lundi 24 mars 2014

Bilan du 1er tour des Municipales : la (dernière) chance de l'UMP ?

Crédits Photo : LeFigaro.fr

Bonjour à tous !

C'est avec une certaine gueule de bois que doivent se réveiller les dirigeants socialistes ce matin. Ils ont pourtant tout fait pour ne pas y croire, adoptant une stratégie de localisation de l'enjeu du scrutin municipal mais rien n'y a fait : la déroute annoncée a bien eu lieu.

La Gauche dans le déni

Alors que la Droite culmine à 46%, que la Gauche est aux environs de 37%, que le FN est à 6%, le quatrième parti de France, l'abstention, atteint 36% ! Du jamais vu. Alors la Gauche appelle au rassemblement, au Front Républicain pour faire barrage au FN (qui croit encore que cela peut marcher ?) et assure pouvoir sauver les apparences Dimanche prochain en expliquant que les ministres doivent faire oeuvre de davantage de pédagogie sur l'action du Gouvernement et que sur un malentendu, ça peut marcher. Mouais... Sauf qu'on voit mal comment les électeurs pourraient changer la donne d'ici le 30 Mars : l'écart est trop important et la Gauche ne pourra que sauver les apparences en préservant Paris, Lille et Lyon de la vague bleu-UMP. Il fallait entendre Najat Vallaud-Belkacem sur le plateau de France 2 hier soir rejeter encore une fois la montée du FN sur le dos de l'UMP. Mais face à un adversaire rôdé et intelligent comme Henri Guaino, cela ne prend pas. L'homme a ses défauts, mais pas celui de tomber dans des pièges aussi grossiers. Et de renvoyer avec intelligence, dos à dos, les discours lénifiants tenus depuis 40 ans par l'ensemble des responsables politiques. Il a parlé d'or en expliquant que le FN était un parti autorisé, que l'on ne pouvait pas dénier à des citoyens de voter pour lui et que le jeu de la démocratie donnait le droit à ses électeurs de voir ce parti exercer le pouvoir lorsque les urnes avaient parlé. La malheureuse porte-parole du Gouvernement en est restée coite... Ne sachant rien dire d'autre sinon que les mairies FN allaient obliger les enfants à manger du jambon. De quoi susciter une dénonciation devant la Cour Européenne des Droits de l'Homme, assurément !

L'UMP devrait avoir le triomphe plus modeste

On l'a dit, l'abstention fut élevée et risque de l'être tout autant au 2nd tour. Alors l'UMP jubile mais devrait le faire mezzo voce. Parce que sa victoire est surtout visible dans les grandes métropoles mondialisées, celles qui souffrent le moins de la mondialisation et du chômage, d'abord (Bordeaux, Marseille, Nice, voire Toulouse). Ensuite parce qu'il ne s'agit donc pas d'un blanc-seing : les Français attendent quelque chose de l'opposition, un quelque chose qui, sauf énorme surprise, ne peut pas être fourni par les ténors du parti, à savoir Copé, Fillon, Raffarin, voire Sarkozy. Mais plutôt par un duo Guaino-Dupont-Aignan si celui-ci acceptait de redonner un souffle véritablement gaulliste au parti de Droite. Ce quelque chose, c'est l'espoir d'une renaissance de la France qui ne s'apitoierait plus sur elle-même au point qu'elle doive nouer des alliances complexes et vaines pour se relever ; une France qui aurait suffisamment confiance en sa jeunesse pour la remettre au travail en s'appuyant sur un axe artisanal et professionnel d'une part et sur un autre axe où la recherche et le développement seraient en pointe d'autre part ; une France qui réaffirmerait sa force militaire historique pour ne plus avoir à quémander chez les Américains ; une France qui reprendrait sa place de leader stratégique en Europe pour assurer un point d'équilibre entre Anglais et Allemands d'un côté, Européens du Sud de l'autre ; une France qui pourrait s'enorgueillir de recouvrer son statut de non-aligné sur les positions américaines et qui ferait de la realpolitik son cheval de bataille diplomatique. Bref, une France qui, forte de son identité, de sa monnaie, de sa stratégie économique, de ses frontières et de toutes ses composantes pourrait enfin redonner du travail et de l'espoir à des millions de gens qui n'en ont plus. Il est très facile de perdre la confiance des gens, beaucoup plus difficile de la retrouver. L'UMP a déjà eu le pouvoir longuement par le passé et les électeurs ont été particulièrement déçus. Attention, un jour ou l'autre le ras-le-bol sera explicite et violent. Quant au PS, il paye la politique conjointe menée par Mitterrand et Delors, et poursuivie sans scrupules par Jospin, Hollande et Ayrault : l'Europe, la main sur le coeur, pour le plus grand bonheur des financiers, des entreprises du CAC 40 et pour placer ses copains dans les organisations transnationales non élues (Lamy à l'OMC, Strauss-Kahn au FMI par le passé, en attendant Moscovici pour peut-être remplacer Barroso à la tête du barnum bruxellois). La Gauche n'a ce qu'elle mérite. A elle de faire son autocritique. Et vite, car les Français ont perdu patience...

lundi 17 mars 2014

Quand les "démocrates" auto-proclamés dressent des listes et nous rappellent les "heures les plus sombres de notre Histoire"

Bonjour à tous !

Il règne une drôle d'atmosphère ces dernières semaines dans le microcosme médiatique. Il est vrai que des tensions existaient déjà depuis plusieurs mois, mais l'actualité politique a accru ces divergences. Dans une corporation revendiquant à plus de 80% voter à gauche, voir apparaître, çà et là, des figures discordantes avec la Règle tacite détonne. 

