mardi 17 décembre 2013

Rapport sur l'intégration : mieux vaut en rire !

Jean-Marc Ayrault, lors de son déplacement en Algérie
Crédits Photo : Farouk Batiche/AFP/Le Figaro

Bonjour à tous !

Il a été la bombe du week-end. Le rapport sur l'intégration signé et remis par 250 experts au Premier Ministre, Jean-Marc Ayrault, qui en était le commanditaire. Ce rapport est consultable par tous sur le site de Matignon.
Et quand on lit ce rapport, d'abord on tombe des nues. Ensuite on rit, beaucoup. Parce que c'est tellement énorme qu'on se dit que cela ne peut être vrai. Et pourtant, ils sont 250 à nous énoncer leurs idées de manière très sérieuse. Qu'y découvre-t-on ? D'abord, une remise en cause, à forte valeur symbolique, de la loi sur le voile de 2004. Ou comment remettre le feu aux poudres dans les établissements scolaires, eux qui n'ont déjà pas besoin de ça si l'on se réfère au dernier rapport PISA. On nous explique également que ces messieurs-dames souhaitent instaurer une Cour des Comptes de l'intégration et un délit de harcèlement racial. De jolies appellations creuses : la première va amener à créer une nouvelle administration qui coûtera une fortune au contribuable sans que son existence soit pertinente. La seconde permettra à toutes les belles âmes de clouer au pilori ceux qui osent s'exercer encore à la polémique civilisée, au débat d'idées et à la contestation de la pensée d'une certaine gauche. Votre serviteur fera, à n'en pas douter, partie de la charrette !
La liste des mesures prônée par cette commission imbécile est longue et je ne la retranscris pas de manière exhaustive. Mais peu importe, l'essentiel est dit : ces experts, payés eux aussi par le contribuable, entendent tout simplement déconstruire la France et son modèle républicain pour en faire un territoire où le Français ne sera plus qu'une langue dominante parmi d'autres (il est notamment recommandé d'appuyer fortement l'apprentissage de l'arabe) et où l'Histoire de notre glorieuse Nation sera élimée pour permettre des séances d'auto-flagellation collective : esclavage, colonisation et j'en passe ! Un véritable hommage à la politique d'intégration anglo-saxonne, avec tous les ravages que cela comporte.
Ce matin, dans Le Point, Charles Consigny notait, non sans amertume et colère, qu'un pays qui oublie ses morts et son passé n'est plus une nation mais un territoire sans âme. Je lui donne pleinement raison. Ces pseudo-intellectuels de pacotille méprisent notre pays, ses valeurs et ses douleurs. Et pourquoi ? Par bonté d'âme ? Même pas ! Simplement pour s'assurer des voix pour les prochaines élections. Car de la même façon que nombre de parlementaires de Gauche réclament l'ouverture du droit de vote aux élections locales pour les étrangers hors-UE, ce rapport procède de la même manoeuvre. Ils ont en effet tous un même chiffre en tête : 93%. C'est la proportion de musulmans ayant voté pour Hollande en 2012. Le think-tank Terra Nova, qui supervise et chapeaute la boîte à idées du PS, en a bien conscience. Et ils font d'autant plus pression pour faire appliquer ce programme nauséabond que leur marionnette, Harlem Désir, a les clés du camion Rue de Solférino.
Fort heureusement, nombre de députés et sénateurs socialistes ont encore un semblant de conscience professionnelle et ont rué dans les brancards à la lecture du rapport. Quant à François Hollande, il sait parfaitement ce qu'il risque à jouer avec le feu avec la population française. Alors Jean-Marc Ayrault s'est fait tancer vertement. Par Manuel Valls, qui pense à Matignon tous les jours en se rasant comme son clône de Droite, Sarkozy, le faisait en son temps à propos de l'Elysée. Et par son patron du Faubourg Saint-Honoré. La bourde de trop qui scelle certainement son sort. Et qui permet de mettre en perspective toute l'habileté de Fillon qui avait su intelligemment manoeuvrer pour conserver son poste lors du précédent quinquennat. 
Aujourd'hui, la France souffre et tremble. Il faut donc redéfinir les grands principes nationaux et républicains de notre patrie afin que chacun se sente rassuré et sache où va notre pays. Or, avec un pareil torchon, on va à rebours de la bonne attitude. Le seul gagnant, finalement, ce sera le FN, qui continuera à rogner l'électorat de l'UMP. Ce dont le PS a pleinement conscience. Une bien basse tactique électoraliste, détestable au possible. Mais on a appris depuis Mitterrand que l'honneur était bien la dernière vertu mise en avant lorsqu'il s'agissait de politique. Et c'est finalement là ce qu'il y a de plus triste dans cette morne histoire...

