lundi 30 septembre 2013

Travail dominical, travail nocture : le miroir aux alouettes

Michel Sapin, Ministre du Travail - Crédits Photo : 
Nicolas Tucat/AFP/Le Figaro

Bonjour à tous !

Notre pays n'étant jamais avare d'une polémique, le débat économique de la semaine porte sur le travail nocturne et dominical. Dans le premier cas, l'enseigne de parfumerie Sephora a été rappelée à l'ordre pour avoir ouvert une enseigne en plein Paris pendant la nuit. Dans l'autre cas, la Justice a prononcé une fin de non-recevoir aux enseignes de bricolage qui souhaitent ouvrir le Dimanche. Interdiction aussitôt bravée pas plus tard qu'hier, le Dimanche 29 Septembre.
Rappelons une chose pour contextualiser : la loi sur le travail dominical remonte à 1906, un an après la loi de séparation entre l'Eglise et l'Etat afin d'instaurer une paix des braves entre laïcards et clercs. Elle rappelle par la même occasion que la France a beau être une démocratie laïque, elle n'en demeure pas moins inscrite dans une histoire profondément chrétienne, et même catholique depuis le baptême de Clovis au Ve siècle jusqu'à cette fameuse loi de 1905. N'en déplaise aux beaux esprits qui proposent de supprimer deux jours fériés catholiques pour les remplacer par Kippour et l'Aïd. Ben voyons ! Encore une façon d'oublier notre histoire, notre force, notre passé.
Passons. Pour en revenir au sujet du jour. La défense de ces entreprises est bien rôdée lorsque les médias viennent recueillir leur opinion. On n'envoie pas les dirigeants, mais les salariés, de manière plus subtile. Les pauvres, rendez-vous compte, ils subissent un manque à gagner important à ne pas pouvoir travailler la nuit ou le Dimanche. Alors forcément, on s'émeut.
Sauf qu'on oublie plusieurs choses. On oublie d'abord que les dirigeants de ces grandes entreprises, eux, ne viennent pas et ne viendront jamais travailler le Dimanche. Ca, c'est bon pour les pécores ! Ensuite, on oublie qu'en restant bloqué aux 35H hebdomadaires, en n'augmentant pas les salaires, on paupérise effectivement les salariés. Plutôt que d'ouvrir un débat sur ces questions de bon sens, on préfère à nouveau la solution la plus inique, qui fragilisera encore davantage les cercles intimes et familiaux. Parce que pendant que les parents vont travailler le Dimanche pour gagner trois sous, on oublie que les enfants, eux, n'ont pas école. Qui les garde ? Qui s'en occupe ? Qui les inscrit dans leur histoire familiale autour d'une bonne table ? Personne. Ce sont encore des enfants qui vont s'élever tout seul, ou bien par le biais d'une nounou lambda. Car aujourd'hui, c'est la réalité : on fait des enfants pour ne surtout pas s'en occuper. Qu'ils se débrouillent, après tout on paie des gens pour ça : les nounous, la crèche, les impôts pour l'école.... L'école justement : honte à l'Education Nationale et aux parents d'avoir créé des plages horaires d'études ou d'activités extra-scolaires après 16h30. Résultat, des petits bouts de 3 ans doivent rester à l'école de 8h20 à 18h. Et après les parents râlent parce que les gamins sont fatigués et que les bulletins ne suivent pas. Sans blague !
Il est temps d'en finir avec le tout-libertaire. Avoir des enfants, fonder une famille, ce sont des responsabilités qui doivent s'assumer. Et quand on assume, on éduque ses petits, on reste près d'eux, on leur inculque des valeurs, des bases de l'instruction également. L'école instruit, mais n'éduque pas. Et le travail ne doit servir qu'à gagner sa vie pour se loger et se sustenter. Par pour satisfaire des besoins consuméristes toujours plus importants. On n'a pas besoin d'une deuxième voiture, de trois télévisions par foyer. Quant aux étudiants qui doivent travailler pour financer leurs études, j'ai envie de dire qu'une fois encore, l'Etat faible doit redevenir un Etat fort dans la grande tradition jacobine et centralisatrice française. Dans cette optique, il doit permettre à l'élite intellectuelle en devenir de la France de pouvoir faire ses études dans de bonnes conditions financières. C'est affaire de volonté politique. Enfin, notons que, concernant le travail dominical et le travail nocturne, je fais évidemment une distinction entre les services publics nécessaires au fonctionnement de l'Etat qui doivent accomplir les missions régaliennes indispensables, du commerce qui ne recule devant aucune bassesse et aucune manipulation pour simplement pouvoir toujours faire plus de fric !
Dire non au travail accompli dans des heures exceptionnelles, c'est respecter une histoire, une tradition, mais aussi préserver une cohésion sociale indispensable, dont on parle tant mais pour laquelle on n'agit finalement jamais.

lundi 23 septembre 2013

Pourquoi l'Europe ne sera jamais unie

Angela Merkel lors de sa victoire électorale du 22/09/13
Crédits Photo : M. Schrader/AP/Le Figaro

Bonjour à tous !

