lundi 27 janvier 2014

"Jour de colère" : des raisons de s'inquiéter ?

Bonjour à tous !

Il ne vous a pas échappé qu'hier se rassemblaient plusieurs milliers de personnes dans Paris pour manifester contre François Hollande. Comme d'habitude, ils étaient 2000 selon les policiers, 2,5 millions selon les organisateurs. Le chiffre importe peu toutefois, le décorticage sociologique du cortège importe davantage.
Pêle-mêle défilaient des Bonnets rouges bretons, des "dieudonnistes" oscillant entre altermondialistes anti-système (en l'absence de Nicolas Anelka, quel dommage...) et apôtres de la liberté d'expression (tant qu'on tape sur les Juifs et la Shoah), des patrons étranglés de charges, des égarés de la Manif pour Tous, etc, etc. En premier lieu, il convient de constater qu'il est assez rare qu'un homme politique au pouvoir concentre à ce point des ressentiments aussi variés et aussi forts. Chirac, Sarkozy ou Mitterrand avaient, en leur temps, connu le plancher des sondages. Mais François Hollande semble désespérer les gens plus que de coutume. Il y aurait plusieurs explications à cela, mais ce n'est pas (fondamentalement) le sujet, car il est vrai que depuis 40 ans et l'émergence du chômage de masse, la défiance des Français envers leur classe politique n'a cessé de croître.
Le problème de la Gauche au pouvoir, à sa décharge, est d'avoir été la goutte d'eau qui fit déborder le vase. Les électeurs attendaient une énième rupture avec un énième plan de redémarrage économique : il n'a pas eu lieu et n'aura sans doute pas lieu dans les mois qui viennent. Ajoutons que les différents ministres n'assument pas leur échec face à la promesse d'inverser la courbe du chômage avant fin 2013 et avouons qu'il y a de quoi être consterné. 
Ce qui a sans doute agi comme un détonateur chez ses protestataires aussi divers, c'est de constater à quel point la politique économique du Corrézien ressemblait à s'y méprendre à celle de son prédécesseur, pourtant si décrié par l'opposition socialiste de l'époque. A ce titre, la conférence de presse d'il y a 15 jours s'est avéré un révélateur pour des millions de Français qui ont pris cette consternante réalité en pleine figure : Droite ou Gauche, le libéralisme prévaut, l'Etat sacrifiera ce qu'il faudra pour rentrer dans les clous fixés par Bruxelles et Berlin : baisse des charges pour les entreprises, réduction des dépenses de l'Etat (en attendant qu'on touche à la Sécu et aux prestations sociales). Pour les personnes au chômage ou en situation de précarité ? Rien, nada. Juste la satisfaction de pouvoir se marier entre soi si l'on est gay et d'envoyer ses enfants apprendre à l'école qu'une fille peut aussi uriner debout et qu'un garçon pourra enfin assumer au grand jour qu'il préfère jouer avec Barbie plutôt qu'avec Batman : joie !
A une époque où les réseaux sociaux tournent à plein régime, il est alors aisé pour une bande d'hurluberlus sans lien véritable les uns avec les autres de s'organiser une petite virée dans Paris pour aller crier sa colère. En oubliant quelque chose de fondamental : François Hollande ne démissionnera pas ! Il n'est pas le Général de Gaulle et est déterminé à s'accrocher à l'Elysée. Après tout, c'est son droit le plus strict, les institutions le prévoient et elles existent pour être respectées. Le président en exercice a été élu de plein droit à la majorité absolue des suffrages universels. La Démocratie a parlé. 
Alors, plutôt que de s'époumoner pour demander quelque chose de complètement irréalisable et d'en faire un prétexte pour aller manifester toute sa rage débilitante dans Paris, il serait plus constructif de faire des états-généraux de l'opposition afin de se mettre en ordre de bataille pour 2017. Parce que la Droite française court actuellement n'importe comment, à l'image d'un canard sans tête. Et les petits mouvements communautaires en profitent pour la déborder de toute part, rendant son message inaudible. D'autant plus inaudible qu'elle n'a rien trouvé à redire sur le virage libéral enfin assumé de François Hollande. Difficile en effet de contredire une idée que l'on partage.
La Droite doit donc retrouver sa crédibilité en remettant au centre du tapis ce qui lui a permis d'incarner un véritable idéal sous le Général de Gaulle et Georges Pompidou : cela commence par la fierté de la Nation et la défense de ses valeurs à travers la consécration de la République. Pour cela il faut avoir le courage de tourner le dos à cette Europe-là, qui est destructrice, anti-démocratique et ultra-libérale. Bref, une révolution culturelle pour ceux qui, contrairement à ce qu'ils revendiquent, sont d'abord des héritiers de Giscard avant d'être ceux de De Gaulle. A bons entendeurs....

vendredi 10 janvier 2014

Affaire Dieudonné : stop au pataquès !

Bonjour à tous !