Tout le monde dans le même panier

Ce sont des personnalités diverses qui sont dans la ligne de mire de la presse de Gauche. On leur consacre des éditos, voire des reportages entiers. Le supplément du Monde du week-end dernier s'en faisait encore des gorges chaudes. L'ennui, c'est que les événements des derniers mois (mariage dit pour tous, théorie du genre, PMA, GPA et désormais le débat sur l'Europe et la mondialisation) accroissent les rivalités. A ce titre, le duo Caron/Polony en est l'éclatant symbole. En effet, que ce soit en recevant Nicolas Dupont-Aignan, Alain Finkielkraut ou Frigide Barjot, entre autres, les différences resurgissent et les deux journalistes en viennent à s'empoigner, de manière ironique pour Natacha Polony et de manière agressive, voire hargneuse, pour Aymeric Caron. 
Après l'engueulade (il n'y a pas d'autre mot) du 8 Mars dernier avec Frigide Barjot assise dans le fauteuil, on a aussitôt assisté à une défense du malheureux Caron par ses confrères, critiquant la vindicte, le sectarisme et le penchant réactionnaire de Polony. A ce titre, le post de Bruno Roger-Petit sur Le Plus du Nouvel Obs est édifiant. La journaliste y est dépeinte comme une mégère nationaliste, anti-républicaine parce que favorable à un retour des frontières, du Franc et plutôt opposée à la Loi Taubira. Les journalistes font bloc, comme une phalange grecque aux plus belles heures des Guerres Médiques. Et expulsent manu-militari de leur caste ceux qui n'y adhèrent pas, de près comme de loin. C'est ainsi que toute une frange politico-médiatique est régulièrement mise sur le banc des accusés. On y retrouve pêle-mêle, et avec plus ou moins de constance, Eric Zemmour, Elisabeth Lévy, Alain Finkielkraut, Natacha Polony, donc, mais aussi Nicolas Dupont-Aignan, Ivan Rioufol, Emmanuel Todd, Jacques Sapir, Eric Naulleau,... sans oublier ceux qui sont censés tirer les ficelles en coulisses, le trio infernal Soral, Le Pen, Dieudonné. Et là, à la lecture de ces noms, on constate qu'il y a deux problèmes : le premier, c'est que beaucoup de femmes et de Juifs sont pointés du doigt (Elisabeth Lévy s'était déjà interrogée à haute voix sur le sujet) et le second c'est qu'on mélange clairement les torchons et les serviettes.

Appliquer les bonnes vieilles recettes du stalinisme

Evidemment, nous ne sommes pas dans l'Union Soviétique des années 40 et 50, mais il est tout de même troublant de constater que ceux qui pointent du doigt appliquent à la lettre l'une des antiennes favorites du dictateur russe : "En cas de désaccord, accuse toujours ton détracteur d'être d'extrême-droite ; pendant qu'il est occupé à se justifier, il n'est pas en mesure d'argumenter." On ne saurait être plus clair. Et c'est exactement ce qui se passe quand les Fouquier-Tinville revendiqués passent leur temps à taper sur leurs opposants idéologiques. Doit-on leur rappeler que celui-ci a également fini sur l'échafaud pour excès de zèle ? 
Reprenons calmement la liste ensemble : tout d'abord les journalistes Zemmour, Rioufol, Lévy et Polony, qui sont le plus souvent dans l'oeil du cyclone, sont des souverainistes qui s'assument et qui sont des nostalgiques de la France des Trente Glorieuses, au temps où la France avait des frontières, une monnaie et une économie qui fonctionnait très bien, grâce au colbertisme gaullo-pompidolien à qui l'on doit la modernisation de nos chemins de fer, les centrales nucléaires, une armée de premier plan, un secteur automobile porteur et un maillage industriel optimisé. Mais ils ne sont pas d'accord sur tout. Ainsi Zemmour a souvent une démarche marxiste en prenant la défense des ouvriers et des classes populaires méprisés par les gouvernements successifs. Un point de vue globalement partagé par sa consoeur de Causeur, tandis que Polony est surtout inquiète de la tournure que prend l'éducation de nos enfants (elle est agrégée et ancienne enseignante) et Rioufol serait plutôt un Républicain, selon l'appellation américaine du terme, c'est-à-dire un libéral-conservateur un peu bigot. Ce qui est d'ailleurs, à mon sens, la faille de son raisonnement et ce sur quoi on devrait l'attaquer, mais personne ne le fait : c'est plus facile d'en faire un nazillon. Alain Finkielkraut, quant à lui, est un philosophe, ancien enseignant à Polytechnique et candidat au siège de Félicien Marceau à l'Académie Française. Il est inclassable mais essentiel car on sent à travers ses interventions à quel point son histoire personnelle de fils d'immigrés juifs polonais joue dans sa réflexion personnelle sur ce qui devrait être l'axe premier en matière d'immigration : l'assimilation. A ce titre, son dernier ouvrage, L'identité malheureuse, fut un beau succès de librairie. Nicolas Dupont-Aignan, leader de Debout la République ! est un gaulliste social, le dernier de son espèce. L'héritier légitime du Général parce que le seul à avoir compris, sans le trahir, son message : des frontières, l'application de la realpolitik, la souveraineté monétaire tout en échangeant d'égal à égal avec ses partenaires, mais dénué de démagogie. Le contraire de sa dangereuse concurrente, Marine Le Pen qui, elle, prône le retour de la retraite à 55 ans tout comme la mise en place d'un référendum sur la peine de mort. Trop occupée à se dédiaboliser, elle en a oublié la cohérence de son programme. Emmanuel Todd et Jacques Sapir, eux, sont deux économistes de gauche, mais celle version Michéa-Guilluy, la vraie, l'ouvriériste-colbertiste. Eux prônent essentiellement l'abandon de l'Euro et la dénonciation de Schengen. De là à en faire de dangereux extrémistes.... Enfin, il y a Dieudonné et Soral. Ceux-là, ils ne méritent pas que je gâche mon temps à en parler, je vous renvoie à mon article sur le pseudo-humoriste pour connaître mon avis sur la question. 