vendredi 6 décembre 2013

Nelson Mandela, 1918-2013 : un Géant nous a quittés

Nelson Mandela, Cape Town, 1990
Crédits Photo : Walter Dhladhla/AFP/lefigaro.fr


Bonsoir à tous 

Il y a des moments heureux dans une vie. Des visages souriants d'anonymes, que l'on croise au détour d'une vie. Il y a des destins, certains s'inscrivant dans la joie, d'autres dans la peine. D'autres encore dans l'adversité. Ce soir, ce n'est pas un moment heureux. C'est un moment difficile pour le monde entier. Car il est rare de voir une personnalité provoquer à ce point le respect, l'unanimité autour d'elle dans le monde entier. Or, avec l'humilité qui le caractérise, Nelson "Madiba" Mandela a réalisé cet exploit, justement parce qu'il triompha avec brio d'une adversité retorse.
Plus qu'un citoyen, plus qu'un politique chevronné, plus qu'un résistant militant et convaincu, c'est un symbole qui nous quitte. Celui d'un homme qui croyait en ses convictions plus qu'en toute autre chose. Au point de sacrifier sa famille pour cette cause. Madiba était en prison lorsque l'un de ses fils s'est tué dans un accident de voiture. Il a eu trois femmes différentes. Et ce n'est qu'à 80 ans qu'il décida enfin de s'accorder le repos qu'il méritait plus que quiconque pour s'occuper des siens.
Le symbole incarné par l'enfant de Mvezo, où il est né (Province du Cap), c'est celui du pardon comme clé de réunification d'une nation abîmée dans la ségrégation raciale. Car on a tous en mémoire sa résistance à l'Apartheid, ce régime de la honte, ultime avatar d'une colonisation anglo-saxonne visant à un remplacement de population plus qu'à une coopération avec les autochtones. On conserve à l'esprit ses années de captivité à Robben Island et le fait qu'il fut le premier président noir d'un pays aux plaies béantes.
Mais le tour de force de Mandela, c'est d'avoir su pardonner. Il a pardonné à ses geôliers, et il l'a montré, par exemple, en acceptant d'avoir des Blancs dans son service de sécurité. Mandela a également réussi à donner une crédibilité économique à son pays en se servant du sport comme vecteur de développement. Tout le monde se souvient de son visage éclairé lorsqu'il remit la Coupe du Monde de rugby à François Pienaar, le capitaines des Boks, en 1995. L'Afrique du Sud est également le premier pays à avoir organisé une Coupe du Monde de football.
Il laisse la présidence en 1999 après un seul et unique mandat. Qu'en reste-t-il aujourd'hui ? Un pays où un parti politique écrase les autres, l'ANC, où la corruption des élites fait rage, jusqu'à la présidence, et où les Noirs ont aujourd'hui un sentiment de revanche très fort envers les Blancs, dans un climat d'insécurité grandissant.
Vous me direz que je dresse là un tableau bien sombre, et c'est vrai. Peut-être est-ce pour ne pas voir cela que Madiba a choisi de nous quitter, de peur de voir son héritage bafoué. 
Il y aurait beaucoup à dire sur Nelson Mandela, né, comme un symbole, en 1918. Il connut ainsi la 2e Guerre Mondiale, la Guerre Froide et la Mondialisation, corollaire d'un monde redevenu multipolaire, comme au lendemain du Traité de Westphalie, en 1648. Témoin de son temps, témoin d'un monde qui aura autant évolué en si peu de temps, il serait regrettable que l'oeuvre de Mandela ne devienne qu'un mythe, une légende sans lendemain à cause de la haine, de l'esprit de revanche.
N'oublions jamais que le plus beau legs que Nelson Mandela nous laisse, c'est sa main tendue envers les tortionnaires du peuple noir de ce pays d'Afrique méridionale. Car plus qu'un geste, il témoigne d'une grandeur d'âme sans commune mesure, une véritable leçon pour tout à chacun. Reste l'espoir, ce même sentiment qui anima le coeur du prisonnier n° 46664 à Robben Island. Les Sud-Africains ont, à cet égard, une lourde tâche qui les attend. Qu'ils n'oublient pas que, désormais, un grand Homme les observe.
Repose en paix, Madiba.

mardi 3 décembre 2013

La Gauche française à la croisée des chemins : internationalisme ou patriotisme ?