Alors que ce week-end nous a fait traverser énormément d'émotions, de la plus dramatique avec les événements au Kenya et au Pakistan, à la plus joyeuse et futile avec le titre européen de nos Bleus en basket, Angela Merkel a été réélue en Allemagne. Une fois de plus. Une fois de trop ?
Pour comprendre tout le sens de mon propos du jour, opérons un flash-back : 1798. Les troupes de Bonaparte, qui n'est pas encore Napoléon, débarquent en Egypte dans l'espoir d'en chasser les Ottomans autant que les Anglais. On ne le sait pas encore, mais l'issue de cette campagne conditionnera une bonne partie de l'Histoire à venir de l'Europe. 
En effet, les troupes françaises échouent. Ce n'est pas le triomphe annoncé, loin s'en faut : à Londres, William Pitt "le jeune" (il fut élu Premier Ministre à 24 ans seulement) jubile. Car c'en est fini des espoirs de la France de devenir la grande puissance maritime qu'elle aurait pu être en cas de triomphe dans la Vallée du Nil. La voici désormais cantonnée au pré-carré continental, sur lequel elle n'a alors pas de rival. D'autant qu'à cette époque, la France ne cherche pas tant à dominer ses adversaires qu'à asseoir les acquis de la Révolution.
Las, deux événements concomitants vont avoir raison de la détermination française à s'auto-déterminer dans ses propres frontières : d'abord, les monarchies européennes voient d'un très mauvais oeil une république s'instaurer au sein du pays le plus puissant du Monde d'alors ; ils n'aimeraient pas que cela donne de mauvaises idées à leurs propres populations. Ensuite, Pitt n'en a pas fini avec les Français. Redoutant pour le bien de son florissant commerce maritime de voir une puissance s'installer hégémoniquement sur le continent européen, l'Angleterre va voir dans les différentes victoires de l'Empereur autant de menaces au business d'Outre-Manche. Dès lors, c'est la guerre, Napoléon n'arrivant jamais à se sortir de la nasse. Chaque fois qu'il pense pouvoir en terminer avec l'un ou l'autre de ses adversaires, celui-ci revient à la charge jusqu'au drame de Waterloo, en 1815. 
A la fin du XIXe siècle, c'est la montée des nationalismes. Napoléon III concourt à la réunification italienne, créant ainsi un Etat neuf. Cela ne se passe pas aussi facilement avec l'Allemagne. La Prusse, qui cherche à réussir ce que Cavour et Victor-Emmanuel III ont réussi dans la Botte, cherche noise à la France. S'ensuit la Guerre de 1870, le triomphe prussien, le Ier Reich, la Commune et l'instauration de la IIIe République en France. Et l'inversement du rapport de force. 
Alors que l'Angleterre semble ne plus se mêler des affaires continentales, occupée à devenir la première puissance coloniale et économique au monde (aidée en cela par la réussite de la Révolution Industrielle sur son sol), l'Allemagne devient la puissance dominante en lieu et place de la France. Les Ie et IIe Guerres Mondiales ne font que renforcer le désir allemand de constituer un immense empire qui court de l'Alsace à la Pologne de l'Ouest à l'Est, et du Danemark en Bohème-Moravie du Nord au Sud. Dès lors l'opposition est frontale, et on sait comment cela se termine. 
Aujourd'hui, on loue notamment le sang-froid et le courage des Anglais de Churchill au cours de la Guerre de 39-45, mais n'oublions pas la vraie raison qui a poussé ces derniers à intervenir : à l'instar de Napoléon un siècle plus tôt, ils ont craint que l'Allemagne ne s'arroge la domination sur l'ensemble du Continent, mettant ses affaires florissantes en péril. 
Il ne peut donc y avoir, comme le montrent les événements des derniers siècles, de véritable moteur européen. Les trois grandes puissances historiques que sont la France, l'Angleterre et l'Allemagne se surveillent comme le lait sur le feu, chacune craignant que l'une ne prenne le pas sur les autres. Alors quand aujourd'hui on nous dit que l'Europe reste le seul espoir de la France, je ris sous cape. Lorsque j'entends que l'on critique Mme Merkel pour sa politique, j'ai la même réaction : d'abord parce que cette politique a été initiée par la gauche via le SPD sous le mandat de Schröder ; ensuite parce que cette politique économique se situe dans la droite ligne du comportement allemand envers le reste de l'Europe depuis des décennies : marche ou crève. L'Allemagne, que les économistes décrivaient comme l'homme malade de l'UE, est aujourd'hui sa première puissance économique. Le vieillissement de sa population lui permet de recruter sans vergogne les jeunes talents d'Europe du Sud qui ne participent donc pas à la reconstruction économique de leurs pays d'origine. C'est l'Allemagne triomphante, le Deutschland über alles, car nos amis d'Outre-Rhin sont sincèrement convaincus d'être dans leur bon droit. Bon droit économique, avec une absence de salaire minimum et une paupérisation des employés au bénéfice des entreprises, bon droit politique puisque le plus puissant doit imposer sa loi et même bon droit diplomatique. Hollande l'a éprouvé pour le Mali et la Syrie. 
Alors, que faire ? Ou plutôt, qu'aurait-il fallu faire ? Eh bien il n'aurait jamais fallu permettre la réunification allemande, lui ouvrant par la même occasion une fenêtre sur l'Europe de l'Est, lui permettant de délocaliser en douce ses usines de berlines de luxe et justifiant ainsi une paupérisation des habitants de l'ex-RFA pour s'aligner sur ceux de l'ex-RDA par le biais, déjà, d'un dumping économique et social. Et il n'aurait jamais fallu pousser l'Union Européenne aussi loin, surtout en faisant des Allemands nos alliés. Car tôt ou tard, cela allait se retourner contre nous. D'autant que les frontières françaises sont rabotées depuis des décennies : la rive allemande du Rhin, la Wallonie et la Padanie sont hors de nos limites territoriales, nous retirant du même coup bons nombre de cartouches économiques. 
Alors, on peut épiloguer sur le triomphe de Mme Merkel hier, mais il serait bon de se recentrer sur la France et ses problèmes : parce que d'Europe, plus encore aujourd'hui qu'hier, il n'est plus question...

lundi 16 septembre 2013

Politique : la couleur des sentiments ?

