vendredi 28 février 2014

On va voir les vaches ?

Crédits Photo : Google Pictures

Bonjour à tous !

Décidément, le succès du Salon de l'Agriculture ne se dément pas, d'année en année. Il faut dire que nos agriculteurs ont plus que jamais besoin de soutien par les temps qui courent. Le secteur primaire, en France, est en pleine souffrance sans que rien semble pouvoir enrayer la machine.

La grande distribution, erreur stratégique historique de notre pays

A la fin des années 60 et au début des années 70, la Grande Distribution installe ses premiers pions sur notre territoire. Non contente de défigurer notre territoire par des centres commerciaux situés à l'écart des villes et qui font fleurir des bâtiments tous plus immondes les uns que les autres, ce secteur particulier de notre économie, premier employeur privé de France, s'est empressé d'installer une conception qui allait bouleverser notre quotidien : les commerces de proximité sont trop chers, nous on vous propose des prix défiant toute concurrence. Soit. Mais cela masque d'évidentes lacunes de raisonnement dont les premiers concernés sont parfaitement conscients. D'abord, une course aux marges hallucinante tirant vers le bas le salaire de leurs milliers d'employés, dont l'écrasante majorité ne touche pas plus que le SMIC (et encore, à condition d'être à temps complet), et puis une qualité des produits bien moindre que ce que l'on pouvait trouver chez Félix Pottin ou sur le marché du coin, puisque les produits viennent de partout dans le monde, conditionnés, stérilisés, sans goût, sans saveur et ce quelle que soit la saison.

Le ver est dans le fruit

Le problème s'est aggravé avec l'autorisation d'implanter des enseignes hard discount sur le territoire. Déjà un coup des Allemands ! Ces commerces ayant la particularité d'avoir une petite surface, ils avaient toute latitude pour s'implanter au coeur de la ville. Les Lidl, Aldi, Leader Price et compagnie ont réussi à faire encore mieux (ou pire, c'est selon) que la Grande Distribution classique en se comportant de manière inhumaine avec ses salariés et en tirant encore les prix vers le bas par la mise en place d'une décoration spartiate, de produits laissés dans les cartons et en faisant de plus grosses commandes auprès du fournisseur pour obtenir de meilleurs prix. Curieusement, c'est à cette période, c'est-à-dire dans les années 90, qu'ont commencé à poindre les premiers scandales alimentaires : vache folle, listeria, E. Coli,... pour en arriver au scandale de la viande de cheval dans les lasagnes l'an passé. Coïncidence ? Je n'y crois pas...

Malbouffe pour tous

Bénéficiant d'un secteur bien implanté en France, la Grande Distribution a alors commencé à faire du lobbying intensif, auprès des élus locaux notamment. Ils ont aussi connu une certaine réussite à l'échelle nationale avec la mise en place des fameuses marges arrières qui obligeaient les fournisseurs souhaitant se faire référencer à financer des campagnes de promotion au sein des magasins de telle ou telle chaîne. Un processus assez bien expliqué d'ailleurs dans La Vérité si je mens 2
Le problème, pour les fournisseurs alimentaires, commençait alors à ressembler à un casse-tête chinois : pris entre les exigences de la Grande Distribution, les exigences européennes, toujours plus nombreuses depuis l'instauration de la PAC, et les grandes coopératives agricoles entièrement aux mains des puissants céréaliers qui n'ont cure de leurs petits collègues éleveurs et maraîchers, les prix de vente ont été taillés à la serpe. Le métier d'agriculteur étant soumis aux aléas climatiques, les mauvaises saisons achevaient de plomber leurs comptes, en sus des scandales alimentaires sus-nommés pour lesquels on leur faisait porter le chapeau alors qu'ils n'étaient responsables en rien de ce que devenait leur matière première une fois vendue à toute une liste d'intermédiaires. Bilan des courses : un article payé au producteur quelques centimes était payé 5 à 10 fois plus par le consommateur en bout de ligne. Avec la (mal-)chance de choper une intoxication alimentaire ou de manger quelque chose qu'il n'aurait pas dû en prime. Un cynisme effrayant..

Rétablissons les circuits courts !

Soyons lucides : manger des aliments bons et sains coûte un certain prix que les gens ne sont plus prêts à mettre aujourd'hui : il faut payer les traites des deux voitures, du logement, financer les loisirs du petit dernier qui se doit d'être habillé à la mode, posséder un smartphone et/ou une tablette. Petit calcul rapide d'ailleurs : un smartphone coûte en moyenne 300 euros. Dans une famille de 4 personnes, cela fait 1200 euros. De quoi largement se payer des bons légumes qui ne sentent pas le pesticide et acheter de la viande qui ne sort pas d'usines à traumatiser les animaux. C'est un choix...
Un choix que certains consommateurs font suite à la mise en place des AMAP, ces micro-coopératives qui permettent à tout un chacun d'acheter un panier de produits de saisons auprès de son agriculteur local. Finie, la consommation de kiwis ou de tomates sans goût à longueur d'années, finie la pollution engendrée par les innombrables voyages en bateaux sans compter l'hallucinante consommation énergétique que demande le respect de la chaîne du froid pour que ces produits conservent un semblant de fraîcheur sur les étals. C'est aussi la garantie de voir le producteur rémunéré à la juste valeur de son travail sans que la toute puissante FNSEA ne se rince au passage. Enfin c'est un moyen efficace de boycotter la Grande Distribution et ses milliers d'emplois sans avenir payés au lance-pierre. Non à Auchan, oui à Félix Pottin !


vendredi 21 février 2014

Théorie du genre (suite) : quand la presse perd la tête

Bonjour à tous !

On aimerait parler d'autre chose, mais, malheureusement ce sujet de la théorie du genre vampirise l'actualité. Et quand ce n'est pas ça, c'est la "guerre civile" et le "bain de sang" en Ukraine. Pas sûr que les Rwandais et les Yougoslaves aient la même conception des termes de "guerre civile" et de "bain de sang", mais bon, si on n'en fait pas des caisses, impossible de monopoliser l'attention d'un consommateur de presse toujours plus volage depuis l'avènement du web 2.0.