Jacques Julliard, théoricien et historien de la Gauche française
Crédits Photo : Mathieu Riegler/Wikicommons

Bonjour à tous !
Ces dernières semaines est paru un ouvrage éclairant sur la Gauche française Les Gauches françaises. 1762-2012 : Histoire, politique et imaginaire chez Flammarion. L'auteur en est Jacques Julliard, homme de presse et essayiste. Un travail remarquable effectué par un homme qui ne l'est pas moins. Toutefois, il y a erreur de diagnostic dans son logiciel de décryptage, et cela m'a frappé lors de son intervention dans Le Point de cette semaine. Il fustige en effet dans son interview une Gauche française qu'il estime repliée sur elle-même, engoncée dans une sorte de nationalo-patriotisme de mauvais aloi qui ferait le jeu de ceux que l'hebdomadaire appelle abusivement "néocons" - alors qu'il s'agit de réactionnaires en réalité, mais ne nous égarons pas.
Le même Jacques Julliard, donc, nous explique que la Gauche française doit redevenir internationaliste, c'est-à-dire se tourner à nouveau vers l'Europe et avoir autant d'empathie pour le petit ouvrier bengalais que pour le fonctionnaire d'Oyonnax. 
C'est un point de vue. Après tout la misère est partout condamnable. Mais M. Julliard commet 2 erreurs dans son jugement. D'abord, la Gauche française n'a jamais été aussi internationaliste que maintenant. Après tout, s'inspirant de ce qui se fait "ailleurs", elle a légalisé le mariage homosexuel. Elle a continué obstinément à faire copain-copain avec Mme Merkel, dans l'exacte droite ligne de ce qu'avait fait le Président Sarkozy en son temps. Elle a bataillé ferme pour s'engager militairement en Syrie avant de se dégonfler comme une baudruche quand Barack Obama a froncé les sourcils. Elle est prête à valider les salles de shoot, l'abolition de la prostitution, la GPA... Autant de parti-pris sociétaux qui ont déjà été essayés dans ce fameux "ailleurs" qui est tellement mieux que cette France rance, conservatrice, aux relents racistes et, sainte horreur !, catholique (pensez donc, le catholicisme ne représente jamais que 1500 ans de notre Histoire depuis le baptême de Clovis mais passons). Et tout cela en continuant à faire des concessions aux entreprises, en ne faisant rien pour lutter contre les délocalisations ni les paradis fiscaux. Alors quand M. Julliard dit que la Gauche française ne prend pas suffisamment en compte le devenir du petit ouvrier bengalais, il se trompe lourdement : en réalité, elle lui fournit du travail. Celui des ouvriers français...
La deuxième erreur d'analyse du journaliste,  c'est de dire que la Gauche française n'a pas de destin patriotique. Et là encore, il se trompe. Rappelons qu'historiquement, ce sont ceux qui étaient pour l'exécution de Louis XVI qui se sont mis à gauche de l'Assemblée. Les mêmes qui, 200 ans plus tard, ont fait abolir la peine de mort. Détail délicieux de l'Histoire. Rappelons encore, comme je l'ai déjà évoqué sur ce blog, que la préférence nationale, honnie par les belles âmes, est une idée révolutionnaire. Tout comme le droit du sang ! La Gauche a donc toujours été patriotique, et pas qu'en France ! Il n'y a guère que Marx pour avoir cru en une idiotie de l'internationale ouvrière. Regardez l'URSS et le culte de la personnalité autour de Lénine et Staline. Regardez la Chine maoïste, aux relents plus nationalistes que jamais, en témoigne son activisme impérialiste en Mer de Chine. Contemplez Cuba et la Corée du Nord... Autant de dictatures, autant de manifestations ultra-nationalistes et en aucun cas internationalistes. 
Qui plus est, chaque fois que la Gauche française se tourne vers le monde, c'est pour tourner au fiasco. Ne sont-ce point Jaurès et Ferry, deux hommes de Gauche, qui défendirent une colonisation vilipendée par Clémenceau au nom de "l'éducation des sauvages ?".
La volonté, aujourd'hui, de cette Gauche de répandre partout la démocratie et les droits de l'Homme au nom d'un soi-disant humanisme est en fait l'application de la doctrine Kouchner-BHL, 2 belles âmes comme la France sait si bien en produire qui font la leçon. Mais qui ne font pas la guerre, eux. C'est mieux d'y envoyer les autres.
La France devrait donc arrêter avec ces sornettes internationalistes et se recentrer sur la elle-même, sur le peuple qui souffre, avec un chômage qui ne s'inverse pas, une croissance nulle et surtout, et c'est là le plus grave, aucune vision à long terme sinon celle de suivre rigoureusement la doxa bruxello-merkelienne.  Mais il est reconnu qu'il est toujours plus facile de faire la leçon aux autres plutôt que de commencer à balayer devant sa porte...

mercredi 20 novembre 2013

Equipe de France : au-delà de la récupération politique, il y a le foot !