Faire le buzz tout en tapant sur la main qui vous nourrit

On le voit, quand on prend le temps et la peine d'analyser les personnes mises en cause on s'aperçoit qu'il y a une grande confusion idéologique chez leurs procureurs. Que montre-t-elle ? D'abord, un manque de culture et de profondeur intellectuelle manifestes, puisque ces critiques assènent des sentences en se croyant lyriques alors qu'ils ne sont qu'emphatiques, pour reprendre la formule récemment employée par Eric Zemmour. Ils mélangent le gaullisme et le patriotisme avec le nationalisme et le fascisme, voire le nazisme. Ils confondent allègrement le souverainisme avec le repli sur soi, oubliant sciemment que c'est justement un excès d'ouverture, de libéralisme, qui nous a fait plonger dans le marasme économique que nous traversons aujourd'hui. Un comble : les criminels se font les gardiens de la morale. Notons que cela va avec l'air du temps. On constate ensuite que les accusés sont régulièrement cités, voire judiciarisés, pour éviter de débattre avec eux et mieux rester dans l'entre-soi. La démocratie, c'est bien, mais c'est encore mieux avec des gens qui pensent la même chose, voyons ! Enfin, et c'est sans doute là que repose le cynique de l'affaire : on n'hésite pas à faire appel à eux sur les différents plateaux de télé où on les sait écoutés par les téléspectateurs (regardez les enquêtes d'opinion pour voir à quel point les Français sont devenus "réactionnaires") afin de créer le buzz et faire de l'audience...pour mieux leur taper dessus ensuite, sur la même chaîne, mais avec des présentateurs ou des invités différents. Comme ça on fait un double buzz et on s'exempte de tout reproche au cas où quelque bobo viendrait nous reprocher une éventuelle connivence avec l'ennemie. Mais il ne faut pas être bien futé pour constater que Canal + est le champion en la matière : Le Grand Journal, La Nouvelle Edition, Salut les Terriens,... sont autant d'émissions gardiennes du Dogme qui dénoncent régulièrement la République mise en danger avec des Torquemada tels Bruno Roger-Petit, Yann Barthès (jamais mis au ban pour sa quenelle soit dit en passant) ou Nicolas Domenach...et pendant ce temps-là on continue de compter sur Eric Zemmour sur iTélé, la chaîne info du groupe, pour faire le buzz. Consternant... D'autant qu'on sent un vif sentiment de revanche envers ceux qui, pour certains, se sont toujours revendiqués de Gauche mais qui, bien souvent, en sont revenus : Finkielkraut et Naulleau restent ainsi en travers de la gorge de ceux qui aujourd'hui les honnissent parce qu'ils ont trahi.

Dresser des listes ne changera rien

Alors voilà ce à quoi nous en sommes réduits : constater un cynisme permanent tout en regardant une profession dépérir parce qu'incapable de se remettre en question. Les journalistes ne sont pas là pour donner des leçons ni faire des rappels à l'Histoire (une fois pour toutes, nous ne sommes pas dans une redite des années 30), surtout quand on ne la maîtrise pas : critiquer l'intervention des Catholiques dans un pays ontologiquement et culturellement marqué par l'héritage judéo-chrétien relève au mieux de l'ignorance, au pire du crétinisme. Les journalistes sont là pour exposer des faits de la manière la plus objective possible à des lecteurs et téléspectateurs qui jugeront en leur âme et conscience sans qu'on ait besoin de les prendre par la main. Déplorer une éventuelle dérive populiste de l'électorat est vain : rappelons que dans une Démocratie, le Peuple est souverain et que nul ne peut se prétendre au-dessus de lui pour critiquer son choix. La caste politico-médiatique ferait mieux de faire son introspection, cela l'aiderait à trouver les raisins de la colère. Quant au fait de dresser des listes, notamment dans la presse écrite, rappelons que Vichy s'en était fait une spécialité. Et que Vichy était essentiellement le fait de collabos de Gauche à l'instar de Laval. A tous ceux qui veulent nous rappeler les heures les plus sombres de notre Histoire, je leur conseille vivement de bien relire leurs cours de Terminale sur la Seconde Guerre Mondiale. Il faut toujours se méfier de celui ou de ceux qui crient plus fort que les autres. Il n'y a pas de mystère si les ventes de la presse écrite se portent mal dans notre pays. Mais il est préférable de détourner la tête. Dans les médias comme ailleurs, se mettre la tête dans le sable semble être devenu le meilleur moyen d'assurer sa survie. Mais pour combien de temps ?

samedi 8 mars 2014

Le protectionnisme, c'est l'avenir !

Crédits photo : laboiteverte.fr/Google pictures

Bonjour à tous !

Les élections (municipales et européennes) approchent à grands pas et les thèmes de campagne commencent à fleurir, si tant est qu'on soit assez malin pour ne pas se laisser distraire par des "affaires" qui n'ont rien de surprenant pour qui suit la vie politique.
Parmi ces thèmes, existe le passionnant débat entre "sans-frontiérisme" (pardonnez ce barbarisme) et protectionnisme. Un débat qui concerne, je vous l'accorde, davantage les élections européennes. Depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale, il est communément admis que ce sont les nationalismes, les souverainismes exacerbés et donc, a fortiori, les frontières qui sont à l'origine des guerres depuis des siècles.(1) On a dit "plus jamais ça" et on a donc pris des mesures pour que cela ne se reproduise pas. C'est sur cette idée simple, et avec la nécessité de faciliter les échanges d'énergie, primordiale pour des économies en reconstruction, qu'est née la CECA (Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier) en 1957, à Rome. 57 ans plus tard, on est passé de 6 à 27 membres et cela s'appelle désormais l'Union Européenne. Entre-temps sont intervenus les Accords de Schengen et l'Acte Unique, le premier faisant valser les frontières, le second faisant valser les monnaies pour n'en conserver qu'une...et dans cette monnaie les lier : l'Euro.

L'Euro, alpha et oméga de nos problèmes

Las, à l'instar de l'Anneau Unique, la croyance de nos gouvernants en une sorte de magie autour de cette monnaie devenue idéalisée, voir déifiée pour certains, nous coûte cher depuis le début de la crise en 2008. Car l'ouverture au monde, la mondialisation, est devenue une aubaine pour les financiers et spéculateurs de tout poil : fermetures d'usines dans les pays riches, mise en concurrence des salariés, des politiques fiscales et des législations du travail avec un credo : qui peut le moins remporte la mise. Moins il y a de lois, moins vos salariés sont payés et protégés et plus vous avez de chance de voir des investisseurs s'installer chez vous à coup de délocalisations massives, laissant les pays d'origine ruinés avec des millions de chômeurs sur les bras, et les pays d'arrivée s'enrichir rapidement, avec tous les inconvénients qui vont avec : destruction des paysages, pollution massive, salariés aliénés et soumis,... La Chine en est l'exemple le plus parlant. 
D'ordinaire, lorsqu'un pays est en crise et est confronté justement à ce genre de problème, il dévalue sa monnaie : ses exportations sont alors moins chères, donnant de l'air à ses industries et rendant aussi la monnaie et donc les crédits moins chers. L'idéal pour investir. Malheureusement, avec l'Euro c'est impossible car il existe un Gargamel en Europe : l'Allemagne. Ce pays en situation de suicide démographique a dû s'enrichir à marche forcée pour digérer la réunification avec son pauvre voisin de l'Est. Ils ont donc renforcé leurs industries spécifiques de très haute qualité avec des salariés payés au lance-pierre pour continuer d'exporter. Ca marche si bien que seule la Chine concurrence l'Allemagne au 1er rang des exportations mondiales. Résultat, ses riches retraités-épargnants font du gras sur le reste de l'Europe avec une monnaie suffisamment forte pour préserver leurs vieux jours. Une telle politique ne serait pas possible avec le Deutsche Mark qui, aujourd'hui, serait plus cher que l'Euro et ne permettrait pas à l'Allemagne d'exporter autant qu'elle veut. Le revers de la médaille, c'est que pour toute l'Europe du Sud ainsi que pour la France, cette monnaie est un suicide économique qui étouffe nos industries exportatrices. Les élites médiatiques et politiques continuent pourtant de clamer haut et fort que l'Euro, c'est bon pour nous. Evidemment, en bons amis de la finance et très à l'aise avec la mondialisation et l'image so trendy qu'elle véhicule dans les milieux aisés, ce n'est pas dans leur intérêt de prétendre l'inverse. Et d'aussitôt traiter de suppôts de Satan tous ceux qui réclament son abolition. Et pourtant : la Russie, la Chine, le Japon, l'Inde, la Corée du Sud, les USA...ont tous dévalué d'au moins 10%. Des pays qui sont tous à la relance économique aujourd'hui...