Bonjour à tous !

L'actualité politique de la semaine a été chargée, je vous propose d'en faire un bref résumé, que j'analyserai par la suite.
Vert (de rage), EELV, qui voit l'écologie gentiment remisée au fond du placard du Gouvernement. Une "découverte" qui ne date pas d'hier puisque il en a toujours été ainsi depuis le début de la Ve République. Il faut dire que les Verts paient surtout pour la médiocrité et l'arrivisme de leurs dirigeants. Passons sur Duflot qui n'a même pas la décence du bon goût en prenant le Conseil des Ministres pour un défilé de mode, sur Dany le Rouge qui se sauve comme il peut en devenant chroniqueur radio ou sur les manipulations peu ragoûtantes de Jean-Vincent Placé au Sénat pour nous attarder sur les gentils aboyeurs du groupe écolo à l'Assemblée : François de Rugy et Barbara Pompili. Notez qu'ils sont co-chefs de groupe...alors que le règlement de l'Assemblée est claire : un seul chef par groupe parlementaire. Bref, les Bonnie & Clyde du tofu et du vélib' viennent pleurer misère sur les ondes parce que le parlement ne fait pas un geste pour l'écologie. Par geste, ils attendaient une taxe sur le Diesel. Encore un truc dont on a découvert qu'il était mauvais pour la santé (comme si les entendre geindre faisait baisser notre tension artérielle) : du coup EELV s'est dit qu'on pourrait pondre une taxe dessus et qui allait la payer ? Les ménages modestes qui ont de vieux Diesel parce qu'ils n'ont pas les moyens de changer de voiture, pardi ! Taxer les pauvres pour donner aux... Ben à personne, en fait, c'est juste pour se donner bonne conscience finalement.
Rose (aux joues), François Hollande, qui essaye de cacher ses angoisses et ses terreurs nocturnes en tâchant de garder sa légendaire bonhommie. Hier soir (Dimanche) sur TF1, le Président a eu toutes les peines du monde à convaincre un électorat qui le honnit tant et plus face à une Claire Chazal qui a pourtant l'habitude d'être une G.I. (gentille intervieweuse). Entre le raté syrien, le raté fiscal, le raté de l'emploi et les ratés qui constituent son Gouvernement, je parie que notre Président a dû se résigner aux anxiolytiques en priant pour que 2017 arrive vite. "Moi Président,...j'en ai ma claque et je veux rejoindre mon copain Lionel sur l'Ile de Ré pour pêcher la crevette grise."
Rouges (de colère), Mélenchon et Pierre Laurent ce week-end à la Fête de l'Huma (le méchouis géant qui laisse une odeur de viande grillée à travers la Courneuve pendant une semaine devant des journalistes plus nombreux pour couvrir l'évènement que de réels participants) s'en sont pris au Gouvernement de manière plutôt virulente en l'accusant de faire monter le FN dans les sondages. Comment ? En oubliant complètement les classes populaires, qui se tournent alors vers Marine Le Pen. Pour une fois que le Front de Gauche fait oeuvre de lucidité dans le débat politique, on ne peut rien leur reprocher... à part le fait de continuer à jeter l'anathème sur autrui sans proposer d'idées en cohésion avec leur discours (l'Euro reste leur totem, mais ne leur accorde pas l'immunité).
Brun : François Fillon a ouvert la boîte de Pandore, a appelé trois fois Beetlejuice, convoqué la Bête de l'Apocalypse, mis du sucre dans son café, bref : il a osé dire que le PS pouvait s'avérer plus sectaire que le FN. Quelle honte... Oser dire qu'un parti politique peut être plus sectaire qu'un autre, franchement, ça ne se fait pas. C'est comme dire que Sarkozy, finalement, il n'a pas fait que des bêtises. Ou préférer les Stones aux Beatles. Sérieusement, Fillon a enfin dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas : à partir du moment où le FN est un parti juridiquement et constitutionnellement valable, qui se prête au jeu des urnes, comme les autres, alors le vouer aux gémonies n'est rien d'autre qu'un tour de passe-passe politicien de la Gauche qui ne sert qu'à faire monter le parti mariniste aux élections au détriment de la Droite classique. Sport dans lequel le PS excelle depuis, au moins, 1986, mais qui semble marcher de moins en moins. Les électeurs ne sont plus des toutous qui obéissent docilement aux consignes de vote : la mondialisation et le libéralisme à outrance, ils en souffrent et ils le font savoir. Avis à ceux à qui il reste encore une once de bon sens.
Qu'on se le dise : le sentimentalisme, la morale, sont des notions étrangères à la politique. Cette dernière ne connaît pas les sentiments. Elle les méprise. Faire de la politique, c'est réfléchir à l'intérêt de la Nation et de ses citoyens, point. Fadaises que de vouloir bouter le dictateur hors de son palais présidentiel, les Croisades ont vécu après tout. Billevesées que de marier des gens du même sexe : qu'ils assument le fait de céder à leurs passions plutôt qu'à leur raison. Calembredaines que de vouloir sans cesse monter les impôts en en faisant finalement payer le prix le plus fort aux classes moyennes laborieuses plutôt que de s'en prendre aux paradis fiscaux, comme le G20 en fait le voeu pieux depuis cinq ans déjà. Retenons une chose : le tour de force de Poutine a montré que nous en étions revenus à un rapport de force entre états-nations, un peu à la manière du Traité de Westphalie. Et c'est très bien ainsi : il est temps pour nos politiques de comprendre que la solution ne viendra pas de "la communauté internationale" ou de "l'union européenne", car ce ne sont rien d'autres que des chimères pour bobos rêveurs et autres hipsters adeptes de la gentrification et de l'entre-soi. 
Peuple de France, réveille-toi et prends ton destin en mains car, comme disait le grand Napoléon : "Soit on commande, soit on obéit". Personnellement, j'ai déjà fait mon choix...