Sakho et Benzema, ivres de joie
Crédits Photo : AFP/Le Figaro

Bonjour à tous !

On n'osait l'espérer mais les Bleus l'ont fait. En faisant preuve d'abnégation et de courage, ils ont su renverser la situation, très compromise dans ce barrage après la défaite 2-0 du match aller. Bravo aux héros du soir, Pogba, Sakho, Benzema, Ribéry ou Cabaye.
Toutefois, cela ne calmera pas les passions suscitées par cette équipe. On sent qu'elle est capable du meilleur comme du pire et rien ne laisse présager de son parcours à la prochaine Coupe du Monde, au Brésil, l'été prochain. Personne ne serait surpris de la voir éliminée au premier tour comme de la voir arriver en 1/2 finale en ayant signé un exploit ou deux au passage.
Ce groupe aurait sans doute fait, aux temps mythologiques, la fierté du Dieu Janus, cette entité aux deux visages. Mais pour en revenir au temps présent, il faut espérer que cette qualification homérique arrive à chasser 15 années de récupération politique de l'Equipe de France, et ce même si il y aurait encore beaucoup à accomplir pour faire franchir un cap décisif à notre football, notamment au sein de la FFF. Cependant, les réformes à appliquer à la gouvernance du ballon rond ne sont pas ma question du jour. Je préfère plutôt revenir sur ce qui, pour moi, est un scandale : avoir fait du XI tricolore un catharsis de la vie politique et sociale depuis 1998.
Souvenons-nous, le 12 Juillet de cette année-là, Zidane envoie la France au Paradis du sport et libère presque instantanément les belles âmes qui y voient là le triomphe de la France "Black Blanc Beur". C'était LA stupidité à ne pas commettre. Et ils l'ont fait en sautant à pieds joints dedans. D'abord sémantiquement, car il n'y avait pas que des Blacks, des Blancs et des Beurs dans cette équipe, mais il y avait aussi des Arméniens (Djorkaeff, Boghossian), un Italien (Candela), sans parler du fait que rassembler sous une même bannière "black" un Kanak (Karembeu), un Sénégalais (Vieira) ou un Guyanais (Lama), c'est au mieux de la bêtise, au pire de la malhonnêteté intellectuelle. 
Le comble fut d'ailleurs atteint dès le 13 Juillet avec une intervention d'un journaliste de Libération qui venait à regretter qu'il n'y eut pas d'Asiatique champion du Monde pour compléter ce brassage multiculturel.
Voilà donc à quoi était réduite cette confrérie de sportifs magnifiques qui venait d'offrir à la France son plus fort moment footballistique depuis le but de Boli à Munich en 1993 : un simple objet de propagande pour bobos branchouilles qui avaient toujours considéré jusque là le foot comme un sport de beaufs et de piliers de bar, bref, une passion de prolos sans intérêt.  Car il faut le dire, notre pays n'a pas la culture du "soccer" comme en Italie ou en Angleterre où celui-ci occupe une place de choix dans les conversations à tous les niveaux de la société. Non, en France, qui ne fait décidément rien comme tout le monde, ce loisir est destiné exclusivement aux couches populaires et s'impose d'ailleurs avec succès pour cette raison dans les villes laborieuses : Reims et sa Champagne rurale, St Etienne l'industrieuse ou Marseille et ses forçats dockers. Paris l'arrogante met plusieurs décennies avant d'avoir une équipe digne de ce nom, le PSG, implantée comme par hasard entre Boulogne et le XVIe, le coin ultra-chic de la Capitale, et reléguant par la même occasion l'historique Red Star 93 aux oubliettes. Tout un symbole pour ce club traditionnellement appuyé par le PCF.
Dans les années 80, l'équipe de France gagnait en proposant, qui plus est, le plus beau football de la planète avec le Brésil de Zico : 4e au Mondial 82, championne d'Europe et Olympique en 84 et 3e de la Coupe du Monde 86, cette équipe avait alors fière allure. Il y avait déjà, en son sein, des représentants de l'immigration assimilée : Amoros était d'origine espagnole, Platini d'origine italienne et Trésor un Antillais. Pourtant, personne ne se souciait à cette époque de cela : on ne voyait qu'un groupe uni dans le seul but de porter haut le maillot tricolore.
Alors pourquoi ce revirement en 98 ? Pourquoi cette récupération pour réduire ces 22 joueurs à un simple assemblage de communautés ? Et ce ne fut que le début : combien de sorties malvenues de Jean-Marie Le Pen sur le nombre de Noirs portant la tunique frappée du coq, de débats sur la Marseillaise et j'en passe ?
Sans doute, en partie, est-ce dû à deux phénomènes : l'incroyable inflation des salaires dans le foot, créant une véritable bulle qui pèse telle une épée de Damoclès au-dessus de la FIFA, et qui permet à des joueurs même médiocres de gagner une fortune. Le tout renforcé par une éducation souvent sujette à questionnement tant l'arrogance et l'immodestie gangrènent, malheureusement, ces messieurs. Et puis l'autre raison c'est qu'à l'époque de Platini, ou de Kopa pour les plus nostalgiques, il était exceptionnel d'avoir des joueurs évoluant à l'étranger : Platini jouait à la Juve, Kopa au Real mais cela restait des épiphénomènes. Tandis qu'en 98, il fallait s'y reprendre à deux fois pour trouver des acteurs de la L1 sur le terrain. Un phénomène qui perdure depuis. Ce qui tend à fragiliser l'esprit de groupe et renforcer les corporatismes au sein d'un collectif parfois fragile et qui nous amena au paroxysme du ridicule à Knysna, en 2010.
Je crois qu'il est grand temps aujourd'hui, après ce très beau succès, de remettre l'équipe de France de foot à la place qui lui revient, celle du sport, et rien que du sport. Faire des commentaires politiques, sociologiques ou autres pour tenter d'expliquer, tantôt les succès, tantôt l'infortune de cette équipe afin de servir des intérêts partisans ne lui rend pas service, bien au contraire. 
Souvenons-nous que les Jeux Olympiques furent créés dans l'esprit de créer une trêve militaire entre les nations participantes. Par extension, appliquons cette sage volonté au football pour éviter à l'avenir des amalgames malheureux qui détournent les Français de véritables préoccupations autrement plus importantes. Car ce n'est pas Benzema qui décide de la politique fiscale, Lloris de la Justice ou Valbuena de l'industrialisation du pays. Ne l'oublions plus à l'avenir lorsque nous pestons contre un centre raté de Patrice Evra (il ne pouvait y couper, c'est mon petit côté mesquin...)