Rétablir une Realpolitik basée sur une vraie diplomatie

L'exemple ukrainien est frappant : les élites européennes ne voient que des gens demandant leur rattachement à l'Union Européenne. C'est vrai. Mais c'est pour mieux fuir la Russie. Car c'est un pays coupé en deux entre Ukrainiens nationalistes à l'Ouest, et Ukrainiens russophones et Russes à l'Est. Plutôt que de laisser les deux parties s'expliquer, on a préféré tout de suite mettre à l'index Ianoukovitch et Poutine...en oubliant que les manifestants de la Place Maïdan sont pour beaucoup issus de l'extrême-droite locale. Et qu'on y a même vu des drapeaux nazis. Le comble ? Voir BHL se trémousser comme une poule qui vient de pondre à Kiev devant des miliciens. Drôle de torticolis imposé à l'Histoire n'est-il pas ?
Cet exemple parlant illustre bien d'ailleurs, étant donné les différentes approches des membres de l'UE sur le sujet, qu'il n'y a pas de diplomatie européenne puisque l'Europe en tant qu'entité supra-nationale n'existe pas. Il ne peut donc pas non plus y avoir de défense ou d'armée européenne. Quand Hollande décide d'intervenir en Afrique, il y va tout seul ! Car historiquement, l'Afrique est le pré-carré de l'Hexagone. Soyons réalistes : la France n'a pas vocation à devenir à son tour un gendarme du monde comme les USA, qui verraient d'un bon oeil un coup de main arriver pour les seconder dans leur "tâche" de Superman, occupés qu'ils sont à se concentrer sur l'Asie orientale. La France a des intérêts historiquement divergents qui nous ont permis, au temps de De Gaulle notamment, de ne dépendre ni de Washington ni de Moscou. En plus, vouloir jouer au petit soldat coûte cher, financièrement et humainement. Il est temps de rentrer chez soi et de n'envoyer nos soldats que quand les intérêts de la France sont directement menacés, comme au Mali. Cela évitera de reproduire la bourde libyenne. 

Contrôler nos flux migratoires

Chaque année, et on en parle encore davantage en 2014, le Canada met à disposition des étrangers un nombre limité de visas "vacances-travail". Quand il n'y en a plus de disponible, c'est terminé, inutile d'insister. Le Canada qui, c'est bien connu, est un régime néo-fasciste où les gens sont malheureux et étouffés dans leurs libertés individuelles... Le but de mon argument ? Démontrer qu'on peut être maître de ses frontières sans pour autant refuser d'accueillir des immigrés que l'on a choisis et sans pour autant être considéré comme un pays replié sur soi, haineux et fermé à l'autre. Car non seulement l'immigration qui sévit chez nous est dramatique (200.000 immigrés légaux par an, sans compter les illégaux) mais en plus ils ne trouvent pas de travail, et pour cause, nous n'en avons plus. Ajoutez à cela les problèmes d'acculturation car nous avons totalement cédé sur notre modèle d'assimilation et le match est terminé. On assiste alors à des tensions croissantes dans une société qui ne peut que se crisper. Et je ne parle même pas du comportement criminel et égoïste qui consiste à dire que ces immigrés nous apportent quelque chose : c'est vrai, mais cela veut dire que ce quelque chose qu'ils nous apportent, c'est quelque chose que l'on retire à leur pays d'origine. Et quand il s'agit de pays en développement, ce brain drain est un drame puisqu'il prive de jeunes économies en devenir de leurs talents de demain. On nous fait également la leçon sur le fait que la France a toujours été un pays d'immigration, un pays ouvert et divers : c'est faux. Il y a eu des flux jusqu'à l'arrivée des Normands au Xe siècle, c'est vrai, mais c'était des mouvements intra-européens dans un monde en mutation entre deux périodes charnières de notre Histoire : l'Antiquité et le Moyen-Âge. Et puis cela s'est stabilisé jusqu'aux nouveaux mouvements migratoires, toujours européens, des XIXe et début XXe siècle. Pour deux raisons : à cause de la Révolution Industrielle qui demandait une main d'oeuvre toujours plus abondante (Polonais, Italiens) et à cause de l'émergence du franquisme en Espagne. En plus, c'était dans des proportions bien plus raisonnables qu'aujourd'hui. Quant à dire que la France est diverse.. Il y a les Ch'tis, les Bretons, les Auvergnats, les Alsaciens, les Catalans, les Basques, les Corses... Alors oui, la France est déjà diverse. Inutile de chercher à tout prix à en faire un spot pour Benetton.

Pour un souverainisme gaulliste social

La mondialisation est aujourd'hui le vrai problème de notre pays. Oser dire le contraire, surtout de la part de financiers et de grands patrons de multinationales et de banques qui sont à l'origine de la crise économique dramatique que l'on vit aujourd'hui, ne manque pas de souffle et, surtout, pue l'hypocrisie. Les libéraux, plutôt que de pérorer (Attali, Minc, Koenig, Laine & Co) devraient plutôt raser les murs et admettre leurs erreurs plutôt que d'en remettre une couche sur l'Euro, le libre-échange, les "réfomes", la baisse des dépenses, etc. Comment décemment faire comprendre à un peuple exsangue et à bout de souffle que son salut passe par une baisse des prestations sociales ? N'ont-ils pas regardé ce qui se passe en Grèce ? N'ont-ils pas honte de leurs mensonges et tricheries, comme les duettistes italiens Monti et Draghi qui ont falsifié les comptes hellènes pour permettre à ce petit pays d'adopter l'Euro ? Audiard disait : "Les cons, ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît". On les a assez vus, assez entendus, et nous avons assez souffert de leurs remèdes. Il est temps de changer de médecin !