Ah qu'il doit être doux de s'appeler Dieudonné aujourd'hui : tous les jours qui passent depuis les vacances de Noël sont autant de jours où l'instantané médiatique lui fait une gigantesque publicité gratuite. Ce "petit entrepreneur de la haine" comme le surnomme Manuel Valls peut dormir sur ses deux oreilles : à ce train-là, et avec la complicité de son réseau qui l'aide à organiser son insolvabilité, ses vieux jours sont assurés.
Toutefois, il est étonnant que personne ne se soit encore posé la question qui permettrait de remonter à l'origine de tout ce tintamarre. Inutile de chercher bien loin : la presse est encore la coupable, évidemment. Démonstration ? Soit :
-Primo : Dieudonné est dans les radars depuis 2003 et son sketch douteux chez Marc-Olivier Fogiel dans son émission On ne peut pas plaire à tout le monde. Depuis, l'énergumène ne s'est jamais excusé, n'a jamais fait marche arrière. Pire, il a même passé la surmultipliée ;
-Deuxio : l'affaire dite des "quenelles" (pauvres Lyonnais) est sortie en pleines vacances de Noël, alors que cela faisait des mois que des photos de personnes les exécutant circulaient sur le web. De Tony Parker à Yann Barthès, ils sont nombreux à avoir commis ce geste, pour les plus célèbres d'entre eux. De là à dire qu'ils en ignoraient la connotation antisémite... Passe encore pour TP qui est un sportif doté du QI qui va avec et qui, vivant aux USA, est relativement éloigné de ce qui peut se passer en France. En revanche pour Yann Barthès qui se targue de pouvoir tout passer au crible avec son armée de fouille-merde du Petit Journal, j'ai plus de doutes. C'est un autre débat cependant.
-Tertio : rien de neuf ne se passant sous le soleil de France, le pays étant enfin relativement assagi après des mois de tensions suite au "Mariage pour tous", la presse n'avait plus rien à se mettre sous la dent. Pire, pour Le Nouvel Obs, Libé et compagnie, il n'y avait plus de bouc émissaire à désigner à la vindicte populaire, plus de leçon de morale à administrer et il leur était donc impossible de nous sortir leur petit speech prophylactique habituel sur la montée de la "haine" en France. La quenelle de Dieudo tombait donc à point nommée.
Et ce fut alors l'emballement, la crispation, les cris, les avertissements, les interviews d'éminents spécialistes qui nous mettaient une nouvelle fois en garde sur le fait que la France pouvait devenir (ou était déjà devenue) un pays profondément raciste. On pouvait recommencer à meubler pendant des plombes chez BFM ou iTélé, et faire tourner les rotatives chez les journaux précédemment cités. Le pire dans tout ça, c'est de devoir supporter à nouveau les saillies de sachants imbéciles constamment indignés comme Bruno Roger-Petit, Renaud Dély, Laurent Joffrin, Nicolas Demorand ou autre Nathalie Nougayrède.... Débat sclérosé, coupable désigné, sentence à exécuter : interdire les spectacles de Dieudonné, là, maintenant, tout de suite. L'idiot utile - pardon, le bourreau - pour exécuter la sentence : l'excité Manuel Valls, hier vilipendé pour avoir voulu faire rentrer les Roms dans le rang, aujourd'hui loué tel le Christ réssuscité pour avoir dit à M. M'Bala M'Bala que la plaisanterie avait assez duré. 10 ans pour agir, bravo, joli temps de réaction. Et idéal pour le locataire de la Place Bauveau dont on sait qu'il a les dents si longues qu'elles rayent le parquet dans sa course à Matignon, pour succéder à Ayrault après les élections, en attendant 2017. Un plan parfait. Et une victime, une vraie : la liberté d'expression. Car c'est bien là le problème : depuis que des sonneurs de tocsin commencent à être enfin entendus sur la réalité de la politique économique et sociale désastreuse menée conjointement depuis 40 ans par l'UMP et le PS, au service aveugle de la sacro-sainte Europe, il devient urgent de les faire taire. Qu'ils s'appellent Zemmour, Rioufol, Lévy, Finkielkraut,... on les marque à la culotte, on porte plainte dès qu'on peut grâce aux associations anti-racistes financées en grande partie par les deniers publics - et donc l'argent des contribuables. Le fait que des personnes nauséabondes et visiblement monomaniaques telles que Dieudonné, Soral ou Faurisson existent est une opportunité en or pour tous les tenants du politiquement correct : il suffit d'amalgamer les premiers nommés aux seconds et d'en faire les responsables de tous les maux du pays comme vient de le faire Le Nouvel Obs dans son numéro de la semaine. Et le tour est joué. Ni vu, ni connu, j't'embrouille. Mais la ficelle est trop grosse. Les trois spécimens que je viens de mentionner sont des négationnistes avérés qui font des Juifs les responsables de tous les malheurs de la Terre en remettant en cause des faits historiques avérés et incontestables. La question juive a même viré à l'obsession au point d'aller se rendre à Auschwitz pour y exécuter la quenelle. Avouons que leur cas relève clairement de la psychiatrie. Rien à voir avec les sonneurs de tocsin qui ont une analyse large du spectre économico-social en France, en s'appuyant, eux, sur des faits historiques vérifiés. Et qui acceptent des débats avec leurs contradicteurs. Ce qui n'est pas le cas du trio Dieudo-Soral-Faurisson. 
Et puis, si la position de ces derniers sur la question de la Shoah et de la place des Juifs dans la société est hautement discutable et critiquable, il convient de s'interroger sur les origines du mal : comment se fait-il que les interventions de ces messieurs sur le Net rassemblent plusieurs millions de vue à chaque vidéo ? Comment se fait-il que des gens, dont beaucoup ont un boulot et ont fait des études, se précipitent aux spectacles du Franco-Camerounais ? La réponse se trouve à l'école, au Parlement et dans les médias, une nouvelle fois : à l'école, parce que le niveau a tellement baissé et que l'autorité y est tellement bafouée qu'aujourd'hui des enseignants se retrouvent mis en difficulté quand on évoque en classe la Shoah, la colonisation ou l'Evolution ; au Parlement, parce que la multiplication des lois mémorielles, depuis la Loi Gayssot de 2001 qui pénalise la négation de l'Holocauste, n'a visiblement rien arrangé. Il est en effet très difficile d'obliger un individu à penser "convenablement", et ces lois cristallisent les opinions plutôt qu'elles ne les apaisent. Ou l'on démontre encore une fois que ce n'est pas aux politiques d'écrire l'Histoire, mais bien aux historiens et à eux seuls. Le reste appartient au débat public qu'une république démocratique sûre d'elle devrait pouvoir assumer sans crispation. Preuve qu'il y a quelque chose de pourri au royaume de France ; dans les médias, enfin, parce qu'à force d'importer sur les terres françaises le conflit israélo-palestinien, celui-ci s'est aussi invité dans la rue, dans les bistrots, les cités.... Au point qu'on en arrive à voir émerger des Mohamed Merah ou des Youssouf Fofana. Et les horreurs qui vont avec.
Chacun a sa part de responsabilité. Jouer à la vierge effarouchée qui fait semblant de découvrir le problème est parfaitement contre-productif : Dieudonné sera toujours plus populaire, Valls fera toujours davantage son Sarkozy (ne manquent plus que les Ray-Ban) et même Hollande gagne des points dans les sondages désormais ! Comme le fait remarquer très justement Elisabeth Lévy dans son article sur Causeur.fr, il convient d'éduquer, de replacer les choses dans leur contexte en arrêtant avec les lois mémorielles qui ne font en vérité qu'instaurer une très malsaine course à la souffrance pour savoir qui des Juifs, des Arabes ou des Noirs ont été le plus martyrisé par l'Histoire. Parce qu'au final, il n'y aura qu'une seule victime, toujours la même : la République.