lundi 11 novembre 2013

La France est-elle vraiment raciste ?

Bonjour à tous !

C'est un nouveau débat "existentiel" qui agite la France depuis quelques jours : est-elle raciste ? On s'interroge sur ce qui motive un pays comme le nôtre à se torturer l'esprit sans cesse sur des problèmes qui n'en sont pas. Encore une fois, quand on s'écharpe sur un sujet comme celui-ci, on en oublie de se consacrer à l'essentiel : trouver un emploi et un logement décent pour chaque citoyen.
Re-situons le contexte. Tout prend corps lorsque Mme Taubira, Garde des Sceaux, est honteusement et scandaleusement injuriée par une enfant à Angers. La situation dégénère encore lorsque l'on s'aperçoit qu'aucun adulte ne remet la morveuse à sa place. Pas par une fessée (c'est interdit maintenant, un comble dans ce cas !), mais à tout le moins par une sévère réprimande. 
Evidemment, il y a de quoi s'énerver d'un tel comportement, proprement inadmissible. Ce qui l'est moins, c'est le concert de récupérations par la suite. Passons sur le cas de Harry Roselmack : cela fait longtemps qu'on ne parle plus de lui, alors il avait bien le droit de faire le buzz avec sa tribune. Tribune que l'on pourrait considérer comme totalement exagérée dans sa situation : il est noir et pourtant il est un présentateur vedette de TF1. Mais je fais du mauvais esprit. 
Puis nous avons la longue plainte des journaux habituels : Libé, Le Monde, Le Parisien, sans compter les débats enflammés dans Le Nouvel Obs, L'Express, Les Inrocks & co. Au moins ce qui est bien, c'est que cette presse ne nous déçoit jamais : chaque fois qu'il faut désigner le Français coupable d'un comportement en "-isme" (racisme, machisme,...) ou d'un "-phobe" (xénophobe, islamophobe,...), ceux-la répondent immédiatement présent ! De bons élèves au service de la même propagande depuis 30 ans et la création de SOS Racisme sous l'oeil bienveillant de Mitterrand. Car c'est là, la faille de cette levée de boucliers : comme il y a 30 ans, la France va mal sur un plan économique, et comme il y a 30 ans, cela se produit quand la Gauche est au pouvoir. Que faire alors ? Créer un écran de fumée. Rien de tel pour resserrer les rangs, pointer du doigt de méchants garnements et jeter la clé de la boîte à idées pour redresser le pays économiquement. Un vrai tour à la David Copperfield. 
De surcroît, parler de racisme pour l'associer à la France, c'est faire preuve d'une méconnaissance grave de notre Histoire et du vocabulaire courant : le racisme définit l'idée selon laquelle des individus estiment qu'il y ait une race supérieure à une autre, ou à plusieurs autres. Ce qui n'est pas le cas de la France. Mais plus sûrement des pays anglo-saxons. Rappelons que le nazisme est une invention allemande. Et que l'Angleterre a soigneusement éliminé les autochtones en Nouvelle-Zélande, en Australie et aux Etats-Unis pour procéder à un véritable remplacement de population. Et je ne parle même pas de l'apartheid en Afrique du Sud... Les mêmes pays qui nous sortent aujourd'hui des leçons de tolérance : comme c'est amusant.
La France aurait plutôt tendance, lorsqu'elle se sent menacée - et c'est le cas actuellement, à être xénophobe, c'est-à-dire à craindre l'étranger. Non que cela soit excusable, mais cela peut se comprendre : avec les transferts de souveraineté qui sont les nôtres vers Bruxelles, sans frontières, sans gouvernance économique, c'est la Nation qui se désagrège, et à travers elle la République. Et ce alors que les chiffres de l'immigration ne cessent de croître. Et dans quel but ? Notre pays n'a plus les moyens de loger et de nourrir ces pauvres gens. La seule finalité, que personne n'ose avouer, mais qui est le but réel, c'est de faire venir des populations de pays pauvres pour faire pression sur les salaires des Français, dans leur propre pays ! La preuve ? C'est exactement ce qui s'est passé en Bretagne dans l'agro-alimentaire, grâce à la fameuse directive Bolkenstein (le plombier polonais !) : des ouvriers sont venus de Roumanie et ont pris la place des ouvriers français dans les usines françaises, pour des salaires bien inférieurs. Cas de figure également fréquent dans la restauration ou le bâtiment. Avec les fraudes gigantesques à l'URSSAF que cela engendre. Et pendant ce temps-là, la Sécu vous soupçonne d'abuser sur la durée de votre arrêt de travail et de faire perdre 100 ou 200€ à l'Etat ? Pourtant, dans le cas sus-mentionné, les sommes sont autrement plus importantes.
Si nous voulons continuer à cohabiter ensemble dans notre pays, il faut que la République retrouve son âme, que la Nation puisse à nouveau s'exprimer pour accueillir celles et ceux qui désirent s'assimiler. Charles Aznavour, fils d'immigrés, donnait une belle réponse à ce débat inique cette semaine dans une interview : "La France ne nous doit rien, c'est nous qui devons tout à la France." A méditer...

dimanche 3 novembre 2013

Décryptage du manifeste des 343 salauds

Bonjour à tous !