(1) Voir à ce sujet l'excellente analyse de Jean-Pierre Chevènement dans son dernier ouvrage qui explique que le problème de la Guerre de 14-18 n'était pas le nationalisme, mais l'émergence de l'Allemagne comme puissance continentale. Une pierre dans le jardin anglais, qui craignait l'avènement d'un concurrent puissant, à l'instar de ce que fut la France napoléonienne. L'assassinat de François-Ferdinand n'était donc qu'un prétexte, rien de plus.
Chevènement J-P, 1914-2014, l'Europe sortie de l'Histoire ? Paris, Fayard, 2013

vendredi 28 février 2014

On va voir les vaches ?

Crédits Photo : Google Pictures

Bonjour à tous !

Décidément, le succès du Salon de l'Agriculture ne se dément pas, d'année en année. Il faut dire que nos agriculteurs ont plus que jamais besoin de soutien par les temps qui courent. Le secteur primaire, en France, est en pleine souffrance sans que rien semble pouvoir enrayer la machine.

La grande distribution, erreur stratégique historique de notre pays

A la fin des années 60 et au début des années 70, la Grande Distribution installe ses premiers pions sur notre territoire. Non contente de défigurer notre territoire par des centres commerciaux situés à l'écart des villes et qui font fleurir des bâtiments tous plus immondes les uns que les autres, ce secteur particulier de notre économie, premier employeur privé de France, s'est empressé d'installer une conception qui allait bouleverser notre quotidien : les commerces de proximité sont trop chers, nous on vous propose des prix défiant toute concurrence. Soit. Mais cela masque d'évidentes lacunes de raisonnement dont les premiers concernés sont parfaitement conscients. D'abord, une course aux marges hallucinante tirant vers le bas le salaire de leurs milliers d'employés, dont l'écrasante majorité ne touche pas plus que le SMIC (et encore, à condition d'être à temps complet), et puis une qualité des produits bien moindre que ce que l'on pouvait trouver chez Félix Pottin ou sur le marché du coin, puisque les produits viennent de partout dans le monde, conditionnés, stérilisés, sans goût, sans saveur et ce quelle que soit la saison.

Le ver est dans le fruit

Le problème s'est aggravé avec l'autorisation d'implanter des enseignes hard discount sur le territoire. Déjà un coup des Allemands ! Ces commerces ayant la particularité d'avoir une petite surface, ils avaient toute latitude pour s'implanter au coeur de la ville. Les Lidl, Aldi, Leader Price et compagnie ont réussi à faire encore mieux (ou pire, c'est selon) que la Grande Distribution classique en se comportant de manière inhumaine avec ses salariés et en tirant encore les prix vers le bas par la mise en place d'une décoration spartiate, de produits laissés dans les cartons et en faisant de plus grosses commandes auprès du fournisseur pour obtenir de meilleurs prix. Curieusement, c'est à cette période, c'est-à-dire dans les années 90, qu'ont commencé à poindre les premiers scandales alimentaires : vache folle, listeria, E. Coli,... pour en arriver au scandale de la viande de cheval dans les lasagnes l'an passé. Coïncidence ? Je n'y crois pas...

Malbouffe pour tous

Bénéficiant d'un secteur bien implanté en France, la Grande Distribution a alors commencé à faire du lobbying intensif, auprès des élus locaux notamment. Ils ont aussi connu une certaine réussite à l'échelle nationale avec la mise en place des fameuses marges arrières qui obligeaient les fournisseurs souhaitant se faire référencer à financer des campagnes de promotion au sein des magasins de telle ou telle chaîne. Un processus assez bien expliqué d'ailleurs dans La Vérité si je mens 2
Le problème, pour les fournisseurs alimentaires, commençait alors à ressembler à un casse-tête chinois : pris entre les exigences de la Grande Distribution, les exigences européennes, toujours plus nombreuses depuis l'instauration de la PAC, et les grandes coopératives agricoles entièrement aux mains des puissants céréaliers qui n'ont cure de leurs petits collègues éleveurs et maraîchers, les prix de vente ont été taillés à la serpe. Le métier d'agriculteur étant soumis aux aléas climatiques, les mauvaises saisons achevaient de plomber leurs comptes, en sus des scandales alimentaires sus-nommés pour lesquels on leur faisait porter le chapeau alors qu'ils n'étaient responsables en rien de ce que devenait leur matière première une fois vendue à toute une liste d'intermédiaires. Bilan des courses : un article payé au producteur quelques centimes était payé 5 à 10 fois plus par le consommateur en bout de ligne. Avec la (mal-)chance de choper une intoxication alimentaire ou de manger quelque chose qu'il n'aurait pas dû en prime. Un cynisme effrayant..

Rétablissons les circuits courts !

Soyons lucides : manger des aliments bons et sains coûte un certain prix que les gens ne sont plus prêts à mettre aujourd'hui : il faut payer les traites des deux voitures, du logement, financer les loisirs du petit dernier qui se doit d'être habillé à la mode, posséder un smartphone et/ou une tablette. Petit calcul rapide d'ailleurs : un smartphone coûte en moyenne 300 euros. Dans une famille de 4 personnes, cela fait 1200 euros. De quoi largement se payer des bons légumes qui ne sentent pas le pesticide et acheter de la viande qui ne sort pas d'usines à traumatiser les animaux. C'est un choix...
Un choix que certains consommateurs font suite à la mise en place des AMAP, ces micro-coopératives qui permettent à tout un chacun d'acheter un panier de produits de saisons auprès de son agriculteur local. Finie, la consommation de kiwis ou de tomates sans goût à longueur d'années, finie la pollution engendrée par les innombrables voyages en bateaux sans compter l'hallucinante consommation énergétique que demande le respect de la chaîne du froid pour que ces produits conservent un semblant de fraîcheur sur les étals. C'est aussi la garantie de voir le producteur rémunéré à la juste valeur de son travail sans que la toute puissante FNSEA ne se rince au passage. Enfin c'est un moyen efficace de boycotter la Grande Distribution et ses milliers d'emplois sans avenir payés au lance-pierre. Non à Auchan, oui à Félix Pottin !


vendredi 21 février 2014

Théorie du genre (suite) : quand la presse perd la tête

Bonjour à tous !