lundi 9 septembre 2013

Christiane Taubira, portrait d'une dure à cuire

Crédits Photo : F. Dufour/AFP/LCI


Bonjour à tous !

On l'avait quittée auréolée de son succès au Printemps dernier suite au vote de la Loi du mariage dit pour tous. Et la revoilà déjà, en cette rentrée pluvieuse, sur le devant de la scène. La raison ? Le débat à venir sur son projet de loi concernant la réforme de la Justice.
Pourtant cette ambition était vouée à l'échec, voire à l'oubli, et ce pour deux raisons. Premièrement, François Hollande, parfaitement conscient de son incroyable impopularité, voulait reporter le débat après les échéances électorales de 2014, notamment municipales. Deuxièmement, Taubira compte un adversaire de taille au sein du gouvernement qui se nomme Manuel Valls. Celui-ci a adressé une lettre au Président lui enjoignant de ne pas donner suite au projet de la Garde des Sceaux et d'opter pour une ligne plus dure. Cette lettre supposée confidentielle a évidemment fuité dans la presse. Un bon coup de pub pour l'Hidalgo d'Evry. Toutefois, ce feuilleton de l'été a pris une tournure inattendue puisque le Président a arbitré en faveur de l'ex-candidate à l'Elysée (c'était en 2002).
Il faut dire que tout oppose Valls à Taubira : lui qui fut naturalisé français en 1982 a la posture de Sarkozy, les mots-chocs de Sarkozy, mais sans le talent de bateleur du dernier locataire du 55 Rue du Faubourg Saint-Honoré. Il parle beaucoup en faveur de la sécurité, questionne la place de l'Islam au sein de la République, opte pour un ton franchement sécuritaire.... Mais rien. Car dans le même temps, ses actes viennent contredire ses paroles. En effet, il vient d'assouplir les conditions de naturalisation des immigrés et n'a pas cherché à contre-attaquer quand la proposition sur la suppression des signes ostentatoires religieux a été balayée d'un revers de main par l'Exécutif. En voilà un qui n'a pas retenu la leçon douloureusement administrée à Sarkozy : les idées sont bonnes, mais si les actes les contredisent, personne n'en veut !
Dans son habileté légendaire à finasser et à ménager la chèvre et le chou, talent qu'il a développé lors de son passage à la Rue de Solférino, Hollande a au moins eu la présence d'esprit de ne pas donner raison à Valls. Au moins, avec Taubira, on sait à quoi s'attendre. Alors que si les gens venaient à être trahis par de belles promesses sans lendemain, les conséquences auraient pu être dramatiques. Cela suffit déjà du redressement économique qui ne vient pas.
Alors Hollande a relancé l'électron libre guyanais dans la course. Et pourtant, elle fut longtemps détestée par le PS, qui l'a tenue pour personnellement responsable de l'échec de Lionel Jospin au 1er tour de l'élection à la magistrature suprême en 2002. Il faut dire qu'alors l'électorat de Gauche s'était tellement morcelé que toutes les voix perdues dans des petites candidatures étaient autant de coups de poignard dans le dos de "l'austère qui se marre". 