Difficile d'échapper à la polémique de la semaine, qui a clairement clivé le PMF (paysage médiacratique français). Cette polémique concerne la publication prochaine d'un manifeste dit "des 343 salauds" dans le mensuel Causeur (numéro du mois de Novembre). En substance, les signataires (19 sont pour l'instant identifiés en attendant, éventuellement, les autres) réclament que l'on jette aux orties la loi à venir visant à pénaliser les clients de prostituées.
Jusque là, rien de scandaleux, même si la démarche peut susciter le débat. Ce qui a posé problème, c'est le ton volontairement provocateur, teinté d'humour grinçant, employé par ces messieurs. De surcroît, ils ont osé détourner deux symboles du progressisme de Gauche (eh oui, le toujours fameux progrès qui ne sait plus à quel saint - sein ? - se vouer) : le manifeste des 343 salopes paru en 1971 dans l'Obs, listant des femmes reconnaissant avoir eu recours à l'avortement alors que c'était interdit ; et le slogan de SOS Racisme "Touche pas à mon pote" qui est devenu "Touche pas à ma pute."
Alors, je reconnais bien volontiers que ce n'est pas très fin, ni très malin de leur part. D'autant que certaines de ces personnes sont déjà black-listées par toutes les personnalités médiatiques de la Gauche bien pensante. Je pense ici à Eric Zemmour ou Ivan Rioufol par exemple. Ceci étant, ruer dans les brancards comme l'ont fait Libé, Les Inrocks, Marianne, Le Nouvel Obs (vous avez remarqué ? toujours les mêmes) était, me semble-t-il, totalement exagéré. Il y a, de surcroît, d'autres actualités qui méritent plus violente réaction. Parmi les effarouchés de la première heure, je prends notamment l'exemple du toujours mesuré et respectueux (je plaisante, là) Laurent Joffrin qui va jusqu'à disqualifier la compétence intellectuelle des deux essayistes sus-nommés. Je doute que M. Joffrin ait matière à se placer intellectuellement au-dessus de ces messieurs. Au nom de quoi se le permet-il ?
Toutefois, là n'est pas le coeur du sujet. Le coeur du sujet, c'est cette loi à venir. Et je me propose de la décortiquer et d'en démontrer les vices cachés. Premièrement, pénaliser les clients des prostituées sans interdire la prostitution, c'est un non-sens. Comme si demain on autorisait la vente de cannabis mais qu'on mettait à l'amende les consommateurs. Deuxièmement, tout le monde sait pertinemment que le problème dans la prostitution, ce ne sont pas les clients, ni les marcheuses nocturnes, mais les trafiquants qui exploitent de pauvres filles venues d'Afrique noire ou d'Europe de l'Est. Faire preuve de courage (un manque récurrent dans ce gouvernement, décidément) aurait été d'oeuvrer, a minima, pour une coopération internationale avec les polices des pays concernés pour arrêter ces criminels. Ce qui serait encore mieux dans ce cas, ce serait de rétablir les frontières d'avant Schengen. Mais bon, là il faut se rendre à l'adage selon lequel l'espoir fait vivre : alors votre serviteur vivra vieux... Troisièmement, on fait comme si cela n'existait pas, mais il y a des femmes (et des hommes !) qui se prostituent volontairement. Soit par nécessité (mais cela n'engage qu'eux-mêmes, sans organisation criminelle derrière), soit par goût (le cas des escorts notamment, qui choisissent leurs clients, le contexte, sont rémunérés généreusement et font ainsi le choix de vivre des relations sexuelles sans avoir à s'investir sentimentalement). Précisons toutefois que cela ne concerne qu'une minorité de personnes. Quatrièmement, cette loi va fragiliser l'ensemble des prostituées, qui vont devoir travailler dans la clandestinité encore davantage. Certaines travailleront sur Internet, et tant mieux pour elles, si elles le peuvent et si elles le veulent. D'autres