On aimerait parler d'autre chose, mais, malheureusement ce sujet de la théorie du genre vampirise l'actualité. Et quand ce n'est pas ça, c'est la "guerre civile" et le "bain de sang" en Ukraine. Pas sûr que les Rwandais et les Yougoslaves aient la même conception des termes de "guerre civile" et de "bain de sang", mais bon, si on n'en fait pas des caisses, impossible de monopoliser l'attention d'un consommateur de presse toujours plus volage depuis l'avènement du web 2.0.

Eric Zemmour cloué au pilori

Tous les week-ends depuis 10 ans, Eric Zemmour défie à fleuret moucheté un interlocuteur, qu'il s'agisse de Christophe Barbier, Claude Askolovitch ou, bien entendu, Nicolas Domenach dans une émission d'i-Télé bien nommée Ca se dispute. Lorsque le sujet de la théorie du genre a été mis sur la table, l'ancien pensionnaire de Sciences Po Paris a dégainé, comme il le fait souvent, des faits provenant de sources diverses et variées. Il s'avère que l'une d'elles venait du site internet d'Alain Soral "Egalité et réconciliation". Cela n'a pas échappé à certains internautes : il n'en fallait pas plus pour que la presse tombe à bras raccourcis sur l'essayiste, qui n'en est pas à sa première mise à l'index. Mais il semblerait pourtant que nos amis journalistes aient oublié le premier principe de ce métier : ne jamais dévoiler ses sources. Alors de quel droit se permettent-ils d'évoquer et, a fortiori, de juger la source ici utilisée par l'un de leurs collègues ? En plus, Zemmour a spécifié lui-même, et avec raison, que lorsqu'il utilise une source d'"Osez le féminisme", personne ne s'en indigne. C'est plutôt tout à son honneur d'avoir la curiosité intellectuelle d'aller fouiller dans différents endroits pour trouver des sources qui peuvent être utilisées pour nourrir le débat. Car enfin il ne s'agit pas nécessairement de considérer ce document comme une Bible, mais bien de l'appréhender pour ce qu'il est : un outil nécessaire à la discussion civilisée. Qui plus est, nombre d'éditorialistes ayant pris Zemmour dans leur ligne de mire ont reconnu que ce document ne venait pas seulement du site de Soral, mais qu'il se retrouvait sur bien d'autres sites Internet. Une polémique pour rien donc.

Jean-François Kahn flingue à tout-va

Jean-François Kahn est un homme de convictions, que l'on soit d'accord ou non avec celles-ci. Mais il y en a une qui mérite tout particulièrement d'être saluée : celle d'avoir toujours cherché à créer des périodiques indépendants où toutes les sensibilités pourraient s'exprimer. Ce fut le cas de L'événement du Jeudi puis, plus récemment, de Marianne, même si celui-ci, depuis le départ de Kahn, a tendance, sous l'impulsion de Nicolas Domenach, à rentrer dans le rang du politiquement correct. Le journaliste vient de sortir un ouvrage qui s'intitule L'horreur médiatique : tout un programme ! Il y détaille comment, petit à petit, les médias se sont retrouvés déconnectés des réalités du peuple, qu'ils méprisent, ou qu'ils ignorent dans le meilleur des cas. Et de s'alarmer sur l'état de la presse écrite en France avec des titres qui disparaissent faute de lecteurs. Il faut dire qu'entre ceux qui dépendent de grandes fortunes (Dassault, Pigasse, Bergé) et ceux qui doivent sortir un scoop tous les six mois pour pouvoir justifier le prix de leur abonnement (Médiapart), il n'y a pas de quoi se réjouir. Il semble donc avéré que le divorce entre les élites et le peuple soit toujours plus prononcé. Et la disparition de Libération qui menace avec la crise que connaît le quotidien devrait permettre de poser les bonnes questions. Hélas, trois fois hélas, on en semble loin !

Rendons à l'école son vrai rôle

L'excellent blogueur Jean-Claude Brighelli s'est laissé cette semaine, sur le Point.fr, embarquer dans la vague dominante concernant l'enseignement de la sexualité à l'école, arguant que les parents n'étaient pas capables d'assumer ce rôle : qu'en sait-il ? De quel droit se permet-il de tirer de telles conclusions ? Qui plus est, ils sont nombreux ces derniers jours à saluer l'enseignement des ABCD de l'égalité tant décriés et à saluer la diffusion du film Tomboy dans les établissements scolaires. Un film aussi complexe n'a sûrement pas sa place dans une salle de classe, où les élèves n'ont vraisemblablement pas toutes les armes intellectuelles ni l'expérience nécessaire pour avoir suffisamment de recul sur cette oeuvre, dont la qualité n'est par ailleurs nullement remise en cause.
La vérité se fait jour : petit à petit, on rajoute des missions à l'école : faire de la prévention pour ceci, faire intervenir un spécialiste pour cela, discuter de la drogue, du sexe, de la sécurité routière... Bref, l'école devient une agora où l'apprentissage des fondamentaux est progressivement relégué aux oubliettes. Et le classement PISA, malgré les réserves qu'il appelle, n'a pas manqué de pointer cette régression dans son classement. Le niveau baisse dangereusement car l'école, en plus d'être devenu un pôle d'instruction des savoirs, est devenue une garderie où les parents se déchargent de toutes les responsabilités sur le dos d'un corps enseignant toujours aussi dévalorisé, surchargé de travail et trop peu payé, et pourtant toujours aussi dévoué. Avoir des enfants ne doit pas être un caprice. On doit pouvoir être capable d'élever son enfant afin de séparer le rôle des enseignants et celui des parents : les premiers instruisent, transmettent un savoir ; les seconds éduquent, donnant à leur progéniture les armes pour affronter la vie, dans sa beauté comme dans sa cruauté. Encore une fois, en prenant position de cette façon, la presse française s'est mise hors-jeu : dommage !

mardi 4 février 2014

Théorie du genre : la nouvelle tentative d'enfumage du Gouvernement

Bonjour à tous !

La "Manif pour tous" était de retour dans la rue ce Dimanche. Aux étonnés qui se demandent quelle mouche a bien pu piquer ces milliers de personnes à descendre dans la rue, faisons ici un petit rappel de leurs revendications : l'abandon définitif de l'accès à la Procréation Médicalement Assistée aux couples de lesbiennes ; l'abandon des "ABCD de l'égalité" à l'école ; l'abrogation de la Loi Taubira sur le mariage dit pour tous et enfin le refus de voir l'avortement se banaliser alors qu'en séance, la notion de détresse contenue dans la Loi Veil de 1975 a été supprimée. Hormis la revendication sur le mariage, je vais ici discuter tous ces points. En effet, la Loi Taubira a été votée, le débat est clos même si la colère reste vive.