Eric Zemmour cloué au pilori

Tous les week-ends depuis 10 ans, Eric Zemmour défie à fleuret moucheté un interlocuteur, qu'il s'agisse de Christophe Barbier, Claude Askolovitch ou, bien entendu, Nicolas Domenach dans une émission d'i-Télé bien nommée Ca se dispute. Lorsque le sujet de la théorie du genre a été mis sur la table, l'ancien pensionnaire de Sciences Po Paris a dégainé, comme il le fait souvent, des faits provenant de sources diverses et variées. Il s'avère que l'une d'elles venait du site internet d'Alain Soral "Egalité et réconciliation". Cela n'a pas échappé à certains internautes : il n'en fallait pas plus pour que la presse tombe à bras raccourcis sur l'essayiste, qui n'en est pas à sa première mise à l'index. Mais il semblerait pourtant que nos amis journalistes aient oublié le premier principe de ce métier : ne jamais dévoiler ses sources. Alors de quel droit se permettent-ils d'évoquer et, a fortiori, de juger la source ici utilisée par l'un de leurs collègues ? En plus, Zemmour a spécifié lui-même, et avec raison, que lorsqu'il utilise une source d'"Osez le féminisme", personne ne s'en indigne. C'est plutôt tout à son honneur d'avoir la curiosité intellectuelle d'aller fouiller dans différents endroits pour trouver des sources qui peuvent être utilisées pour nourrir le débat. Car enfin il ne s'agit pas nécessairement de considérer ce document comme une Bible, mais bien de l'appréhender pour ce qu'il est : un outil nécessaire à la discussion civilisée. Qui plus est, nombre d'éditorialistes ayant pris Zemmour dans leur ligne de mire ont reconnu que ce document ne venait pas seulement du site de Soral, mais qu'il se retrouvait sur bien d'autres sites Internet. Une polémique pour rien donc.

Jean-François Kahn flingue à tout-va

Jean-François Kahn est un homme de convictions, que l'on soit d'accord ou non avec celles-ci. Mais il y en a une qui mérite tout particulièrement d'être saluée : celle d'avoir toujours cherché à créer des périodiques indépendants où toutes les sensibilités pourraient s'exprimer. Ce fut le cas de L'événement du Jeudi puis, plus récemment, de Marianne, même si celui-ci, depuis le départ de Kahn, a tendance, sous l'impulsion de Nicolas Domenach, à rentrer dans le rang du politiquement correct. Le journaliste vient de sortir un ouvrage qui s'intitule L'horreur médiatique : tout un programme ! Il y détaille comment, petit à petit, les médias se sont retrouvés déconnectés des réalités du peuple, qu'ils méprisent, ou qu'ils ignorent dans le meilleur des cas. Et de s'alarmer sur l'état de la presse écrite en France avec des titres qui disparaissent faute de lecteurs. Il faut dire qu'entre ceux qui dépendent de grandes fortunes (Dassault, Pigasse, Bergé) et ceux qui doivent sortir un scoop tous les six mois pour pouvoir justifier le prix de leur abonnement (Médiapart), il n'y a pas de quoi se réjouir. Il semble donc avéré que le divorce entre les élites et le peuple soit toujours plus prononcé. Et la disparition de Libération qui menace avec la crise que connaît le quotidien devrait permettre de poser les bonnes questions. Hélas, trois fois hélas, on en semble loin !

Rendons à l'école son vrai rôle

L'excellent blogueur Jean-Claude Brighelli s'est laissé cette semaine, sur le Point.fr, embarquer dans la vague dominante concernant l'enseignement de la sexualité à l'école, arguant que les parents n'étaient pas capables d'assumer ce rôle : qu'en sait-il ? De quel droit se permet-il de tirer de telles conclusions ? Qui plus est, ils sont nombreux ces derniers jours à saluer l'enseignement des ABCD de l'égalité tant décriés et à saluer la diffusion du film Tomboy dans les établissements scolaires. Un film aussi complexe n'a sûrement pas sa place dans une salle de classe, où les élèves n'ont vraisemblablement pas toutes les armes intellectuelles ni l'expérience nécessaire pour avoir suffisamment de recul sur cette oeuvre, dont la qualité n'est par ailleurs nullement remise en cause.
La vérité se fait jour : petit à petit, on rajoute des missions à l'école : faire de la prévention pour ceci, faire intervenir un spécialiste pour cela, discuter de la drogue, du sexe, de la sécurité routière... Bref, l'école devient une agora où l'apprentissage des fondamentaux est progressivement relégué aux oubliettes. Et le classement PISA, malgré les réserves qu'il appelle, n'a pas manqué de pointer cette régression dans son classement. Le niveau baisse dangereusement car l'école, en plus d'être devenu un pôle d'instruction des savoirs, est devenue une garderie où les parents se déchargent de toutes les responsabilités sur le dos d'un corps enseignant toujours aussi dévalorisé, surchargé de travail et trop peu payé, et pourtant toujours aussi dévoué. Avoir des enfants ne doit pas être un caprice. On doit pouvoir être capable d'élever son enfant afin de séparer le rôle des enseignants et celui des parents : les premiers instruisent, transmettent un savoir ; les seconds éduquent, donnant à leur progéniture les armes pour affronter la vie, dans sa beauté comme dans sa cruauté. Encore une fois, en prenant position de cette façon, la presse française s'est mise hors-jeu : dommage !

mardi 4 février 2014

Théorie du genre : la nouvelle tentative d'enfumage du Gouvernement

Bonjour à tous !