devront se cacher dans des endroits glauques, avec un risque accru de se faire agresser ou de se voir imposer des rapports non-protégés. Cinquièmement, la prostitution, quoi qu'on en pense, ne disparaîtra jamais. La Suède a une position abolitionniste depuis plusieurs années et nombre de Suédois reconnaissent que l'opération est, au moins, un demi-échec. Sixièmement, on fustige là encore le désir masculin. Malheureusement, l'Homme étant ce qu'il est, il a ses défauts "naturels". La femme a les siens (ne comptez pas sur moi pour les lister ou les juger), l'homme aussi. Et force est de reconnaître que le désir masculin est un sujet d'inquiétude depuis des temps immémoriaux. Combien de guerres ou d'incidents diplomatiques déclenchés parce qu'un homme désirait une femme qu'il ne devait pas convoiter ? (Je vous renvoie tant aux ouvrages historiques qu'au mythe de la Guerre de Troie ou de Tristan et Yseut, pour ne citer qu'eux). Les prostituées ont toujours été un catharsis du désir masculin. Bien sûr, l'éducation et la force de caractère restent les meilleurs moyens de l'endiguer. Mais parfois cela ne suffit pas. Il y a toujours de malheureuses femmes qui se font violer, le porno fait florès sur Internet, etc. C'est sans doute déplorable. Mais là encore, je ne fais pas de jugement de valeur : j'explique. Et je pense que supprimer la prostitution c'est risquer de réfréner certains instincts qui risqueront de se manifester de manière bien plus violente par la suite. Non que la violence épargne les prostituées, cela va sans dire. Mais dans la mesure où je défends la prostitution libre échappant aux contraintes de réseaux mafieux étrangers brutaux, je me place dans l'optique résolument optimiste qu'une prostitution réglementée permettra d'endiguer cette coercition abjecte.
Drôle de bilan sur la prostitution que je fais là, me direz-vous. Et vous aurez raison. Après avoir patiemment mûri ma réflexion sur le sujet, je me permets de la partager avec vous : je propose de ré-ouvrir les maisons-closes. Pour rappel, Marthe Richard les a faites supprimer en 1946 pour faire payer aux filles de joie françaises d'avoir couché avec des Allemands pendant la Guerre. Ironie de l'Histoire, aujourd'hui on se propose de faire payer des clients français pour avoir couché avec des femmes venues de l'étranger. 
La ré-ouverture des maisons-closes, à condition que cela se fasse dans de bonnes conditions (et pas comme en Allemagne ou la privatisation des lieux entraîne une série de dérives), peut avoir des atouts pour encadrer cette pratique : les travailleuses du sexe (et travailleurs, rappelons qu'il existe des hommes se prostituant) seraient protégé(e)s dans un lieu fermé facilement sécurisable. Il pourrait y avoir de fréquentes visites médicales. Il serait simple d'y imposer le port de la capote. On pourrait en profiter pour faire de la prévention envers les clients, en tâchant de leur faire comprendre que la prostitution a beau être tolérée, elle n'en reste pas moins une pratique discutable. Enfin cela ferait une source potentielle de revenus fiscaux non négligeables pour l'Etat. Mais à la condition stricte qu'il garde le contrôle de la situation.
Enfin j'aimerais conclure en disant qu'à partir du moment où un rapport sexuel, qu'il soit tarifé ou non, se pratique entre deux adultes consentants, l'Etat n'a pas son mot à dire. S'il veut lutter contre la prostitution clandestine venue de l'étranger (Europe de l'Est, Afrique noire), il sait ce qu'il lui reste à faire, je l'ai dit plus haut. Pour le reste, les filles qui exercent librement doivent pouvoir continuer de le faire. On attend désormais que le Gouvernement intervienne de manière aussi résolue dans des affaires autrement plus importantes.