Finalement, après une traversée du désert politique, Christiane Taubira est revenue, plus forte que jamais. Revenue avec des convictions intactes transformées en un dogme : la République doit venir au secours des marginaux. Autrement dit, la rupture, le tabou absolu, celui qui met un terme violent au Pacte Républicain tel qu'il existe depuis 1789, et tel qu'il a été renforcé par Napoléon et le Général de Gaulle. Car le principe même d'une République, c'est justement que chacun se fonde dans le moule, accomplisse ses devoirs avant de faire prévaloir ses droits, non pas dans un esprit de frustration mais dans le souci de l'intérêt général : si chacun fait les mêmes efforts, a les mêmes droits et les mêmes devoirs, alors il est plus facile pour le pays d'avancer. Toutefois, Mme Taubira pense exactement l'inverse : l'Etat doit mettre sa puissance régalienne au service des communautés, des lobbys et de tous ceux qui se sont volontairement mis en marge de la société. Car elle aurait pu, et c'eut été plus noble, chercher à rassembler sous la bannière républicaine les miséreux, les sans-abris, les gens fraîchement licenciés, bref tous ceux pour qui la vie n'a pas laissé le choix d'être laissé sur le bas-côté. Mais pas pour Mme Taubira. Non, elle préfère courir après les lobbys gays et les humanistes pour qui la prison ne serait qu'un créateur de délinquance. Il est vrai que ce sont toujours des innocents qui y entrent... Et que ces groupes de pression sont puissants et savent faire entendre leur voix, au détriment des sans-grades.
Mais trêve de persiflage, venons en à un fait intéressant. La Garde des Sceaux, toujours économe de sa communication télévisée, a accepté, Jeudi dernier, soit le 5 Septembre, l'invitation de David Pujadas à son émission Des Paroles et des Actes. France 2, qui navigue entre la boboïsation tapageuse de Ruquier, et le libéralisme bon teint du duo Pujadas-Lenglet, avait décidé d'offrir une tribune à la Ministre de la Justice afin qu'elle s'explique sur son projet de loi. 
Comme souvent dans ce genre d'émission, tout se déroule sur un rythme lancinant et soporifique, la communication étant verrouillée, jusqu'à ce que France 2 se la joue TF1 avec un témoignage en ombre chinoise de la mère d'une victime. L'espace d'un instant, Jean-Luc Delarue était ressuscité ! L'anonyme raconte son histoire puis le présentateur se tourne vers son invitée afin d'avoir sa réaction, tout fier de lui, sentant le buzz venir. Sauf que ! Sauf que... Là, l'interlocutrice réussit à surprendre tout son monde. Car au lieu de subir la dictature de l'émotion dictée par ce genre d'événement-piège, elle a eu cette phrase : "J'ai une règle : face aux victimes, je fais silence."
Bien sûr, les grands oubliés de cette réforme sont les victimes et leurs familles, qui vont encore passer pour les dindons de la farce. Toutefois, rien ne justifie leur instrumentalisation. Et ça, Taubira l'a compris et l'a refusé. Pujadas pouvait prendre son air le plus déconfit, de buzz, il n'aurait point ! La Ministre a décidé de se placer au-dessus de la mêlée, suscitant instantanément respect et admiration. Car que l'on apprécie ou non Christiane Taubira, que l'on cautionne ou non ses partis-pris, force est de reconnaître qu'elle a l'immense mérite d'être fidèle à ses idées. Qualité toujours plus rare dans le monde politique actuel. Cependant, la conséquence d'une telle loyauté est d'autant plus lourde, car si les citoyens s'avèrent déçus de ses engagements, et ils le seront, le retour de manivelle sera fatal. Quel dommage de voir une si belle intégrité gâchée pour une posture dogmatique...