La "Manif pour tous" était de retour dans la rue ce Dimanche. Aux étonnés qui se demandent quelle mouche a bien pu piquer ces milliers de personnes à descendre dans la rue, faisons ici un petit rappel de leurs revendications : l'abandon définitif de l'accès à la Procréation Médicalement Assistée aux couples de lesbiennes ; l'abandon des "ABCD de l'égalité" à l'école ; l'abrogation de la Loi Taubira sur le mariage dit pour tous et enfin le refus de voir l'avortement se banaliser alors qu'en séance, la notion de détresse contenue dans la Loi Veil de 1975 a été supprimée. Hormis la revendication sur le mariage, je vais ici discuter tous ces points. En effet, la Loi Taubira a été votée, le débat est clos même si la colère reste vive.

La PMA pour tous : quand le mieux est l'ennemi du bien

On se souvient tous d'Amandine, premier bébé-éprouvette de France. Aujourd'hui, la Loi dit que seuls les couples mariés ou pouvant justifier d'une relation de deux ans minimum, et qui sont médicalement inaptes à la reproduction peuvent accéder à la PMA. Or, l'inter-LGBT et quelques autres veulent remettre cela en question. Leur revendication est simple : un bébé pour tous-tes (je reprends ici leur propre graphie, jugez vous-même...). Evidemment, cela poserait un problème majeur, que la PMA a soulevé dès sa mise en application en France. L'anonymat d'un donneur étant préservé, comment fait-on, par exemple, pour avoir accès au passé médical d'un patient issu d'une fécondation in-vitro. Vous me direz que la question ne se pose pas quand le donneur est connu et qu'on recourt simplement à un transfert de gamètes via une seringue : c'est vrai, mais on multiplie alors les risques de grossesses multiples, et les désagréments qui l'accompagnent. Sans compter les questions gênantes de l'enfant quand il grandit. De plus, si la PMA s'appelle ainsi, c'est bien pour pallier à une faillite médicale des parents, indépendante de leur volonté. Cette technique perdrait alors tout son sens si elle était accessible au tout-venant. Le problème de la société d'aujourd'hui, c'est de tout vouloir, tout avoir, sans aucun compromis. En oubliant que la vie est une succession de choix à assumer, signe de maturité : personne ne vous oblige à avoir des enfants. Vous en voulez ? Faites comme tout le monde et passez par la voie naturelle, cela évitera que l'Homme continue à se prendre pour Dieu en jouant avec des éprouvettes.

Les "ABCD de l'égalité" : l'inter-LGBT en force dans nos écoles

On a tous en mémoire la formidable agitation au sujet de l'initiative d'une mouvance d'extrême-droite proche d'Alain Soral la semaine passée : elle envoyait des SMS aux familles en leur expliquant les dangers des "ABCD de l'égalité", mais en usant de grossières exagérations (l'enseignement de la masturbation à l'école : restons sérieux). Toutefois, il n'y a aucun doute : le pouvoir en place entend réformer la jeunesse. Pourquoi ? Parce qu'ils sont dans une totale impasse économique, et qu'ils se servent de cette diversion pour justifier le fait que les Français aient voté pour eux en 2012. Il ne fait finalement aucun doute que Vincent Peillon et Najat Vallaud-Belkacem veulent rééduquer la jeunesse (les différentes vidéos de leurs interventions sur le sujet sont disponibles sur le Web, de même que les écrits de Peillon dans son dernier livre). Un projet un peu fou et totalitaire : jusqu'à présent, la rééducation de la jeunesse n'était pas sortie des frontières de la Chine du temps de Mao, ou de l'URSS du temps de Staline. O tempora, o mores. Vous trouvez que c'est à mon tour d'exagérer ? Lisez donc ceci : http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:EyDMN2_E44wJ:www.france.qrd.org/texts/manifeste_lesbien1999.html+&cd=5&hl=fr&ct=clnk&client=firefox-a . Si le lien n'est pas disponible, copiez-collez le dans votre navigateur ou bien tapez "manifeste lesbien de 1999" dans votre moteur de recherche et vous tomberez sur un texte édifiant rédigé il y a 15 ans par deux militantes lesbiennes. Non seulement vous y retrouverez certains des items abordés dans ces fameux ABCD, mais vous aurez une meilleure vue d'ensemble des revendications de ces individus qui réclament une complète autonomie, sans mesure de responsabilité, et qui transforment l'enfant en objet; le rendant dépendant de leur humeur du moment (le passage sur le fait que l'enfant puisse être confié à n'importe qui passé l'âge de ses 10 ans comme on se prête un livre ou un DVD fait froid dans le dos). Il est évident que ce sont ces lobbys qui sont derrière ces programmes iniques qui, à terme, visent à totalement assombrir le rôle de l'homme, vu comme le méchant de l'histoire. Et expliquer que l'émancipation de la femme passe par un travail rémunéré à sa juste valeur. Comme si le fait d'aller se faire exploiter par un patron était gage d'épanouissement. Demandez donc aux ouvriers dans les usines. Qu'est-ce qu'elles croient ? Que les emplois de cadre sup' n'attendent qu'elles et poussent sur les arbres ? Ces pasionarias ont regardé les derniers chiffres du chômage dans notre beau pays ? Non pas qu'il s'agisse de nier que les femmes peuvent être parfois déconsidérées ou rabaissées, mais de là à en faire le combat homérique du moment... Ulysse défiant le cyclope avait une autre allure en la matière. Il est inacceptable que ce soient des lobbys qui président à l'éducation de nos enfants tout comme il est inacceptable que l'école soit devenu le lieu de toutes les revendications, oubliant ainsi son rôle : instruire. Notre place dans le dernier classement PISA devrait nous presser de prendre des mesures pour améliorer fissa le score des élèves en lecture, écriture, rédaction, culture générale et mathématiques. Nous n'avons pas de temps pour ces coquecigrues !