jeudi 31 octobre 2013

L'éveil de la France des oubliés

Bonjour à tous !

C'est avec un air un peu hébété que la France a redécouvert la Bretagne. La crise sans précédent que traverse l'agro-alimentaire local a jeté les gens dans un profond désarroi. Le psychodrame de l'écotaxe n'a fait qu'empirer la situation. Cette région un peu particulière, traditionnellement opposée à Paris depuis le Génocide chouan post-révolutionnaire, avait décidé de se tourner vers l'Europe pour se gaver de subventions. En échange, les agriculteurs locaux devaient clairement empoisonner leurs sols et leurs eaux, accepter que des travailleurs venus d'Europe de l'Est (cf la tristement célèbre Directive Bolkenstein) labourent leurs champs pour 3 francs 6 sous et obéir sans coup férir aux quotas imposés par Bruxelles. Et puis la machine de la mondialisation s'est emballée, les entreprises locales vivant de l'agriculture ont vu leurs commandes plonger ou bien ont délocalisé. Les usines ferment, les gens se retrouvent dans la rue à manifester contre le gouvernement, non sans une certaine hypocrisie. Car les Bretons savent bien qu'ils ont une lourde responsabilité dans ce qui leur arrive. Mais leur colère a le mérite de pointer du doigt le fait que l'Elysée et Matignon sont les esclaves des Institutions Européennes, devenues ultra-libérales au détriment du modèle rhénan de solidarité voulu par le Général de Gaulle. 
Et ce n'est pas le seul exemple où les oubliés de la République se font entendre. Dans un article publié il y a quelques mois, le mensuel Causeur évoquait la France péri-urbaine, totalement méprisée par les politiques. Celle qui doit se lever tous les jours à 5h pour aller travailler loin de son domicile, tout en déposant ses enfants dans l'école de la commune voisine, celle de la leur ayant fermé il y a des années. La France péri-urbaine, c'est aussi celle qui voit disparaître les services publics, les petits commerces, les artisans qui n'ont personne pour leur succéder, celle qui voit ses gares SNCF disparaître au nom de la rentabilité exigée par les actionnaires privés de cette entreprise publique. Et puis c'est aussi la France de l'insécurité. Car les gens qui ont déserté les banlieues mal famées, où les communautarismes sont prégnants et où se faire traiter de "sale blanc" ou de "gaulois" est devenu monnaie courante voyaient dans les campagnes une certaine tranquillité, l'assurance de pouvoir dormir en oubliant de fermer sa porte à clé de temps à autre. Peine perdue. Du coup la colère gronde. Le géographe Christophe Guilluy et la démographe Michèle Tribalat alertent sur ce point depuis de nombreuses années : quand seront-ils entendus ? Quand entendra-t-on la France profonde, celle qui n'a aucune visibilité médiatique, celle qui est parfois raillée, moquée, mais qui travaille dur, qui est laborieuse ? 
Le jour approche où ces mal-aimés, qui n'ont pas de syndicat ou de lobby pour les défendre, décidera de renverser la table. Car les deux exemples parlants que je viens de donner ne sont pas des cas isolés. A force de favoriser les pratiques communautaires, de s'émouvoir pour des gens qui habitent loin des latitudes françaises plutôt que pour ceux qui vivent dans nos frontières, le Gouvernement met en danger le Pacte Républicain. Le réveil pourrait être douloureux. Car comme on dit toujours, "méfions-nous de l'eau qui dort."