dimanche 29 décembre 2013

Bilan 2013 : Obama regarde la Chine, l'Amérique du Sud dans tous ses états, Poutine homme de l'année

Crédits Photo : Wikipedia

Bonjour à tous !

2013 se termine, c'est donc l'heure du bilan. Et comme c'est à la mode, j'ai décidé moi aussi de publier un palmarès. J'ai choisi de retenir trois catégories : évènement, pays et personnalité. Pour chacune de celles-ci, j'ai retenu ce qui a marqué l'actualité sur cette année civile. A l'instar de Time Magazine, je ne porterai pas de jugement critique sur les vainqueurs de ce palmarès, j'expliquerai simplement en quoi ils ont affecté notre existence.

Evènement de l'année : Obama délaisse le Moyen-Orient pour la Chine

A mon sens, trois évènements ont marqué ces douze derniers mois : l'adoption de la loi du mariage dit pour tous, la mort de Nelson Mandela et le changement de braquet dans la politique extérieure américaine. Concernant les deux premiers, je me suis déjà exprimé longuement sur le sujet, je vous renvoie donc à mes précédents articles. Concernant le dernier cité, il convient de s'y attarder plus longuement. C'est assez simple en fait : on a vu Obama refuser de s'engager en Syrie et s'empresser de saisir la main tendue par le nouveau régime iranien pour comprendre que quelque chose avait changé à Washington. Finies les interventions intempestives dans le Golfe Persique. Les USA sont désormais quasi-autosuffisants en hydrocarbures et la grave crise automobile de la fin des années 2000 a fait diminuer drastiquement leur consommation d'essence. La péninsule arabique et le conflit israélo-palestinien ne sont donc plus des enjeux majeurs pour l'Oncle Sam. En revanche, la Chine, avec sa politique monétaire agressive, son impérialisme retrouvé en Mer de Chine (menaces régulières sur Taïwan, tensions avec le Japon concernant les Iles Senkaku notamment) et le fait que ce sous-continent détienne l'essentielle de la dette américaine justifie que le locataire de la Maison Blanche s'y consacre pleinement. Une preuve ? L'US Army a, en prenant tout son monde de court, décidé de montrer les muscles en faisant survoler les Iles Senkaku par plusieurs de ses appareils il y a à peine quelques semaines. Pour exister, la Bannière Etoilée a toujours besoin d'un adversaire identifié qui la stimule : il y eut l'URSS, puis le Mur est tombé. Al Qaida, puis Ben Laden a été tué. Désormais c'est la Chine, ses usines géantes, sa course à l'armement et son trésor de guerre engrangé en exportant à tout-va. L'Empire réussira-t-il encore à l'emporter contre les "méchants" ? La suite en 2014.