Banalisation de l'avortement : la déconstruction du travail de Simone Veil

Lorsqu'en 1975, Simone Veil fait voter la Loi ouvrant le droit à l'avortement en France, elle introduit la notion de détresse dans le texte. L'objectif est clair : l'avortement est toléré mais ne saurait devenir une norme : il doit demeurer l'exception. Et la Loi Neuwirth sur la contraception adoptée en 1967 doit permettre une plus grande liberté sexuelle tout en évitant une industrialisation de l'avortement. Hélas, peine perdue. Cela fait des années que la France tourne à 200.000 avortements par an. 2 miilions sur 10 ans ! Alors que l'accès à la contraception n'a jamais été aussi libre et disponible qu'aujourd'hui. Il est à craindre que l'abandon de la notion de détresse ne gonfle ces chiffres encore davantage. Une mesure absurde votée simplement pour réagir au nouveau raidissement espagnol sur le sujet. Il faut dire que la presse a passé sous silence que l'avortement outre-Pyrénées était devenu du grand n'importe quoi : sur un simple mot du médecin, il était en effet possible d'avorter à quelques semaines du terme. Sans doute un fait qui n'arrangeait pas les progressistes dans les rédactions du Nouvel Obs ou de Libé. Même si le retour en arrière est brutal, il a au moins le mérite de questionner une pratique devenue trop banale. Loin de moi l'idée de supprimer l'avortement. Mais il faut bien préciser et mesurer les conséquences d'un tel geste. Tout le monde dans son entourage connaît, probablement, une femme y ayant eu recours. Je pense que l'on peut tous affirmer à quel point cela s'avère une décision douloureuse, avec des conséquences psychologiques à plus ou moins long terme. Banaliser un tel acte médical reviendrait à fermer les yeux sur cette détresse. Une intervention chirurgicale n'est pourtant jamais anodine. On ferait bien mieux de s'interroger sur les causes d'une massification des grossesses non-désirées... Mais il faut du courage pour cela; car cela revient à questionner la frivolité et la nonchalance d'une société hyper-sexualisée depuis les années 70.

Préservons la famille traditionnelle 

Ce n'est pas là le plaidoyer d'un vieux catho aigri, mais bien le cri du coeur d'un citoyen qui a connu, comme des millions d'entre nous, la souffrance d'une famille éclatée, désunie. Il faut ré-introduire dans le coeur et l'esprit de chacun que fonder une famille requiert des sacrifices et un grand sens des responsabilités ; que nous n'avons pas de droit sans devoir. Et que la famille traditionnelle reste le socle incontournable de la stabilité d'un individu dans une société où tout est fait pour isoler un peu plus le maillon que nous sommes. Cette solitude forcée a pour seul but de faire de nous des consommateurs décérébrés. Avec des conséquences parfois dramatiques, comme une hausse des suicides qui ne se dément pas depuis des années. A ce propos, je vous recommande chaudement l'ouvrage d'Emile Durckheim sur le sujet, publié en 1897 : vous constaterez qu'il demeure d'une incroyable actualité !

lundi 27 janvier 2014

"Jour de colère" : des raisons de s'inquiéter ?

Bonjour à tous !

Il ne vous a pas échappé qu'hier se rassemblaient plusieurs milliers de personnes dans Paris pour manifester contre François Hollande. Comme d'habitude, ils étaient 2000 selon les policiers, 2,5 millions selon les organisateurs. Le chiffre importe peu toutefois, le décorticage sociologique du cortège importe davantage.
Pêle-mêle défilaient des Bonnets rouges bretons, des "dieudonnistes" oscillant entre altermondialistes anti-système (en l'absence de Nicolas Anelka, quel dommage...) et apôtres de la liberté d'expression (tant qu'on tape sur les Juifs et la Shoah), des patrons étranglés de charges, des égarés de la Manif pour Tous, etc, etc. En premier lieu, il convient de constater qu'il est assez rare qu'un homme politique au pouvoir concentre à ce point des ressentiments aussi variés et aussi forts. Chirac, Sarkozy ou Mitterrand avaient, en leur temps, connu le plancher des sondages. Mais François Hollande semble désespérer les gens plus que de coutume. Il y aurait plusieurs explications à cela, mais ce n'est pas (fondamentalement) le sujet, car il est vrai que depuis 40 ans et l'émergence du chômage de masse, la défiance des Français envers leur classe politique n'a cessé de croître.
Le problème de la Gauche au pouvoir, à sa décharge, est d'avoir été la goutte d'eau qui fit déborder le vase. Les électeurs attendaient une énième rupture avec un énième plan de redémarrage économique : il n'a pas eu lieu et n'aura sans doute pas lieu dans les mois qui viennent. Ajoutons que les différents ministres n'assument pas leur échec face à la promesse d'inverser la courbe du chômage avant fin 2013 et avouons qu'il y a de quoi être consterné. 
Ce qui a sans doute agi comme un détonateur chez ses protestataires aussi divers, c'est de constater à quel point la politique économique du Corrézien ressemblait à s'y méprendre à celle de son prédécesseur, pourtant si décrié par l'opposition socialiste de l'époque. A ce titre, la conférence de presse d'il y a 15 jours s'est avéré un révélateur pour des millions de Français qui ont pris cette consternante réalité en pleine figure : Droite ou Gauche, le libéralisme prévaut, l'Etat sacrifiera ce qu'il faudra pour rentrer dans les clous fixés par Bruxelles et Berlin : baisse des charges pour les entreprises, réduction des dépenses de l'Etat (en attendant qu'on touche à la Sécu et aux prestations sociales). Pour les personnes au chômage ou en situation de précarité ? Rien, nada. Juste la satisfaction de pouvoir se marier entre soi si l'on est gay et d'envoyer ses enfants apprendre à l'école qu'une fille peut aussi uriner debout et qu'un garçon pourra enfin assumer au grand jour qu'il préfère jouer avec Barbie plutôt qu'avec Batman : joie !
A une époque où les réseaux sociaux tournent à plein régime, il est alors aisé pour une bande d'hurluberlus sans lien véritable les uns avec les autres de s'organiser une petite virée dans Paris pour aller crier sa colère. En oubliant quelque chose de fondamental : François Hollande ne démissionnera pas ! Il n'est pas le Général de Gaulle et est déterminé à s'accrocher à l'Elysée. Après tout, c'est son droit le plus strict, les institutions le prévoient et elles existent pour être respectées. Le président en exercice a été élu de plein droit à la majorité absolue des suffrages universels. La Démocratie a parlé. 
Alors, plutôt que de s'époumoner pour demander quelque chose de complètement irréalisable et d'en faire un prétexte pour aller manifester toute sa rage débilitante dans Paris, il serait plus constructif de faire des états-généraux de l'opposition afin de se mettre en ordre de bataille pour 2017. Parce que la Droite française court actuellement n'importe comment, à l'image d'un canard sans tête. Et les petits mouvements communautaires en profitent pour la déborder de toute part, rendant son message inaudible. D'autant plus inaudible qu'elle n'a rien trouvé à redire sur le virage libéral enfin assumé de François Hollande. Difficile en effet de contredire une idée que l'on partage.
La Droite doit donc retrouver sa crédibilité en remettant au centre du tapis ce qui lui a permis d'incarner un véritable idéal sous le Général de Gaulle et Georges Pompidou : cela commence par la fierté de la Nation et la défense de ses valeurs à travers la consécration de la République. Pour cela il faut avoir le courage de tourner le dos à cette Europe-là, qui est destructrice, anti-démocratique et ultra-libérale. Bref, une révolution culturelle pour ceux qui, contrairement à ce qu'ils revendiquent, sont d'abord des héritiers de Giscard avant d'être ceux de De Gaulle. A bons entendeurs....

