. Tant pis pour sa famille, ses amis (même s'il ne doit plus en avoir beaucoup). Peu importe, "pas de liberté pour les ennemis de la liberté" disait Saint-Just.Sauf que lui à l'époque avait le mérite de tenter de sauver la Révolution. Le journaliste italien, qui ne partage pas les opinions du polémiste, a beau dire et répéter que jamais le mot "déportation" ne fut employé au cours de l'entretien et que, s'il l'a écrit dans la retranscription, c'était pour proposer une synthèse de ce qu'il avait compris des propos de l'interviewé, expliquant en plus qu'en italien deportare peut aussi se comprendre par une personne décidant volontairement de rentrer chez elle, au sens de rapatriement, ses adversaires ne veulent pas lâcher le morceau.
La France va mal, c'est la faute à Zemmour. Pour le reste, circulez, y a rien à voir. Il est forcément bien plus démoniaque que les politiques qui sont au pouvoir et qui renient leurs promesses les unes après les autres. Ce qui les embête, au fond, c'est que le journaliste refuse de s'inscrire dans un quelconque parti politique, au contraire d'un Robert Ménard. Ils ont à faire là à un véritable électron libre, un ennemi non institutionnel. Ils ne peuvent donc le combattre sur le plan politique stricto sensu.Alors ils le discréditent par d'autres moyens, pas forcément plus légaux (atteinte à la liberté d'expression) ni forcément plus moraux (vu ce qu'il pense des femmes, on aimerait pas être à la place de la sienne, ou encore : lui, le Juif, comment peut-il dire ça de Pétain). Psychologie de bazar pour esprits faibles. Quand Alessandra Sublet demande hier, 17 Décembre, qui a lu le livre de Zemmour parmi ses invités, déjà en train de lui tailler un costard, seul Naulleau lève le doigt : tout est dit.

Quel est donc ce pays ?

Quel est donc ce pays qui détourne des propos pour décrédibiliser un adversaire idéologique ? Quel est donc ce pays où des médias utilisent des procédés dignes de Staline (sur la forme) ou Trotski (chantre de la Terreur sous la Révolution russe) pour tirer à boulets rouges sur un confrère ? Quel est donc ce pays où des "people" se permettent d'avoir un avis sur un livre et son auteur sans même avoir lu la première page dudit ouvrage ? Quel est donc ce pays qui crée des "-phobies" pour encadrer la pensée de ses citoyens ? Quel est donc ce pays qui laisse des associations partisanes et communautaires prêcher la bonne parole, se gaver de l'argent public et jeter l'anathème sur qui sort du rang ? Quel est donc ce pays qui crie au scandale sur la couleur des jouets en fonction du sexe de l'enfant sans avoir la décence de se souvenir qu'une trop grande majorité d'enfants dans le monde n'aura pas de jouet sous le sapin ? Quel est donc ce pays où l'on préfère tourner le dos à un ami de plusieurs siècles (la Russie) pour se jeter dans les bras d'un pays que l'on passe son temps, par ailleurs, à critiquer de manière très hypocrite (les USA) ? Quel est donc ce pays qui laisse le chef d'Etat d'un autre pays décider à sa place de sa politique économique, laissant sciemment dans la plus scandaleuse précarité des millions de Français ? Quel est donc ce pays où l'on a de plus en plus l'impression de vivre avec toujours plus de frayeur dans le 1984 d'Orwell ? Quel est donc ce pays, enfin, qui tourne le dos à son Histoire, à ses pères fondateurs, pour privilégier la jouissance personnelle et l'argent facile au détriment de l'Etat, de la collectivité et de l'humilité face à la foi ?
Autant de questions qu'il convient de se poser en urgence. Ils auront peut-être la peau de Zemmour. Mais ils ne doivent pas avoir la peau de la France...

Pour aller plus loin :

*http://ecrans.liberation.fr/ecrans/2014/12/18/mon-interview-n-est-pas-un-coup-monte_1166716
*http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2014/12/16/31003-20141216ARTFIG00425-stefan-montefiori-eric-zemmour-n-a-pas-employe-le-mot-deportation.php
*http://www.huffingtonpost.fr/dominique-sopo/polemique-eric-zemmour_b_6346320.html