Pays de l'année : l'Uruguay légalise complètement le cannabis, de sa culture à sa vente

J'ai déjà eu l'occasion de dire tout le mal que je pensais de la dépénalisation du cannabis dans un article expliquant les méfaits qui découleraient de l'ouverture d'une salle de shoot en plein Paris. Pourtant, un pays s'est offert un sacré coup de pub en étant le premier au monde à totalement institutionnaliser la production et la vente de cette plante si particulière. Besoin de doper le tourisme ? Ou bien simple nécessité de s'affirmer face aux deux mastodontes locaux que sont le Brésil et l'Argentine ? En tout cas, il y a fort à parier que les belles âmes à l'origine de ce pari farfelu ne tarderont pas, d'ici quelques années, à regretter leur largesse législative. L'Homme n'est, par nature, pas taillé pour la permissivité. Enfin, tant qu'ils ne donnent pas de mauvaises idées aux "progressistes" de chez nous, c'est tout ce que je leur demande. 
Pour compléter ce palmarès des pays de l'année, je citerai également le Brésil qui semble perdre la tête : ce pays de football, qui vit, dort et mange pour le ballon rond, a finalement été rattrapé par la réalité de son éveil économique. Les favellas demeurent surpeuplées, la criminalité est à son plus haut, les infrastructures manquent, notamment en terme de transport, et les inégalités de développement entre les mégapoles du littoral atlantique et le reste du pays sont criantes. L'attribution, coup sur coup, du Mondial 2014 et des JO 2016 apportent un éclairage cruel sur les difficultés de ce pays. Enfin, le 3e pays de ce palmarès, c'est l'Afrique du Sud. Après la mort de Mandela, il y a fort à parier que les Blancs ne subissent le même triste sort que ceux du Zimbabwe voisin. Madiba avait compris que la majorité de la richesse du pays venait des Blancs. Une des raisons qui l'avait poussé à ne pas réclamer vengeance. Il n'y a jamais de grandeur d'âme totalement innocente. La corruption du pouvoir, l'insécurité permanente et le ralentissement économique pourraient chasser l'ANC du pouvoir et y amener un clone de Robert Mugabe. Et le pire serait alors à craindre...

Personnalité de l'année : l'ours russe rugit encore !

Avant d'évoquer le vainqueur de cette catégorie, accordons un coup de projecteur aux places d'honneur. A la 3e place, Christiane Taubira qui aura autant brillé par son éloquence et son intelligence que par sa capacité à mettre le pays à feu et à sang. Les bien-pensants auront beau penser que la Manif pour Tous est morte et enterrée, je suis persuadé qu'ils vont trop vite en besogne. Il y a quelque chose de pourri dans le Royaume de France - pour paraphraser Shakespeare. Quelque chose qui s'est enraciné encore plus profondément après la mort de Clément Méric. Le flicage opéré par les gendarmes de la pensée unique tel Bruno Roger-Petit montre chaque jour davantage que la liberté de parole garantie par notre Démocratie n'est désormais plus qu'un vain mot. Au moindre dérapage, Najat Vallaud-Belkacem, Osez le Féminisme ou SOS Racisme dégainent la citation à comparaître. Quelle République peut vivre de la sorte ? Pas la nôtre en tout cas !
Deuxième du classement, le Pape François. En vrai bon jésuite, il a redonné de la modestie à l'Eglise romaine, ainsi qu'à sa fonction. Il a également adopté un discours résolu et sans doute sincère contre la finance sauvage et ses dérives. Mais il s'est également révélé habile communicant concernant l'éventualité d'une modification à la marge du Dogme. Sauf que cela n'arrivera pas. En témoigne son amitié avec son prédécesseur, Benoît XVI, certainement pas connu pour son progressisme, au sens socialiste du terme. De plus, son âge avancé et sa santé fragile démontrent qu'il n'a pas été élu pour assurer un pontificat qui pourrait s'inscrire sur la durée. Il a donc parfaitement conscience qu'il a été choisi pour garantir la bonne tenue de la maison jusqu'à son successeur. Ne doutons pas qu'il saura s'acquitter de cette tâche avec talent, en ancien veilleur de nuit qu'il fut !
Enfin, premier de mon classement, Vladimir Poutine ! Pourquoi ? Parce qu'il a su mettre au pas les velléités occidentales d'ingérence en Syrie, qu'il a poussé à la roue pour une négociation avec les Iraniens et qu'il a réussi à détourner l'Ukraine du miroir aux alouettes qu'est l'Union Européenne. Il a réglé 2013 à son tempo, sans se presser, parlant les yeux dans les yeux avec Barack Obama, comme aux plus belles heures de la Guerre Froide et garantissant ainsi, avec l'émergence de la Chine, de l'Inde et de l'Amérique du Sud, une multipolarisation du Monde, comme on en avait plus vu depuis le Traité de Westphalie. Une nécessité qui évite ainsi la concentration des pouvoirs entre les mains d'une seule puissance. Sur le plan intérieur, Poutine a su se montrer impitoyable envers les tenants du politiquement correct en condamnant la propagande homosexuelle, en punissant ces poules écervelées de Femen et de Pussy Riot et en montrant à l'Occident que l'ingérence dans les affaires d'un pays n'est pas un droit mais une violation de souveraineté. N'en déplaise aux geignards qui quémandent après un boycott de Sotchi sous le prétexte que les homos seraient maltraités outre-Caucase. Poutine incarne le vrai pouvoir, celui d'un homme élu par le peuple et qui bénéficie donc d'une légitimité démocratique pour appliquer sa politique. Une leçon pour nos dirigeants d'Occident ramollis qui se contentent d'appliquer les directives des technocrates non-élus de Bruxelles. Rappelons tout de même qu'avant sa première élection en 2000, Eltsine avait quasiment vendu la Russie aux Américains, facilitant l'émergence d'hommes d'affaires véreux qui avaient ruiné le pays comme Mikhaïl Khodorkovski, présenté à tort comme un opposant courageux au Maître du Kremlin. Non, le seul adversaire de Poutine aujourd'hui, c'est la fragilité de son économie avec une croissance faible (inférieure à 2%) qui pourrait rendre le pays moins indispensable à la table des discussions internationales. Une faiblesse à relativiser toutefois : la Russie n'a jamais eu besoin d'une économie flamboyante pour s'affirmer car elle s'appuie sur un véritable esprit patriotique. Et puis la découverte récente d'importantes mines de diamants en Sibérie lui assurent des lendemains qui chantent, sans aucun doute !