La PMA pour tous : quand le mieux est l'ennemi du bien

On se souvient tous d'Amandine, premier bébé-éprouvette de France. Aujourd'hui, la Loi dit que seuls les couples mariés ou pouvant justifier d'une relation de deux ans minimum, et qui sont médicalement inaptes à la reproduction peuvent accéder à la PMA. Or, l'inter-LGBT et quelques autres veulent remettre cela en question. Leur revendication est simple : un bébé pour tous-tes (je reprends ici leur propre graphie, jugez vous-même...). Evidemment, cela poserait un problème majeur, que la PMA a soulevé dès sa mise en application en France. L'anonymat d'un donneur étant préservé, comment fait-on, par exemple, pour avoir accès au passé médical d'un patient issu d'une fécondation in-vitro. Vous me direz que la question ne se pose pas quand le donneur est connu et qu'on recourt simplement à un transfert de gamètes via une seringue : c'est vrai, mais on multiplie alors les risques de grossesses multiples, et les désagréments qui l'accompagnent. Sans compter les questions gênantes de l'enfant quand il grandit. De plus, si la PMA s'appelle ainsi, c'est bien pour pallier à une faillite médicale des parents, indépendante de leur volonté. Cette technique perdrait alors tout son sens si elle était accessible au tout-venant. Le problème de la société d'aujourd'hui, c'est de tout vouloir, tout avoir, sans aucun compromis. En oubliant que la vie est une succession de choix à assumer, signe de maturité : personne ne vous oblige à avoir des enfants. Vous en voulez ? Faites comme tout le monde et passez par la voie naturelle, cela évitera que l'Homme continue à se prendre pour Dieu en jouant avec des éprouvettes.

Les "ABCD de l'égalité" : l'inter-LGBT en force dans nos écoles

On a tous en mémoire la formidable agitation au sujet de l'initiative d'une mouvance d'extrême-droite proche d'Alain Soral la semaine passée : elle envoyait des SMS aux familles en leur expliquant les dangers des "ABCD de l'égalité", mais en usant de grossières exagérations (l'enseignement de la masturbation à l'école : restons sérieux). Toutefois, il n'y a aucun doute : le pouvoir en place entend réformer la jeunesse. Pourquoi ? Parce qu'ils sont dans une totale impasse économique, et qu'ils se servent de cette diversion pour justifier le fait que les Français aient voté pour eux en 2012. Il ne fait finalement aucun doute que Vincent Peillon et Najat Vallaud-Belkacem veulent rééduquer la jeunesse (les différentes vidéos de leurs interventions sur le sujet sont disponibles sur le Web, de même que les écrits de Peillon dans son dernier livre). Un projet un peu fou et totalitaire : jusqu'à présent, la rééducation de la jeunesse n'était pas sortie des frontières de la Chine du temps de Mao, ou de l'URSS du temps de Staline. O tempora, o mores. Vous trouvez que c'est à mon tour d'exagérer ? Lisez donc ceci : http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:EyDMN2_E44wJ:www.france.qrd.org/texts/manifeste_lesbien1999.html+&cd=5&hl=fr&ct=clnk&client=firefox-a . Si le lien n'est pas disponible, copiez-collez le dans votre navigateur ou bien tapez "manifeste lesbien de 1999" dans votre moteur de recherche et vous tomberez sur un texte édifiant rédigé il y a 15 ans par deux militantes lesbiennes. Non seulement vous y retrouverez certains des items abordés dans ces fameux ABCD, mais vous aurez une meilleure vue d'ensemble des revendications de ces individus qui réclament une complète autonomie, sans mesure de responsabilité, et qui transforment l'enfant en objet; le rendant dépendant de leur humeur du moment (le passage sur le fait que l'enfant puisse être confié à n'importe qui passé l'âge de ses 10 ans comme on se prête un livre ou un DVD fait froid dans le dos). Il est évident que ce sont ces lobbys qui sont derrière ces programmes iniques qui, à terme, visent à totalement assombrir le rôle de l'homme, vu comme le méchant de l'histoire. Et expliquer que l'émancipation de la femme passe par un travail rémunéré à sa juste valeur. Comme si le fait d'aller se faire exploiter par un patron était gage d'épanouissement. Demandez donc aux ouvriers dans les usines. Qu'est-ce qu'elles croient ? Que les emplois de cadre sup' n'attendent qu'elles et poussent sur les arbres ? Ces pasionarias ont regardé les derniers chiffres du chômage dans notre beau pays ? Non pas qu'il s'agisse de nier que les femmes peuvent être parfois déconsidérées ou rabaissées, mais de là à en faire le combat homérique du moment... Ulysse défiant le cyclope avait une autre allure en la matière. Il est inacceptable que ce soient des lobbys qui président à l'éducation de nos enfants tout comme il est inacceptable que l'école soit devenu le lieu de toutes les revendications, oubliant ainsi son rôle : instruire. Notre place dans le dernier classement PISA devrait nous presser de prendre des mesures pour améliorer fissa le score des élèves en lecture, écriture, rédaction, culture générale et mathématiques. Nous n'avons pas de temps pour ces coquecigrues !

Banalisation de l'avortement : la déconstruction du travail de Simone Veil

Lorsqu'en 1975, Simone Veil fait voter la Loi ouvrant le droit à l'avortement en France, elle introduit la notion de détresse dans le texte. L'objectif est clair : l'avortement est toléré mais ne saurait devenir une norme : il doit demeurer l'exception. Et la Loi Neuwirth sur la contraception adoptée en 1967 doit permettre une plus grande liberté sexuelle tout en évitant une industrialisation de l'avortement. Hélas, peine perdue. Cela fait des années que la France tourne à 200.000 avortements par an. 2 miilions sur 10 ans ! Alors que l'accès à la contraception n'a jamais été aussi libre et disponible qu'aujourd'hui. Il est à craindre que l'abandon de la notion de détresse ne gonfle ces chiffres encore davantage. Une mesure absurde votée simplement pour réagir au nouveau raidissement espagnol sur le sujet. Il faut dire que la presse a passé sous silence que l'avortement outre-Pyrénées était devenu du grand n'importe quoi : sur un simple mot du médecin, il était en effet possible d'avorter à quelques semaines du terme. Sans doute un fait qui n'arrangeait pas les progressistes dans les rédactions du Nouvel Obs ou de Libé. Même si le retour en arrière est brutal, il a au moins le mérite de questionner une pratique devenue trop banale. Loin de moi l'idée de supprimer l'avortement. Mais il faut bien préciser et mesurer les conséquences d'un tel geste. Tout le monde dans son entourage connaît, probablement, une femme y ayant eu recours. Je pense que l'on peut tous affirmer à quel point cela s'avère une décision douloureuse, avec des conséquences psychologiques à plus ou moins long terme. Banaliser un tel acte médical reviendrait à fermer les yeux sur cette détresse. Une intervention chirurgicale n'est pourtant jamais anodine. On ferait bien mieux de s'interroger sur les causes d'une massification des grossesses non-désirées... Mais il faut du courage pour cela; car cela revient à questionner la frivolité et la nonchalance d'une société hyper-sexualisée depuis les années 70.