vendredi 10 janvier 2014

Affaire Dieudonné : stop au pataquès !

Bonjour à tous !

Ah qu'il doit être doux de s'appeler Dieudonné aujourd'hui : tous les jours qui passent depuis les vacances de Noël sont autant de jours où l'instantané médiatique lui fait une gigantesque publicité gratuite. Ce "petit entrepreneur de la haine" comme le surnomme Manuel Valls peut dormir sur ses deux oreilles : à ce train-là, et avec la complicité de son réseau qui l'aide à organiser son insolvabilité, ses vieux jours sont assurés.
Toutefois, il est étonnant que personne ne se soit encore posé la question qui permettrait de remonter à l'origine de tout ce tintamarre. Inutile de chercher bien loin : la presse est encore la coupable, évidemment. Démonstration ? Soit :
-Primo : Dieudonné est dans les radars depuis 2003 et son sketch douteux chez Marc-Olivier Fogiel dans son émission On ne peut pas plaire à tout le monde. Depuis, l'énergumène ne s'est jamais excusé, n'a jamais fait marche arrière. Pire, il a même passé la surmultipliée ;
-Deuxio : l'affaire dite des "quenelles" (pauvres Lyonnais) est sortie en pleines vacances de Noël, alors que cela faisait des mois que des photos de personnes les exécutant circulaient sur le web. De Tony Parker à Yann Barthès, ils sont nombreux à avoir commis ce geste, pour les plus célèbres d'entre eux. De là à dire qu'ils en ignoraient la connotation antisémite... Passe encore pour TP qui est un sportif doté du QI qui va avec et qui, vivant aux USA, est relativement éloigné de ce qui peut se passer en France. En revanche pour Yann Barthès qui se targue de pouvoir tout passer au crible avec son armée de fouille-merde du Petit Journal, j'ai plus de doutes. C'est un autre débat cependant.
-Tertio : rien de neuf ne se passant sous le soleil de France, le pays étant enfin relativement assagi après des mois de tensions suite au "Mariage pour tous", la presse n'avait plus rien à se mettre sous la dent. Pire, pour Le Nouvel Obs, Libé et compagnie, il n'y avait plus de bouc émissaire à désigner à la vindicte populaire, plus de leçon de morale à administrer et il leur était donc impossible de nous sortir leur petit speech prophylactique habituel sur la montée de la "haine" en France. La quenelle de Dieudo tombait donc à point nommée.
Et ce fut alors l'emballement, la crispation, les cris, les avertissements, les interviews d'éminents spécialistes qui nous mettaient une nouvelle fois en garde sur le fait que la France pouvait devenir (ou était déjà devenue) un pays profondément raciste. On pouvait recommencer à meubler pendant des plombes chez BFM ou iTélé, et faire tourner les rotatives chez les journaux précédemment cités. Le pire dans tout ça, c'est de devoir supporter à nouveau les saillies de sachants imbéciles constamment indignés comme Bruno Roger-Petit, Renaud Dély, Laurent Joffrin, Nicolas Demorand ou autre Nathalie Nougayrède.... Débat sclérosé, coupable désigné, sentence à exécuter : interdire les spectacles de Dieudonné, là, maintenant, tout de suite. L'idiot utile - pardon, le bourreau - pour exécuter la sentence : l'excité Manuel Valls, hier vilipendé pour avoir voulu faire rentrer les Roms dans le rang, aujourd'hui loué tel le Christ réssuscité pour avoir dit à M. M'Bala M'Bala que la plaisanterie avait assez duré. 10 ans pour agir, bravo, joli temps de réaction. Et idéal pour le locataire de la Place Bauveau dont on sait qu'il a les dents si longues qu'elles rayent le parquet dans sa course à Matignon, pour succéder à Ayrault après les élections, en attendant 2017. Un plan parfait. Et une victime, une vraie : la liberté d'expression. Car c'est bien là le problème : depuis que des sonneurs de tocsin commencent à être enfin entendus sur la réalité de la politique économique et sociale désastreuse menée conjointement depuis 40 ans par l'UMP et le PS, au service aveugle de la sacro-sainte Europe, il devient urgent de les faire taire. Qu'ils s'appellent Zemmour, Rioufol, Lévy, Finkielkraut,... on les marque à la culotte, on porte plainte dès qu'on peut grâce aux associations anti-racistes financées en grande partie par les deniers publics - et donc l'argent des contribuables. Le fait que des personnes nauséabondes et visiblement monomaniaques telles que Dieudonné, Soral ou Faurisson existent est une opportunité en or pour tous les tenants du politiquement correct : il suffit d'amalgamer les premiers nommés aux seconds et d'en faire les responsables de tous les maux du pays comme vient de le faire Le Nouvel Obs dans son numéro de la semaine. Et le tour est joué. Ni vu, ni connu, j't'embrouille. Mais la ficelle est trop grosse. Les trois spécimens que je viens de mentionner sont des négationnistes avérés qui font des Juifs les responsables de tous les malheurs de la Terre en remettant en cause des faits historiques avérés et incontestables. La question juive a même viré à l'obsession au point d'aller se rendre à Auschwitz pour y exécuter la quenelle. Avouons que leur cas relève clairement de la psychiatrie. Rien à voir avec les sonneurs de tocsin qui ont une analyse large du spectre économico-social en France, en s'appuyant, eux, sur des faits historiques vérifiés. Et qui acceptent des débats avec leurs contradicteurs. Ce qui n'est pas le cas du trio Dieudo-Soral-Faurisson. 
Et puis, si la position de ces derniers sur la question de la Shoah et de la place des Juifs dans la société est hautement discutable et critiquable, il convient de s'interroger sur les origines du mal : comment se fait-il que les interventions de ces messieurs sur le Net rassemblent plusieurs millions de vue à chaque vidéo ? Comment se fait-il que des gens, dont beaucoup ont un boulot et ont fait des études, se précipitent aux spectacles du Franco-Camerounais ? La réponse se trouve à l'école, au Parlement et dans les médias, une nouvelle fois : à l'école, parce que le niveau a tellement baissé et que l'autorité y est tellement bafouée qu'aujourd'hui des enseignants se retrouvent mis en difficulté quand on évoque en classe la Shoah, la colonisation ou l'Evolution ; au Parlement, parce que la multiplication des lois mémorielles, depuis la Loi Gayssot de 2001 qui pénalise la négation de l'Holocauste, n'a visiblement rien arrangé. Il est en effet très difficile d'obliger un individu à penser "convenablement", et ces lois cristallisent les opinions plutôt qu'elles ne les apaisent. Ou l'on démontre encore une fois que ce n'est pas aux politiques d'écrire l'Histoire, mais bien aux historiens et à eux seuls. Le reste appartient au débat public qu'une république démocratique sûre d'elle devrait pouvoir assumer sans crispation. Preuve qu'il y a quelque chose de pourri au royaume de France ; dans les médias, enfin, parce qu'à force d'importer sur les terres françaises le conflit israélo-palestinien, celui-ci s'est aussi invité dans la rue, dans les bistrots, les cités.... Au point qu'on en arrive à voir émerger des Mohamed Merah ou des Youssouf Fofana. Et les horreurs qui vont avec.
Chacun a sa part de responsabilité. Jouer à la vierge effarouchée qui fait semblant de découvrir le problème est parfaitement contre-productif : Dieudonné sera toujours plus populaire, Valls fera toujours davantage son Sarkozy (ne manquent plus que les Ray-Ban) et même Hollande gagne des points dans les sondages désormais ! Comme le fait remarquer très justement Elisabeth Lévy dans son article sur Causeur.fr, il convient d'éduquer, de replacer les choses dans leur contexte en arrêtant avec les lois mémorielles qui ne font en vérité qu'instaurer une très malsaine course à la souffrance pour savoir qui des Juifs, des Arabes ou des Noirs ont été le plus martyrisé par l'Histoire. Parce qu'au final, il n'y aura qu'une seule victime, toujours la même : la République.