Ainsi se termine ce bilan 2013. Bonnes Fêtes de fin d'année à tous et rendez-vous en 2014.

mardi 17 décembre 2013

Rapport sur l'intégration : mieux vaut en rire !

Jean-Marc Ayrault, lors de son déplacement en Algérie
Crédits Photo : Farouk Batiche/AFP/Le Figaro

Bonjour à tous !

Il a été la bombe du week-end. Le rapport sur l'intégration signé et remis par 250 experts au Premier Ministre, Jean-Marc Ayrault, qui en était le commanditaire. Ce rapport est consultable par tous sur le site de Matignon.
Et quand on lit ce rapport, d'abord on tombe des nues. Ensuite on rit, beaucoup. Parce que c'est tellement énorme qu'on se dit que cela ne peut être vrai. Et pourtant, ils sont 250 à nous énoncer leurs idées de manière très sérieuse. Qu'y découvre-t-on ? D'abord, une remise en cause, à forte valeur symbolique, de la loi sur le voile de 2004. Ou comment remettre le feu aux poudres dans les établissements scolaires, eux qui n'ont déjà pas besoin de ça si l'on se réfère au dernier rapport PISA. On nous explique également que ces messieurs-dames souhaitent instaurer une Cour des Comptes de l'intégration et un délit de harcèlement racial. De jolies appellations creuses : la première va amener à créer une nouvelle administration qui coûtera une fortune au contribuable sans que son existence soit pertinente. La seconde permettra à toutes les belles âmes de clouer au pilori ceux qui osent s'exercer encore à la polémique civilisée, au débat d'idées et à la contestation de la pensée d'une certaine gauche. Votre serviteur fera, à n'en pas douter, partie de la charrette !
La liste des mesures prônée par cette commission imbécile est longue et je ne la retranscris pas de manière exhaustive. Mais peu importe, l'essentiel est dit : ces experts, payés eux aussi par le contribuable, entendent tout simplement déconstruire la France et son modèle républicain pour en faire un territoire où le Français ne sera plus qu'une langue dominante parmi d'autres (il est notamment recommandé d'appuyer fortement l'apprentissage de l'arabe) et où l'Histoire de notre glorieuse Nation sera élimée pour permettre des séances d'auto-flagellation collective : esclavage, colonisation et j'en passe ! Un véritable hommage à la politique d'intégration anglo-saxonne, avec tous les ravages que cela comporte.
Ce matin, dans Le Point, Charles Consigny notait, non sans amertume et colère, qu'un pays qui oublie ses morts et son passé n'est plus une nation mais un territoire sans âme. Je lui donne pleinement raison. Ces pseudo-intellectuels de pacotille méprisent notre pays, ses valeurs et ses douleurs. Et pourquoi ? Par bonté d'âme ? Même pas ! Simplement pour s'assurer des voix pour les prochaines élections. Car de la même façon que nombre de parlementaires de Gauche réclament l'ouverture du droit de vote aux élections locales pour les étrangers hors-UE, ce rapport procède de la même manoeuvre. Ils ont en effet tous un même chiffre en tête : 93%. C'est la proportion de musulmans ayant voté pour Hollande en 2012. Le think-tank Terra Nova, qui supervise et chapeaute la boîte à idées du PS, en a bien conscience. Et ils font d'autant plus pression pour faire appliquer ce programme nauséabond que leur marionnette, Harlem Désir, a les clés du camion Rue de Solférino.
Fort heureusement, nombre de députés et sénateurs socialistes ont encore un semblant de conscience professionnelle et ont rué dans les brancards à la lecture du rapport. Quant à François Hollande, il sait parfaitement ce qu'il risque à jouer avec le feu avec la population française. Alors Jean-Marc Ayrault s'est fait tancer vertement. Par Manuel Valls, qui pense à Matignon tous les jours en se rasant comme son clône de Droite, Sarkozy, le faisait en son temps à propos de l'Elysée. Et par son patron du Faubourg Saint-Honoré. La bourde de trop qui scelle certainement son sort. Et qui permet de mettre en perspective toute l'habileté de Fillon qui avait su intelligemment manoeuvrer pour conserver son poste lors du précédent quinquennat. 
Aujourd'hui, la France souffre et tremble. Il faut donc redéfinir les grands principes nationaux et républicains de notre patrie afin que chacun se sente rassuré et sache où va notre pays. Or, avec un pareil torchon, on va à rebours de la bonne attitude. Le seul gagnant, finalement, ce sera le FN, qui continuera à rogner l'électorat de l'UMP. Ce dont le PS a pleinement conscience. Une bien basse tactique électoraliste, détestable au possible. Mais on a appris depuis Mitterrand que l'honneur était bien la dernière vertu mise en avant lorsqu'il s'agissait de politique. Et c'est finalement là ce qu'il y a de plus triste dans cette morne histoire...