mardi 3 septembre 2013

Football : la folie des chiffres continue

Gareth Bale, l'homme qui valait 100 millions !
Crédits Photo : Panoramic/Sport24.com

Bonjour à tous !

Hallucinant ! C'est le mot qui vient à l'esprit pour qui suit les affaires du football. A la vérité, même en ne s'y intéressant pas, il aura été difficile de ne pas ouïr les actualités du ballon rond, tant celles-ci furent invraisemblables lors de cette période s'étalant de Juin à Août et que les aficionados nomment mercato ("marché", en italien).
Dans un monde où la crise économique est toujours d'actualité, où les entreprises se serrent la ceinture ou bien disparaissent avec pertes et fracas (Nokia a été racheté par Microsoft aujourd'hui même, par exemple), le football continue de gonfler sa bulle spéculative à travers des extravagances qui vont jusqu'à choquer les plus chevronnés de ses supporters (dont votre humble serviteur fait partie).
Jugez plutôt : l'ailier gallois Gareth Bale, dont le palmarès collectif est vierge, a quitté son club de Tottenham pour le Real Madrid (pourtant endetté jusqu'au cou) pour 100 millions d'euros. Vous avez bien lu. Plus de 650 millions de Francs. De quoi construire une école ou un hôpital. Ou bien éponger la dette de quelques infortunés Espagnols dont la détresse économique fait peine à voir dans un pays qui ne se remet pas de l'éclatement de sa bulle immobilière. Indécent. 
Mais ce n'est pas le seul chiffre marquant : la Premier League (championnat de 1e division britannique) a dépensé, pour l'ensemble de ses 20 clubs, la somme de 745 millions d'euros. Une somme en hausse substantielle par rapport à l'année précédente, surtout quand on sait que 580 millions d'euros, soit 77,8% de la somme évoquée plus haut, a servi à payer des joueurs venant de l'étranger, au détriment de plus petits clubs anglais de D1 ou des clubs de divisions inférieures. La solidarité avec les structures les plus fragiles de son pays, celles qui forment au quotidien les futurs champions qui porteront un jour fièrement la tunique de la sélection nationale, ne représente rien pour des clubs dont les propriétaires sont des nouveaux riches venant des quatre coins du Globe.
Manchester City est propriété qatarie, Chelsea appartient à un Russe, Manchester Utd à des Américains, Arsenal aussi. Ces hommes-là ne se soucient pas de morale, d'éthique, de développement durable du football, sport le plus populaire au monde. Non, pour ces carnets de chèque ambulants, seule compte la rentabilité à courte vue. Cela vous étonne ? Allez donc faire un tour aux conseils d'administration des entreprises du CAC 40 ou de quelques géants mondiaux type Coca, McDo ou Apple. Vous verrez que ce sont les mêmes qui décident de fermer des usines pour en ouvrir d'autres en Asie du Sud-Est, au nom de la plus-value à 2 chiffres. Et tant pis si, pour cela, les ouvriers sont violentés, travaillent dans des conditions de sécurité dantesques et sont très mal payés. Les oligarques qui contrôlent ces pays sont ravis de pouvoir compter sur des rentrées de devises fraîches leur assurant d'acheter leur pérennité au pouvoir.
Le football n'échappe pas à cette triste règle. Dans un monde toujours plus triste qui a un besoin vital du triptyque panem, vinum et circenses, on a multiplié les événements, les matchs, pour que le (télé-)spectateur-consommateur soit heureux d'avoir de quoi se bourrer le crâne pendant que son patron le harcèle, que sa femme menace de le quitter et que ses enfants le boudent parce qu'il n'a pas acheté le dernier écran tactile à la mode qui sera cassé au bout de 2 semaines et oublié au bout de 3. Alors on l'enjoint à s'abonner à toujours plus de chaînes, on vend les maillots (que l'on prend bien soin de changer tous les ans, au mépris de l'esthétique la plus élémentaire) de ses stars préférées à des prix exorbitants et on augmente le prix des places en tribune. 
Dans ce vaste jeu de dupes, le joueur de foot est un esclave. Oh, un esclave bien traité, bien payé pour pouvoir s'afficher avec la dernière pouf à la mode tout droit sortie d'une quelconque télé-réalité et dont la photo a été retweetée X fois (sans jeu de mots...). Mais un esclave quand même qui "vaut" une certaine somme, qui est prié de produire un certain nombre de prestations publicitaires et, parfois, caritatives (histoire de prendre les gens pour des cons jusqu'au bout). Sans compter le nombre de matchs qu'il doit jouer dans une saison. En étant prié de ne pas se blesser, d'être toujours performant, souriant et sans se faire prendre par la patrouille anti-dopage. Comme si un être humain pouvait cavaler sur un terrain de 105m sur 90 pendant 90 minutes 60 fois par saison sans prendre de substances illicites... C'est beau de rêver.
En attendant, rien ne garantit que les nouveaux-riches qataris ou russes ne se lassent pas un jour de leur jouet. Car souvent, comme tous les nouveaux-riches, ils n'ont pas l'éducation en relation avec leur fortune. Ils se comportent en enfants gâtés capricieux. Un exemple ? Quand Dmitry Rybolovlev n'aura plus à craindre de devoir verser une somme conséquente à son ex-femme suite à son divorce, il pourra très bien décider de lâcher l'AS Monaco. Qui bouchera les trous énormes dans la comptabilité ? Vous ne me croyez pas ? Regardez ce qui s'est passé pour les clubs de Makachkala et Malaga, lâchés sans vergogne par leurs mécènes. Et vous comprendrez ce qui peut arriver. Si cela arrive à Paris, ce sera le contribuable parisien qui devra régler la facture. Et à ce prix-là, le maillot floqué "Cavani" paraîtra une satisfaction particulièrement dérisoire quand la fiche d'impôts locaux tombera dans la boîte aux lettres. Enfin, ce ne sera pas pire que les Espagnols qui payent déjà les cadeaux du Fisc local accordés généreusement au Barça ou au Real. Mais bon, il paraît qu'il faut se réjouir que la France puisse enfin attirer des stars (comprenez mercenaires) dans son championnat. Sans doute pour contenter les quelques décérébrés se prétendant journalistes sportifs et officiant à la télévision et sur Internet. 
Comme on fait son lit on se couche paraît-il : attendons patiemment l'heure de l'extinction des feux.

mardi 27 août 2013

Syrie : quand le fantôme de Saddam ressurgit

Bonjour à tous !