dimanche 29 décembre 2013

Bilan 2013 : Obama regarde la Chine, l'Amérique du Sud dans tous ses états, Poutine homme de l'année

Crédits Photo : Wikipedia

Bonjour à tous !

2013 se termine, c'est donc l'heure du bilan. Et comme c'est à la mode, j'ai décidé moi aussi de publier un palmarès. J'ai choisi de retenir trois catégories : évènement, pays et personnalité. Pour chacune de celles-ci, j'ai retenu ce qui a marqué l'actualité sur cette année civile. A l'instar de Time Magazine, je ne porterai pas de jugement critique sur les vainqueurs de ce palmarès, j'expliquerai simplement en quoi ils ont affecté notre existence.

Evènement de l'année : Obama délaisse le Moyen-Orient pour la Chine

A mon sens, trois évènements ont marqué ces douze derniers mois : l'adoption de la loi du mariage dit pour tous, la mort de Nelson Mandela et le changement de braquet dans la politique extérieure américaine. Concernant les deux premiers, je me suis déjà exprimé longuement sur le sujet, je vous renvoie donc à mes précédents articles. Concernant le dernier cité, il convient de s'y attarder plus longuement. C'est assez simple en fait : on a vu Obama refuser de s'engager en Syrie et s'empresser de saisir la main tendue par le nouveau régime iranien pour comprendre que quelque chose avait changé à Washington. Finies les interventions intempestives dans le Golfe Persique. Les USA sont désormais quasi-autosuffisants en hydrocarbures et la grave crise automobile de la fin des années 2000 a fait diminuer drastiquement leur consommation d'essence. La péninsule arabique et le conflit israélo-palestinien ne sont donc plus des enjeux majeurs pour l'Oncle Sam. En revanche, la Chine, avec sa politique monétaire agressive, son impérialisme retrouvé en Mer de Chine (menaces régulières sur Taïwan, tensions avec le Japon concernant les Iles Senkaku notamment) et le fait que ce sous-continent détienne l'essentielle de la dette américaine justifie que le locataire de la Maison Blanche s'y consacre pleinement. Une preuve ? L'US Army a, en prenant tout son monde de court, décidé de montrer les muscles en faisant survoler les Iles Senkaku par plusieurs de ses appareils il y a à peine quelques semaines. Pour exister, la Bannière Etoilée a toujours besoin d'un adversaire identifié qui la stimule : il y eut l'URSS, puis le Mur est tombé. Al Qaida, puis Ben Laden a été tué. Désormais c'est la Chine, ses usines géantes, sa course à l'armement et son trésor de guerre engrangé en exportant à tout-va. L'Empire réussira-t-il encore à l'emporter contre les "méchants" ? La suite en 2014.