vendredi 6 décembre 2013

Nelson Mandela, 1918-2013 : un Géant nous a quittés

Nelson Mandela, Cape Town, 1990
Crédits Photo : Walter Dhladhla/AFP/lefigaro.fr


Bonsoir à tous 

Il y a des moments heureux dans une vie. Des visages souriants d'anonymes, que l'on croise au détour d'une vie. Il y a des destins, certains s'inscrivant dans la joie, d'autres dans la peine. D'autres encore dans l'adversité. Ce soir, ce n'est pas un moment heureux. C'est un moment difficile pour le monde entier. Car il est rare de voir une personnalité provoquer à ce point le respect, l'unanimité autour d'elle dans le monde entier. Or, avec l'humilité qui le caractérise, Nelson "Madiba" Mandela a réalisé cet exploit, justement parce qu'il triompha avec brio d'une adversité retorse.
Plus qu'un citoyen, plus qu'un politique chevronné, plus qu'un résistant militant et convaincu, c'est un symbole qui nous quitte. Celui d'un homme qui croyait en ses convictions plus qu'en toute autre chose. Au point de sacrifier sa famille pour cette cause. Madiba était en prison lorsque l'un de ses fils s'est tué dans un accident de voiture. Il a eu trois femmes différentes. Et ce n'est qu'à 80 ans qu'il décida enfin de s'accorder le repos qu'il méritait plus que quiconque pour s'occuper des siens.
Le symbole incarné par l'enfant de Mvezo, où il est né (Province du Cap), c'est celui du pardon comme clé de réunification d'une nation abîmée dans la ségrégation raciale. Car on a tous en mémoire sa résistance à l'Apartheid, ce régime de la honte, ultime avatar d'une colonisation anglo-saxonne visant à un remplacement de population plus qu'à une coopération avec les autochtones. On conserve à l'esprit ses années de captivité à Robben Island et le fait qu'il fut le premier président noir d'un pays aux plaies béantes.
Mais le tour de force de Mandela, c'est d'avoir su pardonner. Il a pardonné à ses geôliers, et il l'a montré, par exemple, en acceptant d'avoir des Blancs dans son service de sécurité. Mandela a également réussi à donner une crédibilité économique à son pays en se servant du sport comme vecteur de développement. Tout le monde se souvient de son visage éclairé lorsqu'il remit la Coupe du Monde de rugby à François Pienaar, le capitaines des Boks, en 1995. L'Afrique du Sud est également le premier pays à avoir organisé une Coupe du Monde de football.
Il laisse la présidence en 1999 après un seul et unique mandat. Qu'en reste-t-il aujourd'hui ? Un pays où un parti politique écrase les autres, l'ANC, où la corruption des élites fait rage, jusqu'à la présidence, et où les Noirs ont aujourd'hui un sentiment de revanche très fort envers les Blancs, dans un climat d'insécurité grandissant.
Vous me direz que je dresse là un tableau bien sombre, et c'est vrai. Peut-être est-ce pour ne pas voir cela que Madiba a choisi de nous quitter, de peur de voir son héritage bafoué. 
Il y aurait beaucoup à dire sur Nelson Mandela, né, comme un symbole, en 1918. Il connut ainsi la 2e Guerre Mondiale, la Guerre Froide et la Mondialisation, corollaire d'un monde redevenu multipolaire, comme au lendemain du Traité de Westphalie, en 1648. Témoin de son temps, témoin d'un monde qui aura autant évolué en si peu de temps, il serait regrettable que l'oeuvre de Mandela ne devienne qu'un mythe, une légende sans lendemain à cause de la haine, de l'esprit de revanche.
N'oublions jamais que le plus beau legs que Nelson Mandela nous laisse, c'est sa main tendue envers les tortionnaires du peuple noir de ce pays d'Afrique méridionale. Car plus qu'un geste, il témoigne d'une grandeur d'âme sans commune mesure, une véritable leçon pour tout à chacun. Reste l'espoir, ce même sentiment qui anima le coeur du prisonnier n° 46664 à Robben Island. Les Sud-Africains ont, à cet égard, une lourde tâche qui les attend. Qu'ils n'oublient pas que, désormais, un grand Homme les observe.
Repose en paix, Madiba.

mardi 3 décembre 2013

La Gauche française à la croisée des chemins : internationalisme ou patriotisme ?

Jacques Julliard, théoricien et historien de la Gauche française
Crédits Photo : Mathieu Riegler/Wikicommons