Alors que la rentrée pointe le bout de son nez, les dossiers ne manquent pas pour le Gouvernement : l'Education, bien sûr, puisque elle sera au coeur de l'actualité ces deux prochaines semaines ; la Justice, avec la réforme Taubira ; l'Economie, alors que l'INSEE annonce une énième hausse consécutive du chômage ; le Social, avec la réforme attendue et crainte des retraites ; et enfin, l'International, avec la situation en Syrie qui semble tous les jours prendre un tournant plus dramatique.
Avant d'aller plus loin dans mon raisonnement, soyons clairs : je condamne fermement la riposte d'El-Assad envers ses opposants. Néanmoins, personne n'a le droit de l'empêcher de diriger son pays comme il l'entend, renvoyant ainsi à toute son inutilité la pitoyable communauté internationale et son joujou dispendieux : l'ONU.
A l'heure actuelle, deux clans s'opposent à l'échelle du Monde sur la réponse à apporter la crise syrienne : le clan de l'attente, de la realpolitik, et du respect inconditionnel du principe de souveraineté incarné par la Russie (qui prend chaque jour plus de poids dans cette problématique) et la Chine. D'un autre côté, les partisans d'un interventionnisme ingérant et envahissant venant de pays qui n'ont jamais peur d'être ridicules en croyant dispenser la bonne parole : la Grande-Bretagne et les USA. Au milieu de tout cela, le cinquième membre permanent du Conseil de Sécurité de l'ONU qu'est la France. La France qui hésite, qui renâcle, la France qui sort tout juste d'une intervention armée ultra-rapide et pleine de succès au Mali, la France qui est coincée parce qu'elle fait partie à part entière de l'OTAN, la France qui a réduit son budget militaire à peau de chagrin tout en déléguant ses décisions en la matière à l'Oncle Sam... Bref, vous cernez la complexité de ce noeud gordien.
La France adorerait y aller. Car ce qu'aime par-dessus tout notre classe dirigeante, à commencer par les "humanistes" qui nous gouvernent, c'est de donner des leçons d'égalité et de liberté à travers le Monde. Ils ont fini leur mission en France en faisant adopter le "Mariage pour Tous", alors ils ont décidé d'aller prêcher la bonne parole à l'international. Comme leurs aînés Jaurès ou Ferry l'avaient fait avant eux en colonisant l'Afrique Subsaharienne au mépris de l'incrédulité de leurs opposants de Droite, au premier rang desquels se trouvait le Tigre, Clémenceau. 
Le problème, c'est que Sarkozy est déjà tombé dans ce piège droitdelhommiste en Libye. Et quand on constate aujourd'hui le résultat - un chaos indéfinissable - on se dit qu'il aurait mieux fait de s'abstenir. Mais voilà, non content de parader en dépit de son échec, le clan des bien-pensants, emmenés par le Croisé BHL, repart de plus belle sur la Syrie. L'éditorial du Monde daté d'aujourd'hui ne dit pas autre chose, et même Hollande semble cette fois convaincu : il faut punir le méchant Bachar. Et tant pis pour les conséquences ! Tant pis si, en le faisant partir, on facilite l'accession au pouvoir des islamistes radicaux qui sèment aujourd'hui la terreur en Tunisie ou en Egypte, avec la menace d'une guerre civile à la clé, semblable à celle qu'a connue l'Algérie dans les années 90. Tant pis si, pris de folie, le dictateur de Damas décide de s'en prendre au bouc-émissaire idéal de la région qu'est Israël. Tant pis si le traditionnel allié chiite iranien prend fait et cause pour le parti Baas et décide de se lancer lui aussi dans le conflit alors que plus personne ne doute aujourd'hui qu'il dispose de l'arme nucléaire, ou, du moins, qu'il est proche de l'obtenir. Tant pis, enfin, si se lancer dans pareille aventure ravivera le douloureux fantôme de la 2e Guerre du Golfe. 
Car c'est bien là, la vraie question. Rappelez-vous, c'était il y a 10 ans. Fous de douleur après les attentats du 11-Septembre, les Américains avaient à tout prix recherché un coupable. Alors ils s'en étaient pris à leur "dictateur préféré", Saddam Hussein, qu'ils n'avaient eu aucun mal à faire partir ou à faire condamner....mais toutes les peines du monde à remplacer par un gouvernement stable, chose aujourd'hui encore inexistante dans un pays ravagé par les attentats. A l'époque, la voix forte de la France s'était fait entendre pour ne pas tomber dans le panneau d'une guerre évitable. Tout le monde garde en mémoire la rare éloquence de Dominique de Villepin au siège de l'ONU. Tout le monde avait traité les Américains de va-t-en-guerre, les accusant de mépriser le droit international. Et pourtant, Saddam n'avait rien de différent d'avec Bachar : lui aussi avait gazé des milliers d'innocents, lui aussi opprimait les minorités (iraniennes et kurdes dans son cas, sunnites et chrétiennes dans le cas d'aujourd'hui) et lui aussi était un redoutable dictateur.
Alors, voici la question que nous devrions tous nous poser : tandis que les Américains avaient l'excuse de la douleur et de l'esprit de revanche, quelle excuse trouverons-nous demain lorsque nous déciderons d'aller régler son compte à ce méprisable personnage ? Au nom de quoi ce qui n'était pas bien il y a 10 ans le serait soudainement devenu en 2013 ? Et quels éléments nous permettent de croire en la folle utopie que le bourbier irakien ne deviendra pas le bourbier syrien ?
Vous voulez une réponse à ces questions ? Elle est simple : regardez donc la crise économique qui continue de nous frapper, plus fortement et plus durement que jamais. Elle n'est pas prête de s'éteindre, loin s'en faut malheureusement. Alors, comme toujours dans ces cas-là, de manière immuable, l'Homo Occidentalis s'en va prendre son épée pour châtier, au choix, le sous-homme, l'infidèle ou le barbare. Comme à chaque fois ses premiers succès lui donneront l'illusion d'une victoire facile avant de rapidement déchanter. Et quand il s'en apercevra, il sera trop tard. Mais il s'en moquera, car il aura alors assouvi sa rage, qu'il couvait depuis si longtemps...

jeudi 4 juillet 2013

Man VS Wild : quand nos politiques tentent de lutter contre le cours naturel des choses

Bonjour à tous !