Pays de l'année : l'Uruguay légalise complètement le cannabis, de sa culture à sa vente

J'ai déjà eu l'occasion de dire tout le mal que je pensais de la dépénalisation du cannabis dans un article expliquant les méfaits qui découleraient de l'ouverture d'une salle de shoot en plein Paris. Pourtant, un pays s'est offert un sacré coup de pub en étant le premier au monde à totalement institutionnaliser la production et la vente de cette plante si particulière. Besoin de doper le tourisme ? Ou bien simple nécessité de s'affirmer face aux deux mastodontes locaux que sont le Brésil et l'Argentine ? En tout cas, il y a fort à parier que les belles âmes à l'origine de ce pari farfelu ne tarderont pas, d'ici quelques années, à regretter leur largesse législative. L'Homme n'est, par nature, pas taillé pour la permissivité. Enfin, tant qu'ils ne donnent pas de mauvaises idées aux "progressistes" de chez nous, c'est tout ce que je leur demande. 
Pour compléter ce palmarès des pays de l'année, je citerai également le Brésil qui semble perdre la tête : ce pays de football, qui vit, dort et mange pour le ballon rond, a finalement été rattrapé par la réalité de son éveil économique. Les favellas demeurent surpeuplées, la criminalité est à son plus haut, les infrastructures manquent, notamment en terme de transport, et les inégalités de développement entre les mégapoles du littoral atlantique et le reste du pays sont criantes. L'attribution, coup sur coup, du Mondial 2014 et des JO 2016 apportent un éclairage cruel sur les difficultés de ce pays. Enfin, le 3e pays de ce palmarès, c'est l'Afrique du Sud. Après la mort de Mandela, il y a fort à parier que les Blancs ne subissent le même triste sort que ceux du Zimbabwe voisin. Madiba avait compris que la majorité de la richesse du pays venait des Blancs. Une des raisons qui l'avait poussé à ne pas réclamer vengeance. Il n'y a jamais de grandeur d'âme totalement innocente. La corruption du pouvoir, l'insécurité permanente et le ralentissement économique pourraient chasser l'ANC du pouvoir et y amener un clone de Robert Mugabe. Et le pire serait alors à craindre...

Personnalité de l'année : l'ours russe rugit encore !

Avant d'évoquer le vainqueur de cette catégorie, accordons un coup de projecteur aux places d'honneur. A la 3e place, Christiane Taubira qui aura autant brillé par son éloquence et son intelligence que par sa capacité à mettre le pays à feu et à sang. Les bien-pensants auront beau penser que la Manif pour Tous est morte et enterrée, je suis persuadé qu'ils vont trop vite en besogne. Il y a quelque chose de pourri dans le Royaume de France - pour paraphraser Shakespeare. Quelque chose qui s'est enraciné encore plus profondément après la mort de Clément Méric. Le flicage opéré par les gendarmes de la pensée unique tel Bruno Roger-Petit montre chaque jour davantage que la liberté de parole garantie par notre Démocratie n'est désormais plus qu'un vain mot. Au moindre dérapage, Najat Vallaud-Belkacem, Osez le Féminisme ou SOS Racisme dégainent la citation à comparaître. Quelle République peut vivre de la sorte ? Pas la nôtre en tout cas !
Deuxième du classement, le Pape François. En vrai bon jésuite, il a redonné de la modestie à l'Eglise romaine, ainsi qu'à sa fonction. Il a également adopté un discours résolu et sans doute sincère contre la finance sauvage et ses dérives. Mais il s'est également révélé habile communicant concernant l'éventualité d'une modification à la marge du Dogme. Sauf que cela n'arrivera pas. En témoigne son amitié avec son prédécesseur, Benoît XVI, certainement pas connu pour son progressisme, au sens socialiste du terme. De plus, son âge avancé et sa santé fragile démontrent qu'il n'a pas été élu pour assurer un pontificat qui pourrait s'inscrire sur la durée. Il a donc parfaitement conscience qu'il a été choisi pour garantir la bonne tenue de la maison jusqu'à son successeur. Ne doutons pas qu'il saura s'acquitter de cette tâche avec talent, en ancien veilleur de nuit qu'il fut !
Enfin, premier de mon classement, Vladimir Poutine ! Pourquoi ? Parce qu'il a su mettre au pas les velléités occidentales d'ingérence en Syrie, qu'il a poussé à la roue pour une négociation avec les Iraniens et qu'il a réussi à détourner l'Ukraine du miroir aux alouettes qu'est l'Union Européenne. Il a réglé 2013 à son tempo, sans se presser, parlant les yeux dans les yeux avec Barack Obama, comme aux plus belles heures de la Guerre Froide et garantissant ainsi, avec l'émergence de la Chine, de l'Inde et de l'Amérique du Sud, une multipolarisation du Monde, comme on en avait plus vu depuis le Traité de Westphalie. Une nécessité qui évite ainsi la concentration des pouvoirs entre les mains d'une seule puissance. Sur le plan intérieur, Poutine a su se montrer impitoyable envers les tenants du politiquement correct en condamnant la propagande homosexuelle, en punissant ces poules écervelées de Femen et de Pussy Riot et en montrant à l'Occident que l'ingérence dans les affaires d'un pays n'est pas un droit mais une violation de souveraineté. N'en déplaise aux geignards qui quémandent après un boycott de Sotchi sous le prétexte que les homos seraient maltraités outre-Caucase. Poutine incarne le vrai pouvoir, celui d'un homme élu par le peuple et qui bénéficie donc d'une légitimité démocratique pour appliquer sa politique. Une leçon pour nos dirigeants d'Occident ramollis qui se contentent d'appliquer les directives des technocrates non-élus de Bruxelles. Rappelons tout de même qu'avant sa première élection en 2000, Eltsine avait quasiment vendu la Russie aux Américains, facilitant l'émergence d'hommes d'affaires véreux qui avaient ruiné le pays comme Mikhaïl Khodorkovski, présenté à tort comme un opposant courageux au Maître du Kremlin. Non, le seul adversaire de Poutine aujourd'hui, c'est la fragilité de son économie avec une croissance faible (inférieure à 2%) qui pourrait rendre le pays moins indispensable à la table des discussions internationales. Une faiblesse à relativiser toutefois : la Russie n'a jamais eu besoin d'une économie flamboyante pour s'affirmer car elle s'appuie sur un véritable esprit patriotique. Et puis la découverte récente d'importantes mines de diamants en Sibérie lui assurent des lendemains qui chantent, sans aucun doute !