Bonjour à tous !
Ces dernières semaines est paru un ouvrage éclairant sur la Gauche française Les Gauches françaises. 1762-2012 : Histoire, politique et imaginaire chez Flammarion. L'auteur en est Jacques Julliard, homme de presse et essayiste. Un travail remarquable effectué par un homme qui ne l'est pas moins. Toutefois, il y a erreur de diagnostic dans son logiciel de décryptage, et cela m'a frappé lors de son intervention dans Le Point de cette semaine. Il fustige en effet dans son interview une Gauche française qu'il estime repliée sur elle-même, engoncée dans une sorte de nationalo-patriotisme de mauvais aloi qui ferait le jeu de ceux que l'hebdomadaire appelle abusivement "néocons" - alors qu'il s'agit de réactionnaires en réalité, mais ne nous égarons pas.
Le même Jacques Julliard, donc, nous explique que la Gauche française doit redevenir internationaliste, c'est-à-dire se tourner à nouveau vers l'Europe et avoir autant d'empathie pour le petit ouvrier bengalais que pour le fonctionnaire d'Oyonnax. 
C'est un point de vue. Après tout la misère est partout condamnable. Mais M. Julliard commet 2 erreurs dans son jugement. D'abord, la Gauche française n'a jamais été aussi internationaliste que maintenant. Après tout, s'inspirant de ce qui se fait "ailleurs", elle a légalisé le mariage homosexuel. Elle a continué obstinément à faire copain-copain avec Mme Merkel, dans l'exacte droite ligne de ce qu'avait fait le Président Sarkozy en son temps. Elle a bataillé ferme pour s'engager militairement en Syrie avant de se dégonfler comme une baudruche quand Barack Obama a froncé les sourcils. Elle est prête à valider les salles de shoot, l'abolition de la prostitution, la GPA... Autant de parti-pris sociétaux qui ont déjà été essayés dans ce fameux "ailleurs" qui est tellement mieux que cette France rance, conservatrice, aux relents racistes et, sainte horreur !, catholique (pensez donc, le catholicisme ne représente jamais que 1500 ans de notre Histoire depuis le baptême de Clovis mais passons). Et tout cela en continuant à faire des concessions aux entreprises, en ne faisant rien pour lutter contre les délocalisations ni les paradis fiscaux. Alors quand M. Julliard dit que la Gauche française ne prend pas suffisamment en compte le devenir du petit ouvrier bengalais, il se trompe lourdement : en réalité, elle lui fournit du travail. Celui des ouvriers français...
La deuxième erreur d'analyse du journaliste,  c'est de dire que la Gauche française n'a pas de destin patriotique. Et là encore, il se trompe. Rappelons qu'historiquement, ce sont ceux qui étaient pour l'exécution de Louis XVI qui se sont mis à gauche de l'Assemblée. Les mêmes qui, 200 ans plus tard, ont fait abolir la peine de mort. Détail délicieux de l'Histoire. Rappelons encore, comme je l'ai déjà évoqué sur ce blog, que la préférence nationale, honnie par les belles âmes, est une idée révolutionnaire. Tout comme le droit du sang ! La Gauche a donc toujours été patriotique, et pas qu'en France ! Il n'y a guère que Marx pour avoir cru en une idiotie de l'internationale ouvrière. Regardez l'URSS et le culte de la personnalité autour de Lénine et Staline. Regardez la Chine maoïste, aux relents plus nationalistes que jamais, en témoigne son activisme impérialiste en Mer de Chine. Contemplez Cuba et la Corée du Nord... Autant de dictatures, autant de manifestations ultra-nationalistes et en aucun cas internationalistes. 
Qui plus est, chaque fois que la Gauche française se tourne vers le monde, c'est pour tourner au fiasco. Ne sont-ce point Jaurès et Ferry, deux hommes de Gauche, qui défendirent une colonisation vilipendée par Clémenceau au nom de "l'éducation des sauvages ?".
La volonté, aujourd'hui, de cette Gauche de répandre partout la démocratie et les droits de l'Homme au nom d'un soi-disant humanisme est en fait l'application de la doctrine Kouchner-BHL, 2 belles âmes comme la France sait si bien en produire qui font la leçon. Mais qui ne font pas la guerre, eux. C'est mieux d'y envoyer les autres.
La France devrait donc arrêter avec ces sornettes internationalistes et se recentrer sur la elle-même, sur le peuple qui souffre, avec un chômage qui ne s'inverse pas, une croissance nulle et surtout, et c'est là le plus grave, aucune vision à long terme sinon celle de suivre rigoureusement la doxa bruxello-merkelienne.  Mais il est reconnu qu'il est toujours plus facile de faire la leçon aux autres plutôt que de commencer à balayer devant sa porte...

mercredi 20 novembre 2013

Equipe de France : au-delà de la récupération politique, il y a le foot !

Sakho et Benzema, ivres de joie
Crédits Photo : AFP/Le Figaro

Bonjour à tous !