Préservons la famille traditionnelle 

Ce n'est pas là le plaidoyer d'un vieux catho aigri, mais bien le cri du coeur d'un citoyen qui a connu, comme des millions d'entre nous, la souffrance d'une famille éclatée, désunie. Il faut ré-introduire dans le coeur et l'esprit de chacun que fonder une famille requiert des sacrifices et un grand sens des responsabilités ; que nous n'avons pas de droit sans devoir. Et que la famille traditionnelle reste le socle incontournable de la stabilité d'un individu dans une société où tout est fait pour isoler un peu plus le maillon que nous sommes. Cette solitude forcée a pour seul but de faire de nous des consommateurs décérébrés. Avec des conséquences parfois dramatiques, comme une hausse des suicides qui ne se dément pas depuis des années. A ce propos, je vous recommande chaudement l'ouvrage d'Emile Durckheim sur le sujet, publié en 1897 : vous constaterez qu'il demeure d'une incroyable actualité !

lundi 27 janvier 2014

"Jour de colère" : des raisons de s'inquiéter ?

Bonjour à tous !

Il ne vous a pas échappé qu'hier se rassemblaient plusieurs milliers de personnes dans Paris pour manifester contre François Hollande. Comme d'habitude, ils étaient 2000 selon les policiers, 2,5 millions selon les organisateurs. Le chiffre importe peu toutefois, le décorticage sociologique du cortège importe davantage.
Pêle-mêle défilaient des Bonnets rouges bretons, des "dieudonnistes" oscillant entre altermondialistes anti-système (en l'absence de Nicolas Anelka, quel dommage...) et apôtres de la liberté d'expression (tant qu'on tape sur les Juifs et la Shoah), des patrons étranglés de charges, des égarés de la Manif pour Tous, etc, etc. En premier lieu, il convient de constater qu'il est assez rare qu'un homme politique au pouvoir concentre à ce point des ressentiments aussi variés et aussi forts. Chirac, Sarkozy ou Mitterrand avaient, en leur temps, connu le plancher des sondages. Mais François Hollande semble désespérer les gens plus que de coutume. Il y aurait plusieurs explications à cela, mais ce n'est pas (fondamentalement) le sujet, car il est vrai que depuis 40 ans et l'émergence du chômage de masse, la défiance des Français envers leur classe politique n'a cessé de croître.
Le problème de la Gauche au pouvoir, à sa décharge, est d'avoir été la goutte d'eau qui fit déborder le vase. Les électeurs attendaient une énième rupture avec un énième plan de redémarrage économique : il n'a pas eu lieu et n'aura sans doute pas lieu dans les mois qui viennent. Ajoutons que les différents ministres n'assument pas leur échec face à la promesse d'inverser la courbe du chômage avant fin 2013 et avouons qu'il y a de quoi être consterné. 
Ce qui a sans doute agi comme un détonateur chez ses protestataires aussi divers, c'est de constater à quel point la politique économique du Corrézien ressemblait à s'y méprendre à celle de son prédécesseur, pourtant si décrié par l'opposition socialiste de l'époque. A ce titre, la conférence de presse d'il y a 15 jours s'est avéré un révélateur pour des millions de Français qui ont pris cette consternante réalité en pleine figure : Droite ou Gauche, le libéralisme prévaut, l'Etat sacrifiera ce qu'il faudra pour rentrer dans les clous fixés par Bruxelles et Berlin : baisse des charges pour les entreprises, réduction des dépenses de l'Etat (en attendant qu'on touche à la Sécu et aux prestations sociales). Pour les personnes au chômage ou en situation de précarité ? Rien, nada. Juste la satisfaction de pouvoir se marier entre soi si l'on est gay et d'envoyer ses enfants apprendre à l'école qu'une fille peut aussi uriner debout et qu'un garçon pourra enfin assumer au grand jour qu'il préfère jouer avec Barbie plutôt qu'avec Batman : joie !
A une époque où les réseaux sociaux tournent à plein régime, il est alors aisé pour une bande d'hurluberlus sans lien véritable les uns avec les autres de s'organiser une petite virée dans Paris pour aller crier sa colère. En oubliant quelque chose de fondamental : François Hollande ne démissionnera pas ! Il n'est pas le Général de Gaulle et est déterminé à s'accrocher à l'Elysée. Après tout, c'est son droit le plus strict, les institutions le prévoient et elles existent pour être respectées. Le président en exercice a été élu de plein droit à la majorité absolue des suffrages universels. La Démocratie a parlé. 
Alors, plutôt que de s'époumoner pour demander quelque chose de complètement irréalisable et d'en faire un prétexte pour aller manifester toute sa rage débilitante dans Paris, il serait plus constructif de faire des états-généraux de l'opposition afin de se mettre en ordre de bataille pour 2017. Parce que la Droite française court actuellement n'importe comment, à l'image d'un canard sans tête. Et les petits mouvements communautaires en profitent pour la déborder de toute part, rendant son message inaudible. D'autant plus inaudible qu'elle n'a rien trouvé à redire sur le virage libéral enfin assumé de François Hollande. Difficile en effet de contredire une idée que l'on partage.
La Droite doit donc retrouver sa crédibilité en remettant au centre du tapis ce qui lui a permis d'incarner un véritable idéal sous le Général de Gaulle et Georges Pompidou : cela commence par la fierté de la Nation et la défense de ses valeurs à travers la consécration de la République. Pour cela il faut avoir le courage de tourner le dos à cette Europe-là, qui est destructrice, anti-démocratique et ultra-libérale. Bref, une révolution culturelle pour ceux qui, contrairement à ce qu'ils revendiquent, sont d'abord des héritiers de Giscard avant d'être ceux de De Gaulle. A bons entendeurs....