Ainsi se termine ce bilan 2013. Bonnes Fêtes de fin d'année à tous et rendez-vous en 2014.

mardi 17 décembre 2013

Rapport sur l'intégration : mieux vaut en rire !

Jean-Marc Ayrault, lors de son déplacement en Algérie
Crédits Photo : Farouk Batiche/AFP/Le Figaro

Bonjour à tous !

Il a été la bombe du week-end. Le rapport sur l'intégration signé et remis par 250 experts au Premier Ministre, Jean-Marc Ayrault, qui en était le commanditaire. Ce rapport est consultable par tous sur le site de Matignon.
Et quand on lit ce rapport, d'abord on tombe des nues. Ensuite on rit, beaucoup. Parce que c'est tellement énorme qu'on se dit que cela ne peut être vrai. Et pourtant, ils sont 250 à nous énoncer leurs idées de manière très sérieuse. Qu'y découvre-t-on ? D'abord, une remise en cause, à forte valeur symbolique, de la loi sur le voile de 2004. Ou comment remettre le feu aux poudres dans les établissements scolaires, eux qui n'ont déjà pas besoin de ça si l'on se réfère au dernier rapport PISA. On nous explique également que ces messieurs-dames souhaitent instaurer une Cour des Comptes de l'intégration et un délit de harcèlement racial. De jolies appellations creuses : la première va amener à créer une nouvelle administration qui coûtera une fortune au contribuable sans que son existence soit pertinente. La seconde permettra à toutes les belles âmes de clouer au pilori ceux qui osent s'exercer encore à la polémique civilisée, au débat d'idées et à la contestation de la pensée d'une certaine gauche. Votre serviteur fera, à n'en pas douter, partie de la charrette !
La liste des mesures prônée par cette commission imbécile est longue et je ne la retranscris pas de manière exhaustive. Mais peu importe, l'essentiel est dit : ces experts, payés eux aussi par le contribuable, entendent tout simplement déconstruire la France et son modèle républicain pour en faire un territoire où le Français ne sera plus qu'une langue dominante parmi d'autres (il est notamment recommandé d'appuyer fortement l'apprentissage de l'arabe) et où l'Histoire de notre glorieuse Nation sera élimée pour permettre des séances d'auto-flagellation collective : esclavage, colonisation et j'en passe ! Un véritable hommage à la politique d'intégration anglo-saxonne, avec tous les ravages que cela comporte.
Ce matin, dans Le Point, Charles Consigny notait, non sans amertume et colère, qu'un pays qui oublie ses morts et son passé n'est plus une nation mais un territoire sans âme. Je lui donne pleinement raison. Ces pseudo-intellectuels de pacotille méprisent notre pays, ses valeurs et ses douleurs. Et pourquoi ? Par bonté d'âme ? Même pas ! Simplement pour s'assurer des voix pour les prochaines élections. Car de la même façon que nombre de parlementaires de Gauche réclament l'ouverture du droit de vote aux élections locales pour les étrangers hors-UE, ce rapport procède de la même manoeuvre. Ils ont en effet tous un même chiffre en tête : 93%. C'est la proportion de musulmans ayant voté pour Hollande en 2012. Le think-tank Terra Nova, qui supervise et chapeaute la boîte à idées du PS, en a bien conscience. Et ils font d'autant plus pression pour faire appliquer ce programme nauséabond que leur marionnette, Harlem Désir, a les clés du camion Rue de Solférino.
Fort heureusement, nombre de députés et sénateurs socialistes ont encore un semblant de conscience professionnelle et ont rué dans les brancards à la lecture du rapport. Quant à François Hollande, il sait parfaitement ce qu'il risque à jouer avec le feu avec la population française. Alors Jean-Marc Ayrault s'est fait tancer vertement. Par Manuel Valls, qui pense à Matignon tous les jours en se rasant comme son clône de Droite, Sarkozy, le faisait en son temps à propos de l'Elysée. Et par son patron du Faubourg Saint-Honoré. La bourde de trop qui scelle certainement son sort. Et qui permet de mettre en perspective toute l'habileté de Fillon qui avait su intelligemment manoeuvrer pour conserver son poste lors du précédent quinquennat. 
Aujourd'hui, la France souffre et tremble. Il faut donc redéfinir les grands principes nationaux et républicains de notre patrie afin que chacun se sente rassuré et sache où va notre pays. Or, avec un pareil torchon, on va à rebours de la bonne attitude. Le seul gagnant, finalement, ce sera le FN, qui continuera à rogner l'électorat de l'UMP. Ce dont le PS a pleinement conscience. Une bien basse tactique électoraliste, détestable au possible. Mais on a appris depuis Mitterrand que l'honneur était bien la dernière vertu mise en avant lorsqu'il s'agissait de politique. Et c'est finalement là ce qu'il y a de plus triste dans cette morne histoire...