C'est un post un peu philosophique que je vous propose aujourd'hui. Depuis le simulacre de débat, houleux au possible, sur le mariage dit pour tous, il semble qu'en France, particulièrement, on ait décidé de remettre en question l'ordre naturel des choses. L'homoparentalité est, quoi qu'on en dise, un ersatz de famille. A tel point qu'au moment où je l'écris, le vérificateur d'orthographe du traitement de texte me souligne le mot. Ce combat gagné par les lobbies LGBT a consacré le désir au-dessus de toute logique. Avec toutes les dérives que cela entraîne, à savoir la PMA (qui existe déjà dans les faits puisque les couples de lesbiennes se font inséminer en Belgique ou en Suisse) et la GPA (autorisée dans les pays de l'Est, ce qui attire les gays français). On renonce à la conception naturelle des enfants pour faire intervenir la médecine et tout ce que cela implique : enrichissement des laboratoires pharmaceutiques et des médecins pour qui l'éthique est un vain mot, femmes réduites à l'état de simples "ventres", notamment celles qui habitent dans les pays en développement, etc.
Bref, ce n'est qu'un exemple. Mais qui va ouvrir, malheureusement, d'autres boîtes de Pandore puisque le CNCDH (Conseil National Consultatif des Droits de l'Homme) préconise aujourd'hui de supprimer la mention "homme" et "femme" dans l'administration pour faire figurer à la place les genres. Il y aurait donc un genre "mâle", un genre "femelle" et un genre "indéterminé". Un coup de pied supplémentaire dans le Code Civil, héritage de Napoléon. Ce texte était supposé stabiliser et simplifier le droit français pour des siècles. Las, depuis 30 ans, la dictature des minorités qui s'appuie sur le droit aux libertés individuelles demande toujours plus de reconnaissance. Ils n'ont pourtant pas compris le principe élémentaire de la République, semblable à un quadrige : si tous les chevaux vont dans la même direction, l'ensemble avance efficacement. Si chacun des chevaux, en revanche, part dans une direction opposée ou renâcle, alors l'équipage ne peut plus avancer. Et voilà comment, depuis 30 ans, l'équipage républicain n'avance plus, le pays étant paralysé par une dictature de groupuscules, bien aidés en cela par Bruxelles qui y voit ici une habile diversion tandis que la Commission Européenne nous manipule comme une vulgaire marionnette. Au même titre, la législation à venir qui obligerait les hommes à prendre eux aussi un congé parental n'a aucun sens. Les femmes gagnant moins que les hommes en moyenne, cela amoindrira les revenus de la famille. Et puis, de toute façon, l'Etat n'a pas à se mêler de la vie privée des familles. Quelle est donc cette nouvelle marotte malsaine ? Les couples ne sont-ils donc pas aptes à régler ce genre de chose par eux-mêmes, d'autant que ça ne regarde qu'eux, et personne d'autre ?
Une prochaine étape, en médecine,  risque d'être franchie dans ce non-sens avec l'avancée, lente mais régulière, vers la légalisation de l'euthanasie et tout le paradoxe qu'elle porte : on encourage la médecine à prolonger la vie des grands malades souvent au-delà du raisonnable et alors qu'ils souffrent le martyr, et quand l'entourage en a assez, on appuie sur un bouton pour y mettre un terme définitif. Comme ça, par confort. Si cela ne vous fait pas froid dans le dos, je n'y comprend plus rien.
Dans un tout autre ordre d'idée, on se lamente de plus en plus sur la météo. On regrette qui la sécheresse, qui les inondations, qui la neige. Mais ce sont des aléas naturels sur lesquels nous n'avons pas prise, qui nous renvoie à notre statut de simple humain avec toute l'humilité que cela demande. Seulement, nous n'en sommes plus capables. Et cela évite aussi de regarder la vérité en face concernant certaines catastrophes naturelles : il y aurait sans doute moins d'inondations si on n'autorisait pas de constructions en zone inondables ; où si on rasait moins de talus et qu'on arrachait moins d'arbres. Quant au bouleversement climatique, si il est objectivement difficile de voir si l'Homme en porte l'entière responsabilité ou bien si il s'agit "simplement" d'un aléa climatique comme la Terre en a connu d'autres, il faut bien dire que l'industrialisation à outrance n'est pas innocente dans cette affaire. 
Tous ces constats pour dire qu'il y a une sorte de main invisible, un non possumus, qui fait que l'Homme ne peut pas tout maîtriser. Et que, quoi que nous fassions, nous devons subir ces aléas qui nous échappent. Non, nous ne sommes pas les maîtres du Mondre, tout-puissants. Il y avait un éco-système avant l'arrivée de l'Homme sur Terre, il y en aura un autre après notre extinction, qui arrivera un jour ou l'autre puisque rien n'est éternel. Plus nous essaierons de lutter contre l'ordre naturel des choses pour plaire à quelques saltimbanques en mal de reconnaissance qui n'ont plus le courage d'assumer les mauvais côtés de leurs choix, et plus le retour de manivelle sera violent. Certains rétorqueront que jusqu'à présent, cela n'est pas évident. Mais les conséquences peuvent n'apparaître que dans 20, 50 ou 100 ans, voire plus tard. Ce seront les générations futures qui paieront - cher ! - le prix de nos errements. Mais pour ça comme pour tant d'autres choses (je pense à la dette notamment), personne n'en a cure. Amusons-nous aujourd'hui, nos petits-enfants se démerderont. Bel exemple de manque de courage, encore une fois. Si il y a une vérité à retenir de tout cela, c'est que l'Homme est devenu un lâche, un couard qui est désormais trop décadent pour assumer ses responsabilités. Ne nous leurrons pas : toutes les erreurs se paient un jour, et plus cela vient tard, plus cela est douloureux... Pour finir, ces élites bien-pensantes qui réclament toujours plus en se sentant toujours moins redevables devraient se rappeler ce que Churchill disait : "Avant de vous demander ce que l'Etat peut faire pour vous, demandez-vous d'abord ce que vous pouvez faire pour l'Etat."

PS : il s'agit de mon dernier post d'ici à la rentrée. Si l'actualité le mérite, je ferai un post exceptionnel de temps à autre. Sinon, rendez-vous à la rentrée. Bonnes vacances à tous.