On n'osait l'espérer mais les Bleus l'ont fait. En faisant preuve d'abnégation et de courage, ils ont su renverser la situation, très compromise dans ce barrage après la défaite 2-0 du match aller. Bravo aux héros du soir, Pogba, Sakho, Benzema, Ribéry ou Cabaye.
Toutefois, cela ne calmera pas les passions suscitées par cette équipe. On sent qu'elle est capable du meilleur comme du pire et rien ne laisse présager de son parcours à la prochaine Coupe du Monde, au Brésil, l'été prochain. Personne ne serait surpris de la voir éliminée au premier tour comme de la voir arriver en 1/2 finale en ayant signé un exploit ou deux au passage.
Ce groupe aurait sans doute fait, aux temps mythologiques, la fierté du Dieu Janus, cette entité aux deux visages. Mais pour en revenir au temps présent, il faut espérer que cette qualification homérique arrive à chasser 15 années de récupération politique de l'Equipe de France, et ce même si il y aurait encore beaucoup à accomplir pour faire franchir un cap décisif à notre football, notamment au sein de la FFF. Cependant, les réformes à appliquer à la gouvernance du ballon rond ne sont pas ma question du jour. Je préfère plutôt revenir sur ce qui, pour moi, est un scandale : avoir fait du XI tricolore un catharsis de la vie politique et sociale depuis 1998.
Souvenons-nous, le 12 Juillet de cette année-là, Zidane envoie la France au Paradis du sport et libère presque instantanément les belles âmes qui y voient là le triomphe de la France "Black Blanc Beur". C'était LA stupidité à ne pas commettre. Et ils l'ont fait en sautant à pieds joints dedans. D'abord sémantiquement, car il n'y avait pas que des Blacks, des Blancs et des Beurs dans cette équipe, mais il y avait aussi des Arméniens (Djorkaeff, Boghossian), un Italien (Candela), sans parler du fait que rassembler sous une même bannière "black" un Kanak (Karembeu), un Sénégalais (Vieira) ou un Guyanais (Lama), c'est au mieux de la bêtise, au pire de la malhonnêteté intellectuelle. 
Le comble fut d'ailleurs atteint dès le 13 Juillet avec une intervention d'un journaliste de Libération qui venait à regretter qu'il n'y eut pas d'Asiatique champion du Monde pour compléter ce brassage multiculturel.
Voilà donc à quoi était réduite cette confrérie de sportifs magnifiques qui venait d'offrir à la France son plus fort moment footballistique depuis le but de Boli à Munich en 1993 : un simple objet de propagande pour bobos branchouilles qui avaient toujours considéré jusque là le foot comme un sport de beaufs et de piliers de bar, bref, une passion de prolos sans intérêt.  Car il faut le dire, notre pays n'a pas la culture du "soccer" comme en Italie ou en Angleterre où celui-ci occupe une place de choix dans les conversations à tous les niveaux de la société. Non, en France, qui ne fait décidément rien comme tout le monde, ce loisir est destiné exclusivement aux couches populaires et s'impose d'ailleurs avec succès pour cette raison dans les villes laborieuses : Reims et sa Champagne rurale, St Etienne l'industrieuse ou Marseille et ses forçats dockers. Paris l'arrogante met plusieurs décennies avant d'avoir une équipe digne de ce nom, le PSG, implantée comme par hasard entre Boulogne et le XVIe, le coin ultra-chic de la Capitale, et reléguant par la même occasion l'historique Red Star 93 aux oubliettes. Tout un symbole pour ce club traditionnellement appuyé par le PCF.
Dans les années 80, l'équipe de France gagnait en proposant, qui plus est, le plus beau football de la planète avec le Brésil de Zico : 4e au Mondial 82, championne d'Europe et Olympique en 84 et 3e de la Coupe du Monde 86, cette équipe avait alors fière allure. Il y avait déjà, en son sein, des représentants de l'immigration assimilée : Amoros était d'origine espagnole, Platini d'origine italienne et Trésor un Antillais. Pourtant, personne ne se souciait à cette époque de cela : on ne voyait qu'un groupe uni dans le seul but de porter haut le maillot tricolore.
Alors pourquoi ce revirement en 98 ? Pourquoi cette récupération pour réduire ces 22 joueurs à un simple assemblage de communautés ? Et ce ne fut que le début : combien de sorties malvenues de Jean-Marie Le Pen sur le nombre de Noirs portant la tunique frappée du coq, de débats sur la Marseillaise et j'en passe ?
Sans doute, en partie, est-ce dû à deux phénomènes : l'incroyable inflation des salaires dans le foot, créant une véritable bulle qui pèse telle une épée de Damoclès au-dessus de la FIFA, et qui permet à des joueurs même médiocres de gagner une fortune. Le tout renforcé par une éducation souvent sujette à questionnement tant l'arrogance et l'immodestie gangrènent, malheureusement, ces messieurs. Et puis l'autre raison c'est qu'à l'époque de Platini, ou de Kopa pour les plus nostalgiques, il était exceptionnel d'avoir des joueurs évoluant à l'étranger : Platini jouait à la Juve, Kopa au Real mais cela restait des épiphénomènes. Tandis qu'en 98, il fallait s'y reprendre à deux fois pour trouver des acteurs de la L1 sur le terrain. Un phénomène qui perdure depuis. Ce qui tend à fragiliser l'esprit de groupe et renforcer les corporatismes au sein d'un collectif parfois fragile et qui nous amena au paroxysme du ridicule à Knysna, en 2010.
Je crois qu'il est grand temps aujourd'hui, après ce très beau succès, de remettre l'équipe de France de foot à la place qui lui revient, celle du sport, et rien que du sport. Faire des commentaires politiques, sociologiques ou autres pour tenter d'expliquer, tantôt les succès, tantôt l'infortune de cette équipe afin de servir des intérêts partisans ne lui rend pas service, bien au contraire. 
Souvenons-nous que les Jeux Olympiques furent créés dans l'esprit de créer une trêve militaire entre les nations participantes. Par extension, appliquons cette sage volonté au football pour éviter à l'avenir des amalgames malheureux qui détournent les Français de véritables préoccupations autrement plus importantes. Car ce n'est pas Benzema qui décide de la politique fiscale, Lloris de la Justice ou Valbuena de l'industrialisation du pays. Ne l'oublions plus à l'avenir lorsque nous pestons contre un centre raté de Patrice Evra (il ne pouvait y couper, c'est mon petit côté mesquin...)